Roms

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Roms
(Tsiganes, Gitans, Sinti, Manouches, Romanichels)

Description de cette image, également commentée ci-après

Le drapeau de la communauté rom.

Populations significatives par région
Population totale Environ 14 millions dans le monde dont environ 10 millions en Europe (détails)
Autres
Langues

Romani et/ou langue(s) locale(s).

Religions

Majoritairement religions locales (catholicisme, orthodoxie, islametc.) avec apports endogènes (hindouisme). Existence récente d'une importante dynamique protestante évangélique interne[1].

Rom (ou Rrom[2]) est un terme qui a été adopté en 1971 par l'Union romani internationale (IRU) pour désigner un ensemble de populations, ayant en commun une origine indienne[3], dont les langues initiales sont originaires du nord-ouest du sous-continent indien[4] et constituant des minorités connues sous de nombreux exonymes vivant entre l'Inde et l'Atlantique ainsi que sur le continent américain. Il faut noter que les médias roumains, en particulier, préfèrent l'utilisation du terme « rrom » à celui de « rom » afin d'éviter toute confusion entre les Roms et les Roumains (étant donné que roumain se dit român), deux peuples pourtant différents aussi bien historiquement que culturellement mais souvent confondus à tort en Europe occidentale notamment. Rom n'est en aucun cas le diminutif de roumain puisque les deux termes n'ont étymologiquement rien à voir, c'est simplement un endonyme signifiant « homme accompli et marié au sein de la communauté[5] » en langue rromani (langue des Roms).

Présentes en Europe dès le XIe siècle[6], ces populations y forment au XXIe siècle la minorité « la plus importante en termes numériques »[7].

Les Roms sont également désignés par d'autres mots selon d'où ils viennent : Gitans, Tsiganes (ou Tziganes, Tchiganes[8]), Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis[9].

Lors du Congrès mondial tzigane tenu du 8 au 12 avril 1971 à Londres, la communauté se choisit comme emblème un drapeau bleu et vert, avec une roue de couleur rouge. Le mouvement institua la date anniversaire de ce congrès, le 8 avril, comme journée nationale qui « sera désormais, célébrée chaque année par toutes les communautés rom dans le monde » [réf. souhaitée]. L'hymne, Djelem, djelem, a été écrit par Žarko Jovanović sur une chanson populaire tzigane[10].

Comme le relèvent Jean-Pierre Tabin, René Knüsel et Claire Ansermet dans leur ouvrage « Lutter contre les pauvres »[11], ce qui différencie le discours sur la catégorie « rom » par rapport aux discours nationaux ou régionaux n’est pas son caractère construit, car il est commun à chacun de ces groupes, mais le fait qu’il n’est pas en lien avec un territoire. Le discours est d’ordre ethnique et fait référence à une « communauté imaginaire et imaginée » dans le sens où l’entend Benedict Anderson (2002) : elle n’existe qu’en fonction des attributs qu’un groupe ou que des groupes lui prêtent.

Sommaire

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme Rom[modifier | modifier le code]

Le terme de « Rom » est adopté par l'Union romani internationale (IRU) lors du premier Congrès international des Roms (Londres, 1971) qui a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu en tant que tel, et officialisa la dénomination « Roms[12] ».

Beaucoup de Roms se désignent par les noms rom (masculin), romni (féminin), roma (masculin pluriel), romnia (féminin pluriel) qui signifient « hommes et femmes mariés et parents faisant partie d'un groupe de voyageurs, Gitans ou Tsiganes[13] », par opposition à gadjo (masculin), gadji (féminin) et gadjé (masculin pluriel), qui désignent tous les individus étrangers à la population rom, autrui. Les Gitans de la péninsule ibérique disent payo (masculin), paya (féminin), payos (masculin pluriel) à la place de gadjo, gadgi et gadjé, que les Gitans français désignent aussi avec les mots paysan et paysanne[13].

Par ailleurs, des journalistes de The Economist ont reçu une brochure au pavillon « rom[14] » de la Biennale de Venise 2007, qui excluait de ce terme « les Sintis, les Romungrés, les Gitans, les Manouches, etc.[15] ». Ces différents termes, lorsqu'ils sont entendus dans leur sens étroit de sous-groupes qui s'excluent les uns des autres, posent des problèmes aux étymologistes, car on ne peut prouver de manière indiscutable leur filiation par rapport à « Sind », à « Égyptiens » et aux « Manouches ». Cette notion de rom au sens restreint est également celle utilisée par le site internet de Larousse[16]. Pour les traducteurs francophones du Conseil de l'Europe, « Les Roms (…) sont – avec les Sintis et les Kalés – une des trois grandes branches des Roms (terme générique), population originaire du nord de l’Inde[17] ».

Une hypothèse tout aussi indémontrable suppose que le mot Rom dériverait du nom du Dieu Râma (nom d'un Avatâr de Vishnu)[18]. Une étymologie remontant au mot sanskrit Dom, dont la signification elle-même pose problème, et qui désigne une population de basse caste en Inde, a également été proposée[19]. Mais ce même Hancock la réfute en arguant de la distance génétique entre Roms et divers groupes de populations indiennes[19].

Autres dénominations[modifier | modifier le code]

À diverses époques, la langue française a produit différents termes qui évoquent soit des sous-ensembles soit l'ensemble des populations rom :

  • Romanichel, qui vient de l'adjectif romani (rom) et du nom čel (peuple, communauté, tribu)[20].
  • Manouches, qui est proche de manushya, qui signifie homme, être humain en sanskrit et en hindi, et qui vient du romani mnouche signifiant aussi « homme »[21]. Le « Vocabulaire des Manouches d'Auvergne » de Joseph Valet traduit Mānuš par Manouche et Mānušni ou Mānušeca par « femme manouche »[22]. Le mot « Manouches » est souvent utilisé en français pour désigner une population qui vit en France et qui a des caractéristiques communes avec les Sinté d'Allemagne : les expressions valštike Mānuš et gačkene Mānuš sont traduites respectivement « Sinté français » et « Sinté allemands » par Jean-Pierre Liégeois[23], et « Manouche originaire de France » et « Manouche originaire d'Allemagne » par Joseph Valet[22]. Mais en Champagne, il est fréquent que des Gadjé appellent « Manouches » toutes sortes de voyageurs manouches ou non manouches[24]. Dans le domaine musical, on parle de jazz manouche. Les Manouches « ne se reconnaissent pas en tant que Roms », indique Jean-Pierre Liégeois dans un ouvrage intitulé « Roms et Tsiganes » publié en 2009[25].
  • Gitans, de l'espagnol gitano, qui lui-même est une déformation d’egyptiano, égyptien[26]. Pour Marcel Courthiade, « le mot Gitan désigne (…) exclusivement les Roms de la péninsule ibérique, y compris ceux qui en sont repartis en direction de la France ou des Amériques », jugeant ainsi que « Le Temps des Gitans » est un mauvais choix de titre français pour le film yougoslave Dom za vešanje d'Emir Kusturica[27]. En revanche, Jean-Louis Olive constate que « sur le territoire français, en général, et dans divers pays européens, l'hétéronyme Gitans est employé de manière indifférenciée ou substitutive à l'allonyme Tsiganes, qui s'applique ici aux Roms, aux Manouches ou aux Sinté[28] ».
  • Tsiganes ou Tziganes est un terme qui apparaît dans la langue française au début du XIXe siècle, probablement par calque du mot russe tsigan, lequel pourrait provenir, via l'ancien russe et le bulgare, du mot grec byzantin Atsinganos, qui est la prononciation populaire d’Athinganos : « qui ne touche pas » ou « qui ne veut pas être touché », littéralement les « intouchables »[29]. Ce mot désigne une secte de manichéens venus des Lycaonie et Phrygie byzantines[30] : l'élite de l'Église manichéenne, en effet ne touchant en aucun cas de la viande, du sang, ni du vin[31]. Il est à noter, néanmoins, que le terme Athinganos, n'a aucune étymologie attestée en langue grecque. Le terme de « Tsigane » est réapparu en France après la Seconde Guerre mondiale, car il était utilisé par les nazis[32]. Le mot « Tsigane » provient plus certainement du nom Σιγύνναι / Sigynnai[33], cité en 485 av. J.-C., par Hérodote, pour désigner un groupe de forgerons nomades, circulant en Europe, à bord de chariots attelés à des chevaux. Des recherches attestent que des groupes tsiganes étaient déjà présents très certainement en Europe à cette époque, et entretenaient des liens commerciaux (fonte de métaux), avec les États. En décembre 2008[34] des associations se regroupent dans « l'Union française des associations tsiganes », ce qui permet au terme « tsigane » de conserver une légitimité sociologique et politique[35].
  • Égyptiens, terme d'origine médiévale ; dans le français du XVIIe siècle, ce terme rappelle une ancienne légende selon laquelle les Roms seraient venus d'Égypte (Aigyptos : Αιγύπτοs en grec). Par exemple, Esméralda, dans Notre-Dame de Paris, est surnommée « l'Égyptienne ». Le terme Égyptiens se retrouve également dans la formation de la dénomination en langue anglaise : Gypsy.
  • Bohémiens est utilisé à partir du XVe siècle[36]. Plusieurs auteurs rapprochent cette appellation des lettres de protection de Sigismond, empereur du Saint-Empire, roi de Hongrie et de Bohème dont se recommandent des groupes signalés à Deventer, Bruxelles, Châtillon-sur-Chalaronne et Mâcon autour des années 1420[37],[38]. C'est le terme le plus couramment employé en France du XVIe au XVIIIe siècle, et son usage décline au XIXe siècle lorsqu'apparaît le terme « tsigane » dans les milieux savants[39] et à mesure que les pouvoirs publics qui ont officialisé le terme « nomade » en 1848 dans le contexte de la colonisation algérienne, l'appliquent aux familles mobiles en métropole[40]. Le terme Boumians que l'on rencontre parfois, est une forme occitane de Bohémiens.

