José Sócrates

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José Sócrates
José Sócrates, en 2008.
José Sócrates, en 2008.
Fonctions
17e Premier ministre portugais
(119e chef du gouvernement)
12 mars 200521 juin 2011
(&&&&&&&&&&&022926 ans, 3 mois et 9 jours)
Président Jorge Sampaio
Aníbal Cavaco Silva
Gouvernement XVIIe et XVIIIe
constitutionnels
Législature Xe et XIe
Coalition PS
Prédécesseur Pedro Santana Lopes
Successeur Pedro Passos Coelho
Secrétaire général du Parti socialiste
29 septembre 200423 juillet 2011
Réélection 27 et 28 octobre 2006
13 et 14 février 2009
25 et 26 mars 2011
Président António de Almeida Santos
Prédécesseur Eduardo Ferro Rodrigues
Successeur António José Seguro
Ministre de l'Équipement social
23 janvier8 avril 2002
Premier ministre António Guterres
Gouvernement XIVe constitutionnel
Prédécesseur Eduardo Ferro Rodrigues
Successeur Luís Valente de Oliveira
Ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire
28 octobre 19998 avril 2002
Premier ministre António Guterres
Gouvernement XIVe constitutionnel
Prédécesseur Elisa Ferreira (Environnement)
João Cravinho (Aménagement)
Successeur Isaltino Morais
Ministre adjoint du Premier ministre
27 novembre 199728 octobre 1999
Premier ministre António Guterres
Gouvernement XIIIe constitutionnel
Prédécesseur Jorge Coelho
Successeur Armando Vara
Biographie
Nom de naissance José Sócrates Carvalho
Pinto de Sousa
Date de naissance 6 septembre 1957 (56 ans)
Lieu de naissance Alijó (Portugal)
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de École supérieure du génie
de Coimbra
Université indépendante
Profession Ingénieur civil

Signature

José Sócrates
Premiers ministres portugais

José Sócrates Carvalho Pinto de Sousa, né le 6 septembre 1957 à Alijó, est un homme d'État portugais membre du Parti socialiste (PS).

Il débute sa carrière politique au sein des jeunesses du Parti social-démocrate (PPD/PSD), qu'il quitte en 1975. En 1981, il rejoint le Parti socialiste (PS).

Élu député du district de Castelo Branco en 1987, il est nommé dix ans plus tard ministre adjoint du Premier ministre António Guterres. À ce poste, il assure l'obtention par le Portugal de l'Euro 2004. En 1999, il est nommé ministre de l'Environnement, un poste qu'il cumule avec celui de ministre de l'Équipement à partir du début de l'année 2002.

Les socialistes retournent dans l'opposition quelques semaines plus tard. À la suite de la démission d'Eduardo Ferro Rodrigues, il est élu secrétaire général du PS en 2004 avec plus de 80 % des voix face et mène le parti à la victoire aux législatives de 2005, où il remporte pour la première fois depuis 1974 la majorité absolue des sièges. Investi Premier ministre, il met en place une politique de rigueur budgétaire, légalise l'interruption volontaire de grossesse et réalise la signature du traité de Lisbonne.

Lors des élections législatives de 2009, il perd sa majorité absolue et, face à l'impossibilité de former une coalition avec l'un des quatre autres partis, prend la tête d'un gouvernement minoritaire. Il remet alors en place une politique de rigueur budgétaire pour répondre à la dégradation des comptes publics induite par la crise économique mondiale et aux inquiétudes sur la solvabilité du Portugal.

C'est à l'occasion de la présentation de son quatrième plan de rigueur, en mars 2011, qu'il doit faire face au désaveu de l'Assemblée de la République et remettre sa démission. Il perd deux mois plus tard les élections anticipées, ce qui le conduit à se retirer de la vie politique.

Accusé de corruption à deux reprises, ses rapports avec les médias sont connus comme conflictuels.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il accomplit l'ensemble de sa scolarité à Covilhã, une ville moyenne dans le district de Castelo Branco, au nord-est du pays.

