Yves Guéna

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Yves Guéna
Yves Guéna à l'UNESCO, en octobre 2008.
Yves Guéna à l'UNESCO, en octobre 2008.
Fonctions
7e président du Conseil constitutionnel français
1er mars 20009 mars 2004
Prédécesseur Roland Dumas
Successeur Pierre Mazeaud
Membre du Conseil constitutionnel
3 janvier 19979 mars 2004
Prédécesseur Etienne Dailly
Successeur Jacqueline de Guillenchmidt
Sénateur de la Dordogne
2 octobre 198912 janvier 1997
Député de la Dordogne
2 avril 198614 mai 1988
Député de la 1re circonscription de la Dordogne
6 octobre 197422 mai 1981
2 avril 19736 mai 1973
11 juillet 196812 août 1968
6 décembre 19627 mai 1967
Biographie
Date de naissance 6 juillet 1922 (92 ans)
Lieu de naissance Brest (Finistère)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDT, UNR, UDR, RPR, UMP
Profession Conseiller d'État

Yves Guéna, né le 6 juillet 1922 à Brest (Finistère), est un homme politique et écrivain français. Gaulliste de la première heure, il a été député, ministre, sénateur, conseiller général et maire. Nommé membre du Conseil constitutionnel français en 1997, il préside cette institution de 2000 à 2004.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la défaite de la France lors de la bataille de France et la demande d'armistice du maréchal Pétain, annoncée aux Français le 17 juin 1940, Yves Guéna, élève au lycée de Brest (Finistère), entend parler de l'appel à la résistance lancé par le général de Gaulle le soir du 18 juin 1940. Le lendemain, il monte à bord d'un remorqueur de la marine qui l'emmène à Ouessant. Puis, dans la nuit du 19 au 20 juin, il embarque sur un chalutier en direction de l'Angleterre. Arrivé à Plymouth, il est envoyé à Annerley School, près de Londres, avant de rejoindre l'Olympia Hall, où sont regroupés les engagés de la France libre. Le 6 juillet, le général de Gaulle vient les rencontrer. Dirigé ensuite vers le camp de Camberley, il participe au défilé du 14 juillet, à Londres[1].

Apres une longue période de formation, il est envoyé en Afrique et, en 1942, il est affecté au 1er RMSM avec lequel il participe notamment à la seconde bataille d'El Alamein. En 1944, lieutenant au 4e escadron du RMSM, il débarque avec la 2e DB où il est grièvement blessé en Normandie.

Il épouse, le 23 juillet 1945, Oriane de La Bourdonnaye-Blossac, fille du comte Alphonse de La Bourdonnaye-Blossac et d'Élisabeth de La Panouse, elle-même fille de Sabine de Wendel, descendante des Wendel.

En 1946, Yves Guéna est admis à l'ENA, bénéficiant d'un régime d'accès facilité et raccourci à cette institution, en tant qu'engagé volontaire au côté de la France libre. En 1947 il devient contrôleur civil au Maroc, puis maître des requêtes au Conseil d'État. En 1958-1959, il est conseiller technique puis directeur de cabinet de Michel Debré, alors garde des Sceaux. Entre le 4 juin 1958 et le 14 juillet il travaille, avec un petit groupe informel sous le contrôle du Général de Gaulle, à la rédaction de la constitution de 1958 qui régit la cinquième République. Ce travail a été remis, à partir du 15 juillet, au comité consultatif constitutionnel chargé d'établir la nouvelle constitution. En 1959, il devient directeur adjoint de cabinet du premier ministre Michel Debré. Il est nommé, en juillet 1959, haut-commissaire puis, à partir du 8 août 1960 (le lendemain de l’indépendance de la Côte d’Ivoire), envoyé exceptionnel plénipotentiaire en Côte d'Ivoire.

En 1967 il devient ministre des Postes et Télécommunications, puis, le 30 mai 1968, ministre de l'Information, avant de redevenir la même année ministre des Postes et Télécommunications, fonction qu'il conserve jusqu'en 1969. Lors des événements de Mai 68, il est chargé par le Premier ministre Georges Pompidou, en tant que ministre des PTT, de remettre de l'ordre dans les radios périphériques en les menaçant de leur couper les fréquences si elles continuent à couvrir de façon trop complaisante les manifestations étudiantes.