Des groupes et des sous-groupes différenciés[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Pierre Liégeois, « les Tsiganes forment une mosaïque de groupes diversifiés et segmentarisés dont aucun ne saurait représenter un autre »[41]. Marcel Courthiade a proposé en 2003 une classification qui se caractérise notamment par le refus de la dichotomie « Vlax/non-Vlax » faite par d'autres linguistes[42] ; le terme « Vlax » provient du mot « Valaques » désignant, à l'origine, les locuteurs des langues romanes orientales, mais dont le sens a été ultérieurement élargi à beaucoup de populations nomades des Balkans (voir l'article Valaques). Les linguistes qui s'y réfèrent désignent par « Vlax » les groupes utilisant des mots empruntés aux langues romanes orientales, ou censés avoir transité par les régions valaques.

Sans que l'on puisse le démontrer formellement faute d'archives écrites, les noms de ces groupes (appelés endaja en langue romani, que l'on peut traduire par « clans ») ressemblent :

  • à des toponymes (Karpatis = des Carpates ; Kirimìtikas = de Crimée ; Polskas = de Pologne ; Servìtkas = de Serbie) ;
  • à des noms (souvent de métiers) tirés des langues slaves, du grec, du turc ou du roumain : Arabadjìs = « voituriers » en turc ; Boìadjis = « teinturiers » en turc ; Kalderàšis ou Kelderàris de căldăraşi ou căldărari = « chaudronniers » en roumain ; Krpàris de cârpari = « chiffonniers » en roumain ; Kókalàras de κοϰϰαλάρος, kokkalaros = « fossoyeur » en grec ; Lautàras de lăutar = « violoneux » en roumain ; Lovàris ; Olašski cigánis = « tziganes roumains » en slave ; Rómungros de rom ungur = « rom hongrois » en roumain ; Spoìtòrǎs = « crépisseurs » en roumain ; Tǎtarìtkas = « appartenant aux Tatars » en russe ; Ursàrǎs = « montreurs d'ours » en roumain et Xǎladìtkas = « appartenant à l'armée » en russe.

Selon Marcel Courthiade, on peut répartir les endajas dans les cinq ensembles ci-dessous, identifiés d'après les formes de la langue romani[42] :

  • A) Groupes archaïques ou première strate :
    • 1) sous-groupe balkanique : Yèrlis, Sepetçis, Erlides, Kalajdjis, Kovàčǎs ou Arabadjìs (dits aussi : Kovatchars), Bugurdjìs, Drïndars, Topanlìs, Konoplǎrǎs, Mohadjèrǎs, Arlìs (dits aussi : Thare Gone), Kohranes, Mećkàrǎs, Kabudjis, Rupane Roms, Bamìðǎs, Baćòrǎs, Fićìrǎs, Spoitòrǎs, Xoraxanes (dits aussi : Caraques, peut-être du grec κοράϰια korakia), Kirimìtikas, Zargàras ;
    • 2) sous-groupe carpatique : Ursàrǎs, Kiśinvcis, Gurvàras (dits aussi : Gábors), Karpatis ;
    • 3) Vendetikas (sud de la Hongrie, Prekmurje et Burgenland) ;
    • 4) sous-groupe balto-russe : Polskas, Xǎladìtkas, Tǎtarìtkas, Servìtkas, Ćuxnìtkas, Lalorìtkas, Finitikas ;
    • 5) Kalés gallois (éteint)
  • B) Groupes intermédiaires de la première strate (avec mutation) : Cerhàras, Colàras, Hoheres, Maćhàras ;
  • C) Groupes anciennement séparés de la première strate :
  • D) Groupes intermédiaires de la deuxième strate (caractérisés par le passé et copule de la première personne en « em ») : Gurbèturas, Filipidjies, Xandùrǎs, Kalpazàjas, Thamàrǎs, Ćergàruras, Djambàzuras, Madjùrǎs, Śkodrànǎs, Vlaxìčkos, Sastërnenqes ;
Jeune Ursàrǎs « montreurs d'ours » à Budapest en Hongrie
  • E) Groupes récents ou troisième strate (similaire à la deuxième strate, mais avec mutation) : Boìadjis, Drizàrǎs, Kalderàšas, Kelderàsas ou Kelderàras (dits aussi Caldéraches), Krpàris, Kókalàras, Lautàras, Lovàris, Olašski cigánis et Rómungros.

Histoire[modifier | modifier le code]

Légendes et controverses des origines[modifier | modifier le code]

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Bien que la transmission soit non écrite, de nombreuses légendes circulent sur l'origine des Roms. Liées à l'imagination, elles font partie de leurs traditions. Les « hypothèses » qui en ont fait les descendants de Caïn côtoient celles qui les affilient à Cham, fils de Noé. D'autres les font descendre de mages de Chaldée, des Atlantes, de Syrie, d'une des tribus perdues d'Israël, des Égyptiens de l’époque pharaonique, ou encore d’anciennes tribus celtes du temps des druides. La fascination exercée par de tels mythes a encouragé ces nomades, vivant souvent de leurs talents, à se donner eux-mêmes les origines les plus mystérieuses. Les Roms descendent ainsi (au choix, ou tout ensemble) de la divinité hindoue Rāma, ou encore de Rāmachandra, avatar de Vishnou, de Tubalkaïn le premier forgeron, des enfants de la Marie-Madeleine biblique, des manichéens de Phrygie, des Mayas, des Aztèques, des Incas, de Tamerlan, du Grand Moghol, des Mameluks[réf. nécessaire].

L'origine indienne[modifier | modifier le code]

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Les études linguistiques envisagent, vers la fin du XVIIIe siècle, des origines indiennes aux Roms, hypothèse recoupée par un récit historico-légendaire datant du milieu du Xe siècle, la Chronique persane de Hamza d’Ispahan, qui fut reproduite et embellie au XIe siècle par le poète Ferdowsi [réf. souhaitée]. Selon cette chronique, plusieurs milliers de Zott, Djâts, Rom ou Dom (hommes) partirent du Sind actuel, et peut-être de la rivière Sindhu vers l'an 900 selon les ordres du roi. Ils devaient rejoindre le roi de Perse, soucieux de divertir ses sujets grâce à leur culture musicale[citation nécessaire]. De là, ils se divisèrent et s'éparpillèrent autour du monde. Longtemps installés en Perse, ces Roms, déjà décrits comme refusant de vivre d’agriculture, finissent par se séparer en deux groupes migratoires : les uns vers le sud-ouest et l’Égypte (Roms orientaux ou Caraques, terme venant soit du grec korakia : « les corneilles », soit du turc kara : « noir »), les autres vers le nord-ouest et l’Europe (Roms occidentaux ou Zingares : mot venant peut-être d'une déformation du terme Sinti). Ce faisant, les Roms sont marqués, dès l'origine, – puisque cette origine les « constitue » en tant que peuple –, par la déportation, l'esclavage, la dispersion :

L'Inde du nord est aujourd'hui clairement la zone géographique d'origine des Roms, comme en témoignent la linguistique et la génétique comparées[43]. Selon les recherches en génétique de l'UWA, les caractéristiques génétiques de la population rom permettent de démontrer leur origine indienne et d'estimer que leurs origines remontent de 32 à 40 générations environ[44].

Dans les recherches linguistiques, la première hypothèse, plutôt européenne et anglo-saxonne[45], les rapproche du Sind et du Pendjab, régions dont les langues sont les plus proches des langages actuellement parlés par les Roms[45].

Dans les recherches sociologiques, la seconde hypothèse, plutôt indienne, se réfère à la société brahmanique, où les bouchers, les équarrisseurs, les tanneurs, les bûcherons, les fossoyeurs, les éboueurs, les chiffonniers, les ferronniers et les saltimbanques exerçaient des métiers nécessaires à la communauté, mais, considérés comme religieusement « impurs », n'avaient pas le droit d'être sédentaires et étaient hors-caste (çandales), avec toutefois une grande diversité, depuis les guerriers Rajputs (liés aux castes royales, équivalent hindou des samouraï japonais) jusqu'à ceux que l'on désigne aujourd'hui comme intouchables. En Inde, où ils sont connus sous des noms comme Banjara, Doma, Lôma, Roma ou Hanabadosh (en hindi/ourdou), ces groupes sociaux/professionnels plutôt qu'ethniques, aux origines géographiquement et socialement multiples, sont beaucoup plus mobiles et perméables que les castes traditionnelles (un enfant issu d'une union non autorisée, un proscrit pour quelque raison que ce soit sont eux aussi « impurs » et peuvent donc les rejoindre)[46].

Mahmoud de Ghazni et Ayaz
Le sultan, à droite, serre la main du cheikh, Ayaz se tient debout derrière lui. Le personnage à droite est Chah Abbas Ier qui régna environ 600 ans plus tard. Musée d'Art contemporain de Téhéran, Iran.