Ayant décidé de rejoindre les Jeunesses sociales-démocrates (JSD) en 1974, il s'inscrit l'année suivante à l'École supérieure du génie de Coimbra (ISEC) et abandonne les JSD. En 1979 il obtient un diplôme d'ingénieur technique civil.

Ascension en politique[modifier | modifier le code]

Il travaille ensuite dans le secteur privé à Covilhã et adhère en 1981 au Parti socialiste (PS). Cinq ans plus tard, il est choisi pour présider la fédération socialiste du district de Castelo Branco.

En 1987, il entreprend des études supérieures de droit à l'université Lusíada de Lisbonne et prend des cours de génie sanitaire à l'École nationale de santé publique.

À l'occasion des élections législatives anticipées du 19 juillet de cette même année, il est placé en deuxième position sur la liste que mène António Guterres dans le district de Castelo Branco et se fait élire député à l'Assemblée de la République. Dès l'année suivante il réalise sa première intervention en séance, défendant l'adoption d'un projet de loi[1] légalisant la pratique du nudisme[2].

Sur le plan professionnel, il s'associe en 1990 à Armando Vara et fonde la société Sociedade de Venda de Combustíveis Lda. (Sovenco) à Amadora. Cette aventure commerciale ne dure qu'un an et il niera même y avoir participé[3].

Nommé au secrétariat national du PS en 1991 par Jorge Sampaio, il doit abandonner deux ans plus tard ses études de droit, faute d'avoir réussi complètement sa première année[4].

Il s'inscrit à l'Institut supérieur du génie de Lisbonne (ISEL) en 1994 pour obtenir un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESE) qui équivaut à une licence. Il renonce à cette idée en 1995 et intègre l'université indépendante, une institution universitaire privée à Lisbonne.

Entrée au gouvernement[modifier | modifier le code]

À la suite des élections législatives du 1er octobre 1995, le PS est en mesure de prendre le pouvoir et Guterres se voit nommé Premier ministre. Il appelle Sócrates dans son équipe et le désigne secrétaire d'État, adjoint de la ministre de l'Environnement Elisa Ferreira. Il renonce alors à présider le parti dans son district électoral. En 1996, il obtient sa licence de génie civile de l'université indépendante.

Deux postes ministériels[modifier | modifier le code]

Avec le départ du numéro deux du gouvernement António Vitorino, un remaniement ministériel est opéré le 26 septembre 1997. À cette occasion, il devient ministre adjoint du Premier ministre, ayant compétence sur la jeunesse, les sports et la lutte contre la toxicomanie. À ce titre, il joue un rôle de premier plan dans l'attribution de l'Euro 2004 au Portugal.

Après la nouvelle victoire des socialistes aux élections législatives du 10 octobre 1999, il est choisi quinze jours plus tard comme nouveau ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire.

Il est pressenti pour cumuler ce poste avec celui de ministre de l'Équipement social à la suite de la démission de Jorge Coelho le 4 mars 2001[5], mais le Premier ministre lui préfère le ministre du Travail Eduardo Ferro Rodrigues. Toutefois, ce dernier quitte l'exécutif le 23 janvier 2002 pour devenir secrétaire général du PS. Son ministère est alors confié à José Sócrates[6].

Secrétaire général du PS[modifier | modifier le code]

Avec la convocation d'élections législatives anticipées le 17 mars 2002 et le retrait d'António Guterres de la vie politique, il se voit investi tête de liste dans le district de Castelo Branco. S'il parvient à sauver les trois sièges, sur cinq à pourvoir, que les socialistes détenaient dans ce territoire, le parti passe dans l'opposition au niveau national.

Les élections européennes du 13 juin 2004 ayant été un succès pour le PS, Ferro Rodrigues demande au président de la République Jorge Sampaio de dissoudre l'Assemblée de la République. Le chef de l'État s'y oppose, ce qui amène à la démission du chef du parti. Le 15 juillet, il se présente à sa succession[7],. Environ deux mois et demi plus tard, le 29 septembre, José Sócrates est élu secrétaire général du Parti socialiste avec 80,07 % des voix, alors qu'il faisait face à l'ancien maire de Lisbonne João Barroso Soares et au député Manuel Alegre[8].