Entre 1962 et 1981, il est député de la première circonscription de la Dordogne, inscrit au groupe RPR de l'Assemblée nationale (avec des interruptions de son mandat lors de ses fonctions ministérielles). Député de la Dordogne de 1986 à 1988, il est vice-président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

De 1970 à 1989, il est conseiller général de la Dordogne.

En mars 1971, il est élu maire de Périgueux. En 1997, il quitte sa fonction de maire à la suite de sa nomination au Conseil constitutionnel par le président de la République Jacques Chirac.

En 1972, il est nommé conseiller d'État, admis à l'honorariat de cette fonction à partir de 1974.

Dans le gouvernement Messmer, il est ministre des Transports de 5 avril 1973 à 27 février 1974. Du 1er mars au 27 mai 1974, il est ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat.

Ce gaulliste de toujours a été secrétaire général adjoint de l'UDR en 1974, puis secrétaire général en 1976.

De 1977 à 1978, il est délégué politique du RPR, puis de 1978 à 1979, conseiller politique du RPR.

De 1989 à 1997, il est sénateur de la Dordogne, inscrit au groupe RPR. Il est vice-président de la Haute Assemblée de 1992 à 1997.

En 1997, il est nommé membre du conseil constitutionnel. Il devient président par intérim en mars 1999 à la suite du congé pris par Roland Dumas, puis président en mars 2000 à la suite de la démission de ce dernier. Il occupera cette fonction jusqu'en mars 2004.

Il est président de l’Institut Charles-de-Gaulle de 2000 à 2006 et président de la Fondation du même nom de 2001 à 2006.

Entre 2004 et 2007, il occupe les fonctions de président de l'Institut du monde arabe et, depuis 2004, de président d'honneur du club Nouveau siècle, qui regroupe les gaullistes sociaux au sein de l'UMP. En 2007, il devient membre du comité d'honneur du Mouvement Initiative et Liberté. Après la disparition de Pierre Messmer en 2007, il devient président de la Fondation de la France libre. Le général Robert Bresse lui succèdé le 6 avril 2011.

En février 2009, il est nommé membre du comité de réflexion préparatoire à la commémoration du 70e anniversaire de l'appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940, et à la naissance de la France libre.

En avril 2009, il est nommé, sur proposition du président de la République Nicolas Sarkozy, à la tête de la commission de contrôle du découpage électoral (nomination approuvée par les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat).

En juin 2012, il accepte de devenir le Président du Comité de Soutien de Philippe Cornet, candidat à la 1re circonscription de Dordogne lors des élections législatives des 10 et 17 juin.

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2003, est inaugurée à Périgueux, la place Yves-Guéna, en sa présence, en présence du maire Jean-Paul Daudou en fonction tant que Xavier Darcos est ministre dans le gouvernement Raffarin, et de nombreuses personnalités politiques. Il fait donc partie des rares personnes ayant obtenu de leur vivant un nom de lieu.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Historique de la Communauté (1962)
  • Maintenir l'État (1970)
  • L'Enjeu (en coll. 1975)
  • Chantérac ; le château, les liens familiaux
  • Le Temps des certitudes 1940-1969 (1982)
  • Catilina ou la gloire dérobée (roman, 1984)
  • Les Cent premiers jours, 2 avril-14 juillet 1986 (en coll., 1985)
  • Écrits et discours I, 1962-1987 (1987)
  • Moi, duc de Lauzun, citoyen Biron (roman, 1997)
  • Écrits et discours II, 1987-1997 (1999)
  • Le Baron Louis 1755-1837 (1999, prix Jacques de Fouchier de l'Académie Française 2000)
  • Phèdre 2000 (théâtre, 2000)
  • L'histoire de France racontée à mes petits-enfants (illustrations de Jean-Marie Cuzin) (2005)
  • De Gaulle (2007)
  • Écrits et discours III, 1997-2007 (2008)
  • Mémoires d'Outre-Gaulle (2010)

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Yves Guéna, passionnément de Gaulle réalisé par Philippe Coudert et Laurent Ramamonjiarisoa, en collaboration avec Marc Desoutter, produit par France 3 Aquitaine et Flair Production, 2011, 52 min.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Penaud, Yves Guéna, le parcours d'un gaulliste historique, Éditions Sud-ouest, septembre 2012 (ISBN 978-2-8177-0235-3).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec de Gaulle, tome 1: La Guerre et la Libération, Nouveau Monde Éditions, 2003, p. 30-33.
  2. Décret du 21 décembre 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]