Claude Guéant

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Claude Guéant
Claude Guéant à Athènes, en 2010.
Claude Guéant à Athènes, en 2010.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration
40e ministre de l'Intérieur de la Ve République
27 février 201110 mai 2012
Gouvernement Francois Fillon III
Prédécesseur Brice Hortefeux
Successeur Manuel Valls (Intérieur)
Victorin Lurel (Outre-mer)
22e secrétaire général de la présidence de la République française
16 mai 200727 février 2011
Président Nicolas Sarkozy
Prédécesseur Frédéric Salat-Baroux
Successeur Xavier Musca
Préfet d'Ille-et-Vilaine
17 juillet 200016 mai 2002
Prédécesseur Yves Mansillon
Successeur Bernadette Malgorn
Préfet du Doubs
9 février 199817 juillet 2000
Prédécesseur Daniel Constantin
Successeur Alain Géhin
Préfet des Hautes-Alpes
26 août 19915 avril 1993
Prédécesseur Jacques Barthélémy
Successeur Jean-Christian Cady
Biographie
Date de naissance 17 janvier 1945 (69 ans)
Lieu de naissance Vimy (Pas-de-Calais)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UMP
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Profession Avocat

Claude Guéant, né le 17 janvier 1945 à Vimy (Pas-de-Calais), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Ancien préfet, il devient secrétaire général de la présidence de la République française le 16 mai 2007, jour de l'investiture de Nicolas Sarkozy. Il quitte ses fonctions le 27 février 2011 pour devenir ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration, fonction qu'il exerce jusqu'au 10 mai 2012.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Robert Guéant, employé d'une entreprise de transport[1], et de Madeleine Leclercq[2], institutrice[1]. Grâce à un accessit au concours général d'anglais, il suit une année d'études aux États-Unis, dans le Minnesota[1]. Après des études à la faculté de droit à Paris (licence en droit)[3] et à l'Institut d'études politiques de Paris, il entre à l'École nationale d'administration (promotion Thomas More 1971) dont il sort 17e[1] et choisit la Préfectorale[1].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Veuf depuis octobre 2008[4], il est père de deux enfants, dont François, conseiller régional de Bretagne, suppléant du député du Morbihan UMP Loïc Bouvard entre 2007 et 2012, et candidat malheureux aux élections législatives dans la circonscription de Ploërmel en 2012[5],[6].

Carrière et responsabilités publiques[modifier | modifier le code]

Haut fonctionnaire et préfet[modifier | modifier le code]

En 1971, il devient directeur de cabinet du préfet du Finistère. En 1973, il devient secrétaire général pour les affaires économiques de la Guadeloupe. De 1977 à 1981, il est conseiller technique au cabinet de Christian Bonnet, ministre de l'Intérieur. ll est chargé des problèmes de sécurité intérieure aux côtés de Jean Paolini, le directeur de cabinet du ministre, ancien préfet de police[7]. Claude Guéant est le permanencier au ministère de l'Intérieur le 29 octobre 1979, nuit de la mort du ministre du Travail, Robert Boulin[8].

Nommé sous-préfet hors classe, il travaille auprès du préfet de la région Centre, puis est secrétaire général de la préfecture de l'Hérault, puis des Hauts-de-Seine.

En 1991, il est nommé préfet des Hautes-Alpes.

En 1994, Charles Pasqua l'appelle à ses côtés, au ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, comme directeur-adjoint de cabinet, puis Charles Pasqua le nomme directeur général de la police nationale[9].

En 1998, Claude Guéant est nommé préfet de la région Franche-Comté et du Doubs. En 2000, il est nommé préfet de la région Bretagne, de la zone de défense Ouest, et d'Ille-et-Vilaine.

Directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Il devient le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, de 2002 à 2004. En 2004, il est nommé au ministère des Finances. De juin 2005 à mars 2007, il est nommé au ministère de l'Intérieur.

Lors de la présidentielle en 2007, il est directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, après le refus du président Jacques Chirac de le nommer préfet de police de Paris.

