Donald Tusk

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Donald Tusk
Donald Tusk, en 2012.
Donald Tusk, en 2012.
Fonctions
14e président du Conseil des ministres polonais
(70e chef du gouvernement de la Pologne)
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&023446 ans, 5 mois et 1 jour)
Président Lech Kaczyński
Bronisław Komorowski (intérim)
Bogdan Borusewicz (intérim)
Grzegorz Schetyna (intérim)
Bronisław Komorowski
Gouvernement Tusk I et II
Législature VIe et VIIe
Coalition PO - PSL
Prédécesseur Jarosław Kaczyński
Président du groupe PO à la Diète
Prédécesseur Jan Rokita
Successeur Bogdan Zdrojewski
Président de la Plate-forme civique
En fonction depuis le
Prédécesseur Maciej Płażyński
Président du groupe PO à la Diète
9 avril
Prédécesseur Maciej Płażyński
Successeur Jan Rokita
Biographie
Nom de naissance Donald Franciszek Tusk
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Gdańsk (Pologne)
Nationalité polonaise
Parti politique Plate-forme civique (PO)
Conjoint Małgorzata Tusk
Enfant(s) Michał Tusk
Katarzyna Tusk
Profession Historien
Religion Catholicisme
Résidence Willa Parkowa, Varsovie

Signature

Donald Tusk
Président du Conseil des ministres polonais

Donald Franciszek Tusk ['dɔnalt fran'ʨiʃɛk 'tusk], né le 22 avril 1957 à Gdańsk, est un homme politique polonais, cofondateur et président de la Plate-forme civique (Platforma Obywatelska, PO).

Vice-président du Sénat, de 1997 à 2001, puis de la Diète, entre 2001 et 2005, il représenta les couleurs de son parti à l'élection présidentielle de 2005 ; en tête du premier tour de scrutin, il est cependant battu par l'ancien ministre de la Justice, le conservateur Lech Kaczyński.

Après la victoire de la PO aux élections législatives d'octobre 2007, Donald Tusk est nommé président du Conseil des ministres le 9 novembre par le président de la République, Lech Kaczyński, et prend ses fonctions le 16 novembre, lors de la prestation de serment de son gouvernement ; il est à ce jour le titulaire du plus long mandat à la présidence du Conseil des ministres. Reconduit à la suite des élections législatives d'octobre 2011, Tusk est la première personnalité politique, en Pologne, à diriger par deux fois le gouvernement après des élections législatives, depuis le début de la IIIe République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des origines cachoubes[modifier | modifier le code]

Donald Franciszek Tusk est né à Gdańsk, le 22 avril 1957. Son père, également nommé Donald Tusk (1930-1972), était charpentier, tandis que sa mère, Ewa Tusk (1934-2009), fut infirmière. Son oncle, Bronisław Tusk (1935-2000), était sculpteur à Gdańsk. Son grand-père Józef Tusk (1907-1987) était fonctionnaire des chemins de fer qui, en tant que citoyen de la Ville libre de Dantzig annexée au Reich, fut obligatoirement incorporé par les autorités allemandes nazies dans la Wehrmacht, le 2 août 1944. Celui-ci a déserté quelques mois plus tard pour rejoindre l’armée polonaise à l’Ouest le 24 novembre 1944.

Donald Tusk appartient à la minorité cachoube de Pologne. Dans une interview avec le journal israélien Haaretz, en décembre 2008, Tusk affirme que sa famille a de lointaines origines juives, décrivant la minorité cachoube comme un peuple qui, « comme le peuple juif, est composé de gens qui sont nés et vivent dans les zones frontalières et étaient soupçonnés par les nazis et les communistes d’être déloyaux ».

Tusk sort diplômé du lycée Nicolas Copernic, à Gdańsk en 1976. Il s'inscrit, peu après, en tant qu’étudiant d'histoire à l’université de Gdańsk au cours du professeur Roman Wapiński, où il obtient son diplôme en 1980, avec un mémoire consacré à Józef Piłsudski.

