Denis Podalydès

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Denis Podalydès

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Denis Podalydès au festival de Cannes 2011.

Nom de naissance Denis Podalydès
Naissance 22 avril 1963 (51 ans)
Versailles
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Acteur
Metteur en scène
Scénariste
Films notables Embrassez qui vous voudrez
Palais Royal !
Da Vinci Code
Laissez-passer
La Conquête

Denis Podalydès, né le 22 avril 1963 à Versailles en France, est un acteur, metteur en scène, scénariste et écrivain français, et sociétaire de la Comédie-Française.

Ancien élève du conservatoire national de théâtre, il devient pensionnaire de la Comédie-française en 1997 puis sociétaire en 2000.

Au cinéma, il interprète le rôle principal dans les films de son frère Bruno Podalydès et participe à l'écriture de ses films. Il est notamment Albert Jeanjean dans Dieu seul me voit (1998) et Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir.

Dans son premier ouvrage, Scènes de la vie d'acteur, publié en 2006, il décrit le quotidien de son métier de comédien. Deux ans plus tard, il publie Voix off, un livre intime sur son rapport aux voix, les voix de ses proches, les voix des grands acteurs qui l'ont influencé et sa propre voix. Dans La Peur, matamore (2010), il raconte sa passion pour la tauromachie et sa fascination pour certains toréadors comme José Tomás.

Il a reçu le Molière de la révélation théâtrale en 1999 pour son rôle dans Le Revizor et le Molière du metteur en scène en 2007 pour sa mise en scène de Cyrano de Bergerac.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Podalydès[modifier | modifier le code]

Denis Podalydès est le deuxième né d'une fratrie de quatre garçons[1]. Bruno Podalydès est son aîné de deux ans[2]. Les quatre garçons forment deux binômes, Denis et Bruno d'un côté et les deux plus jeunes, Éric (1969) et Laurent (1972) de l'autre[1]. Des binômes qui se regrouperont à trois après le suicide d'Éric à la mémoire duquel Denis et Bruno ont écrit Liberté Oléron[3].

Leur grand-mère maternelle, qui tenait la librairie Ruat à Versailles[2], est devenue veuve très jeune avec trois enfants, un fils et deux filles dont l'une est devenue professeur d'anglais et a épousé un pharmacien[1].

Selon Denis : « Les voix des membres de la famille Podalydès se ressemblent (...) La différence physique, les disparités entre générations, la hiérarchie parents-enfants, aînés-cadets s'estompent par la grâce d'un timbre commun. Cette voix, remarque Denis, monte dans le masque dès qu'une personne est en difficulté. Elle parle plus haut dans le nez, la voix se saccade[1]. »

Après des études de philosophie et de lettres (hypokhâgne et khâgne) au lycée Fénelon, notamment aux côtés de Stéphane Braunschweig et de son ami Emmanuel Bourdieu, futur cinéaste, fils du sociologue Pierre Bourdieu, il entre au Cours Florent.

L'acteur[modifier | modifier le code]

Denis Podalydès en 2011.

Il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1984[2], en même temps que Philippe Uchan, dans les classes de Michel Bouquet et Jean-Pierre Miquel.

À Aurélien Ferenczi qui lui demande si entre 1988 (sortie du conservatoire) et 1997 (entrée au théâtre français), il a connu dix ans de galère, Denis répond : « J'avais été viré d'une production d'Hernani, montée à Nantes. Le metteur en scène avait hésité à me prendre et m'avait congédié au bout d'un mois de répétitions. Pour ne pas nuire à la suite de ma carrière, il m'avait conseillé de ne pas le dire. Je m'étais inventé une méningite, ce qui fait que personne ne venait me voir. Et puis Nicolas Lormeau, aujourd'hui au Français, m'a appelé pour jouer avec lui dans Ruy Blas. Je n'ai galéré que six mois, qui m'ont paru dix ans[4]. »

Il entre à la Comédie-Française le 27 janvier 1997 et devient le 505e sociétaire le 1er janvier 2000[5].

