René Goblet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Goblet.
René Goblet
Image illustrative de l'article René Goblet
Fonctions
43e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
(55e chef du gouvernement)
Président Jules Grévy
Gouvernement Goblet
Législature Ve législature
Prédécesseur Charles de Freycinet
Successeur Maurice Rouvier
Biographie
Nom de naissance René Goblet
Date de naissance
Lieu de naissance Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité française
Parti politique courant : radical-socialiste
Profession avocat
Présidents du Conseil des ministres français

René Goblet ( à Aire-sur-la-Lys - à Paris) est un journaliste et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un républicain[modifier | modifier le code]

En 1850, René Goblet s'incrivit comme avocat au barreau d’Amiens, il s’y tailla une solide réputation plaidant aussi bien au pénal qu'au civil. Ce n'est qu'à la fin des années 1860 qu'il s'engagea en politique. De conviction républicaine, il fut un opposant résolu au Second Empire. Il fonda en 1869, avec Frédéric Petit et Jules Lardière, le journal républicain radical, Le Progrès de la Somme.

Il fut nommé, en 1870 procureur général à Amiens par le Gouvernement de la Défense nationale, puis devint député de la Somme en juillet 1871 et siégea à gauche. Il s’opposa avec détermination aux conservateurs lors de la Crise du 16 mai 1877.

Un homme de gouvernement[modifier | modifier le code]

Il fut sous-secrétaire d’État à la justice dans le gouvernement Waddington.

Il s’opposa ensuite à la politique des républicains opportunistes et devint l’un des chefs de file des radicaux à la Chambre des députés où il montra ses talent de débatteur.

Il fut ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Freycinet (3 janvier 1882) et fit voter la loi qui rendait aux conseils municipaux le droit d’élire leur maire. En 1885, il devint ministre de l’Instruction publique. Par deux décrets 25 juillet, 28 décembre, il amorça la réforme de l’enseignement supérieur. Sous son ministère, l’État fit l’acquisition des collections du Musée Guimet (1885) et la section des sciences religieuses fut créée à l’Ecole pratique des hautes études (1886).

Il fit adopter par le Sénat après un long et intense débat parlementaire la loi qui porte son nom sur la laïcisation du personnel enseignant du primaire et du secondaire le 30 octobre 1886. Il devint Président du Conseil et ministre de l’Intérieur du 11 décembre 1886 au 17 mai 1887, ce fut le couronnement de sa carrière. Le général Boulanger était ministre de la guerre dans son gouvernement et l'Amiénois Albert Dauphin était ministre des finances[1].

En 1888 il fut ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Charles Floquet, jusque 1889.

Un radical-socialiste[modifier | modifier le code]

Battu aux élections législatives à Amiens en 1889, il fut élu sénateur puis député de la Seine en 1891 et 1893. Il dirigea La Petite République, organe de la gauche radicale et du socialisme indépendant de 1891 à 1893. La crise boulangiste l’amena à radicaliser ses positions en matière économique et sociale en proposant : démocratisation de l’administration locale, réforme de l’impôt en faveur des classes laborieuses, meilleure réglementation du travail des enfants et des femmes dans l’industrie, respect du droit syndical... En 1890, il proposa la nationalisation des secteurs bancaires et miniers... Il fut favorable à une révision constitutionnelle pour assurer la prééminence de la Chambre des députés sur le Sénat étant partisan du monocamérisme. Il œuvra dans les années 1890 au rapprochement des radicaux de des socialistes.

René Goblet fut battu lors des législatives de 1898 et resta de ce fait à l’écart des responsabilités gouvernementales[2]. Son rôle politique se poursuivit néanmoins, il fut, en 1901, l’un des organisateurs du congrès sur la réforme et l’organisation du parti républicain, radical et radical-socialiste; il en présida la séance d'ouverture, le 21 juin 1901.

Décédé à Paris en 1905, il fut inhumé au Cimetière de La Madeleine à Amiens.

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

  • de 1871 à 1876 : député de la Somme (battu en 1876)
  • de 1876 à 1879 : maire d'Amiens
  • de 1877 à 1889 : député de la Somme
  • de 1891 à 1893 : sénateur de la Seine
  • de 1893 à 1898 : député de la Seine

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

  • Une place du centre ville d'Amiens porte le nom de René Goblet
  • Un monument, situé boulevard de Belfort à Amiens, intitulé, La Conscience, œuvre de Jacques Perrin, érigé en 1907 et inauguré par Georges Clemenceau est dédié à la mémoire de René Goblet.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Précédé par René Goblet Suivi par
Charles de Freycinet
Président du Conseil
-
Maurice Rouvier
Précédé par René Goblet Suivi par
Émile Flourens
Ministre français des Affaires étrangères
1888-1889
Eugène Spuller

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Capéran, Histoire de la laïcité républicaine : La Laïcité en marche, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1961.
  • Renaud Quillet, "À la recherche de la République sociale : René Goblet et Jean Jaurès", in Cahiers Jaurès, no 174, 4e trimestre 2004, p. 55-73.
  • Renaud Quillet, La Gauche dans la Somme, 1848-1924, Amiens, 2009, Encrage Édition (ISBN 978 - 2 - 911 576 - 73 - 7)

Liens[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • René Goblet [1]
  • René Goblet [2]
  • René Goblet [3]
  • René Goblet [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. gouvernement René Goblet
  2. http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2814