À l'occasion de son passage dans l'opposition, il est commentateur politique sur la Radio Télévision du Portugal (RTP).

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Premier mandat (2005 - 2009)[modifier | modifier le code]

José Sócrates (c.), Diogo Freitas do Amaral (g.) et Jorge Sampaio au 15e sommet ibéro-américain à Salamanque, en 2005.

Les dissensions au sein de la coalition du nouveau Premier ministre libéral Pedro Santana Lopes amène à la dissolution du Parlement, donc la convocation d'élections législatives anticipées le 20 février 2005. À nouveau tête de liste dans le district de Castelo Branco, il se trouve opposé au ministre de la Présidence Nuno Morais Sarmento. Dans sa circonscription, il remporte 4 sièges sur 5 et 56 % des voix. Au niveau national, le PS obtient 45,03 % des suffrages, soit 121 parlementaires sur 230. Pour la première fois depuis la révolution des Œillets, les socialistes remportent une majorité absolue à l'Assemblée.

Deux jours plus tard, à la sortie de son entrevue avec le président Jorge Sampaio, il déclare que « Il y aura un gouvernement aussi vite que possible » (« Tão breve quanto possível haverá governo »), ajoutant que les Portugais souhaitaient que le PS gouverne avec son programme et que la décision de dissoudre l'Assemblée de la République était justifiée, étant donné qu'il semble évident que les Portugais souhaitaient changer de gouvernement, ce qu'il a démenti aussitôt.

José Sócrates est officiellement nommé Premier ministre du Portugal le 12 mars 2005.

Il présente alors le XVIIe gouvernement constitutionnel, composé pour moitié de ministres indépendant. En font partie, entre autre, le fondateur du Centre démocratique et social (CDS) Diogo Freitas do Amaral, ministre des Affaires étrangères ; l'ancien vice-gouverneur de la Banque du Portugal Luís Campos e Cunha, ministre des Finances ; l'ancien conseiller de Sócrates Pedro Silva Pereira, ministre de la Présidence ; et les anciens ministres de Guterres António Costa, ministre de l'Intérieur, Alberto Costa, ministre de la Justice, ou Mariano Gago, ministre de la Science.

Au cours de son premier mandat, il met en œuvre une importante réforme de l'administration publique, dans le but d'en réduire la lourdeur des procédures et le coût de fonctionnement, avec les programmes SIMPLEX de simplification législative et réglementaire, PRACE, de réduction de l'administration centrale de l'État, et Entreprise en une heure. L'ensemble de ses mesures a pour objet de réduire le déficit public et de le ramener dans les critères de Maastricht. À ce titre, il gèle les carrières et traitements des fonctionnaires et augmenté la fiscalité[9].

En parallèle, et réalisant sa promesse de campagne de créer un « choc technologique »[10], son gouvernement lança le Plan technologique (Plano Tecnológico) basé sur la connaissance, la technologie et l'innovation. Une vaste réforme éducative, achevant la mise en place du processus de Bologne, est également lancée, ce qui engendra des critiques, notamment concernant le nouveau modèle d'évaluation des professeurs.

Pour l'élection présidentielle du 22 janvier 2006, il choisit d'investir l'ancien président de la République Mário Soares, ce qui entraîne la dissidence du vice-président de l'Assemblée Manuel Alegre[11]. Avec 14,3 %, Soares finit troisième, tandis que la dispersion des candidatures à gauche permet la victoire de l'ancien Premier ministre Aníbal Cavaco Silva, du Parti social-démocrate. Cela ne l'empêche pas d'être réélu secrétaire général du PS en octobre suivant, par 96,8 % des voix[12].

Le gouvernement engage aussi une politique de développement des transports avec l'annonce de la construction d'un nouvel aéroport pour Lisbonne le 10 janvier 2008 ou encore la création d'un réseau de train à grande vitesse (TGV). Par ailleurs, à la suite d'un référendum, non contraignant faute d'avoir atteint une participation suffisante, l'avortement est légalisé.

