Gérard Larcher

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Gérard Larcher
Gérard Larcher, en 2011.
Gérard Larcher, en 2011.
Fonctions
7e président du Sénat français
En fonction depuis le 1er octobre 2014
(2 mois et 17 jours)
Prédécesseur Jean-Pierre Bel
5e président du Sénat français
1er octobre 20081er octobre 2011
(3 ans)
Prédécesseur Christian Poncelet
Successeur Jean-Pierre Bel
Sénateur des Yvelines
En fonction depuis le 1er octobre 2007
Élection 26 septembre 2004
Réélection 25 septembre 2011
Ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes
31 mai 200515 mai 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Dominique de Villepin
Ministre délégué aux Relations du Travail
31 mars 200431 mai 2005
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Sénateur des Yvelines
2 octobre 198630 avril 2004
Élection 25 septembre 1986
Réélection 24 septembre 1995
Biographie
Date de naissance 14 septembre 1949 (65 ans)
Lieu de naissance Flers (Orne)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique RPR, UMP
Diplômé de École nationale vétérinaire
de Lyon
Profession Docteur vétérinaire
Résidence Petit Luxembourg (Paris)

Gérard Larcher
Présidents du Sénat français

Gérard Larcher, né le 14 septembre 1949 à Flers (Orne), est un homme politique français, président du Sénat de 2008 à 2011, et depuis 2014.

Membre du RPR, il est élu maire de Rambouillet en 1983, puis, trois ans plus tard, sénateur des Yvelines. Vice-président du Sénat de 1997 à 2001, il préside la commission des Affaires économiques de 2001 à sa nomination, en 2004, dans le troisième gouvernement Raffarin, lequel le charge du portefeuille des Relations du Travail ; reconduit dans le gouvernement Villepin, il est, cette fois, ministre délégué à l'Emploi auprès de Jean-Louis Borloo.

Après avoir été désigné candidat du groupe UMP contre Jean-Pierre Raffarin, il est élu président du Sénat le 1er octobre 2008. Pendant son mandat, il mène une conséquente réorganisation de l'institution. Candidat à sa propre succession en 2011, après la victoire de la gauche aux élections sénatoriales, il est battu par le socialiste Jean-Pierre Bel.

Le 1er octobre 2014, à la suite d'un renouvellement sénatorial favorable à la droite, il retrouve la présidence du Sénat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, famille et études[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille catholique, avec un père propriétaire d'une usine de textile, éleveur de chevaux et maire d'un village de l'Orne, Saint-Michel-des-Andaines[1],[2].

Envoyé en pensionnat chez les Eudistes, Gérard Larcher se convertit plus tard au protestantisme en épousant, en secondes noces, Christine Weiss, chirurgien dentiste, une amie d'enfance luthérienne, avec laquelle il aura trois enfants[3]. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée de Caen, il s'inscrit dans une classes préparatoires BCPST au lycée Louis-Thuillier à Amiens[1], avant d'intégrer la promotion 1973 de l'École nationale vétérinaire de Lyon[4].

Vétérinaire de profession[modifier | modifier le code]

Gérard Larcher est docteur vétérinaire, spécialisé dans les chevaux, pendant 14 ans[5]. Il travaille, de 1974 à 1979, au sein de l'équipe de France de sports équestres, qu'il suit lors de sa victoire aux Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal (Canada)[6]. Il est ensuite correspondant de la Fédération internationale de sports équestres, jusqu'en 1983[7]. Il cesse alors son activité professionnelle après avoir été élu sénateur.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De Rambouillet au Sénat[modifier | modifier le code]

Gérard Larcher s'engage au sein des jeunes gaullistes dès le lycée, et intègre le RPR lors de sa création, en 1976. Proche de Charles Pasqua, il entre dans les années 1990 au bureau politique, puis au comité politique du parti gaulliste[2].

Élu maire de Rambouillet à la suite des élections municipales de 1983 au cours desquelles il a affronté Christine Boutin, il est constamment réélu, recueillant jusqu'à 71 % des voix dès le premier tour des municipales de 2001[8]. À ce poste, Gérard Larcher poursuit la construction de logements sociaux, lance la création d'une nouvelle zone d'activité intercommunale consacrée à l'industrie cosmétique et d'un village culturel hébergeant des troupes d'artistes[8]. Lorsqu'il abandonne son mandat de maire au profit de son premier adjoint Jean-Frédéric Poisson, lors de sa nomination au gouvernement en 2004, le taux de chômage à Rambouillet est inférieur à 5 %[8].

De 1985 à 1992, il occupe les fonctions de conseiller régional d'Île-de-France[9].

Il est élu sénateur des Yvelines le 28 septembre 1986. Réélu le 24 septembre 1995, il occupe plusieurs fonctions importantes au Sénat : secrétaire de 1989 de 1995, vice-président de 1997 à 2001, président de la commission des Affaires économiques et du Plan de 2001 à 2004. Il est aussi rapporteur de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire en 1994[10].