Donald Tusk et son épouse, Małgorzata, ont deux enfants : un fils, Michał (né en 1982) et une fille, Katarzyna (née en 1987). Ils sont également grands-parents de Mikolaj Tusk, (né en 2009), le fils de Michał. La famille Tusk réside à Sopot, près de Gdańsk.

Une ascension fulgurante, de la Diète vers la course à la présidence[modifier | modifier le code]

Élu député en 1991, Tusk occupa la fonction de vice-président de la Diète, de 2001 à 2005, la Chambre basse du Parlement polonais. Avant de cofonder la Plate-forme civique en 2001, il fut un membre éminent du Congrès libéral-démocrate (Kongres Liberalno-Demokratyczny), puis de l’Union de la liberté (Unia Wolnosci). Il quitte l’Union de la liberté après avoir échoué à remporter la présidence du parti dans une course contre l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bronisław Geremek.

Dans ses positions politiques, Tusk se dit libéral en économie et partisan de l'orthodoxie budgétaire ; son programme est conservateur en matière sociétale : s'il est contre la peine de mort, il n'est favorable ni à l'avortement, ni à l'euthanasie, ni au mariage homosexuel. Par ailleurs, il est europhile et affiche volontiers ses sympathies pro-allemandes, contrairement aux frères Kaczyński.

Donald Tusk, en tant que député, représenta les circonscriptions de Gdynia-Słupsk, de 2001 à 2005, et celle de Gdańsk de 2005 à 2007. Depuis 2007, il est député de Varsovie.

Donald Tusk déclare sa candidature à la présidence de la République en mai 2005, en tant que candidat de PO. Il est au départ donné vainqueur contre Lech Kaczyński par les sondages. Il est en tête au premier tour (36 % contre 33 %). C'est au cours de l'entre-deux-tours que le journaliste Jacek Kurski, député du PiS, écrira dans l'hebdomadaire Angora que Józef Tusk, grand-père de Donald, aurait combattu comme volontaire au sein de la Wehrmacht, ce que démentit le candidat libéral. Cependant, il fut avéré plus tard que Józef Tusk n'avait pas intégré volontairement l'Armée allemande, mais avait été enrôlé en tant que citoyen allemand après l'annexion de la Ville libre de Dantzig par le Troisième Reich. Tusk perd le second tour, avec presque 46 % des voix, contre 54 % pour Lech Kaczyński.

Après les élections, Tusk reste président de son parti, ainsi que président du groupe PO au Sejm, et est désigné membre de la Commission des Polonais de l'étranger en novembre 2005. Il est remplacé à la présidence du groupe PO à la Diète par Bogdan Zdrojewski en décembre 2006.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Le président Lech Kaczyński et Donald Tusk, au palais présidentiel de Varsovie, le .

Lors des élections législatives d'octobre 2007, la PO devance le parti conservateur au pouvoir, Droit et justice, du président du Conseil des ministres sortant, Jarosław Kaczyński, frère jumeau du président de la République, Lech Kaczyński. La victoire du parti de Tusk écarte également les partis de la coalition gouvernementale sortante, composée de la Ligue des familles polonaises et la Samoobrona. N'atteignant pas la majorité absolue à la Chambre, le chef de la nouvelle majorité, Donald Tusk, décide de former une coalition avec le Parti paysan polonais, dirigé par l'ancien président du Conseil des ministres Waldemar Pawlak.

Le 9 novembre, le président Lech Kaczyński, qui fut le rival de Tusk à l'élection présidentielle d'octobre 2005, confie au leader de la PO la mission de former un gouvernement[1]. Une semaine plus tard, le 16 novembre, Donald Tusk et son gouvernement prêtent serment au palais présidentiel devant le président Kaczyński. Le 24 novembre, après avoir prononcé son discours de politique générale dans lequel il prône un « rétablissement de la confiance entre la société et le pouvoir » et le « retour de la Pologne au cœur de l'UE » comme il l'a promis au cours de la campagne, le nouveau chef du gouvernement remporte un vote de confiance par 238 voix sur 442 députés présents[2].