Ce premier mandat de José Sócrates est par ailleurs marqué, au second semestre 2007, par la présidence portugaise de l'Union européenne (UE), au cours de laquelle est signé le traité de Lisbonne. La cérémonie s'est tenue le 12 décembre 2007 dans la capitale portugaise. Cette période a également été marquée par l'organisation du premier sommet entre l'UE et le Brésil et la tenue d'un sommet UE-Afrique.

Il obtient au mois de février 2009 un troisième mandat de secrétaire général du PS, grâce à un score de 96,4 % des suffrages[13].

Second mandat (2009 - 2011)[modifier | modifier le code]

Composition politique de l'Assemblée après les élections de 2009.

Candidat à un second mandat lors des législatives du 27 septembre 2009, il s'impose face à Manuela Ferreira Leite, présidente du PPD/PSD, mais perd sa majorité absolue avec seulement 96 sièges sur 230. Il est cependant reconduit par le président Aníbal Cavaco Silva le 12 octobre, et annonce la composition de son nouveau gouvernement deux semaines plus tard.

Ce second mandat est évidemment marqué par la crise économique mondiale, qui a sérieusement dégradé les finances publiques.

Obligé de négocier le budget de l'État, son gouvernement minoritaire s'appuie notamment sur le centre-droit, à savoir le Parti social-démocrate (PPD/PSD) et le Parti populaire (CDS/PP)[14], tandis que pour réussir la légalisation du mariage homosexuel, il a cherché le soutien des formations de gauche[15]. Au cours de cette nouvelle législature, il compte également rouvrir le dossier de la création de régions administratives (regionalização)[16]. Après avoir annoncé plusieurs mesures pour geler les dépenses publiques et ainsi réduire le déficit public, il s'accorde en avril 2010 avec le Parti social-démocrate pour anticiper certaines mesures sociales du « pacte de stabilité et de croissance » portugais[17].

Deux semaines plus tard, afin d'éviter une contagion de la crise de la dette grecque, il propose une hausse de l'impôt sur le revenu, une taxe sur les produits de luxe ou encore la baisse de 5 % du traitement des ministres[18]. Il doit en outre affronter une motion de censure du Parti communiste portugais (PCP), sept mois à peine après sa confirmation[19], qui est toutefois rejetée par les députés le 21 mai avec le plus petit nombre de votes contraires depuis l'instauration de la démocratie, à savoir 92 voix, les seules du PS, tandis que 89 députés de droite se sont abstenus[20].

Le 30 mai 2010, il propose à la commission nationale du PS que le parti apporte son soutien à l'ancien député socialiste Manuel Alegre, déjà soutenu par le Bloc de gauche (BE), pour sa candidature à l'élection présidentielle de 2011[21]. Handicapé par l'indépendant Fernando Nobre et la popularité du chef de l'État, Alegre se contente de 19,7 % des voix lors du premier et unique tour.

Il annonce, le 29 septembre 2010, une nouvelle série de mesure d'austérité budgétaire dans le but de ramener le déficit public de 7,3 % du produit intérieur brut à 4,6 %, notamment la baisse de 3,5 % à 10 % du salaire des fonctionnaires gagnant au moins 1 500 euros par mois, la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée à 23 %, et le gel des pensions de retraite[22]. Ces mesures, en particulier la hausse de la fiscalité, sont aussitôt critiquées par le Parti social-démocrate[23], le Parti communiste portugais[24] ou encore le Bloc de gauche[25]. Il se défend alors en expliquant qu'il n'y a « aucune alternative »[26].

Face à ce train de mesures, la Confédération générale des travailleurs portugais - Intersyndicale nationale (CGTP-IN) lance un appel à la grève générale pour le 24 novembre[27]. Même José Vieira da Silva, le ministre de l'Économie, s'est dit « préoccupé » par l'effet de ce plan d'austérité, le plus dur de l'Union européenne après celui décidé en Grèce[28], sur la croissance économique[29]. Malgré le fait que les discussions avec le PSD, entamées le 23 octobre[30], aient échoué très rapidement[31], ce dernier devrait tout de même choisir de s'abstenir lors du vote du budget, permettant ainsi son adoption[32].

