Bettino Craxi

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Bettino Craxi
Bettino Craxi.
Bettino Craxi.
Fonctions
67e président du Conseil des ministres italien
4 août 198317 avril 1987
(3 ans, 8 mois et 13 jours)
Président Sandro Pertini
Francesco Cossiga
Gouvernement Craxi I et II
Législature IXe
Coalition DC-PSI-PRI-PSDI-PLI
Prédécesseur Amintore Fanfani
Successeur Amintore Fanfani
Biographie
Nom de naissance Benedetto Craxi
Date de naissance 24 février 1934
Lieu de naissance Milan (Italie)
Date de décès 19 janvier 2000 (à 65 ans)
Lieu de décès Hammamet (Tunisie)
Nationalité italienne
Parti politique Parti socialiste italien

Bettino Craxi
Présidents du Conseil des ministres italien

Benedetto « Bettino » Craxi Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le 24 février 1934 à Milan et mort le 19 janvier 2000 à Hammamet, est un homme politique italien, membre du Parti socialiste italien (PSI).

Conseiller municipal en 1960 et député en 1968, il est nommé vice-secrétaire du PSI en 1970, puis secrétaire en 1976. Sept ans plus tard, il devient le premier socialiste à occuper le poste de président du Conseil des ministres. Son premier gouvernement établit, à l'époque, le record de longévité de la République.

Il doit démissionner en 1987 mais continue de jouer un rôle actif dans la vie politique jusqu'à sa mise en cause dans l'opération Mains propres, en 1992. Il renonce à diriger le PSI en 1993 et s'enfuit un an plus tard en Tunisie, où il meurt en 2000.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'un avocat antifasciste originaire de Messine, Vittorio Craxi, et d'une femme au foyer originaire de Lodi, Maria Ferrari, il accomplit ses études primaires à Cantù, dans la province de Côme. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que son père est nommé vice-préfet de la province de Milan, puis préfet de la province de Côme, il fréquente le lycée milanais Carducci, où il va s'intéresser à la politique.

Débuts rapides en politique[modifier | modifier le code]

En 1953, il adhère au Parti socialiste italien et devient permanent à la fédération provinciale. Il entre au conseil national du parti en 1957, à seulement 23 ans, et se fait élire, en 1960, conseiller municipal de Sant'Angelo Lodigiano. Vice-président de l'organisation étudiante UNURI pendant ses études de droit, il entre au conseil municipal de Milan en 1964.

Ascension au sein du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Un an plus tard, en 1965, il intègre la direction nationale du PSI. Après avoir été élu député de la quatrième circonscription, qui comprend la province de Milan, au cours des élections générales des 19 et 20 mai 1968, il devient, en 1970, vice-secrétaire du Parti socialiste, par nomination de Giacomo Mancini.

À l'intérieur du parti, il appuie Pietro Nenni, partisan du « centre-gauche organique », c'est-à-dire l'alliance des partis issus du centre-gauche avec la Démocratie chrétienne (DC). En 1972, alors que le dirigeant socialiste historique Francesco De Martino redevient secrétaire du PSI, Craxi est confirmé dans ses fonctions d'adjoint, aux côtés de Giovanni Mosca. Il est alors responsable des questions internationales et tisse des liens avec les principaux partis d'Europe, notamment ceux travaillant sous un régime autoritaire, comme le PSOE ou le PASOK.

Secrétaire du PSI[modifier | modifier le code]

À la suite d'un article de De Martino dans le journal du parti, Avanti! en 1976, le gouvernement d'Aldo Moro tombe et des élections générales anticipées sont organisées les 20 et 21 juin. Lors de ce scrutin, le PSI reste stable dans les deux chambres, perdant quatre députés et quatre sénateurs. Cependant, à la Chambre des députés, il passe sous le seuil psychologique des 10 % des voix, ce qui amène le secrétaire à la démission.

Le 16 juillet, le comité central désigne Bettino Craxi, choisi peu avant comme président du groupe socialiste à la chambre basse, comme nouveau secrétaire du Parti socialiste italien. Refusant d'être un « pape de transition », il engage la « révolution des quarantenaires » et rajeunit l'image du parti. Pendant la captivité d'Aldo Moro, il se montre favorable à la négociation avec les Brigades rouges, ce qui lui vaut plusieurs critiques.

Lors du XLIe congrès du Parti socialiste, à Turin en avril 1978, il parvient à se faire réélire au secrétariat, malgré le fait que son courant ait perdu plusieurs soutiens parmi les cadres du parti.