Quoi qu'il en soit, ces groupes (peut-être pour échapper au rejet de la société brahmanique) pourraient avoir quitté le nord de l'Inde autour de l'an 1000 vers le plateau iranien et l'Asie centrale, où on les appelle Kaoulis et Djâts, et, à travers ce qui est maintenant l'Afghanistan, l'Iran, l'Arménie, le Caucase, le sud de l'ex-URSS et la Turquie, s'être mis, comme charriers, éleveurs de chevaux, servants et éclaireurs, au service des Mongols, qui les protégèrent et leur laissèrent, en échange, une part du butin[47]. Avec la Horde d'or et Tamerlan, les Roms parvinrent ainsi en Europe, en Anatolie et aux portes de l'Égypte[48]. Des populations reconnues par d'autres Roms comme telles vivent encore en Iran, y compris ceux qui ont migré vers l'Europe, et qui en sont revenus. Au XIVe siècle, les Roms vassaux des Tatars atteignent les Balkans, et au XVIe siècle, l'Écosse et la Suède. Quelques Roms migrent vers le sud. En 1425 ils traversent les Pyrénées et pénètrent dans ce qui deviendra l'Espagne en 1479. On ignore si des Roms ont jamais transité par l'Afrique du Nord, comme certains le pensent. Les preuves manquent.

Tsiganoi parmi les Byzantins (d'où Tsiganes), Cingene parmi les Turcs, Romani-çel pour eux-mêmes (c'est-à-dire « peuple rom », d'où Romanichels pour les Croisés francophones), Manuschen pour les Croisés germanophones et Gypsies pour les Croisés de langue anglaise. La plupart des Roms, une fois parvenus en Europe, se mirent sous la protection des seigneurs nobles et des monastères ou abbayes, échappant ainsi à la vindicte des cultivateurs sédentaires, et continuant à exercer leurs métiers traditionnels au service de leurs nouveaux maîtres (leur esclavage était une servitude de type féodal nommée Roba dans les pays slaves, ce qui ressemble à la fois à leur nom de Roma et au mot « Robota » : travail). Au XIVe siècle, la plupart des groupes de Roms que nous connaissons avaient achevé leur installation en Europe.

Émigration en Europe[modifier | modifier le code]

La lente migration des Roms à travers l'Europe.

Certains auteurs antiques dont Hérodote mentionnent une tribu du nom de Sigynnes qui voyageait à travers l'Europe. L'histoire des Roms en Europe commence en 1416-1417, car c'est à cette époque que l'on trouve les premiers documents attestant de leur passage dans telle ou telle contrée (néanmoins, il est fort probable que de très petits contingents roms circulent en Europe dès le XIIe siècle[49]).

Au XIVe siècle, des récits attestent pour la première fois de leur présence à Constantinople, en Crète, en Serbie, en Bohême, en Roumanie... Au siècle suivant, ils continuent d'avancer vers l'ouest.

L'Empire byzantin en accueille un grand nombre dès le début du XIVe siècle, sous le nom d'Atsinganos (Ατσίγγανος, qui a donné Tsigane, Zigeuner, Zingari, Ciganos, etc.) ou de Gyphtos (déformation de Egyptios = égyptien). L'Empire est traversé par les pèlerins occidentaux se rendant en Terre sainte. Ces voyageurs les appellent alors Égyptiens (Egitanos, Gitanos, Gitans, Egypsies, Gypsies). De l'Empire byzantin (et ensuite Ottoman) les Roms se dispersent sur les routes d’Europe, et au XVe siècle, la diaspora commence à être visible partout : Hongrie, Allemagne, jusqu'à la Baltique et en Suisse. L'été 1419, les tribus apparurent sur le territoire de la France actuelle à Châtillon-sur-Chalaronne, dans la Bresse, à Mâcon, à Sisteron[50].

L'arrivée de getoufte heiden (littéralement : païens baptisés) à Berne par Diebold Schilling le Vieux, 1485

En 1423, Sigismond Ier du Saint-Empire accorde à un certain Ladislav, chef d'une communauté tsigane, une lettre de protection qui permet à des familles d'émigrer depuis la Transylvanie vers la Hongrie[38],[51].

Le 11 juin 1447, un contingent rom arrive en Espagne, en Catalogne, et se dirige vers Barcelone : la même légende[Quoi ?] y est racontée[52] ; d'autres clans roms plus nombreux s'éparpillèrent à leur tour sur ce territoire, tous avec un « duc » ou un « comte » de Petite Égypte à leur tête[52].

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D'après le Journal d'un bourgeois de Paris, le 17 août 1427, 100 à 120 hommes, femmes et enfants, qui se présentent en tant que chrétiens, pèlerins pénitents recommandés par le Pape, originaires d'Égypte, sont annoncés par une délégation à cheval qui demande l'hospitalité, et autorisés quelques jours plus tard à séjourner à La Chapelle Saint-Denis. Intrigués par leur apparence physique et vestimentaire, ou par leurs anneaux portés à l'oreille, des curieux accourent de Paris et des environs pour les voir, se prêtant parfois à la chiromancie qui leur est proposée. La rumeur leur prête également des tours de magie durant lesquels se vide la bourse des passants. L'évêque de Paris réagit en se rendant sur place avec un frère mineur qui prêche et convainc le groupe de repartir. Praticiens et clients de chiromancie sont excommuniés. Le groupe repart en direction de Pontoise début septembre[53].

En Angleterre, les Roms arrivent en 1460[52] ; en Suède, en 1512[52] ; à la fin du XVIe siècle, en Finlande[52] ; et au début du XVIIe siècle, les premiers textes légiférant sur leur présence en Grande Russie sont réalisés[52]. En Russie méridionale, les Roms apparaissent sous les noms de Tataritika Roma, Koraka Roma et Khaladitika Roma soit « Roms des Tatars », « Roms Coraques » ou « Roms des Armées » qui témoignent de leur ancien statut d'artisans, éleveurs de chevaux, charrons, ferronniers, selliers ou éclaireurs auprès des Tatars, des caravaniers ou des Cosaques[54].

À leur arrivée (historique) en Europe, au XVe siècle, les Roms furent en règle générale bien accueillis[55] ; ils obtinrent des protections qui leur permettaient de ne pas être inquiété par l'Inquisition, les groupes hérétiques gyrovagues étant les victimes privilégiées de l'Inquisition ; car c'est ce qu'ils étaient ostensiblement, précisément, mais leur politique fut toujours d'adopter en apparence la religion officielle, en s'accordant ainsi, en Europe occidentale, la protection du pape[56].

C'est à partir du XVe siècle que l'état de grâce entre les tribus nomades et les populations se renverse : les villes leur ferment les portes, lassées de les entretenir. Des conflits éclatent dans les villages. Leur attitude marginale inquiète, et on les accuse de nombreux maux : maraude, vol de poules, de chevaux, et même d’enfants.

Ils deviennent indésirables et tombent, dès la fin du XVe siècle, sous le coup de décrets qui vont de l’expulsion pure et simple à l’exigence de sédentarisation : ce ne sont pas les Tsiganes qui sont visés, mais les nomades. Les récalcitrants sont emprisonnés, mutilés, envoyés aux galères ou dans les colonies, et même exécutés. La récurrence de ces mesures montre leur manque d’efficacité, sauf aux Pays-Bas, qui parviennent à tous les expulser au milieu du XIXe siècle.

Roms robs dans les principautés roumaines[modifier | modifier le code]

Tsigane, tableau d'Otto Mueller, 1926.

Les deux premiers documents attestant de la présence des Roms dans l'actuelle Roumanie sont deux actes de donation de familles de robs roms à deux monastères, l'un de Vodița daté de 1385 et l'autre de Tismana daté de 1387, tous deux situés en Olténie dans l'ancienne Principauté de Valachie. La « robie » est un statut traduit en français et en roumain moderne par « esclavage », mais qui s'apparente davantage à un contrat féodal de servitude personnelle. L’entrée de la plupart de Roms en « robie » est liée au recul de leurs anciens alliés les Tatars au XIVe siècle. Les Khans tatars cèdent alors leurs Roms au voïvode roumain victorieux, qui les distribue soit aux monastères de sa principauté, soit aux nobles, propriétaires terriens : les boyards. Ainsi en 1428, le voïvode moldave Alexandre le Bon fait don de 31 familles de Roms au monastère de Bistriţa en Principauté de Moldavie.

Le « rob » pouvait être vendu et acheté, mais aussi racheter lui-même sa liberté, et la revendre ailleurs : c'est pour cela que traditionnellement les Roms portent leur or sur eux, bien visible, sous forme de colliers, bijoux ou dents, afin de montrer leur solvabilité et leur capacité à se racheter. Il est la marque de leur dignité. Le mot rob dérive du slave robota, le travail. Les « robs » du voïvode sont libres d’aller et venir, mais payent tous les ans une redevance pour ce droit. Ils pratiquent toutes sortes de métiers : commerçants ambulants, forains, ferronniers, forgerons, rétameurs, bûcherons, maquignons, fossoyeurs, chiffonniers, saltimbanques, musiciens. Quant aux monastères et aux boyards, ils utilisent leurs « robs » comme domestiques ou comme contremaîtres pour faire travailler les paysans serfs. Ils offrent à quelques-uns une formation et des postes de majordomes, de comptables ou d’instituteurs pour leurs enfants. Si le maître ou la maîtresse de maison est stérile, une jeune Rom ou un jeune Rom pourvoira à la perpétuation de la famille, en toute simplicité (cas de Ştefan VIII, devenu voïvode de Moldavie). Les « robs » peuvent être donnés, légués ou vendus aux enchères[57].