Dans un essai, Scènes de la vie d'acteur (Seuil- Archimbaud), il s'interroge sur le manque de caractère du comédien dans un entretien avec Aurélien Ferenczi[3]. Il reprend « cette vieille idée que tous les acteurs sont bâtis sur une faiblesse. Il nous manquerait quelque chose pour être des individus normaux, et cette faiblesse serait compensée par le jeu. Diderot dit un peu ça dans son Paradoxe sur le comédien, bien qu'il reste dans la position du spectateur, à la fois fasciné et horrifié : comment voulez-vous que les acteurs aient du caractère puisqu'ils sont capables de tout jouer ? Il faut n'avoir aucun caractère pour pouvoir les jouer tous[3]... ». « Être acteur, c'est être un autre[3] »

Le comédien prête également sa voix à la lecture de grands textes de la littérature tels que Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire, Les Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, Le Neveu de Rameau de Denis Diderot, soit pour des émissions radiophoniques comme Le Manteau de Nicolas Gogol sur France culture[6], soit pour des livres sonores comme Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau[7]

Dans La Conquête (2011), Xavier Durringer lui donne le rôle du président de la République en exercice Nicolas Sarkozy . Le film est présenté hors compétition au festival de Cannes et rencontre un grand écho dans la presse mais déçoit globalement les critiques[8].

En 2012, il présente quatre films au festival de Cannes : Adieu Berthe réalisé par son frère Bruno, Vous n'avez encore rien vu d'Alain Resnais, Au galop de Louis-Do de Lencquesaing et Camille redouble de Noémie Lvovsky[9]. Dans le cadre du 5e festival du film francophone d'Angoulême, il est président du jury.

Le metteur en scène[modifier | modifier le code]

En 2011 avec Emmanuel Bourdieu et Éric Ruf, il met en scène Le Cas Jekyll de Christine Montalbetti[10]

En 2012, il met en scène Don Pasquale de Gaetano Donizetti au théâtre des Champs-Élysées[11]. S'il a mis en scène quelques spectacles, son véritable plaisir est d'abord de jouer, raison pour laquelle il a refusé l'administration du Théâtre français à la suite de Marcel Bozonnet : « On ne peut pas être un acteur heureux quand on est administrateur[3] »

En février 2013, il met en scène L'Homme qui se hait, une pièce écrite par son ami Emmanuel Bourdieu au théâtre de Chaillot[12]au Théâtre de Chaillot

Dès 2006, il s'était lancé dans la mise en scène pour le théâtre français avec des classiques du répertoire : Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, puis 2008 : Fantasio d'Alfred de Musset. Il a à son actif bien d'autres mises en scène, notamment des courts métrages.

Denis Podalydès au salon du livre de Paris en 2010.

En 2012, il travaille de nouveau avec son frère Bruno au scénario du film Adieu Berthe, ce qui n'était pas arrivé depuis Liberté-Oléron en 2001. Les deux frères expliquent leur démarche au journaliste Jean-Baptiste Morain[13].

L'aficionado[modifier | modifier le code]

C'est également un aficionado de longue date. Dans La Peur Matamore (2010), il décrit la situation du comédien qui est une sorte de torero sans taureau. Dans une émission de l'INA[14], il raconte sa passion pour la tauromachie. Très admiratif de la douceur d'un José Tomás devant un animal terrifiant, il a lui-même filmé la dernière prestation du torero à Nîmes en octobre 2012.