Après les élections générales anticipées des 3 et 4 juin 1979, au cours desquelles le PSI remonte un peu, sans repasser la barre des 10 % à la Chambre, le président de la République, le socialiste Sandro Pertini, lui confie la charge de former le gouvernement. Ayant échoué, il doit rendre son mandat au chef de l'État.

Président du Conseil[modifier | modifier le code]

Lors des élections générales anticipées des 26 et 27 juin 1983, le PSI remonte à 11,4 % à la chambre basse. Pertini appelle de nouveau Craxi à former l'exécutif. Ce dernier reconstitue alors le « Pentapartito », alliance de la DC, du PSI, du Parti républicain italien (PRI) du Parti socialiste démocrate italien (PSDI) et du Parti libéral italien (PLI), créé en 1981 par Giovanni Spadolini.

Le 4 août, il présente son premier gouvernement au président de la République. À cette occasion, il arrive en jeans au palais du Quirinal, mais est contraint par Sandro Pertini de se changer avant la prestation de serment. Il se fait réélire, l'année suivante, secrétaire du PSI par acclamation lors du XLIIIe congrès, qui se déroule à Vérone, contrairement à la tradition qui veut que les délégués votent.

Au cours de son mandat, il doit gérer la crise de Sigonella, où il se révèle un partisan du dialogue, contrairement à Spadolini, ministre de la Défense, qui prône une intervention. Par cette position, il s'oppose fortement à Ronald Reagan. En 1986, il prévient Mouammar Kadhafi que l'US Air Force prépare un bombardement contre lui[1].

À la suite du rejet d'un décret-loi sur laquelle il avait engagé sa responsabilité, il remet sa démission le 27 juin 1986. L'exécutif achève alors un mandat de deux ans, onze mois et vingt-huit jours, ce qui constitue à l'époque le record de longévité. Le président Francesco Cossiga décide cependant de le maintenir en fonction et il forme, le 1er juillet, le gouvernement Craxi II, avec les mêmes alliés. Il se démet à peine huit mois plus tard, le 3 mars 1987, après avoir confirmé à la télévision l'existence d'un pacte entre le PSI et la DC prévoyant l'alternance au pouvoir entre lui-même et Ciriaco De Mita, ce qui vaut un retrait de confiance de la part des démocrate-chrétiens.

Aux élections générales anticipées du 14 juin 1987, les socialistes profitent à plein du passage de leur secrétaire au palais Chigi en remportant 14,3 % à la Chambre des députés, soit leur meilleur résultat depuis vingt ans. Le PSI réintègre le gouvernement, mais Craxi n'y entre pas.

Opération Mains propres[modifier | modifier le code]

La tombe de Craxi à Hammamet en 2011.

Ami de l'homme d'affaires Silvio Berlusconi, qu'il aida dans son ascension fulgurante dans le monde de l'entreprise, il fut, avec son épouse Anna, le témoin de son mariage avec l'actrice Veronica Lario, le 10 décembre 1990.

Lorsque éclate l'immense scandale de corruption des partis, baptisé « Tangentopoli » (littéralement « la ville des pots-de-vin), il est mis en cause dans une demi-douzaine d'affaires de financement illégal du PSI et de corruption. Inculpé, puis condamné à vingt-sept ans et demi d'emprisonnement, il démissionne en février 1993 du secrétariat du Parti socialiste, après dix-sept ans de mandat.

Il s'enfuit en Tunisie en 1994, juste avant que son passeport ne lui soit retiré[2] et meurt en exil, à Hammamet, le 19 janvier 2000 d'un arrêt cardiaque. Malade du cœur, souffrant de goutte et de diabète, il avait déjà été victime d'une tumeur au rein.

Héritage politique familial[modifier | modifier le code]

Son fils Bobo Vittorio Craxi fut député du parti Nouveau PSI de 2001 à 2006, avant de créer un nouveau parti centriste, I Socialisti, et entre mai 2006 et mai 2008 est sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du second gouvernement de Romano Prodi. Sa fille Stefania a été députée du parti de Silvio Berlusconi et sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans le quatrième gouvernement de celui-ci.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Italy Warned Libya of Bombing, Saved Qaddafi's Life, Bloomberg, 30 octobre 2008
  2. (it) Può fuggire via il passaporto a Craxi, Corriere della Sera 13 maggio 1994

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]