1956

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Icône de redirection Cette page concerne l'année 1956 (MCMLVI en chiffres romains) du calendrier grégorien. Pour les autres significations, voir 1956 (Chronologie de Dada et du surréalisme).

Années :
1953 1954 1955  1956  1957 1958 1959

Décennies :
1920 1930 1940  1950  1960 1970 1980
Siècles :
XIXe siècle  XXe siècle  XXIe siècle
Millénaires :
Ier millénaire  IIe millénaire  IIIe millénaire


Chronologies géographiques :
Afrique • Amérique (Canada (Nouveau-Brunswick, Québec), États-Unis) • Asie • Europe (France (Paris), Italie, Suisse) • Océanie


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Calendriers :
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Événements[modifier | modifier le code]

  • Institution du Club de Paris pour traiter les dettes dues à des créanciers gouvernementaux. En accord avec le FMI, il rééchelonne le remboursement des pays endettés sur une longue période, après l’adoption de mesures de stabilisation économiques.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Apparition de partis politiques noirs au Congo belge. Ils sont issus pour la plupart d’associations ethniques formées quand les partis politiques étaient interdits.
  • Appel de la CGT, de la CGTA et des Cheminots de l’AOF à la création d’un syndicat autonome unifié. Division de la CFTC et création de la CATC, qui envisage de créer un syndicat unique pour toute l’AOF.
  • 300 000 habitants à Dakar.

Maghreb[modifier | modifier le code]

22 octobre : arrestation des dirigeants du FLN. De gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Boudiaf et Ahmed Ben Bella
  • 28 janvier : les généraux Guillaume et Zeller démissionnent pour protester contre la lenteur de l’envoi de renforts en Algérie.
  • 6 février : Guy Mollet se rend en Algérie : il est conspué par des pieds-noirs et reçoit des jets d'objets divers, dont semble-t-il des tomates.
    • Guy Mollet cède devant la manifestation des Algérois. Il n’y aura pas de gouverneur général, mais un ministre résident en Algérie. Catroux, réputé favorable aux musulmans, est abandonné pour Robert Lacoste.
  • 9 février : Robert Lacoste ministre-résident en Algérie.
  • 2 mars : indépendance du Maroc.
  • 12 mars (Algérie) : Guy Mollet pose pour préalable à la négociation la pacification et l’organisation d’élections. L’Assemblée nationale vote des pouvoirs spéciaux à son gouvernement.
  • 20 mars : indépendance de la Tunisie par le protocole franco-tunisien qui abolit le traité du Bardo de 1881. Lamine Pacha Bey prend le titre de Lamine Ier mais doit céder la place à la république un an plus tard le .
  • 7 avril : l'Espagne rétrocède le Maroc espagnol au Maroc. Le sort de Tanger est réglé en octobre.
  • 21 avril : ralliement au FLN de Ferhat Abbas et Ahmed Francis, dirigeants nationalistes modérés, et de Tewfik el-Madani, représentant des oulémas. Tous trois se rendent au Caire.
  • avril : victoire de Habib Bourguiba aux élections législatives de Tunisie. Il devient le chef du gouvernement.
  • 8 mai :
    • Le gouvernement français décide le rappel de 50 000 réservistes. L’ensemble des troupes françaises en Algérie passe à 380 000 hommes.
    • La population européenne manifeste contre le nouveau ministre résident Robert Lacoste, jugé trop libéral.
  • 27 mai : des milliers de suspects sont arrêtés dans la Casbah d'Alger.
  • 19 juin : exécution à Alger des premiers membres du FLN condamnés à mort.
  • 27 juillet : découverte de pétrole à Hassi Messaoud en Algérie par SN REPAL (ELF Aquitaine).
  • 10 août : en réaction aux attentats commis par le FLN, des « contre-terroristes » placent une bombe dans la casbah d’Alger, qui fait plusieurs dizaines de mort.
  • 20 août : un congrès secret du FLN dans la vallée de la Soummam, en Kabylie, est organisé, principalement par Abane Ramdane, qui structure l'Armée de libération nationale (ALN) et forme un Conseil National de la Révolution (CNRA) de 34 membres y est élu pour diriger la politique du FLN qui doit être appliqué par un Comité de coordination et d’exécution (CCE) de cinq membres ; l’Armée de libération nationale (ALN) est unifié sous la direction de Krim Belkacem.
  • 20 octobre : le sultan du Maroc Mohammed ben Youssef reçoit Ahmed Ben Bella et quatre autres dirigeants du FLN. Aussitôt, les négociations franco-marocaines sont suspendues par le gouvernement français.
  • 22 octobre : l’avion qui transportait de Rabat à Tunis Ahmed Ben Bella et les autres dirigeants du FLN est contraint de se poser à Alger où les cinq hommes sont arrêtés. Le président du Conseil Guy Mollet couvre cette initiative due aux autorités militaires d’Alger. La Tunisie et le Maroc rappellent leurs ambassadeurs à Paris.
  • 24 octobre : massacre de colons français dans la région de Meknès au Maroc, en représailles à l’arrestation des dirigeants du FLN.
  • 5 décembre : les Conseils généraux d’Algérie et les municipalités régies comme les communes métropolitaines sont dissous.
  • 30 décembre : des « ratonnades » se produisent à l’issue de l’enterrement d’Amédée Froger, président de la Fédération des maires de l’Algérie, assassiné par le FLN.
  • Décembre : le FLN élimine son rival, le Mouvement national algérien (MNA).
  • L'Algérie française comprend une forte minorité d'origine européenne : 1 000 000 habitants face aux 9 000 000 de « Musulmans », ainsi que 400 000 soldats français engagés dans le conflit algérien.

