La Cause du peuple

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La Cause du peuple est le nom de plusieurs journaux.

Sommaire

Première époque[modifier]

La Cause du peuple est un journal créé par George Sand en 1848 en pleine fronde populaire parisienne.

Seconde époque[modifier]

La Cause du Peuple édité par la Gauche prolétarienne (n°36).
Jean-Paul Sartre vend La Cause du Peuple après son interdiction.
La Cause du Peuple édité par la Gauche prolétarienne (n°27).

La Cause du peuple a connu une brève seconde vie de 1968 à 1972. Le quotidien actuel Libération en est directement issu. La seconde vie du titre commence en mai 1968.

Le journal est créé le 1er mai 1968 par Roland Castro, fondateur de Vive la révolution (VLR), mouvement d’inspiration maoïste.

La Gauche prolétarienne prend pour porte-parole officiel La Cause du peuple.

Saisies à répétition et interdictions du journal[modifier]

La ligne éditoriale du journal est avant tout définie par la direction de la Gauche Prolétarienne (voir l'article mao-spontex).

En 1970, alors que toute les semaines l'hebdomadaire La Cause du Peuple est saisi dès sa publication par décret du ministre de l'intérieur Raymond Marcellin, Jean-Pierre Le Dantec, son directeur de la publication est arrêté et placé en détention provisoire. L'écrivain Michel Le Bris prend alors responsabilité légale du journal contre lequel chaque semaine, le ministre de l'intérieur émet un décret de saisie. Le Bris est arrêté lui aussi et le 27 mai, les deux directeurs de publication sont condamnés à un an et huit mois de prison ferme pour « provocation aux crimes contre la sûreté de l'État et apologie du meurtre, du vol, du pillage et de l'incendie. » De violents incidents ont lieu le jour du procès entre la police et les manifestants. Pour faire face à cette répression systématique, Jean-Paul Sartre est sollicité pour devenir le nouveau directeur de publication de La Cause du Peuple et le gouvernement n'osera pas s'en prendre à lui (selon la célèbre phrase du général De Gaulle, parlant de Sartre : « On ne met pas Voltaire en prison. »). Ce même 27 mai, la Gauche prolétarienne est interdite.

Serge July devient alors le responsable de fait de La Cause du Peuple. Il signe une tribune libre dans Le Monde du 11 avril 1970. Suite à son passage en prison, Michel Le Bris deviendra par la suite un militant engagé du Groupe d'information sur les prisons. Avec l'aide de Guy Lardreau, Jean-Paul Sartre assure la relève en tant que gérant et vend La Cause du Peuple (devant les caméras de télévision) sur des marchés et à l’entrée des usines Renault de Boulogne-Billancourt (voir photo à droite).

Fait divers[modifier]

Fin 1971, La Cause du peuple s’engage sur le créneau du fait divers en décidant de le politiser au service de l’idéologie du mouvement. La caution médiatique de Jean-Paul Sartre, ainsi que de celle du philosophe marxiste Louis Althusser, ont alors joué un grand rôle dans le maintien de l’audience du journal. Cette stratégie ambiguë s’est retournée en partie contre celui-ci lors de l'affaire de Bruay-en-Artois.

Lorsque le 6 avril 1972, sur un terrain vague de Bruay-en-Artois, on retrouve le corps d'une adolescente de 16 ans, Brigitte Dewevre, Serge July, un autre journaliste de La Cause du peuple, Joseph Tournel (ancien mineur, président du Comité pour la Vérité et la Justice créé à cette occasion) et François Ewald un professeur de philosophie, lancent une campagne médiatique contre Pierre Leroy, un notaire soupçonné à tort d'être l'assassin ou l'instigateur du crime[1].

L'agence de presse Libération (APL), ouvertement liée à la Gauche prolétarienne, couvre l’événement.

Plusieurs dirigeants de la Gauche prolétarienne, dont André Glucksmann et Jean-Pierre Le Dantec, s'élèvent contre cette campagne. Jean-Paul Sartre lui-même exprime son désaccord dans les colonnes du journal, mais celui-ci lui répond dans le même numéro : « Pour renverser l'autorité de la classe bourgeoise, la population humiliée aura raison d'installer une brève période de terreur et d'attenter à la personne d'une poignée d'individus méprisables, haïs ».

Libération[modifier]

Le logo actuel de Libération.

C'est en filiation directe de La Cause du peuple que le 18 avril 1973, le titre historique Libération, fondé à l’origine en 1927 par l'anarcho-syndicaliste Jules Vignes puis repris en 1941 par la Résistance française, va renaître de ses cendres.

Pierre Victor, secrétaire personnel de Jean-Paul Sartre, mais aussi véritable dirigeant de la Gauche prolétarienne, demande à Serge July de s'occuper du nouveau quotidien. Jean-Paul Sartre en sera le premier directeur de publication, Serge July lui succède en 1980 et ouvre peu après les pages de Libération à la publicité, rompant définitivement avec les principes éditoriaux de La Cause du peuple.

Articles connexes[modifier]

Notes et références[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Rémi Guillot, « Les réseaux d’information maoïstes et l’affaire de Bruay-en-Artois », Les Cahiers du journalisme, no 17, 2007, p. 217 

Galerie[modifier]