Charles Dupuy

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Charles Dupuy
Charles Dupuy en 1914.
Charles Dupuy en 1914.
Fonctions
51e, 53e et 58e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
(63e, 65e, 70e chef du gouvernement)
4 avril 189323 novembre 1893
Président Sadi Carnot
Gouvernement Dupuy (1)
Législature Ve législature
Prédécesseur Alexandre Ribot
Successeur Jean Casimir-Perier
30 mai 189415 janvier 1895
Président Sadi Carnot
Jean Casimir-Perier
Gouvernement Dupuy (2) et (3)
Législature VIe législature
Prédécesseur Jean Casimir-Perier
Successeur Alexandre Ribot
1er novembre 189822 juin 1899
Président Félix Faure
Émile Loubet
Gouvernement Dupuy (4) et (5)
Législature VIIe législature
Prédécesseur Henri Brisson
Successeur Pierre Waldeck-Rousseau
Président de la Chambre des députés
5 décembre 189330 mai 1894
Prédécesseur Jean Casimir-Perier
Successeur Jean Casimir-Perier
Biographie
Date de naissance 5 novembre 1851
Lieu de naissance Puy-en-Velay (France)
Date de décès 23 juillet 1923 (à 71 ans)
Lieu de décès Ille-sur-Têt, France
Nationalité française
Parti politique Modéré
Profession Professeur agrégé de philosophie
Présidents du Conseil des ministres français

Charles-Alexandre Dupuy, né le 5 novembre 1851 au Puy-en-Velay et mort le 23 juillet 1923 à Ille-sur-Têt, est un homme politique français qui occupe cinq fois la fonction de président du Conseil sous la IIIe République.

Sommaire

Biographie [modifier]

Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, inspecteur d’académie, il est élu député républicain en 1885 et participe activement aux discussions sur les réformes de l’enseignement.

Il est ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes en 1892, pendant les deux premières présidences d’Alexandre Ribot. À la suite du scandale de Panama, qui fit tomber le cabinet Ribot, il est appelé à la présidence du Conseil, prenant également le ministère de l’Intérieur et des Cultes.

Il travaille alors à l’alliance franco-russe et fait face aux troubles sociaux dans le Midi (grèves de Carmaux) et dans le Nord.

Il est président du Conseil quand Sadi Carnot est assassiné le 24 juin 1894, il décide alors d'être candidat à l’élection présidentielle qui s’ensuit. Échouant, il s’entend mal avec le nouveau président de la République Jean Casimir-Perier qu’il réussit à faire démissionner au bout de six mois.

C’est également sous son ministère que Dreyfus est condamné en 1894.

Charles Dupuy.

Il avait une réputation de courage, due à une phrase, prononcée alors qu’il était président de la Chambre et qu’explosa en 1894 une bombe lancée par l’anarchiste, Vaillant : « La séance continue ». On a prétendu que cette phrase n’aurait jamais été prononcée ou qu’elle aurait été le fruit d’un réflexe machinal car l’auteur n’aurait jamais eu conscience de l’avoir prononcée. De même, on a raconté qu’il avait arraché de sa joue un clou de la bombe qui s’y serait fiché. Ce n’est que le soir lorsqu’il se trouva dans sa chambre et qu’il peignait, comme d’habitude, sa barbe qui était très fournie qu’il en tomba un clou. C’est à ce moment-là qu’il aurait vraiment pris conscience du danger qui l’avait menacé et, une seconde durant, aurait ressenti une impression de panique.

Il s'attaque au mouvement socialiste (circulaire d'octobre 1894) tout en renforçant la police politique à la suite de l'attentat de Vaillant.

Revenu à la présidence du Conseil en novembre 1898, en pleine affaire Dreyfus, il s'oppose avec détermination à la révision du procès et ne peut contenir l’agitation croissante des ligues d'extrême droite : quand le baron Cristiani agresse à coups de canne le président Loubet au champ de courses d’Auteuil, on l’accuse presque de complicité, car les policiers, pourtant présents en nombre, n’interviennent que mollement. Cet incident lui vaut une motion de censure.

Il est sénateur de 1900 jusqu’à sa mort en 1923. Un lycée porte son nom (Lycée Charles et Adrien Dupuy) au Puy-en-Velay.

Liste des présidences du Conseil [modifier]

Il est cinq fois président du Conseil sous quatre présidents de la République différents :

Le témoignage d’Anatole France [modifier]

« Henri Brisson dura peu. Il ne dut qu’à son énergie de durer assez pour faire son devoir, et introduire la révision du procès de 1894, devenue nécessaire après les aveux et le suicide du colonel Henry.
Il n’y a pas de mots pour peindre le ministère Dupuy qui lui succéda. Ce fut le chaos, l’écroulement et l’abîme. La République allait où l’emportait l’Affaire, que soulevaient en hurlant les nationalistes, entraînés par les bandes romaines. Alors régnèrent dans les villes les matraques et les bayados, et une canne aristocratique défonça le chapeau du président Loubet. »

— in L’Église et la République (1904).

Bibliographie [modifier]

Chronologies [modifier]

Précédé par Charles Dupuy Suivi par
Alexandre Ribot
Président du Conseil
4 avril 1893 - 23 novembre 1893
Jean Casimir-Perier
Jean Casimir-Perier
Président du Conseil
30 mai 1894 - 25 juin 1894
1er juillet 1894 - 15 janvier 1895
Alexandre Ribot


Henri Brisson
Président du Conseil
1er novembre 1898 - 18 février 1899
18 février 1899 - 12 juin 1899
Pierre Waldeck-Rousseau