Secrétaire général de la présidence de la République[modifier | modifier le code]

Une fois élu, Nicolas Sarkozy le nomme, le 16 mai 2007, secrétaire général de la présidence de la République. L'influence importante qu'il a auprès du président de la République lui vaut les surnoms de « cardinal », « Premier ministre bis » ou « vice-président »[10].

Début 2010, il fait valoir ses droits à la retraite en tant que préfet hors-classe à compter du 18 janvier 2010[11]. Il reste néanmoins secrétaire général de la présidence de la République et cumule donc son traitement avec sa retraite de préfet.

Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration[modifier | modifier le code]

Claude Guéant est nommé ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration le 27 février 2011. Il s'installe à l'hôtel de Beauvau le lendemain, après la passation de pouvoir avec son prédécesseur, Brice Hortefeux.

Il est considéré comme un représentant de l'aile droite de l'UMP et est souvent accusé par l'opposition d'être sur la même ligne politique que le Front national[12],[13] : moins d’un mois après avoir succédé à Brice Hortefeux, le ministre tient plusieurs propos sur l'immigration et les musulmans, jugés insultants par l’opposition, et qui ne font pas l'unanimité à l'UMP[14],[15],[16]. De même, il affirme le 4 février 2012 lors d'un colloque de l'UNI : « Il y a des comportements, qui n'ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu'ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l'homme, a-t-il déclaré. Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation »[17]. Ce discours, préparé par le philosophe Yves Roucaute[18], provoque un tollé et conduit à une question du député Serge Letchimy pendant les questions au gouvernement du 7 février 2012, pendant laquelle il déclare à Claude Guéant : « Vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration », ce qui provoque un incident de séance[19].

Le 8 juin 2011, Claude Guéant se déclare opposé à toute dépénalisation de l'usage du cannabis en France, considérant que cela irait à l'encontre d'une lutte efficace contre les trafics[20].

Fin mai 2011, il annonce un renforcement des mesures répressives dans le domaine de la sécurité routière[21].

Le 22 mars 2012, devant l'absence totale de mouvement à l'intérieur du domicile de Mohammed Merah, Claude Guéant exprime des doutes sur le fait qu'il soit encore vivant et ordonne l'assaut. La consigne est de le prendre vivant[22].

Le 6 mai 2012, Claude Guéant fait publier le décret d'application de la loi Loppsi 2, fusionnant le STIC policier (système de traitement des infractions constatées) avec le JUDEX de la gendarmerie (système judiciaire de documentation et d'exploitation)[23]. Le 8 mai 2012, trois jours avant la démission du gouvernement dont il fait partie, le ministre de l’Intérieur fait publier le décret d'application d'une autre mesure de la loi Loppsi 2, le « fichier d'analyse sérielle ».

L'après gouvernement[modifier | modifier le code]

Sa candidature aux législatives de 2012 dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine[24] est contestée dans l'opposition[25] et au sein de son camp politique[26]. Il est finalement battu au second tour (avec 38,41 %) par le dissident UMP Thierry Solère (39,35 %).

Il soutient François Fillon en vue du congrès pour la présidence de l'UMP[27], puis apporte son soutien à la motion Droite forte, la motion déposée par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, se revendiquant du sarkozysme, en février 2013.

Carrière privée[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre 2012, il fait usage de la passerelle qui autorise les anciens hauts fonctionnaires titulaires d'une maîtrise de droit et ayant exercé une activité juridique pendant au moins 8 ans à devenir avocat. Il prête son serment d’avocat au palais de justice de Paris[28].

En août 2013, il est nommé conseiller stratégique ("Strategic Adviser") de International Mining & Infrastructure Corporation plc[29], groupe minier présent au Gabon et au Cameroun[30].