XVIIe siècle en France[modifier | modifier le code]

Affiche de Valachie annonçant une vente aux enchères d'esclaves roms dans un monastère en 1852

En France, dès 1666, Louis XIV décrète que tous les Bohémiens de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l'ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles soient, dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées, et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux Bohémiens ; leurs fiefs étaient frappés de confiscation[58],[59].

XVIIIe et XIXe siècles en Europe[modifier | modifier le code]

Les philosophes des Lumières ne se sont pas montrés particulièrement tendres avec les Bohémiens, à l'exception peut-être de Jean-Jacques Rousseau[60]. L'abbé Prévost ou Voltaire ont eu des mots assez durs, et Mallet, dans l'Encyclopédie, écrit comme définition pour Égyptiens : « Espèce de vagabonds déguisés, qui, quoiqu'ils portent ce nom, ne viennent cependant ni d'Égypte ni de Bohème ; qui se déguisent sous des habits grossiers, barbouillent leur visage et leur corps, et se font un certain jargon ; qui rôdent çà et là, et abusent le peuple sous prétexte de dire la bonne aventure et de guérir les maladies, font des dupes, volent et pillent dans les campagnes ».

Le 6 décembre 1802, le préfet des Basses-Pyrénées Boniface de Castellane fait arrêter en une seule nuit les Bohémiens des arrondissements de Bayonne et Mauléon (environ 500 personnes[61]) dans l'intention de les déporter par bateau en Louisiane[62],[63]. Mais la guerre maritime empêcha l'exécution de ce projet et ils furent progressivement remis en liberté[64]. Les femmes et les enfants furent répartis dans divers dépôts de mendicité en France et les hommes furent employés à divers grands travaux : canal d'Arles, canal d'Aigues-Mortes, construction de routes dans les départements des Hautes-Alpes et du Mont-Blanc[65]. La détention des personnes ainsi arrêtées s'étend sur une période de 3 ans[66]. Après cet épisode, « tous sont revenus à leurs montagnes », estime Adolphe Mazure[62].

Forgeron tsigane des monts Mátra, 1852
Théodore Valerio

Vers la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Europe éclairée alterne coercition et recherche de solutions « humaines » pour les sédentariser, d’autant que les Roms retrouvent avec la Révolution et le mouvement romantique une image plus positive empreinte de liberté. En Hongrie, on leur donne des terres et des bêtes, qu’ils revendent aussitôt à leurs voisins pour reprendre la route. L’échec de la plupart de ces politiques n’est pourtant pas une règle absolue, et une partie de la population nomade se sédentarise.

Au Siècle des Lumières, l'Espagne a essayé brièvement d'éliminer le statut de marginal des Roms en tentant d'interdire l'emploi du mot gitano, et d'assimiler les Roms dans la population en les forçant à abandonner leur langue et leur style de vie. Cet effort fut vain.

On rencontre, dans le nord des Vosges, dans le courant du XIXe siècle des familles manouches qui habitent des maisons dans les villages parfois depuis plusieurs générations, tout en maintenant leur spécificité culturelle. Vers la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, leurs descendants se déplacent ensuite dans de nombreuses autres régions françaises, voire en Espagne ou en Amérique du Sud[67],[68].

Abolition de la robie[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIIIe siècle, des fils de boyards étudiants à Paris, initiés à l'esprit des Lumières et/ou en franc-maçonnerie, lancent un mouvement abolitionniste. Le processus se fait en plusieurs étapes. En 1825, en Moldavie, le Hospodar Ioniţă Sandu Sturza délie les Roms de leurs liens envers les monastères et les boyards. Cet acte officiel part d'une bonne intention : mettre fin à la « robie ». Mais en pratique, cela laisse les Roms sans protection face aux agriculteurs sédentaires qui réclament des réformes agraires. De nombreux Roms reprennent alors le nomadisme, alors qu'ils s'étaient sédentarisés en majorité autour des domaines seigneuriaux (konaks) et abbatiaux. De toute façon, Sturdza est renversé en 1828 et la « robie » est aussitôt rétablie. Plus tard, en 1865, influencé par la Révolution roumaine de 1848 et par Victor Schoelcher, le prince humaniste Alexandru Ioan Cuza sécularise les immenses domaines ecclésiastiques et abolit la « robie » en Moldavie et Valachie. Toutefois il faut attendre 1923 pour que des lois leur donnent des droits égaux aux sédentaires et les protègent contre les discriminations (Constitution roumaine de 1923). Mais ces lois sont remises en question entre 1940 et 1944[69].

Émigration aux États-Unis[modifier | modifier le code]

L'immigration rom aux États-Unis commence avec la colonisation des Espagnols et les Roms étaient embarqués comme esclaves et certain s'échappèrent en arrivant aux Amériques avec de petits groupes en Virginie et en Louisiane[réf. nécessaire]. L'immigration à plus grande échelle commence dans les années 1860, avec des groupes de Romanichels ou assimilés (à tort — ainsi : les Pavees) du Royaume-Uni et les Travellers de l'Irlande. Au début des années 1900 commence une importante vague d’émigration de Roms récemment émancipés de Russie, de Roumanie et de Hongrie vers de nombreux pays d’Europe. Tous ces Roms seront appelés indistinctement « Romanichels » ou « Hongrois » dans la plupart des contrées où ils arrivent. Nombre d’entre eux s’embarqueront aussi à cette époque vers les Amériques. Le plus grand nombre d'émigrants appartient au groupe des Kalderash (« Căldărași » = « Chaudronniers ») de Roumanie. Un grand nombre émigre également vers l'Amérique latine.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Mère gitane et son enfant, Hongrie, 1917

Au XXe siècle, les grandes vagues de migration cessèrent au moment de la Première Guerre mondiale.

C’est, paradoxalement, la première moitié du XXe siècle, époque de libéralisation dans toute l’Europe, qui fut la plus dure pour les « gens du voyage ». En France, une loi sur « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » les oblige pour la première fois, en 1912, à se munir d’un « carnet anthropométrique d’identité » qui doit être tamponné à chaque déplacement. Marcel Waline dira en 1950 à propos de cette loi, en vigueur jusqu'en 1969, qu'elle constitue « un cas probablement unique dans le droit français (...) de législation appliquant à une certaine catégorie de gens, les nomades, un régime d'exception, rejetant cette catégorie hors du droit commun, et adoptant, pour opérer cette discrimination, un critère fondé sur un élément racial »[70],[71]. Ce contrôle administratif et de police existe toujours avec le Livret de circulation[72]. Voir aussi ci-après la section « L'après-guerre ».

La répression du nomadisme se conjugue avec le succès des théories eugénistes sur la « protection de la race » dans les milieux scientifiques. La Suisse et la Suède — pour citer deux démocraties considérées comme exemplaires — mettent en place une législation qui vise à détruire la culture tzigane, avec l'assentiment ou l'approbation d'une majorité de la société. En Suisse, le département fédéral de justice et police planifie en 1930 l’enlèvement des enfants sur dix ans. La fondation Pro-Juventute a déjà mis en application en 1926 l'opération « les Enfants de la Grand-Route ». Celle-ci enlève de force les enfants des Yéniches (Tsiganes de Suisse, en allemand Jenische) pour les placer et les rééduquer dans des familles d'accueil sédentaires, des orphelinats voire des asiles psychiatriques en tant que « dégénérés ». Le docteur Alfred Siegfried, directeur des Enfants de la Grand-Route considère en effet les Yéniches comme génétiquement menteurs et voleurs. Non seulement on interdit aux parents biologiques de rencontrer leurs enfants (sous peine de prison) mais des stérilisations sont pratiquées sous prétexte « humanitaire » pour limiter leur reproduction. Cette opération ne prend fin en Suisse qu'en 1972. La Suède pratique une politique similaire jusqu'en 1975[73].

Le génocide nazi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Porajmos.
Plaque fleurie à Rome en mémoire des Rom, Sinti et gens du voyage morts en camps d'extermination

En Allemagne, le Parti national-socialiste renforce, dès son arrivée au pouvoir, une législation déjà assez dure ; bien qu’Indo-européens, les Zigeuner ne sont pas considérés comme des Aryens mais, au contraire, comme un mélange de races inférieures ou, au mieux, comme des asociaux[74]. Ils sont vite parqués dans des réserves (on envisage d’en classer une tribu comme échantillon, mais le projet est abandonné), puis envoyés en Pologne, et enfin internés dans des camps de concentration sur ordre d’Himmler, puis éliminés dans des camps d'extermination.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, déportés à Auschwitz, à Jasenovac, à Buchenwald, entre 50 000 et 80 000 Tsiganes d'Europe sont morts des suites des persécutions nazies[75]. Les Tsiganes ont aussi participé à la résistance armée en France, en Yougoslavie, en Roumanie, en Pologne et en URSS.

D'autres massacres ont pris une forme particulièrement cruelle dans cette période de chaos : ainsi, en Roumanie, le régime d'Antonescu déporte plus de 5000 Roms vers l'Ukraine occupée par les Roumains (« Transnistrie ») : la plupart meurent de froid, de faim et de dysenterie. Quelques habitants courageux parviennent à protéger certains groupes. Le gouvernement roumain a officiellement reconnu ce génocide (en même temps que la Shoah) en 2005.