Une politique intérieure libérale[modifier | modifier le code]

La politique intérieure du cabinet Tusk repose essentiellement sur une politique pro-européenne de libre-marché, l'adoption à long terme d'une gouvernance stable, une réduction d'impôts pour attirer des entreprises commerciales étrangères ainsi que des privatisations d'entreprises publiques.

Par ailleurs, la construction d'un vaste réseau routier national et les préparations du Championnat d'Europe de football 2012 ont été déclarées priorités gouvernementales.

Lors de la Grippe A (H1N1) de 2009, Tusk et son gouvernement prennent la décision de ne pas acheter de vaccins contre la pandémie, invoquant l'absence de tests de compagnies pharmaceutiques. Après ses propos qui ont déclenché une polémique, le président du Conseil des ministres critique les attaques dont il fait l'objet, affirmant que « l’empressement de certains pays semble être excessif et disproportionné à la situation réelle épidémiologique », se référant au taux de la pandémie, relativement faible. La décision du gouvernement Tusk provoqua la colère de plusieurs députés de l'opposition.

Le , le président du Conseil des ministres déclare qu'il souhaite interdire les jeux de hasard de façon partielle, sur Internet. L'opposition s'est déclarée contre ce projet, insinuant qu'une telle censure équivaudrait à surveiller les connexions Internet des citoyens.

Une politique étrangère pro-européenne[modifier | modifier le code]

Donald Tusk, en compagnie du président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, en 2010.

La politique étrangère, du cabinet Tusk vise à améliorer les relations avec les autres pays, gravement endommagées par le gouvernement précédent, eurosceptique, notamment avec l'Allemagne et la Russie. Après avoir critiqué les propos de la députée allemande Erika Steinbach, celle-ci ayant exprimé en février 2009 son opinion concernant l'expulsion des Allemands de Pologne après la Seconde Guerre mondiale, Donald Tusk a souligné la nécessité de relations chaleureuses avec Berlin.

S'agissant de la Russie, Tusk a plaidé pour une relation plus réaliste avec Moscou, en ce qui concerne notamment la politique énergétique.

Donald Tusk est également réputé pour son sens du dialogue au niveau international, et pour son désir de rapprochement avec les États-Unis. Il a, ainsi, rencontré à plusieurs reprises le président américain Barack Obama.

Donald Tusk a toujours soutenu l'intégration politique et économique de la Pologne au sein de l'Union européenne. C'est pourquoi il soutient activement le traité de Lisbonne, contrairement au président Lech Kaczyński, connu pour son euroscepticisme et ses positions nationalistes.

D'autre part, Tusk s'est prononcé en faveur de l'entrée de son pays dans la zone euro, d'ici à 2012, toujours contre l'avis du président Kaczyński. Finalement, l'objectif du gouvernement polonais est de faire entrer la Pologne dans la zone euro en 2015, « un but réaliste et pas trop ambitieux » a affirmé le président du Conseil des ministres polonais.

Donald Tusk, qui parle couramment l'allemand, s'est vu remettre le prix Charlemagne de la ville d’Aix-la-Chapelle, le pour sa politique européenne et son « grand patriotisme européen ». Il a dédié ce prix à toutes les personnes décédées dans l'accident d'avion qui, le 10 avril 2010, avait coûté la vie à plusieurs dignitaires de l'État, dont le président polonais Lech Kaczyński et son épouse.

Une proposition de réformes constitutionnelles engagée[modifier | modifier le code]

Peu après la nomination de Donald Tusk à la présidence du Conseil des ministres, en novembre 2007, les relations entre le président Lech Kaczyński et son chef de gouvernement ont souvent été conflictuelles, en raison de différentes idéologies politiques et le rôle constitutionnel de la présidence. Utilisant son droit de veto présidentiel, Lech Kaczyński a bloqué un bon nombre de projets de loi rédigés par le gouvernement Tusk, y compris la réforme des retraites, la réforme des plans de zones agricoles et urbaines, et la réforme de la télévision publique. Donald Tusk et Lech Kaczyński se sont également affrontés sur plusieurs sujets allant de l'homosexualité à l'Union européenne en passant par les questions constitutionnelles.