Mises en cause[modifier | modifier le code]

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Mis en cause par l'homme d'affaires Ziad Takieddine dans l'organisation d'un financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy de 2007 par le chef d'état libyen Mouammar Kadhafi à hauteur de 50 millions d'euros, le parquet de Paris diligente une enquête préliminaire qui conduit à la perquisition du domicile de Claude Guéant le 27 février 2013. La perquisition est également menée afin de déterminer le rôle qu'il a joué en tant que secrétaire général de l’Élysée lors de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans le cadre de l'affaire du Crédit Lyonnais[31]. Les enquêteurs découvrent un versement de 500 000 euros sur son compte bancaire ainsi que des factures payées en liquide, pour un montant total d'environ 25 000 euros [32]. Claude Guéant affirme que les 500 000 euros sont le paiement d'une vente de deux tableaux d'Andries van Eertvelt à un avocat étranger (malaisien)[33]. Néanmoins, le montant de cette vente à l'exportation, qui n'aurait pas été déclarée aux douanes[34], est supérieur aux cours de ces tableaux selon les experts[35]. Claude Guéant affirme aussi avoir reçu des sommes d'argent en liquide pour environ 25 000 euros, provenant selon lui de « primes de cabinet », « non déclarées », selon lui versées aussi à « plusieurs milliers de fonctionnaires » du ministère de l'Intérieur de 2002 à 2006. Cette défense est démentie par les anciens ministres Daniel Vaillant et Roselyne Bachelot[36].

Le 2 mai 2013, Manuel Valls annonce l'ouverture d'une enquête interne concernant les "primes de cabinet" qui auraient été versées au sein du ministère de l'Intérieur[37]. Concernant les accusations de financements libyens, le parquet de Paris ouvre le 19 avril 2013 une information judiciaire contre X... pour « corruption active et passive », « trafic d'influence, faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits »[38].

Le 10 mai 2013, une autre information judiciaire contre X est ouverte par le parquet de Nanterre sur des soupçons d'emploi fictif concernant Philippe Pemezec, maire UMP du Plessis-Robinson, au cabinet de Christine Boutin, ministre du Logement de 2007 à 2008. Celle-ci affirme que ce « recrutement » était imposé par Claude Guéant[39].

Le 14 mai 2013, la presse révèle que Claude Guéant a conservé dans son patrimoine personnel, en contradiction avec les règles établies par le Premier ministre François Fillon, une œuvre de peinture de James Houra qui lui avait été offerte en novembre 2011, en tant que ministre, par le président ivoirien Alassane Ouattara[40].