Les camps d'internement de « nomades » en France[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Les vestiges du camp de Coudrecieux et du camp de Mulsanne, diptyque d'Arno Gisinger, 2004[76]

Durant la Première Guerre mondiale, tandis que les tsiganes alsaciens-lorrains de nationalité allemande sont internés en tant que civils ennemis, ceux de nationalité française qui circulent dans les zones de combat sont arrêtés sous divers motifs et internés au camp de Crest, de 1915 à 1919[77].

Lorsque se déclenche la Seconde Guerre mondiale, la France n'attend pas l'occupation allemande pour prendre des mesures privatives de liberté à l'encontre des « nomades ». Le 16 septembre 1939, le préfet d'Indre-et-Loire les déclare « indésirables » dans le département et ordonne à la gendarmerie qu'ils « soient refoulés de brigade en brigade dans un autre département[78] ». Le 22 octobre 1939, le général Vary, commandant de la 9e Région militaire, ajoute une interdiction de séjour dans le Maine-et-Loire et une interdiction de circuler dans les deux départements précités ainsi que dans la Vienne, les Deux-Sèvres, la Haute-Vienne, la Charente, la Dordogne et la Corrèze, précisant quelques jours plus tard que la mesure s'applique également aux « forains »[79].

Un décret-loi du 6 avril 1940 prohibe la circulation des nomades sur l'ensemble du territoire métropolitain pour la durée de la guerre et impose l'assignation à résidence. Officiellement, cette mesure vise à réduire les risques d’espionnage mais il s'agit en réalité de contraindre les « Tsiganes » à la sédentarisation[80]. Pour autant, les autorités se montrent réticentes à imposer l'internement à cause de la menace de reconstitution de bandes à l'intérieur des camps et pour ne pas imposer de charges trop lourdes à l'État. Ces réticences sont toujours de mise sous le régime de Vichy : seuls deux camps, le camp de Lannemezan et le camp de Saliers sont consacrés exclusivement à l'internement de « nomades » en zone sud[81]. En zone nord les Allemands sont à l'origine de l'internement des nomades[82]. Selon la thèse de l'historien Denis Peschanski publiée en 2002 et qui confirme son estimation de 1994[83], le nombre des Tsiganes internés une ou plusieurs fois entre 1940 et 1946 s'élève à 3 000[84]. D'autres chiffres ont été cités : Marie-Christine Hubert a cité en 1999 un minimum de 4 657 internés tsiganes en zone occupée et 1 404 en zone libre, en précisant que 90 % sont de nationalité française, et que 30 à 40 % sont des enfants[85]. Ce chiffre de 6 000 a été confirmé en 2009[86] et repris en 2010, par le secrétaire d'État aux anciens combattants Hubert Falco[87].

L'ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich du 4 octobre 1940 édicte que « les Tsiganes se trouvant en zone occupée doivent être transférés dans des camps d’internement, surveillés par des policiers français »[88]. Les autorités françaises y répondent dans un premier temps en créant de petits camps plus ou moins organisés ou improvisés[89],[90], où les « nomades » sont soumis à un régime d'assignation à résidence assez dans l'esprit de la circulaire du 26 avril 1940 aux préfets[91] : autorisation de quitter le camp le jour pour trouver des moyens de subsistance, à condition de regagner le camp le soir, à l'instar du camp de la rue Le-Guen-de-Kérangal à Rennes[92]. Le régime se durcit progressivement. Il n'y a pas de barbelés ni de mirador au camp établi jusqu'en décembre 1940 par le département des Deux-Sèvres dans les ruines du château de Châtillon à Boussais, ce qui n'est plus le cas au camp de Poitiers où les « nomades » de Boussais sont ensuite transférés[93].

Le règlement du camp de Coudrecieux rédigé en août 1941 précise qu'aucune permission n'est accordée aux internés, tout en permettant des sorties encadrées par les gendarmes[94]. Dans son étude sur Arc-et-Senans, Alain Gagnieux distingue la période « camp de rassemblement » de septembre 1941 à mai 1942 et la période « camp d'internement » de mai 1942 à septembre 1943 lorsque les autorisations de sortie furent exclues[95].

Les conditions de vie au camp de Moisdon-la-Rivière sont décrites le 8 décembre 1941 par l'assistante sociale principale : les repas consistent en ersatz de café le matin avec une ration de pain pour la journée, parfois un peu de viande le midi pour agrémenter navets, betteraves, choux, et le soir une soupe trop claire ; à l'exception de quelques familles, « toutes les autres sont parquées comme des bêtes dans deux grands baraquements de bois repoussants de saleté où jamais ne pénètrent ni le soleil ni l'air », la gale et les poux ne manquant pas de faire leur apparition[96],[97]. En mai 1942, les instituteurs du camp de Mulsanne obtiennent du directeur d'une scierie voisine « l'autorisation de collecter les écorces et brindilles qui couvrent les sapinières (…) [qui] seraient collectées par les enfants au cours de promenades surveillées et destinées à la cuisson du lait des bébés du camp, aucun moyen de chauffage n'ayant été prévu jusqu'à présent »[98].

Les déportations[modifier | modifier le code]

D'une part, 66 hommes adultes en provenance du camp de Poitiers quittent le camp de Compiègne le 23 janvier 1943 pour être déportés à Oranienburg-Sachsenhausen[99]. D'autre part, un second groupe de 25 hommes adultes du camp de Poitiers sont déportés au cours de la même année vers Buchenwald[99]. Emmanuel Filhol cite le cas d'un déporté de Sachsenhausen qui rentre de déportation en août 1945 et se voit à nouveau assigné à résidence sous le coup du décret du 6 avril 1940 que les gendarmes continuent d'appliquer jusqu'en juin 1946[100].

En 1995, le quotidien Centre-Presse publie le récit d'un survivant de Buchenwald qui témoigne du « froid et de la faim, des coups, du travail harassant dans les galeries souterraines » qui causèrent la mort de son père et 9 membres de sa famille[101].

Par ailleurs, des personnes du Nord-Pas-de-Calais rattaché par l'occupant à la Belgique furent arrêtées fin 1943 à la suite de l'ordre d'Himmler d'arrêter tous les Tsiganes de Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, puis internées au camp de Malines et déportées vers Auschwitz le 15 janvier 1944. Seules 12 personnes belges ou françaises ont survécu sur les 351 convoyées de Malines à Auschwitz[102]. Parmi les 351 personnes, au moins 145 étaient françaises, au moins 121 étaient belges, et 107 étaient des enfants de moins de 16 ans[103].

Il existe également quelques cas connus, non exhaustifs, de Gitans français déportés en tant que résistants[104].

La fin des camps[modifier | modifier le code]

Les derniers internés au camp de Jargeau ne le quitteront qu’en décembre 1945, alors que les déportés survivants sont rentrés d’Allemagne depuis le printemps[105]. Le dernier camp à fermer est le camp des Alliers à Angoulême, qui fonctionne jusqu'au 1er juin 1946[106]. À la sortie, les familles libérées ne retrouvent pas les roulottes et chevaux qu'elles possédaient et ne reçoivent aucune aide ou indemnisation. Certaines se réfugient dans la grotte des Eaux-Claires à Ma Campagne[107].

Toutefois, un petit nombre de personnes ont obtenu le statut d'« interné politique » longtemps après la guerre[39].

Mémoire[modifier | modifier le code]

En 1985, une stèle est érigée au camp d'Internement de la Route de Limoges à Poitiers, qui mentionne la présence des Tsiganes dans ce camp, avec des Juifs et des résistants[108].

En 1988, une modeste stèle commémorative est érigée sur le site d'internement de Montreuil-Bellay[109]. Les vestiges de ce camp font l'objet d'une inscription aux Monuments historiques le 8 juillet 2010[110].

Des stèles furent également érigées au Camp de Jargeau en 1991, à Laval (mémoire des camps de Grez-en-Bouère et Montsûrs) en 1993, à Arc-et-Senans en 1999, au camp de Linas-Montlhéry en 2004, à Angoulême (camp des Alliers), et Lannemezan en 2006, à Avrillé-les-Ponceaux (camp de La Morellerie) et Barenton en 2008[108].

Un monument, œuvre du sculpteur Jean-Claude Guerri, a été inauguré à l'emplacement du camp de Saliers le 2 février 2006[111].

L'ouvrage « Les lieux de mémoire » publié de 1984 à 1992 sous la direction de Pierre Nora, et les principaux manuels d'histoire de classe de terminale disponibles en 2009 n'évoquent pas les camps d'internement de « nomades[112] ».

Le film Liberté de Tony Gatlif, qui a pour thème les politiques anti-tsiganes en France sous le régime de Vichy, paraît en 2010.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le génocide a violemment marqué les consciences et, s’il faut attendre 1969 pour qu’une loi plus libérale remplace en France la loi de 1912, cela se fait sans opposition, ceux qui sont peu favorables aux Tsiganes craignant d'être assimilés aux promoteurs du racisme sous l'occupation allemande.

Le « Comité international tsigane » créé en 1967, réunit à Londres en 1971 le premier « Congrès mondial tsigane », durant lequel des délégués de 14 pays décident de recommander l'utilisation du terme « Rom ». Le Congrès mondial rom réuni à Genève en 1978 crée l'Union romani internationale qui a un statut consultatif à l'ONU[113].

