José María Aznar

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José María Aznar
José María Aznar, en 2003.
José María Aznar, en 2003.
Fonctions
Président d'honneur du Parti populaire
En fonction depuis le 3 octobre 2004
Président Mariano Rajoy
7e président du gouvernement espagnol
(152e chef du gouvernement espagnol)
5 mai 199617 avril 2004
(&&&&&&&&&&&029047 ans, 11 mois et 12 jours)
Monarque Juan Carlos Ier
Gouvernement Aznar I et II
Législature VIe et VIIe
Prédécesseur Felipe González
Successeur José Luis Rodríguez Zapatero
Porte-parole du groupe PP
au Congrès des députés
22 juillet 19939 janvier 1996
Législature Ve
Prédécesseur Rodrigo Rato
Successeur Luis de Grandes
30 novembre 198913 avril 1993
Législature IVe
Prédécesseur Luis Ramallo García
Successeur Rodrigo Rato
Président du Parti populaire
1er avril 19902 octobre 2004
Prédécesseur Manuel Fraga
Successeur Mariano Rajoy
Vice-président du Parti populaire
22 janvier 19891er avril 1990
Président Manuel Fraga
3e président de la Junte de Castille-et-León
28 juillet 198718 septembre 1989
(&&&&&&&&&&&&07832 ans, 1 mois et 20 jours)
Législature IIe
Coalition APCyL
Prédécesseur José Constantino Nalda
Successeur Jesús Posada
Biographie
Nom de naissance José María Alfredo
Aznar López
Date de naissance 25 février 1953 (61 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Parti politique Parti populaire
Conjoint Ana Botella
Diplômé de Université complutense
de Madrid
Profession Inspecteur des finances

Signature

José María Aznar
Présidents du gouvernement espagnol
Présidents de la Junte de Castille-et-León

José María Alfredo Aznar López, né le 25 février 1953 à Madrid, est un homme politique espagnol, ancien président du Parti populaire et président du gouvernement durant deux mandats, du 4 mai 1996 au 17 avril 2004.

Biographie[modifier | modifier le code]

José María Aznar est né à Madrid le 25 février 1953. Il est fils de Manuel Aznar Acedo, journaliste, et petit-fils de Manuel Aznar Zubigaray, diplomate et journaliste proche du dictateur espagnol Franco, qui fut président de l'Agence EFE. Les origines de sa famille remontent aux comtes d'Aznar, des nobles du nord de l'Espagne ayant joué un rôle important dans la Reconquista.[réf. nécessaire]

Il fit ses études secondaires au colegio del Pilar de Madrid. Il fut membre dans sa jeunesse du Frente de Estudiantes Sindicalistas (FES), une association d'étudiants dépendant de la phalange espagnole[1].

En 1975, il finit ses études de droit à l'Université Complutense de Madrid. En 1976, il entre à l'inspection des Finances. Enfin, en 1977, il se marie à Ana Botella.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1979, il rejoint l'Alliance populaire, le parti conservateur post-franquiste de Manuel Fraga. Il est élu député de La Rioja puis devient président de la Junta de Castille-et-León en 1987.

Devenu, le 22 janvier 1989, vice-président du Parti populaire (PP), qui succède à l'AP, il démissionne de la présidence de Castille-et-León le 18 septembre suivant, afin d'être chef de file aux élections générales du 29 octobre, remportées par les socialistes.

Le 1er avril 1990, il est élu président du PP. En 1993, il échoue de justesse aux élections législatives contre le Parti socialiste de Felipe González.

Le 19 avril 1995, il survit à un attentat à la bombe du groupe terroriste basque ETA.

Président du gouvernement espagnol[modifier | modifier le code]

González convoque des élections anticipées le 3 mars 1996 que le Parti populaire d'Aznar remporte d'une courte majorité (37,6 % des voix, 156 sièges sur 350). Pour gouverner, il doit faire appel à l'appoint de partis régionalistes basques, catalans et canariens. Il est élu président du gouvernement par les Cortes le 4 mai 1996 (181 voix sur 350) et prête serment devant le roi Juan Carlos le lendemain.

En 2000, il est réélu et obtient la majorité absolue aux Cortes.

José María Aznar, le 16 mars 2003.

Durant ses deux mandats, les chiffres officiels du chômage, qui avait auparavant largement dépassé 20 % de la population active, diminuent jusqu'aux alentours de 11 %[2].

Parmi les mesures prises sous le premier mandat d'Aznar, on peut citer la réduction des dépenses publiques et l'accomplissement des critères de Maastricht pour adhérer à l'Euro, la libéralisation de l'économie (augmentation de la concurrence et développement du marché des télécommunications) ou encore la fin du service militaire obligatoire et la professionnalisation des forces armées espagnoles. Aznar obtient par ailleurs des concessions de grands patrons, le président de Telefonica étant contraint à renoncer à ses stock-options.

Durant ce second mandat, l'Espagne fut engagée dans la guerre d'Irak et connut une marée noire causée par le pétrolier Prestige. Des régularisations de clandestins furent engagées, tandis qu'une réforme du marché du travail causa une importante grève générale.