Amérique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : 1956 au Canada et 1956 au Québec.
  • Au Honduras, la promulgation de la loi de défense du régime démocratique permet l’interdiction du parti communiste.
  • Augmentation de l’inflation et dévaluation au Brésil (excès de la demande, insuffisance de l’offre).
  • Le ministre brésilien Celso Furtado crée et dirige la Sudene (surintendance du Nordeste) chargée de l’implantation d’industries autour de Recife, Bahia et Fortaleza.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

  • Déneutralisation de Taïwan.
  • Les Tibétains se soulèvent et mènent des actions de guérilla contre le régime chinois. Mao Zedong déclare quelques mois plus tard que « le Tibet n’était pas encore prêt pour l’établissement d’un régime communiste ». La CIA met sur pied une opération secrète de formation aux États-Unis et de livraison d’armes et de matériel radio à la guérilla de l’Est. Pékin envoie 150 000 hommes dans le Kham, appuyés par des bombardements aériens. La résistance tibétaine est décimée et l’armée chinoise reprend dans le sang le contrôle du Kham.
  • 80 % du potentiel économique de la Corée du Nord est détruit. La discipline « spartiate » du PPTC et l’encadrement rigoureux de la société nord-coréenne permettent un redressement et un développement considérables juste avant 1960. La politique des plans de développement permet la reconstruction d’un secteur industriel important. Cette politique économique s’appuie, à partir de 1956, sur un mouvement de mobilisation des travailleurs le Ch’ollima undong, le mouvement du Cheval volant. Les ouvriers sont invités à produire à un rythme accru.

Chine[modifier | modifier le code]

  • À l'instigation des États-Unis, les pays occidentaux mettent en place un embargo, ce qui permet aux pays du Chincom de monopoliser le marché chinois. Cet embargo se révèle une catastrophe pour certains pays d'Asie, comme la Malaisie qui rompt l'embargo en livrant du caoutchouc afin de pouvoir écouler ses énormes stocks et d'enrayer la chute des cours descendue à 25 cts contre 45 cts en décembre 1955.

Inde[modifier | modifier le code]

  • Inde : Résolution définissant les catégories d’activités selon le rôle que l’État doit y jouer : les secteurs de la défense et l’industrie lourde relèvent de la compétence de l’État ; dans d’autres secteurs (communication, chimie, etc.), les sociétés publiques et privées peuvent se développer concurremment et un troisième groupe est entièrement laissé au privé. Une Commission de planification est chargée d’élaborer les objectifs concrets pour le développement de chaque secteur concerné.