Les Roms sont mentionnés pour la première fois dans un texte officiel de l'ONU à travers la résolution 6 (XXX) du 31 août 1977 de la Sous-Commission de la promotion et de la protection des droits de l'homme exhortant les pays « qui ont des Tsiganes (Romanis) à l'intérieur de leurs frontières à accorder à ces personnes, s'ils ne l'ont pas fait jusqu'ici, la totalité des droits dont jouit le reste de la population[114] ».

Les dernières décennies sont marquées par une conversion massive de la communauté au protestantisme évangélique[réf. nécessaire]. En France, 100 000 adultes au moins rejoignent l'association cultuelle Vie et Lumière fondée en 1953 et membre de la Fédération protestante de France[réf. nécessaire].

Situation des Roms en Europe depuis 1990[modifier | modifier le code]

Avec de 10 à 12 millions de personnes, les Roms sont la plus grosse minorité ethnique d'Europe.

Beaucoup de Roms continuent à vivre selon leur mode de vie nomade, en voyageant en roulottes ou en caravanes, mais souvent en Europe orientale, ils vivent en communautés marginales au taux de chômage élevé. [réf. nécessaire] Quelquefois, ils ont prospéré, par exemple chez les Căldăraşi (Caldéraches) de Roumanie, qui travaillent traditionnellement le cuivre.

Le niveau d'intégration des Roms dans la société est variable. Les statistiques roumaines ne reconnaissent qu'un demi-million de Roms, alors qu'eux-mêmes estiment leur nombre entre 0,5 et 2,5 millions[115].

Dans certains pays comme la Slovaquie ou la Roumanie, où il est possible de constituer des partis ethniques, les Roms ont constitué des partis et ont au Parlement des représentants en tant que tels. Toutefois, leur entrée en politique n'est pas sans risques. Dans ces deux pays, les partis conservateurs (ex-communistes), cherchant à retarder l'intégration en Union européenne, leur ont distribué dans les anciens kolkhozes des terres qui étaient revendiquées par leurs anciens propriétaires, les agriculteurs locaux spoliés par la collectivisation. Les partis rénovateurs pro-européens, favorables à la restitution, soutenaient ces agriculteurs contre les Roms, ce qui a conduit à des désordres civils dans quelques villages. À la suite de ces manipulations, la plupart des dirigeants politiques roms se sont détachés des conservateurs (communistes) et rapprochés des rénovateurs (libéraux). En 2000, un parlement international rom, basé à Vienne, a été créé. En juin 2004, Lívia Járóka devint le premier membre rom hongrois du parlement européen (elle avait été précédée d'un seul auparavant : Juan de Dios Ramírez-Heredia, d'Espagne). Depuis lors, deux autres Roms y ont été élus, l'un sur la liste ADLE : Mme Viktória Mohácsi (Hongrie), l'autre sur celle du parti roumain libéral.

Sept États de l'ancien bloc communiste ont lancé l'initiative Décennie de l'intégration des Roms en 2005, pour améliorer les conditions socio-économiques et le statut de la minorité rom. En septembre 2008, les deux députées au Parlement européen d’origine rom, Lívia Járóka et Viktória Mohácsi, ont réussi à faire voter cette initiative au niveau de toute l'Union européenne[116].

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Roms de France.
Autocollant du MRAP utilisé lors d'une campagne de soutien - années 1980

La plupart des Roms de France sont sédentarisé, salariés, intégrés : en tant que Roms ils sont devenus « invisibles »[réf. nécessaire], même si une « minorité visible » restée semi-nomade pratique le travail à la journée (par exemple dans les vergers à l'époque de la cueillette, ou dans le bâtiment). Cependant, une partie d'entre eux pratique (de manière volontaire ou forcée par des réseaux mafieux) la mendicité et, pour certains, la délinquance : trafics de métaux, notamment vols de fils électriques ou de câbles téléphoniques sur les voies ferroviaires, cambriolages d'appartements, de chantiers ou d'exploitations agricoles[117],[118], mendicité agressive, pick-pockets, ainsi que les trafics de drogues (héroïne dans le Midi de la France, par exemple) et d'êtres humains pour la prostitution[119],[120],[121].

C'est cette minorité semi-nomade qui a commencé à circuler depuis l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Union européenne, le 1er janvier 2007, bénéficiant à partir de ce moment des droits de libre circulation dont bénéficie tout citoyen de l'Union européenne. Selon certaines associations et journaux[122], « On compte […] en France environ 15 000 Roms migrants de nationalité roumaine, bulgare, tchèque, slovaque, hongroise, moldave ou des pays de l’ex Yougoslavie (Serbie, Croatie, Kosovo notamment). La plupart d’entre eux ont immigré dans les années 1990, peu après la chute des dictatures communistes[123]. »

Si une partie de ces Roms pratique le travail à la journée, c'est parce que jusqu'en 2014, les ressortissants de la Bulgarie et de la Roumanie ne sont pas totalement bénéficiaires du principe européen de libre circulation et, pour travailler officiellement, ont besoin d'un titre de séjour et d'une autorisation de travail : c'est pour cela qu'ils sont expulsables. De plus, la directive communautaire de 2004 sur la libre circulation des ressortissants de l'UE n'a pas été totalement transposée en droit français, notamment ses dispositions relatives aux garanties accordées aux personnes expulsées[124].

Dans cette situation, les expulsions de Roms sont passées de 2 000 en 2003 à environ 8 000 en 2008[125]. Depuis 2007, le nombre de reconduites à la frontière de Roms roumains en France se situe entre 8 000 et 9 000 par an, représentant environ 30 % des objectifs chiffrés de reconduite à la frontière. Ces retours sont en grande partie volontaires car ils sont assortis de primes de 300 € par adulte et 100 € par enfant et de la prise en charge du billet d'avion[126].

En 2009, la France a expulsé 10 000 Roms de Roumanie et de Bulgarie. Le 9 septembre 2010, le Parlement européen a réclamé la suspension de ces retours forcés, contraires au droit communautaire.

8 030 Roms en situation irrégulière ont ainsi été reconduits par la France en Roumanie et en Bulgarie entre le 1er janvier et le 25 août 2010. Selon le ministre Éric Besson, 1291 l'ont été de manière contrainte, et 6739 de manière volontaire, au moyen de 27 vols « spécialement affrétés[127] ».

Italie[modifier | modifier le code]

En mai 2008, en Italie, près de Naples, des camps roms ont été brûlés[128]. En 2010, le gouvernement de Silvio Berlusconi a déjà fait évacuer de nombreux camps illégaux et demande à Bruxelles l'autorisation d'expulser les Roms.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

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Au Royaume-Uni, les travellers (voyageurs, en référence à la fois aux Irish Travellers et aux Roms) sont devenus en 2005 un enjeu électoral, quand le chef du Parti conservateur promit de réviser l'Acte des droits de l'Homme de 1998. Cette loi, qui englobe la Convention européenne sur les droits de l'Homme dans la législation du Royaume-Uni, est considérée par beaucoup comme permettant de garantir le droit rétrospectif de planification[précision nécessaire]. Les pressions importantes de la population avaient conduit les travellers à acheter des terres[Quand ?], et à s'établir en contournant ainsi les restrictions de planification imposées sur les autres membres locaux de la communauté.

Espagne[modifier | modifier le code]

L'Espagne est le pays de l'Europe de l'Ouest qui accueille la plus grosse communauté de Roms. C'est aussi l'un des rares à lui avoir donné le statut de minorité nationale. Le gouvernement a adopté en avril 2010 un plan d'action pour le développement de la population gitane.

Suède[modifier | modifier le code]

Confronté à un afflux de Roms du Kosovo, le pays a pratiqué quelques expulsions. Entre 1934 et 1975, la Suède, comme le Danemark et la Norvège, a stérilisé[réf. souhaitée] des Tsiganes et des malades mentaux. En 1999, elle a indemnisé les victimes, plus de 60 000.

Roumanie et Bulgarie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Roms de Roumanie et Roms de Bulgarie.
Grandes villas de style Rromanès bâties par des Roms à Buzescu (Roumanie)
Maison et roms à Huedin, Roumanie.

En Roumanie et Bulgarie dans les années 1990-2000, la terre arable a souvent été un enjeu dans des conflits dont les Roms furent les « pions ». Lorsque les paysans ont réclamé la restitution de leurs terres aux ex-communistes (anciens directeurs de kolkhozes), ces derniers ont placé des ouvriers agricoles, souvent Roms, sur ces terres, pour ne pas les rendre (la loi protégeant les cultivateurs occupant le terroir, contre les revendications de propriétaires antérieurs). Ils ont même offert à ces Roms de quoi construire des maisons (selon la loi de l'époque, une construction rendait la parcelle définitivement inaccessible à ses propriétaires légitimes.