Donald Tusk a proposé plusieurs réformes de la Constitution polonaise. En 2009, il propose des modifications quant au rôle qu'occupe le président de la République, affirmant notamment que « le président ne devrait pas avoir droit de veto, de sorte à ne pas avoir de conflit au sein du pouvoir ».

Par ailleurs le gouvernement Tusk a proposé de faire passer le nombre de députés au Sejm de 460 à 300, avançant « des raisons économiques » mais aussi une volonté de réduire « le nombre excessifs de membres » des deux chambres du Parlement polonais. Quant au Sénat, le président du Conseil des ministres a proposé de supprimer la Chambre haute ou de faire passer le nombre de ses membres de 100 à 49, tout en faisant siéger les anciens présidents de la République pour leurs compétences et leur expertise à la tête de l'État. Par ailleurs, l'immunité parlementaire pour les députés et les sénateurs serait abrogée, sauf situation particulière. Le chef du gouvernement soutient par ailleurs l'idée de transférer le pouvoir exécutif au président du Conseil des ministres, dans l'idée de ne pas confondre les institutions et de ne déléguer qu'un seul représentant lors des sommets internationaux. L’opposition conservatrice critiqua vivement ces initiatives,

L'élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Dans une interview accordée au quotidien britannique Financial Times, en janvier 2010, Tusk, répondant à une question concernant son éventuelle candidature à l'élection présidentielle polonaise prévue pour octobre, affirme qu'il ne compte pas être le candidat de la PO pour la présidence. « Je ne serai pas candidat pour la course au palais présidentiel » déclare le chef du gouvernement dans cet entretien, qui assure se consacrer pleinement à la présidence du Conseil jusqu'aux élections législatives de 2011[3],[4]. À la suite d'une primaire interne, le président de la Diète, Bronisław Komorowski, est désigné candidat de la Plate-forme civique face au ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski.

Le , l'avion du président polonais Lech Kaczyński s'écrase à Smolensk en Russie. Komorowski est alors chargé de l'intérim. Donald Tusk lui apporte ensuite son soutien en vue de la élection anticipée des 20 juin et 4 juillet, que le président par intérim remporte au second tour avec 53,01 % des voix contre 46,99 % à Jarosław Kaczyński, frère jumeau du chef de l'État défunt.

En octobre, la Plate-forme civique arrive en tête des élections locales avec 39,6 % des voix, et sa coalition gouvernementale décroche 56,2 % des suffrages. Ce scrutin était considéré comme le premier test depuis la présidentielle et avant les élections législatives de l'automne 2011[5],[6].

Une nouvelle victoire à l'issue des élections législatives de 2011[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 9 octobre 2011, la PO arrive largement en tête, avec 39,18 % des voix, et sa coalition avec le PSL conserve la majorité absolue à la Diète. C'est la première fois depuis la fin du communisme, en 1989, qu'une majorité sortante est reconduite. Appelé à former le nouveau gouvernement le 15 novembre par le président Komorowski[7], il présente, deux jours plus tard, sa nouvelle équipe, formée de dix-neuf membres, dont dix nouveaux.

À la fin du mois de , la PO connaît un important conflit entre sa tendance libérale et son aile conservatrice, au sujet du projet gouvernemental de partenariat enregistré[8]. Tusk pose alors un ultimatum aux conservateurs, emmenés par le ministre de la Justice Jarosław Gowin, dont il questionne le maintien au gouvernement[9], décidant finalement de le maintenir dans ses fonctions après deux entretiens avec lui[10]. Il annonce, finalement, la révocation du ministre Gowin, le 30 avril suivant. Le 6 mai, Marek Biernacki, un ancien ministre de l'Intérieur, se voit confier le portefeuille vacant de la Justice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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