Par ailleurs, sur le front de la lutte antiterroriste, un pacte national (« Pacte pour les libertés et contre le terrorisme ») fut signé entre le PP et le PSOE à l'initiative du secrétaire général de ce dernier, José Luis Rodriguez Zapatero (ce pacte excluait les questions de terrorisme des querelles électorales), tandis qu'en 2003, le parti Batasuna, vitrine politique de l'ETA fut interdit.

Sur le plan international, il accentue le rapprochement avec les États-Unis dans une optique atlantiste et entretient d'excellentes relations - y compris personnelles[réf. souhaitée] - avec George W. Bush qu'il soutient contre son opinion publique lors de la guerre d'Irak en mars 2003. Son engagement dans la guerre en Irak est rejeté par une écrasante majorité d'Espagnols, le peuple espagnol ayant manifesté son opposition à cette guerre avec une ampleur jamais vue depuis Franco.

Le président vénézuelien Hugo Chávez l'accuse d'avoir soutenu la tentative de coup d'État menée contre lui en 2002[3] ; ce qui est certain c'est qu'Aznar n'a pas apporté son soutien explicite à Chávez[4] après les faits et que son gouvernement ne les a jamais condamnés[5]. Les relations de l'Espagne avec le Maroc se dégradent tout au long de son mandat (crise de l'îlot Persil en juillet 2002).[réf. nécessaire]

Le gouvernement d'Aznar se distingue aussi par son intransigeance vis-à-vis de l'organisation terroriste ETA. Le 16 septembre 1998, ETA déclare une trêve[6]. Le gouvernement prend alors contact à plusieurs reprises avec l'organisation, mais les pourparlers échouent et ETA déclare la trêve terminée le 28 novembre 1999[7]. La rupture de la trêve est suivie d'une reprise des attentats qui atteignent leurs paroxysme quand même des personnalités relativement proches de la cause autonomiste ou modérées sont ciblées, comme par exemple José Ramón Recalde[réf. nécessaire]. Le gouvernement engage pour sa part une intensification des opérations policières antiterroristes (qui visent aussi d'autres groupes clandestins comme les GRAPO) avec un succès relatif puisqu'elle conduira à une multiplication des arrestations dans les milieux proches de la mouvance séparatiste et à une relative fragilisation d'ETA, sans toutefois que celle-ci ne donne jamais de signe de renoncement. Un pacte signé avec le principal parti d'opposition, le parti socialiste, le 12 décembre 2000[8], construit un large front contre ETA, appuyé avec peu de nuances par la quasi-totalité de la presse nationale. Fort de cette unanimité apparente, dans laquelle certains[Qui ?] voient un déficit de la liberté d'expression et de la liberté de presse, le gouvernement promulgue le 27 juin 2002 une loi sur les partis politiques, la Ley de partidos[9] qui, en mettant au ban, au terme de l'article 8c, les partis ne condamnant pas explicitement le terrorisme, pose les bases de la dissolution de Batasuna, le bras politique d'ETA. Celle-ci interviendra le 26 août 2002 par décision du juge Baltasar Garzón. La grande majorité de la société espagnole, lasse du terrorisme, réagira positivement ou passivement à cette dissolution, à l'emprisonnement de certains de ces dirigeants et à la censure sine die du quotidien Egin, considéré comme une vitrine jusqu'alors légale du terrorisme basque.

Ayant annoncé qu'il n'effectuerait pas plus de deux mandats, il choisit Mariano Rajoy comme candidat à sa succession aux élections du 14 mars 2004. En dépit de sa décision de soutenir l'invasion de l'Irak, contre l'opinion de plus de 80 % des Espagnols, Mariano Rajoy est donné vainqueur avec une courte avance par la quasi-totalité des sondages et des médias jusqu'au 11 mars 2004, jour des attentats de Madrid. La désignation hâtive et péremptoire d'ETA comme responsable des attentats (différentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Ángel Acebes, attribuaient jusqu'au samedi 13 mars au début de l'après-midi les attentats à ETA) est perçue par l'opinion espagnole comme une tentative de manipulation. De plus, on saura par la suite qu'Aznar avait téléphoné personnellement aux directeurs des principaux journaux espagnols pour s'assurer qu'ils accuseraient bien ETA sur leurs premières pages[10]. En trois jours, la tendance des sondages s'inverse et les socialistes du PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero remportent les élections.

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Après sa retraite politique en 2004, José María Aznar met à profit ses réseaux et amitiés politiques pour entamer une lucrative carrière[11] de conseiller auprès d'entreprises multinationales privées comme :

  • Centaurus Capital (fonds de placement)
  • Doheny Global Group (secteur de l'énergie en Europe de l'Est)
  • JER Partners (groupe immobilier en Amérique du Sud)

Depuis le 21 juin 2006, il est administrateur (membre du "Board of Directors") de la société NewsCorp, dirigée par le milliardaire Rupert Murdoch[12]. Ce poste lui assure un salaire annuel de 148 000 €[11].

Il est également professeur-associé à l'université de Georgetown de Washington.

Il donne enfin de nombreuses conférences autour du globe (27 000 € de cachet plus les frais[réf. nécessaire]), dans lesquelles il explique sa vision politique du monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]