De nos jours, surtout depuis les années 2000, on assiste à un phénomène d'émigration de masse des Roms d'Europe de l'est (notamment ceux de Roumanie, de Bulgarie, de Hongrie et des pays de l'ex-Yougoslavie) vers l'Europe de l'ouest. La plupart de ces populations rom émigrant en France et dans les autres pays occidentaux se livrent souvent à de la mendicité, des actes de délinquance (vols à l'arrachée, pick-pockets dans le métro, vols de métaux tels que le cuivre présents sur les voies ferroviaires, trafics, prostitution) et autres actes peu valorisants (fouiller les poubelles, laver les pare-brises des voitures) afin de survivre. Ces phénomènes ont porté préjudice à la fois à la communauté des gens du voyage français et aux roumains (habitants de la Roumanie). En effet, les gens du voyage français (gitans, manouches, etc) refusent pour une grande partie d'entre eux d'être assimilés aux roms. De même, les médias, journalistes et politiques français parlent souvent à tort de « délinquance roumaine » en englobant ainsi toute la population roumaine sans faire de distinction entre les roms et les non-roms (de même qu'en Espagne on distingue les espagnols des gitans espagnols, idem en France). Or les statistiques ont démontré que la plupart des délits commis par des ressortissants des pays de l'est concernent majoritairement des gens appartenant à la communauté rom, et non les roumains, bulgares et autres. Ainsi, suite aux informations imparfaites véhiculées par les médias, beaucoup de gens de nos jours font l'amalgame entre roms et roumains (probablement aussi en raison de la sonorité proche de ces deux termes qui peut porter à confusion, mais aussi parce que la Roumanie et l'histoire des roms restent encore peu connues en France), ce qui constitue une erreur puisque les roms ne sont qu'une minorité ethnique, distincte des « roumains » eux-mêmes. Les roumains étant les descendants des Daces (peuple Thrace latinisé présent sur l'actuel territoire de la Roumanie depuis l'Antiquité) et les roms - aussi appelés Tziganes - étant à l'origine une population nomade ayant émigré d'Inde vers l'Europe au Moyen-Âge tardif, par conséquent ce sont deux ethnies différentes aussi bien historiquement que culturellement et physiquement. De plus, comme l'indique le tableau ci-dessous, la communauté rom s'est implantée depuis plusieurs siècles dans d'autres pays d'Europe de l'est (notamment), pas qu'en Roumanie. « Rom » n'est donc en aucun cas synonyme de « roumain », ni son diminutif, de même que gitan n'est pas synonyme d'espagnol. Ainsi, on trouve également des roms hongrois, des roms bulgares, des roms croates, des roms turcs, et ainsi de suite.

Dorin Cioabă, le fils du « roi autoproclamé des roms », a suggéré en 2009 d'utiliser le terme indirom à la place de rom afin mettre en avant leurs origines indiennes et d'éviter tout amalgame avec la Roumanie, suite à de nombreuses plaintes de la part de roumains accusant la communauté rom d'utiliser et de s'identifier systématiquement à la Roumanie, salissant ainsi le nom et l'image du pays. Cette proposition n'a pas encore été approuvée. Il faut savoir que la communauté rom reste encore aujourd'hui mal vue en Roumanie (de même qu'en Hongrie et ailleurs, où ils y sont parfois persécutés), mal acceptée par les roumains eux-mêmes. En effet, beaucoup d'entre eux ne veulent pas considérer les roms comme des roumains à part entière mais plutôt comme une population indésirable venue d'ailleurs, restée en marge de la société roumaine et qui ne s'y est jamais intégrée. Les roumains les appellent couramment « tziganes » et cela depuis toujours, seuls les médias utilisent désormais la nouvelle dénomination « rrom ».

Hongrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Roms de Hongrie.

Les Roms restent discriminés en Hongrie[129]. Le gouvernement hongrois entend d'ici à septembre 2011 faire voter une loi qui proposera aux allocataires de prestations sociales « des tâches d'intérêt général sur de gros chantiers de travaux publics, tels la construction d'un stade de football à Debrecen (à l'est du pays), le nettoyage des rues mais aussi l'entretien des parcs et des forêts »[130].

Population[modifier | modifier le code]

La répartition des Roms.
Distribution des Roms en Europe.

Il est difficile de définir avec précision des critères d'appartenance et le nombre exact des Roms car comme pour la plupart des minorités, les nombreuses unions mixtes avec des non-Rom, la sédentarisation (seulement 2 % d’entre eux sont du voyage en Europe) et l'acculturation (ou intégration, selon les points de vue) progressent à grande vitesse.

Des estimations laissent à penser qu'il y a approximativement 8 à 10 millions de Roms dans le monde en 2001[131]. La majorité vivent en Europe[131]. Les plus grandes concentrations de Roms se trouvent dans les Balkans, en Europe centrale et de l'Est, aux États-Unis, et en Amérique du Sud. De plus petits groupes vivent dans l'Ouest et le Nord de l'Europe, au Moyen-Orient, et en Afrique du Nord.

Les pays où les populations roms dépassent le demi-million sont la Roumanie, les pays de l'ex-Yougoslavie, l'Espagne, les États-Unis, la Hongrie, la Turquie, le Brésil et l'Argentine. Les Roms sont nombreux aussi en République tchèque et en Slovaquie.

En 1971, le congrès des associations et mouvements militants roms adopta le drapeau rom comme symbole du peuple Rom. Sur un fond vert (qui symbolise la Terre fertile) et bleu intense (le Ciel, la liberté), est posé le Chakra (roue solaire à vingt-quatre rayons, symbole de la route et de la liberté), du rouge de l'empereur Ashoka ou Ashok, comme on le voit en tête d'article. Le Congrès mondial tzigane tenu à Londres le 8 avril 1971 choisit cette date pour commémorer la journée internationale des Roms[132].

Il y aurait actuellement en France entre 350 000[133] et 1 300 000[134] Roms.

Population de Roms par pays
Pays Source officielle Autre source
Population Part Population Part
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 70 000 0,09 %
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 325 343 4,9 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 600 000 1,62 %
Drapeau de la France France 20 000[135] 0,03 % 350 000[133] - 1 300 000[134] 0,5 - 1,2 %
Drapeau de la Grèce Grèce 200 000[136] 1,82 %
Drapeau de la Hongrie Hongrie 308 957 3,6 % 600 000 - 800 000 6 - 8 %
Drapeau de l'Italie Italie 130 000 0,22 %
Kosovo Kosovo 35 784 2,1 %
Drapeau de la Macédoine Macédoine 53 879 2,66 %
Roumanie Roumanie 619 007 3,25 % 2 000 000 9,8 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 90 000 0,15 %
Drapeau de la Russie Russie 205 007 0,15 %
Serbie Serbie 147 604 2,05 %
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 105 738 2,0 %
Drapeau de la Turquie Turquie 500 000 0,72 %

Culture et société[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

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La quasi-totalité des Roms parlant les langues d'origine romani est bilingue, mais un nombre indéterminé (parce que généralement non comptés comme Roms aux recensements) ne parlent que les langues des pays où ils vivent ou ont vécu. Les Gitans, par exemple, s'expriment le plus souvent en dialectes hispaniques, comme le caló[137].

Les Roms parlent de nombreuses langues : certaines leur sont propres, d'autres sont celles des contrées qu'ils ont traversées et où ils vivent, d'autres encore sont des dialectes nés de ces multiples influences. La parenté de l'ensemble romani avec le sanskrit est clairement établie, avec des influences avestiques et hébraïques[45].

Les Roms parlent aussi la langue dominante de la région dans laquelle ils vivent, voire plusieurs langues. Par exemple, les Roms de Prizren au Kosovo parlent quotidiennement quatre langues, [réf. nécessaire] dès leur plus jeune âge : l'albanais, le romani, le serbe et le turc. En Slovaquie, beaucoup de Roms parlent à la fois le romani, le slovaque et le hongrois. Les emprunts linguistiques du romani rendent possible le suivi de leur migration vers l'Ouest.

Les linguistes divisent actuellement l'ensemble rom (non reconnu par les tsiganologues de l'INALCO) en trois groupes linguistiques, correspondant à trois grands ensembles historiquement différenciés en Europe, celui des Tsiganes (qui sont les Roms stricto sensu pour l'INALCO) vivant principalement en Europe de l'Est, au Proche-Orient, en Amérique et en Australie, celui des Sintis ou Manouches vivant en France, en Italie, au Benelux et en Allemagne, et celui des Gitans vivant dans le Sud de la France, en Espagne et au Portugal.

Quelques Roms ont développé des sabirs tels que l’ibéroromani (caló), qui utilise le vocabulaire rom, la grammaire espagnole, présente de nombreux emprunts lexicaux à l'andalou, et au catalan et est la source de nombreux mots en argot espagnol, l’angloromani (cant, ce mot désigne également la langue des tinkers irlandais, le shelta), l’arméno-romani (lomavren ou lovari) ; le gréco-romani (ellino-romani), le suédo-romani (tavringer romani), le norvégo-romani (nomad norsk), le serbo-romani (srpskoromani), le hungaro-romani (romungro, modgar, modyar), alors que la boyash est un argot roumain avec des emprunts au hongrois et au romani.

Dans les Balkans, on trouve cinq langues vernaculaires composés de romani, d'albanais, de grec et de langues slaves : l’arlisque (arliskó), le djambasque (xhambaskó), le tchanarsque (Čanarskó), le tcherbarsque (Čerbarskó) et le thamarsque (thamarskó).

Religions[modifier | modifier le code]

Le trident de Shiva

On a suggéré que, lorsqu’ils étaient encore en Inde, les Roms étaient hindouistes ; le mot romani pour « croix », trushul, est le même mot que le sanskrit triṣula qui désigne le trident de Shiva.

Les Roms ont souvent adopté la religion dominante du pays où ils se trouvaient, en gardant toutefois leur système spécial de croyances. La plupart des Roms sont catholiques, protestants, orthodoxes ou musulmans. Ceux qui se trouvent en Europe de l'Ouest ou aux États-Unis sont soit catholiques, soit protestants. En Amérique latine, beaucoup ont gardé leur religion européenne : la plupart sont orthodoxes. En Turquie, en Égypte et dans le sud des Balkans, ils sont souvent musulmans. Il n'existe pas de "religion rom", mais l'on observe chez les Roms à travers leurs différentes confessions, des survivances vivaces de croyances au surnaturel et d'interdits spécifiques, bien souvent dénigrés par les religions organisées.