Sur la douceur de José Tomás, il a écrit, bien avant la corrida d'anthologie d'octobre 2012 à Nîmes[15]  : « Rien, peut-être ne m'émeut plus, ne m'enthousiasme plus, ne me met réellement hors de moi, hors de toute identification, dans un champ pur débarrassé de fantasme, de réminiscence et de commentaire, qu'un beau  geste de matador... Tel mouvement imperceptible de poignet effectué par José Tomás qui met en branle sa muleta avec une si prodigieuse douceur... José Tomás est probablement la figure absolue de l'impossibilité d'atteindre l'état du matador.  L'horizon en personne. Le voilà, l'opposé même du Matamore, c'est José Tomás, lui qui, au plus près du toro, accomplit sans dire un mot, sans un pas de trop, le pur exploit, prenant des risques les plus grands, d'une flexion du poignet. Seul le geste minimal a lieu, et le taureau est embarqué ; c'est lui, José Tomás qui, de la tête aux pieds, devient Chimène[16]. »

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Denis Podalydès a pris publiquement position lors de la campagne présidentielle française de 2007 en faveur de la candidate socialiste Ségolène Royal[17]

Dans le cadre de la campagne des primaires du parti socialiste de 2011, il a apporté son soutien à François Hollande après avoir déclaré avoir une vive sympathie pour Manuel Valls[18],[19].

Carrière[modifier | modifier le code]

Entré à la Comédie-Française le 27 janvier 1997, Denis en devient sociétaire le 1er janvier 2000, il est le 505e sociétaire.

Rôles à la Comédie française[modifier | modifier le code]

Denis Podalydès incarnant Sacha Guitry à la Cinémathèque française le 15 décembre 2007.

Hors Comédie Française[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Filmographie au cinéma[modifier | modifier le code]

Filmographie à la télévision[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Web-série[modifier | modifier le code]

  • 2012 : la borne.org[20].

Filmographie du scénariste[modifier | modifier le code]

Livres-audio[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Chapitres d'ouvrage et préfaces[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Lalanne, « Éloge du comique de sédimentation : Entretien avec Bruno et Denis Podalydès », Cahiers du cinéma, no 525,‎ juin 1998, p. 36-41
  • Elsa Charbit et Camille Deltombe, « C'est ça, un roi ? : Entretien avec Denis Podalydès », Tête à tête, no 3,‎ avril 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Samuel Blumenfeld, « Les Podalydès, la voie du cadet », Le Monde,‎ 25 juillet 2008 (lire en ligne)
  2. a, b et c Pascale Nivelle, « Frères lumière », Libération,‎ 8 septembre 2005 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e Aurélien Ferenczi, « Denis Podalydès : « Comment voulez vous que les acteurs aient du caractère puisqu'ils sont capables de tout jouer ? » », Télérama,‎ 20 août 2010 (lire en ligne)
  4. entretien avec Aurélien Ferenczi Télérama n° 3139 du 13 mars 2013
  5. « Denis Podalydès », sur Comédie française (consulté le 11 août 2012)
  6. Le Manteau sur France culture
  7. la librairie sonore
  8. Jean-Marie Pottier, « Avec «La Conquête», Sarkozy rate son entrée dans le G4 du cinéma », Slate.fr,‎ 20 mai 2011 (lire en ligne)
  9. Aureliano Tonet, « Dans les boîtes à malices de Denis Podalydès », Le Monde,‎ 22 mai 2012 (lire en ligne)
  10. Le Cas Jekyll
  11. Marie-Aude Roux, « Denis Podalydès rend justice à la folie de Donizetti », Le Monde,‎ 16 février 2012 (lire en ligne)
  12. Véronique Hotte, « L'Homme qui se hait », La Terrasse, no 205,‎ 18 décembre 2012 (lire en ligne)
  13. Jean-Baptiste Morain, « Denis et Bruno Podalydès : « Chacun légitime la connerie de l'autre » », Les Inrockuptibles,‎ 20 juin 2012 (lire en ligne)
  14. archives INA écouter
  15. corrida d'anthologie
  16. publié dans Le carnet du Nouvel Obs le 21 mai 2010 l'exploit du matador
  17. Pour Ségolène Royal, contre Nicolas Sarkozy
  18. « Denis Podalydès soutient Hollande », Le Figaro,‎ 3 octobre 2011
  19. Charlotte Chaffanjon le Point
  20. La borne sur Daily motion

Liens externes[modifier | modifier le code]

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