Ministre du président Jacques Chirac[modifier | modifier le code]

Gérard Larcher est ministre délégué aux Relations du travail dans le gouvernement Raffarin III (2004-2005), puis ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes dans le gouvernement Villepin (2005-2007). Il est alors réputé pour être un homme d'écoute et de consensus, participant longuement aux négociations avec les partenaires sociaux, dont il est proche[2],[6]. D'après Jean-Christophe Le Duigou, un dirigeant de la CGT, il est « un des moins mauvais ministres du Travail […] depuis longtemps »[11].

Il retrouve son mandat de maire de Rambouillet en juin 2007, puis est reconduit dans ses fonctions après les élections municipales de 2008, lors desquelles sa liste réunit 57,7 % des suffrages au premier tour[12].

Après avoir décliné le poste de ministre de l'Agriculture qui lui était proposé par Nicolas Sarkozy[13], il redevient sénateur le 1er octobre 2007, à la suite de la démission de la sénatrice Adeline Gousseau, qui l'avait remplacé après sa nomination comme ministre[14].

Régulièrement consulté sur les questions sociales par le président Sarkozy[11], il préside la commission spéciale sur la loi de modernisation de l'économie à partir de juin 2008[15]. Le 11 avril 2008, Gérard Larcher, ancien président de la Fédération hospitalière de France, remet à Nicolas Sarkozy un rapport sur la réforme hospitalière. Il préconise entre autres le regroupement d'établissements dans le but de ramener les hôpitaux publics à l'équilibre budgétaire en 2012, alors qu'ils affichent un déficit cumulé de 800 millions d'euros chaque année[16],[note 1].

Premier mandat de président du Sénat[modifier | modifier le code]

Gérard Larcher avec le président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, le 2 mars 2010.

Dès son départ du gouvernement, les médias prêtent l'intention à l'ancien ministre de briguer la présidence du Sénat[17]. Il est le premier à annoncer officiellement sa candidature au Petit Luxembourg, le 31 juillet 2008[17].

Lors d'une primaire interne organisée par le groupe UMP le 24 septembre 2008, Gérard Larcher est formellement désigné candidat représentant du groupe UMP à la présidence du Sénat par 78 voix contre 56 à Jean-Pierre Raffarin et 17 à Philippe Marini[18]. Il est élu président du Sénat le 1er octobre suivant, avec 173 voix, contre 134 à Jean-Pierre Bel (SOC), 19 à René Garrec (UMP) et 2 à Jean-Pierre Raffarin (UMP)[19]

Le 18 novembre 2008, il annonce la baisse de 30 % de ses indemnités, ainsi que celle des trois questeurs du Sénat[20]. Selon L'Express, le cabinet de Gérard Larcher a réduit ses dépenses de 44,45 % au cours de l'année 2009[21]. Durant son mandat, il mène la plus importante réorganisation du Sénat depuis 1958 en réformant notamment les systèmes de rémunérations, retraites et privilèges des sénateurs (fin des grosses retraites et des prêts immobiliers à 0 %, réduction du parc automobile, suppression du deuxième appartement de fonction du président du Sénat)[22],[23]. En juillet 2011, il se félicite d’être le premier président de la haute assemblée à ne pas avoir demandé à l'État d'augmenter le budget du Sénat.

Lors des élections sénatoriales de 2011, la moitié du Sénat est renouvelée ; la gauche obtient la majorité absolue, par 177 sièges contre 171 à la droite et au centre-droit[24]. Gérard Larcher annonce le même jour qu'il demeure candidat à sa propre succession[25]. Le 1er octobre 2011, obtenant 134 voix, il est battu par le socialiste Jean-Pierre Bel.

Sur les bancs de l'opposition[modifier | modifier le code]

Défait à la présidence, Gérard Larcher intègre la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Le 28 février 2012, il est nommé au conseil d'administration du domaine national du château de Chambord ; le lendemain, lors du Conseil des ministres, il est désigné à la présidence de ce conseil[26],[27].

Lors du congrès de l'UMP de novembre 2012, il soutient la candidature de l'ancien Premier ministre François Fillon face à Jean-François Copé.

S'il décide de ne pas se représenter à la mairie de Rambouillet pour les élections municipales de 2014, Gérard Larcher annonce, dès février 2014, son intention de retrouver la présidence du Sénat à l'issue des élections sénatoriales de septembre suivant, s'engageant à concourir à une primaire[28].

Second mandat de président du Sénat[modifier | modifier le code]

Lors des élections sénatoriales de 2014, la moitié du Sénat est renouvelée ; la droite et le centre-droit obtiennent la majorité absolue.