Indonésie[modifier | modifier le code]

  • 20 mars : gouvernement d’Ali Sastroamidjojo en Indonésie, qui réunit des représentants du PNI, du Masjumi et du Nahdatul Ulama (fin en avril 1957). Le PKI accorde au gouvernement un préjugé favorable.
  • 16 mai : visite du président Soekarno aux États-Unis.
  • 28 août : visite de Soekarno en URSS.
  • 20 décembre (Indonésie) : en réaction aux progrès du PKI, le Masjumi adopte une attitude violemment anticommuniste et les « colonels » (Ahmad Hussein, Mauluddin Simbolon, Barlian) provoquent des mouvements de dissidences à Sumatra en décembre 1956 et janvier 1957. La rébellion poursuit des buts politiques : démission du gouvernement, rupture avec les communistes, politique extérieure pro-occidentale. Le conseil Bateng, qui prend en mains une partie du centre de Sumatra, entre en conflit avec les communistes, et procède à l’arrestation des dirigeants du syndicat des travailleurs du pétrole du bassin de Parkanbaru, concédé à la compagnie américaine Caltex. Le gouvernement accuse les puissances étrangères d’intervenir dans la vie politique intérieure et suspend les officiers rebelles. Il décide cependant de tenir compte de certaines revendications justifiées.
  • La part des petits producteurs dans les exportations s’accroît en Indonésie (ils produisent en 1 956 413 646 tonnes de caoutchouc contre 262 506 aux grandes plantations).
  • Plan quinquennal en Indonésie (1956-1960). Il est difficile de le mettre en application, une grande partie de l’économie dépendant de capitaux étrangers. Les profits transférés à l’étranger représentent à peu près le tiers de l’ensemble des investissements prévus pour ce plan. La République ne peut investir dans son économie les revenus des exportations et la production des cultures vivrières augmente moins vite que celle des produits destinés à l’exportation.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Ezer Weizman, David Ben Gourion, Haim Laskov et Yohai Ben-Nun photographiés après la guerre du Sinaï
  • Les populations arabes de la zone démilitarisée du lac de Tibériade sont chassées par Israël vers la Syrie, qui répond en installant des batteries d’artillerie sur les hauteurs du Golan.
  • À partir de 1956, Israël entreprend des opérations de détournement des eaux à partir du lac de Tibériade.

Égypte[modifier | modifier le code]