Le 26 mai 2014, Claude Guéant est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur son rôle dans l'affaire Tapie[41].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pascal Ceaux, « La part d'ombre de Claude Guéant », L'Express,‎ 26 décembre 2013 (lire en ligne)
  2. Who's who, édition 1991-1992, page 812 b.
  3. « Biographie de M. Claude Guéant », sur Ministère de l'Intérieur
  4. « Claude Guéant », sur lci.tf1.fr,‎ 24 août 2010 (consulté le 18 juin 2012)
  5. « UMP : François Guéant investi dans le Morbihan », sur www.letelegramme.com,‎ 28 janvier 2012
  6. « Ploërmel. Paul Molac élu (52,56 %) », sur www.letelegramme.com,‎ 18 juin 2012 (consulté le 18 juin 2012)
  7. Interview enregistrée en février 2011 de Christian Bonnet par Sylvie Matton, journaliste à Paris Match, reprise entre autres sur les sites Owni et Bakchich
  8. « Le Dormeur du Val » de Fabienne Boulin, éditions Don Quichotte, 2011, et interview enregistrée en février 2011 de Christian Bonnet par Sylvie Matton, journaliste à Paris Match, reprise en partie sur les sites Owni et Bakchich ainsi que dans Sud Ouest le 22 septembre 2011 ("Quel rôle a joué Claude Guéant dans l'affaire Boulin ?"); RFI, mardi politique du 1er novembre 2011, interview de Claude Guéant par Yvon Mézou de 20 minutes, Médiapart, documentaire d'Antoine Perraud ("Affaire Boulin : une bassesse française") mis en ligne le 28 janvier 2013
  9. « Claude Guéant, éminence grise de Nicolas Sarkozy, à l'Intérieur », L'Express,‎ 27 février 2011 (lire en ligne)
  10. Hervé Gattegno et Sylvie Pierre-Brossolette, « Claude Guéant, l'homme le plus puissant de France », Le Point no 1827, 20 septembre 2007.
  11. « Décret du 11 janvier 2010 portant admission à la retraite d'un préfet », Légifrance, 11 janvier 2010.
  12. Guéant, la droite du président Sur le site lesechos.fr du 15 juin 2011
  13. Pour Benoît Hamon, UMP et FN ont un « même projet politique » Sur le site lemonde.fr du 23 mai 2011
  14. AFP : Propos sur les musulmans:Guéant choque Sur le site lefigaro.fr
  15. Échec scolaire et immigration : la direction de l'Insee corrige Guéant Sur le site lemonde.fr
  16. Laïcité : Rosso-Debord s’éloigne de Guéant Sur le site europe1.fr
  17. Claude Guéant persiste : « Toutes les cultures ne se valent pas » sur Le Monde, le 5 février 2011
  18. Yves Roucaute est l'auteur du discours de Claude Guéant sur les civilisations, Le Monde, 8 février 2012
  19. Compte rendu provisoire de la première séance du mardi 7 février 2012 Sur le site assemblee-nationale.fr
  20. « Guéant hostile à une dépénalisation du cannabis », L'Express, 8 juin 2011.
  21. Sécurité routière : Guéant promet 1000 radars pédagogiques Sur le site Nouvelobs.com du 22 mai 2011
  22. Un an après, Guéant raconte l'assaut final contre Merah, Jean Cohadon et Jean-Pierre Bédéï, La Dépêche du Midi, 22 mars 2013
  23. LOPPSI 2 : Claude Guéant active le fichier d'analyse sérielle Sur le site fr.news.yahoo.com
  24. Guéant candidat aux législatives dans les Hauts-de-Seine, Libération, 30 décembre 2011.
  25. Législatives : la candidature de Guéant à Boulogne fait grincer des dents dans l'opposition, L'Express, 29 décembre 2011.
  26. Guéant confronté à un candidat UMP à Boulogne, Le Figaro, 2 janvier 2012.
  27. Claude Guéant apporte son soutien à François Fillon, Le Figaro, 10 octobre 2012.
  28. « Guéant et Bougrab deviennent avocats », Libération, 20 décembre 2012.
  29. IMIC Appoints Claude Guéant as a Strategic Adviser INTERNATIONAL MINING & INFRASTRUCTURE CORPORATION PLC, 14 May 2013
  30. Claude Guéant vient « se refaire » en Afrique GabonEco, Publié le 08-08-2013
  31. Affaire Tapie-Lagarde : perquisition chez Guéant, Le Figaro, 27 février 2013.
  32. Primes de Guéant: l'Intérieur diligente une enquête administrative, Le Figaro.fr, 2 mai 2013
  33. Claude Guéant nous prend-il pour des imbéciles ?, Dominique Jamet, bvoltaire.fr, 2 mai 2013
  34. "Aucun certificat" délivré à Claude Guéant pour ses tableaux, tempsreel.nouvelobs.com, 2 mai 2013
  35. Artprice évalue à 15 000 euros la valeur des toiles de Guéant Libération, 02/05/2013
  36. La défense de Claude Guéant mise à mal Le Figaro, le 01/05/2013
  37. Primes de Guéant: Valls transmet le rapport à la justice LaDepeche.fr, le 10/06/2013
  38. 500 000 € découvert sur un compte de Claude Guéant Le NouvelObs, le 30/04/2013
  39. Claude Guéant suspecté d’avoir favorisé un emploi fictif Le NouvelObs, le 30/04/2013
  40. Après les tableaux flamands, la toile ivoirienne de Claude Guéant FranceInfo.fr, le 14/05/2013
  41. Affaire Tapie : Claude Guéant placé en garde à vue, Le Monde, 26 mai 2014.
  42. http://ivoire.telediaspora.net/fr/texte.asp?idinfo=63059

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Duplan et Bernard Pellegrin, Claude Guéant, l'homme qui murmure à l'oreille de Sarkozy, Éditions du Rocher,‎ 2008, 1e éd.