Gérard Larcher est désigné, le 30 septembre 2014, par 80 voix, candidat du groupe UMP à la présidence du Sénat, face aux deux candidats qu'il avait déjà affrontés en 2008 : Jean-Pierre Raffarin (56 voix) et Philippe Marini (7 voix)[29]. Le 1er octobre 2014, au premier tour de scrutin, il arrive en tête avec 145 voix, devant le socialiste Didier Guillaume, le centriste François Zocchetto, la communiste Éliane Assassi, le divers gauche Jacques Mézard, l'écologiste Jean-Vincent Placé et la centriste Nathalie Goulet. À l'issue du second tour, il est élu président du Sénat avec 194 voix contre 124 à Didier Guillaume, 18 à Éliane Assassi et une à Philippe Marini[30]. Gérard Larcher obtient ainsi quelques voix de plus que le nombre total de sénateurs UMP et centristes. C'est la première fois dans l'histoire du Sénat qu'un sénateur est élu à la présidence de la chambre haute à deux reprises de façon non consécutive.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Mandats civils[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce rapport préconise plusieurs mesures dont :
    • le regroupements d'hôpitaux pour mutualiser les moyens. Ces regroupements pourraient se faire dans le cadre de communautés hospitalières de territoire (CHT), encouragés par l'allocation prioritaire aux CHT des crédits d'investissement du plan hôpital 2012. Dans ces CHT, les établissements de grande taille assureraient les soins de pointe, et les hôpitaux locaux de petite taille concentreraient leurs activités dans les soins de suite et la gériatrie. 300 CHT seraient ainsi créés, regroupant le millier d'établissements hospitaliers actuels.
    • une gouvernance renforcée exercée par un directeur aux pouvoirs étendus. Le conseil d'administration des établissements hospitaliers serait transformé en conseil de surveillance et le président du conseil de surveillance du CHT ne serait plus systématiquement le maire de la commune.
    • une évolution du statut des 40 000 praticiens hospitaliers (PH), qui obtiendraient une rémunération supplémentaire en fonction de leur activité.
    • une incitation pour les cliniques privées à participer aux missions de service public (permanence des soins, accueil des démunis).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bruno Jeudy. « Gérard Larcher, la passion des chevaux », Le Figaro, 18 août 2009.
  2. a, b et c « PORTRAIT - Gérard Larcher, un gaulliste qui “mouille sa chemise” », Le Point, 23 septembre 2008.
  3. « Gérard Larcher au scanner », L'Express, 1er février 2007.
  4. Réforme, n° 3292, 23-29 octobre 2008.
  5. « Gérard Larcher : sauver la France rurale ! », Valeurs actuelles, 1er avril 2010.
  6. a et b Marc André. « Les réseaux de Gérard Larcher », L'Expansion, 1er décembre 2006.
  7. « La biographie de Gérard Larcher », Le Nouvel Observateur, 18 mars 2009.
  8. a, b et c « Le roi Gérard », L'Express, 1er février 2007.
  9. « Gérard Larcher (presque) président du Sénat », L'Express, 24 septembre 2008.
  10. « Extrait de la table nominative 1994 » de Gérard Larcher, sur le site du Sénat.
  11. a et b « Le Sénat à l’estomac », Libération, 2 octobre 2008.
  12. Résultats des élections municipales de 2008, ministère de l'Intérieur, 2008.
  13. « Gérard Larcher. Un sénateur transcourant », Le Télégramme, 17 août 2008.
  14. « La fiche du sénateur Larcher sur le site du Sénat »
  15. « Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi n° 398 (2007-2008) de modernisation de l’économie », sur le site du Sénat.
  16. « Le rapport de la commission de concertation sur les missions de l'hôpital (2008) », Le Monde, 10 avril 2008
  17. a et b « Les candidats à la présidence du Sénat: une bataille entre ex-UDF et ex-RPR », 20 minutes, 1e août 2008.
  18. « Présidence du Sénat : Larcher remporte la primaire UMP », Le Figaro, 24 septembre 2008.
  19. « Gérard Larcher, nouveau président du Sénat », Le Figaro, 1e octobre 2008.
  20. « Larcher réduit le train de vie du Sénat », Les Échos, 19 novembre 2008.
  21. « Rigueur sénatoriale », L'Express, 13 septembre 2009.
  22. « Le Sénat resserre le nombre de ses directions et services », dépêche AFP, 13 juillet 2010.
  23. « Gérard Larcher, le “M. Propre” du Sénat », France-Soir, 21 juillet 2011.
  24. « L'UMP explique sa défaite au Sénat par ses divisions », Le Monde, 26 septembre 2011.
  25. « Sénat : Larcher évoque sa candidature de “devoir, claire, loyale” », Le Parisien, 30 septembre 2011.
  26. François Krug, « Larcher, ex-président du Sénat, atterrit au château de Chambord », Rue89,‎ 29 février 2012 (lire en ligne)
  27. Arrêté du 28 février 2012 portant nomination au conseil d'administration du domaine national de Chambord, no 51 du 29 février 2012, p. 3874, texte no 54.
  28. « Gerard Larcher confirme son intention de briguer la présidence du Sénat », Le Monde, 4 février 2014.
  29. « Gérard Larcher fait un pas décisif vers la présidence du Sénat », Le Figaro, 30 septembre 2014.
  30. « Gérard Larcher redevient président du Sénat », Le Figaro, 1er octobre 2014.
  31. Décret du 31 mars 2004 relatif à la composition du Gouvernement
  32. Décret du 2 juin 2005 relatif à la composition du Gouvernement
  33. Christophe Gendry, Chambord : Gérard Larcher restera-t-il président ?. La Nouvelle République, le 2 octobre 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]