Les négociations reprennent finalement le 29 octobre 2010[33] et aboutissent le soir même à la conclusion d'un accord[34]. Environ un mois plus tard, le 24 novembre, une grève générale convoquée par les deux principaux syndicats, paralyse le pays, atteignant une ampleur jamais vue depuis la grève générale de 1988, mais à laquelle il n'entend rien céder, prenant alors l'exemple de récente la crise des finances publiques irlandaise[35].

Démission[modifier | modifier le code]

Il annonce, le 23 mars 2011, avoir remis sa démission au président Aníbal Cavaco Silva, après le rejet par l'Assemblée de la République de son quatrième plan de rigueur depuis 2009[36]. Il appelle ensuite à la tenue d'élections législatives anticipées[37], auquel il est candidat à sa propre succession.

D'ailleurs quatre jours plus tard, il est réélu à la tête des socialistes avec un score de 93,3 % des voix, alors qu'il fait face à deux candidats[38].

Le PS n'ayant remporté que 28 % des voix, soit dix points de moins que le PPD/PSD, il renoncer à diriger son parti le soir-même et se retire de la vie politique[39]. Le 15 juin, le libéral Pedro Passos Coelho est choisi par le chef de l'État pour lui succéder, sa prise de fonction étant fixée six jours plus tard.

Lors de l'élection des 22 et 23 juillet suivants, l'ancien ministre adjoint d'António Guterres António José Seguro est élu secrétaire général du Parti socialiste contre Francisco Assis.

Reprise d'études[modifier | modifier le code]

Depuis 2012, il s'est inscrit à l'école doctorale à Sciences-Po Paris où il suit entre autres des cours de gender studies[40].

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Nom[modifier | modifier le code]

Son identité complète et officielle est José Sócrates Carvalho Pinto de Sousa. Il est le fils de Fernando Pinto de Sousa (né à Vilar de Maçada, Alijó, le 15 novembre 1926) et de Maria Adelaide de Carvalho Monteiro (née à Vilar de Maçada, Alijó, le 8 octobre 1931). Il a un frère, António Carvalho Pinto de Sousa (né en 1962), et une sœur, Ana Maria Carvalho Pinto de Sousa (décédée en 1988).

Comme le veut le système en vigueur au Portugal et au Brésil, son premier nom de famille est donc celui de sa mère et le deuxième est celui de son père, seul transmissible.

Il est cependant connu sur la scène politique, institutionnelle et médiatique sous ses seuls prénoms de José Sócrates, alors qu'il signe José Sócrates Carvalho Pinto de Sousa.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Agnostique, il est divorcé de Sofia da Costa Pinto Fava, et père de deux fils, José Miguel, né en 1993, et Eduardo, venu au monde deux ans plus tard. Il réside à Lisbonne mais vote à Covilhã, où il a passé une grande partie de sa jeunesse.

Il pratique régulièrement le jogging et a annoncé en 2008 qu'il avait arrêté de fumer.

Polémiques[modifier | modifier le code]

En 2007, des doutes surgissent quant à l'obtention de son diplôme d'ingénieur civil à l'Université indépendante[41]. S'ils étaient fondés, cela pourrait remettre en cause l'usage du titre d' « ingénieur » au profit de celui d' « ingénieur technique » par Sócrates. Toutefois, une enquête officielle[42] a conclu que ce diplôme était parfaitement valable, tandis que, dans le même temps, le ministère de la Science ordonnait la fermeture de l'Université pour cause d'irrégularités et d'erreurs pédagogiques. Peu après, la presse révèle qu'un ordinateur du gouvernement a été utilisé pour effacer toute référence à cette affaire sur la page Wikipédia portugaise du Premier ministre[43].

Environ un an après, en octobre 2008, une polémique naît à propos d'une éventuelle fraude fiscale de l'entreprise J.P. Sá Couto. Celle-ci a la particularité de fabriquer les Magalhães, ordinateurs à bas coût financés par l'État pour ses écoles[44]. Cette affaire, à laquelle s'ajoute des doutes quant à la régularité de l'appel d'offres passé par le gouvernement, entraîne la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire en décembre 2009[45].