  • 16 janvier : Nasser, devenu président de la République, - il était le seul candidat - se tourne vers les puissances occidentales pour financer son projet de construction du barrage d'Assouan. La France et la Grande-Bretagne refusent, et les États-Unis conditionnent leur aide à un accord avec Israël. Nasser s’y montre favorable, mais tergiverse. Washington décide alors de s’opposer au financement du projet mais accepte d’octroyer un prêt moyennant le contrôle des finances égyptiennes. Contre toute attente, Nasser accepte. Il ne reste plus aux Américains qu’à se désavouer.
  • 22 mai : le secrétaire d’État américain John Dulles menace d’interrompre l’aide à la construction du barrage d’Assouan si le gouvernement égyptien accepte l’aide soviétique.
  • 23 juin : Nasser devient président de la république d'Égypte.
  • 19 juillet : refus des États-Unis de financer la construction du barrage d'Assouan en Égypte. Afin de faire pression sur le gouvernement égyptien, le gouvernement américain, suivi par la Grande-Bretagne et la BIRD, annonce que les États-Unis ne participeront pas au financement du barrage d’Assouan
  • 26 juillet : en riposte au refus américano-britannique, Nasser annonce à Alexandrie la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez, déclarant devant une foule en liesse : « Le canal est désormais à nous, bien à nous ».
    • 70 % des importations britanniques et 50 % des importations françaises transitent par le canal. Le capital de la compagnie se partageait entre le Trésor britannique et 170 000 petits porteurs français.
    • Les revenus tirés de l’exploitation du canal serviront à financer la construction du barrage. Il dénonce la présence britannique au Moyen Orient et soutient les mouvements nationalistes d'Algérie.
  • 31 juillet : lors d’une rencontre avec Anthony Eden et le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau, John Dulles exprime les réserves américaines quant à une intervention militaire en Égypte. Les États-Unis décident toutefois de geler les avoirs financiers égyptiens et suspendent leur aide alimentaire.
  • 8 août : l’Union soviétique reconnaît la nationalisation du canal comme légitime.
  • 16 août : une conférence réunissant 22 pays se réunit à Londres. L’Égypte s’y fait représenter par l’URSS et l’Inde. John Dulles propose la création d’une organisation internationale chargée du contrôle et de la gestion du canal de Suez.
  • 6 septembre : des aviateurs et des parachutistes français arrivent à Chypre pour assurer la protection des ressortissants français en Égypte.
  • 9 septembre : Nasser rejette le plan Dulles.
  • 21 septembre : Guy Mollet informe le gouvernement israélien que la France est prête à entreprendre une action commune contre l’Égypte, pendant que se clôt à Londres la deuxième conférence internationale consacrée à l’affaire de Suez : la création d’une association d’usagers, présentée par Eden et Mollet, est approuvée, mais les divergences s’accroissent entre partisans de l’intervention militaire (France et Grande-Bretagne) et ceux de la conciliation (États-Unis).
  • 22 octobre : un accord est conclu à Sèvres entre la France, la Grande-Bretagne et Israël qui prépare l’opération « mousquetaire », destinée à envahir l’Égypte.
  • 29 octobre : déclenchement de la Guerre de Suez (fin le 6 novembre), condamnée par l'ONU. Des troupes israéliennes pénètrent en Égypte et avancent dans le Sinaï.
  • 30 octobre : la France et la Grande-Bretagne adressent un ultimatum à l’Égypte et à Israël, sommés de retirer leurs troupes à 16 km de part et d’autre du canal. Les États-Unis demandent au Conseil de sécurité de condamner l’attaque israélienne et d’exiger un cessez-le-feu immédiat. La France et la Grande-Bretagne opposent leur veto.
  • 31 octobre : l’Égypte rejette l’ultimatum : début des bombardements franco-britanniques.
  • 2 novembre : prise de Gaza par les forces israéliennes. La Syrie et la Jordanie rompent les relations diplomatiques avec la France. Les États-Unis votent avec l’URSS une résolution de l’ONU contre la France et la Grande-Bretagne qui viennent de s’engager en Égypte, exigeant l’arrêt immédiat des combats
  • 5 novembre :
    • Expédition de Suez (fin le 7 novembre). Plan télescope : des troupes sont parachutées sur Port-Saïd et marchent vers le canal.
    • Les États-Unis font pression sur leurs alliés.
    • Boulganine exige le retrait des troupes françaises, britanniques et israéliennes de Suez.
  • 7 novembre : durant la crise de Suez, l'assemblée générale de l'ONU adopte une résolution appelant le Royaume-Uni, la France et Israël à retirer sans délai leurs troupes d'Égypte. Les États-Unis multiplient les pressions sur la livre sterling pour contraindre Anthony Eden à un cessez-le-feu. L’intervention des États-Unis, de l’URSS et de l’ONU provoquent la fin des opérations militaire (fin de la présence britannique en Égypte).
  • 15 décembre : les troupes des Nations unies occupent la zone du canal.
  • 31 décembre : John Dulles présente au secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, la doctrine Eisenhower pour le Proche-Orient. Les États-Unis s’opposeront à toute agression soviétique dans la région et fourniront une aide économique aux pays qui en feront la demande. Les pays arabes, à l’exception de l’Égypte et de la Syrie, se rallient à la doctrine Eisenhower (1957).
  • La crise de Suez crée un fort mouvement antibritannique en Irak. Des manifestations violentes éclatent et sont durement réprimées.
  • Nasser expulse tous les Juifs « français » ou « anglais », ainsi que les derniers suspects de collusion sionistes, soit 8 000 personnes, tandis que 3 000 autres sont internées et chassées l’année suivante.

Europe[modifier | modifier le code]

Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

  • 17 avril : dissolution du Kominform, bureau de liaison et d’information entre les partis communistes d’Europe de l’Est fondé en 1947 en pleine guerre froide.
  • 26 mai[8] : visite de Nikita Khrouchtchev à Belgrade, suivie par un accord d’échanges culturels, un prêt soviétique de 84 millions de dollars et l’annulation de la dette de la Yougoslavie, qui s’élève à 90 millions de dollars.
  • 20 juin : visite de Tito à Moscou. Un communiqué célèbre l’amitié soviéto-yougoslave et affirme l’existence de voies diverses vers le socialisme. C’est la fin de la crise officielle entre les deux pays.
  • 28 - 30 juin : émeutes sanglantes à Poznań où les ouvriers manifestent pour réclamer de meilleurs salaires, des élections libres et le départ des troupes soviétiques. En moyenne, un ouvrier gagne 1 000 zlotys par mois alors qu'une paire de chaussures coûte 700 zlotys. Dénonçant une « provocation impérialiste », les autorités répriment durement les émeutes (50 000 manifestants, 53 morts et plusieurs centaines de blessés).
  • 18 juillet : visite du Premier ministre indien Jawaharlal Nehru et du président égyptien Gamal Abdel Nasser dans la résidence de Tito à Brioni.
  • 19 octobre : à la suite d'une mobilisation populaire (Octobre polonais, 13-20 octobre) contre la direction du POUP, Władysław Gomułka est élu premier secrétaire du parti ouvrier unifié polonais et s'engage à réformer la République populaire de Pologne (politique de décollectivisation, fin de la censure de la presse, libération du cardinal Stefan Wyszyński, annulation d’une partie de la dette polonaise, octroi de nouveaux crédits), malgré le maintien «temporaire» de troupes soviétiques sur le sol polonais. Visite surprise de Nikita Khrouchtchev.
  • Déportations supplémentaires en Lituanie et immigration grandissante de Russes et de Polonais à Vilnius.
République populaire de Hongrie[modifier | modifier le code]
  • 29 mars : réhabilitation de László Rajk, ancien ministre des Affaires étrangères exécuté en 1949 sous l’accusation de titisme et de trahison.
  • 4 juillet : l’ancien Premier ministre Imre Nagy est exclu du Parti des travailleurs hongrois (parti communiste).
  • 18 juillet : crise au sein du PC : sévèrement critiqué, le premier secrétaire Mátyás Rákosi démissionne et est remplacé par Ernö Gerö. János Kádár devient secrétaire adjoint.
  • 6 octobre : funérailles nationales de László Rajk. 200 000 personnes réclament le retour d'Imre Nagy au gouvernement.
  • 14 octobre : Imre Nagy est réintégré au sein du parti communiste.
  • 19 octobre : début de l’insurrection de Budapest. Les opposants au gouvernement profitent des tensions entre la République populaire de Pologne et l’Union soviétique pour se rebeller. Les étudiants manifestent contre les cours obligatoires de russe et de marxisme-léninisme et, associés au syndicat des écrivains, ils affirment leur soutien au mouvement antisoviétique polonais. Les travailleurs se joignent à eux pour exiger le retour de Nagy au poste de Premier ministre.
  • 23-30 octobre : insurrection de Budapest. Le Premier ministre Hegedüs, incapable de gérer ces manifestations (plus de 100 000 personnes), sollicite le renfort des troupes soviétiques. La police ouvre le feu sur la foule. Les insurgés parviennent à paralyser les chars soviétiques en lançant des cocktails molotov. Le Parti des travailleurs s’interpose et obtient le remplacement de Hegedüs par Nagy (24 octobre) et de Gerö par János Kádár (25 octobre), précédemment emprisonné pour nationalisme.
  • 27 octobre : Imre Nagy forme un gouvernement de front national.
  • 28 octobre : après cinq jours d’hésitation, Nagy se range aux côtés des manifestants annonçant la fin du système de parti unique et la tenue d’élections. Il promet des réformes économiques, libère le cardinal László Mindszenti, exige le retrait des forces soviétiques et ordonne le cessez-le-feu.
  • 31 octobre : les Soviétiques, en accord avec les autres pays communistes, décident d'écraser la révolution des conseils hongroise.
  • 1er novembre : trop confiant dans le soutien occidental, Imre Nagy proclame la neutralité de la Hongrie et son retrait du pacte de Varsovie. L’ordre est rétabli.
  • 3 novembre : Nagy forme un gouvernement dans lequel les communistes sont minoritaires. L’URSS promet des concessions, mais les manifestations reprennent.
  • 4-12 novembre : écrasement de l'insurrection hongroise par les Soviétiques : 200 000 hommes et 2 000 chars sont engagés.
  • 4 novembre : Coup de Budapest. Huit divisions soviétiques, appuyées par l’aviation, prennent d’assaut Budapest et écrasent les insurgés malgré leurs appels au secours adressés aux Occidentaux.
  • 7 novembre : János Kádár, amené dans les fourgons de l'Armée rouge, annonce la formation d'un gouvernement révolutionnaire. Une nouvelle dictature communiste s’instaure avec János Kádár comme chef du parti rebaptisé Parti des travailleurs socialistes hongrois.
  • 13 novembre : fin de l'écrasement de l'insurrection hongroise. Des centaines de Hongrois sont exécutés, des milliers emprisonnés tandis que près de 200 000 s’enfuient en Autriche. Imre Nagy se réfugie à l’ambassade de Yougoslavie.
  • 14 novembre : Washington écarte immédiatement toute idée d’intervention en Hongrie.
  • 22 novembre : premier bilan :
    • Imre Nagy, le premier ministre, et quarante-huit de ses partisans sont enlevés par le KGB et emmenés en Roumanie. Nagy sera condamné et pendu avec l'accord du nouveau dirigeant communiste Kádár.
    • au total, 18 camions remplis de cadavres auront été enlevés de la place du parlement.
    • le cardinal Mindszenty, ancien primat de Hongrie emprisonné de 1948 à 1955, se réfugie à l'ambassade des États-Unis où il restera enfermé jusqu'en 1971, année où il pourra quitter le pays.
    • malgré la condamnation de l’URSS par les puissances occidentales et les Nations unies, la Hongrie reste pendant plusieurs années sous surveillance.
  • 9 décembre : dissolution des conseils ouvriers et des comité nationaux et arrestation de leurs chefs.
République populaire roumaine[modifier | modifier le code]
  • Mars : Gheorghe Gheorghiu-Dej mène une déstalinisation limitée en Roumanie et un relatif désengagement vis-à-vis du Bloc.
  • Octobre - novembre : manifestations antisoviétiques en Roumanie pendant la révolte hongroise.
  • Décembre : augmentation des salaires ouvriers en Roumanie après la révolte hongroise. Les investissements du Plan sont réduits au profit des biens de consommation. À la campagne, les livraisons obligatoires sont abolies et la collectivisation freinée.
  • L’URSS annule le reliquat des dettes de guerres dues par la Roumanie (700 millions de dollars).
Union des républiques socialistes soviétiques[modifier | modifier le code]
  • 14 - 25 février : XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique : début de la « déstalinisation ». « Coexistence pacifique ». Plusieurs dirigeants communistes, dont Khrouchtchev dénoncent violemment Staline accusé d’avoir remplacé la direction collégiale par le culte de la personnalité, d’arrestations et de déportations massives de milliers de personnes, de l’exécution sans procès et sans enquête d’honnêtes et d’innocents communistes, de n’avoir pas préparé de défense appropriée contre l’invasion allemande de juin 1941, causant la mort inutile de centaines de milliers de soldats. Les portraits de Staline sont retirés des lieux publics, les institutions et les localités portant son nom rebaptisées et les livres d’histoire réécrits.
  • 25 février : Nikita Khrouchtchev dénonce à huis clos les crimes de Joseph Staline.
  • 13 mai : le ministre de l’Intérieur soviétique annonce la fin des déportations en Sibérie, sauf pour des délits politiques graves. Les camps de concentration seraient remplacés dans les 18 mois par des prisons et des camps de travail.
  • 14 mai : l'URSS annonce une réduction de ses effectifs militaires de 1,2 million d'hommes.
  • 15 août : rétablissement du prix Lénine, récompense aux savants, artistes et écrivains soviétiques.
  • Parution d'un petit livre de statistiques officielles dans lequel l'Union soviétique annonce 200 millions d'habitants — mais sur un recensement d'avant-guerre, un taux de mortalité de 8,4 pour mille (30,2 en 1913), un taux de natalité de 25,6 pour mille (47 en 1913).

Europe de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : 1956 en France, 1956 en Italie et 1956 en Suisse.
8 août : catastrophe du bois du Cazier. Diplôme du Royaume de Belgique remis aux sauveteurs de Marcinelle
  • Série d’attentat de l’IRA en Ulster (1956-1962).
  • Espagne : heurts entre le SEU phalangiste et l’union démocratique des étudiants, qui conduisent au désaveu des phalangistes les plus intransigeants mais aussi au renvoi des « catholiques de gouvernement ». Déficit de la balance commerciale (1 milliard de pesetas-or), inflation (15,5 %), diminution des réserves en or de l’état. Inégalités sociales.
  • Portugal : des étudiants envahissent l’Assemblée nationale qui se préparait à voter une loi supprimant l’élection, acquise depuis 1945, aux fonctions de responsabilité à l’intérieur des associations. Le projet est retiré.
  • Le chancelier de l'Échiquier, Harold Macmillan, veut inciter les britanniques à modérer leurs dépenses de consommation. Pour cela, il prévoit dans son budget des mesures classiques comme une augmentation des impôts et une meilleure rémunération de l'épargne, mais, aussi il propose un emprunt-loterie, sous forme d'obligations du Trésor sans intérêt, mais tous les trois mois un gros lot de 1 000 livres est attribué par tirage au sort. Seulement 40 millions de Livres sont ainsi souscrites, alors que 50 millions étaient initialement prévues.

Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]

Naissances en 1956[modifier | modifier le code]

Décès en 1956[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]