José Sócrates est également mis en cause dans « l'affaire Freeport », en cours au Royaume-Uni et au Portugal. Alors qu'il était ministre de l'Environnement, il aurait, sous pression de son oncle et de son cousin, fait sauter certaines restrictions justifiées par la protection de l'environnement afin de permettre l'implantation d'un magasin d'usine Freeport sur les rives du Tage[46]. Charles Smith, consultant et principal mis en cause par les autorités britanniques, a même affirmé que le Premier ministre « [était] corrompu »[47]. Cette affaire s'est doublée d'un scandale judiciaire puisque le procureur José da Mota, chef d'Eurojust et ami de Sócrates, aurait fait pression sur les procureurs portugais chargés du dossier afin qu'ils arrêtent leurs investigations[48]. Il devrait toutefois être blanchi dans la mesure où aucune preuve n'a été trouvée contre lui[49].

Le Premier ministre s'est aussi vu embarqué dans une autre affaire de corruption, Face Occulta (« Face cachée ») à la fin de l'année 2009, du fait que l'un des suspects est Armando Vara, son ancien associé et désormais ami. Les deux hommes se sont passés plusieurs appels téléphoniques qui ont été enregistrés par les autorités judiciaires, mais le Tribunal suprême a ordonné leur destruction[50].

Depuis le début de son mandat, il a attaqué en justice neuf journalistes de trois médias différents, sans jamais gagner un seul procès[51].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au Portugal, les projets de loi sont d'origine parlementaire et les propositions de loi d'origine gouvernementale
  2. (pt) Quand Sócrates défendait le nudisme, site internet du quotidien Diário de Notícias, le 21 avril 2008
  3. (pt) Un os dur à ronger, site internet du quotidien Diário de Notícias, le 23 janvier 2005
  4. (pt) Sócrates a étudié le droit à l'université Lusíada, site internet du quotidien Público, le 13 avril 2007
  5. (pt) Maranha das Neves ou José Sócrates, successeurs possibles de Coelho, site internet Diário Digital, le 5 mars 2001
  6. (pt) José Sócrates succède à Ferro Rodrigues à l'Équipement social, site internet Diário Digital, 21 janvier 2002
  7. (pt) José Sócrates annonce aujourd'hui sa candidature au poste de secrétaire général, site internet du quotidien Público, le 15 juillet 2004
  8. (pt) PS : José Sócrates élu avec 80,07 % des voix, site internet du quotidien Público, le 29 septembre 2004
  9. (pt) Le gouvernement gèle les carrières dans la fonction publique, site internet du quotidien Público, le 25 mai 2005
  10. (fr) Les socialistes remportent la majorité absolue aux élections législatives portugaises, Fondation Robert Schuman le 21 février 2005
  11. (fr) Election présidentielle au Portugal, 22 janvier et 5 février 2006, Fondation Robert Schuman
  12. « Sócrates reeleito líder do PS », Agence Lusa, le 29 octobre 2006
  13. (pt) « Sócrates reeleito secretário-geral com 96,43% dos votos », Jornal de Notícias, le 15 février 2009
  14. (pt) Un accord à droite sur le budget de l'État sera scellé aujourd'hui, site internet du quotidien Público, le 23 janvier 2010
  15. (pt) La proposition du gouvernement approuvée avec le soutien de toute la gauche, site internet du quotidien Público, le 8 janvier 2010
  16. (pt) Sócrates : la régionalisation est « indispensable et urgente », site internet du quotidien Público, le 16 décembre 2009
  17. (pt) Le gouvernement et le PSD d'accord pour l'anticipation de mesures du PEC, site internet de la TSF, le 28 avril 2010
  18. (pt) Les huit mesures d'austérité proposées par le gouvernement au PSD, site internet du Jornal dos Negócios, le 12 mai 2010
  19. (pt) Le PCP va présenter une motion de censure contre le gouverneùent, site internet du quotidien Público, le 17 mai 2010
  20. (pt) La motion de censure tombe avec les votes contraires du PS et l'abstention du PSD et du CDS, site internet du quotidien Público, le 21 mai 2010
  21. (pt) Sócrates propose l'appui du PS à la candidature d'Alegre
  22. (pt) La fonction publique, les retraites et la TVA à 23 % paient le déficit 2011, site internet du quotidien Público, le 30 septembre 2010
  23. (pt) Le PSD appelle le gouvernement a revoir la nouvelle augmentation d'impôts, site internet du quotidien Público, le 30 septembre 2010
  24. (pt) PCP : Jerónimo de Sousa rejette « des mesures d'offensive brutale », site internet du quotidien Público, le 29 septembre 2010
  25. (pt) Bloc de gauche : « La recette est vieille et ajoute de la récession à la récession », site internet du quotidien Público, le 29 septembre 2010
  26. (pt) Sócrates : les mesures d'austérités ont été prises seulement parce qu'il ne restait aucune alternative, site internet du quotidien Público, le 29 septembre 2010
  27. (fr) Appels à la grève générale contre l'austérité au Portugal, sit internet du quotidien Le Monde, le 1er octobre 2010
  28. (pt) Seule la Grèce a un plan d'austérité plus dur, site internet du quotidien Público, le 1er octobre 2010
  29. (pt) Vieira da Silva se déclare « préoccupé » par l'impact que les mesures vont avoir sur l'économie, site internet du quotidien Público, le 1er octobre 2010
  30. (pt) Les délégations du gouvernement et du PSD commencent les négociations à l'Assemblée, site internet du quotidien Público, le 23 octobre 2010
  31. (pt) Budget de l'État : les négociations entre le gouvernement et le PSD échouent, site internet du quotidien Público, le 27 octobre 2010
  32. (pt) Le PSD maintient le scénario de l'abstention, site internet du quotidien Público, le 27 octobre 2010
  33. (pt) Budget de l'État : Teixeira dos Santos et Eduardo Catroga reprennent les négociations bilatérales, site internet du quotidien Público, le 29 octobre 2010
  34. (pt) Le gouvernement et le PSD trouvent un accord pour le budget, site internet du quotidien Público, le 29 octobre 2010
  35. (fr) Les Portugais en grève générale contre l'austérité, Le Monde, le 24 novembre 2010
  36. (fr) Le premier ministre portugais présente sa démission, Le Monde, le 23 mars 2011
  37. (pt) Sócrates désire et va aux élections, site internet du quotidien Público, le 23 mars 2011
  38. (pt) « Sócrates reeleito líder do PS com 93,3% dos votos », Expresso, le 27 mars 2011
  39. (pt) Sócrates démissionne, Diário de Notícias, le 5 juin 2011
  40. Sciences Po
  41. (pt) Il y a des erreurs dans le dossier de José Sócrates à l'Université indépendante, site internet du quotidien Público, le 22 mars 2007
  42. (pt) Le procureur général de la République classe sans suite l'enquête sur la licence de Sócrates, site internet du quotidien Público, le 1er août 2007
  43. (pt) La page de Sócrates sur Wikipédia modifiée par un ordinateur du gouvernement, site internet du quotidien Público, le 17 août 2007
  44. (pt) J.P. Sá Couto est accusée de fraude fiscale, site internet du quotidien Público, le 7 octobre 2008
  45. (pt) Le PSD met Sócrates sous pression en enquêtant sur le Magalhães, site internet du quotidien Público, le 7 décembre 2009
  46. (en) Le Premier ministre portugais promet de défendre son honneur, site internet de The Independent, le 27 janvier 2009
  47. (pt) Freeport : Smith affirme dans un DVD que Sócrates « est corrompu », site internet du quotidien Público, le 27 mars 2009
  48. (en) Le chef d'Eurojust mise en cause dans un scandale portugais, site internet EUObserver, le 13 mai 2009
  49. (pt) Le ministère public sans preuves pour accuser Sócrates dans l'affaire Freeport, site internet du quotidien Público, le 22 février 2010
  50. (pt) Le Tribunal suprême ordonne la destruction des écoutes de Vara et Sócrates, site internet de la RTP, le 14 novembre 2009
  51. (pt) Sócrates perd de nouveau devant le tribunal, site internet du quotidien Diário de Notícias, le 20 octobre 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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