Dans les Balkans, Georges de Lydda est commémoré le 6 mai lors de la fête que les Roms appellent Ederlezi qui marque le printemps.

Rites traditionnels[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs sous-groupes Roms, des repas traditionnels, connus notamment sous le nom de pomana, sont pratiqués plusieurs fois à des intervalles déterminés après un décès, dans l'intention d'apaiser les esprits des morts, appelés mulo, auxquels une place est réservée[138]. Cette tradition est partagée avec les aroumains[139], ainsi qu'avec les Roumains mais aussi d'autres populations balkaniques.

Mouvements et Églises évangéliques[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, un nombre croissant de Roms rejoint des mouvements évangéliques, et pour la première fois, des Roms s'engagent comme chefs religieux, en créant leurs propres églises et organisations missionnaires. Dans certains pays, la majorité des Roms appartiennent maintenant à des Églises rom. Ce changement imprévu à contribué grandement à l'amélioration de leur image dans la société. Le travail qu'ils font est perçu comme plus légitime, et ils ont commencé à obtenir des permis légaux pour exercer leurs activités commerciales.

Des églises roms évangéliques existent aujourd'hui dans chaque pays où les Roms se sont installés. Le « réveil spirituel » a eu lieu dès la fin des années 1950, en France d'abord, en Normandie, puis partout en Europe. Leur conversion s'est réalisée sous l'impulsion du pasteur missionnaire « gadjé » Clément Le Cossec à qui on attribue l'adhésion de plus de cinq cent mille tsiganes à travers l'Europe[1]. Il fut appelé « l'apôtre des Gitans » par le peuple Rom. Le mouvement est particulièrement fort en France et en Espagne (dans ce dernier pays, il y a plus d'un millier d'églises rom, appelées Filadelfia, dont déjà une centaine à Madrid). D'autres assemblées importantes et nombreuses existent à Los Angeles, Houston, Buenos Aires et Mexico. Quelques groupes de Roumanie et du Chili ont rejoint l'Église adventiste du septième jour.

L'association Vie et Lumière anime un rassemblement communautaire à Chaumont-Sémoutier, Damblain, à Nevoy et en Haute-Saône.

Islam[modifier | modifier le code]

Dans les Balkans, les Roms de l'ex-République yougoslave de Macédoine et du Kosovo ont été particulièrement actifs dans les fraternités mystiques soufies. Les immigrants roms musulmans vers l'Europe de l'Ouest et vers les États-Unis ont apporté ces traditions avec eux.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Porte-cierges et Statue de Sainte Sara dans la crypte de l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer, octobre 2006

Sous l'Ancien Régime, des Tsiganes font des pèlerinages au Mont Saint-Michel et à Alise-Sainte-Reine[140].

L'origine du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue, qui est l'occasion d'un grand rassemblement annuel, pieux et festif, n'est pas connue précisément. Un des premiers récits faisant état de la participation des Gitans à la fête des Saintes-Maries-de-la-Mer est celui de Frédéric Mistral publié en 1906 :

« L'église était bondée de gens du Languedoc, de femmes du pays d'Arles, d'infirmes, de bohémiennes, tous les uns sur les autres. Ce sont d'ailleurs les bohémiens qui font brûler les plus gros cierges, mais exclusivement à l'autel de Sara qui, d'après leur croyance, serait de leur nation[141] »

Mais la date de 1855 où l'auteur situe le récit, n'est pas fiable[142]. L'édition de 1861 de Mireille comporte au chant XII les vers suivants :

« Dins la capello sousterrado
I'a Santo Saro, venerado
di brun Bóumian ; (...) »

L'auteur les traduit par « Dans la chapelle souterraine est Sainte Sara vénérée des bruns bohémiens[143] ». Une image de L'Illustration de 1852 montre une Bohémienne plaçant son enfant sur les châsses des Maries[144]. Le journal des curés des Saintes mentionne les Gitans dès 1861 et peu après 1900 y est inscrite la note suivante :

« Les Bohémiens sont déjà arrivés. Usant d'un droit très ancien qu'on leur a laissé d'occuper, sous le chœur de l'église, la crypte de sainte Sara, leur patronne légendaire, ils sont là accroupis au pied de son autel, têtes crépues, lèvres ardentes, maniant des chapelets, couvrant de leurs baisers la châsse de leur sainte, et suant à grosses gouttes au milieu des centaines de cierges qu'ils allument. (...) L'empressement qu'ils mettent à porter, toucher, baiser, faire baiser à leurs enfants, à la procession, la barque qui contient les statues des Saintes, se disputant les fleurs qui la parent, témoignent de leurs sentiments chrétiens[145]. »

La création en 1935 de la procession annuelle de Sara-la-noire, le 24 mai, qui s'ajoute à la procession, plus ancienne, des Maries, fixée au 25 mai, est le résultat d'une demande faite par le poète camarguais Folco de Baroncelli-Javon au nouvel archevêque d'Aix, Clément Roques, alors que l'ancien évêque Emmanuel Coste avait interdit aux Bohémiens en 1934, de porter la barque des Maries[146]. Les deux processions seront interdites durant la durée du régime de Vichy[147].

Le 26 septembre 1965, le pape Paul VI célèbre la messe lors d'un pèlerinage international gitan réunissant des milliers de pèlerins à Pomezia près de Rome[148],[149].

Le gitan espagnol Ceferino Giménez Malla est béatifié le 4 mai 1997 par Jean-Paul II[150].

La 54e édition du « pèlerinage des gitans et gens du voyage » à Lourdes rassemble 6000 personnes en août 2010[151].

Les orientations de la pastorale des Tsiganes sont définies par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, certains Roms de Hongrie se tournent vers le bouddhisme à l'image des intouchables d'Inde rejoignant le mouvement Ambedkar dans leur recherche de dignité et d'égalité[152],[153].

Croyances et connotations prophétiques[modifier | modifier le code]

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Même lorsque les Tsiganes rejoignent au fil des siècles telle ou telle religion, ils n'oublient pas leurs origines. Celles-ci remontent très loin dans le passé et la mythologie, et ce qui est parfois devenu ailleurs folklore ou superstition, demeure souvent chez eux une croyance véritable. La principale, fréquente chez les peuples ayant souffert de rejets et de déportations, est l'espérance d'être un jour tous réunis. Cette espérance prend, dans les croyances, un tour prophétique : au rassemblement ultime sur un lieu d'origine mythique est associée la fin du monde actuel, d'où doit ressortir un monde meilleur.

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Bertrand-Duval, d'Alex Métayer.
  • La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue, janvier 2011.
  • Just the wind, 12 juin 2013, (1 h 38 min), réalisé par Bence Fliegauf (Hongrie), titre original Csàk a szél

Auteurs roms[modifier | modifier le code]

Le Néerlandais Jan Yoors (1922-1977) a apporté un témoignage non-fictionnel dans Tsiganes sur la route avec les Roms Lovara (Éd. Phébus libretto).

Luminița Cioabă (1957- ) est une auteur roumaine de langue romani et de langue roumaine.

Rajko Djuric [Đurić] (1947-) est l’auteur de plusieurs romans et poèmes dont Sans maisons, sans tombe - Bi kheresqo bi limoresqo (recueil de poèmes, Paris, L'Harmattan, s.d.), Les rêves de Jésus Christ (Montpellier, N&B, 1996) et Malheur à qui survivra au récit de notre mort (Buzet-sur-Tarn, N&B, 2003).

Mateo Maximoff (1917-1999) a écrit La Septième Fille (Romainville, 1982), La poupée de Maméliga (Romainville, 1986), Les Ursitori (Romainville, 1988) et Le prix de la liberté (Port-de-Bouc, Wallada, 1996).

Anina Ciuciu (1990- )est une auteure française d'origine roumaine.

Esméralda Romanez (1949- France) est l'auteure de Les Chemins de l'arc-en-ciel (édition wallada) et De coups de cœur en coups de gueule (édition Lacours à Nîmes).

Spectacle et musique[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : Musique tzigane.
Jeune rom au tambourin versant du vin, Guillaume Bodinier, Musée d'Angers

Les Roms sont connus pour être d'excellents musiciens et danseurs. En Espagne, ils ont influencé le flamenco et ils sont devenus les protagonistes de ce genre. Dans la plupart des pays d'Europe centrale et orientale (Hongrie, Bulgarie, Serbie, l'ex-République yougoslave de Macédoine, Roumanie, République tchèque, Slovaquie…), les musiciens tziganes ont été très recherchés pour les mariages, funérailles, etc. En Roumanie on les appelle lăutari, en République tchèque et Slovaquie lavutari.

En France, leurs talents d'amuseurs publics et de dresseurs de chevaux ont généré des familles du cirque célèbres, comme les Bouglione ou les Zavatta.

Le théâtre était également une activité artistique traditionnelle de la population Tsigane. Aujourd'hui, il n'est plus guère représenté que par le Djungalo Teatro, l'un des très rares théâtres de tradition tsigane en Europe.

Le pianiste Georges Cziffra a marqué l'histoire du piano par sa grande virtuosité, son répertoire extrêmement varié et ses dons d'improvisateur.

Le guitariste Django Reinhardt, quant à lui, influencera durablement le jazz en y mêlant la musique tzigane. Gus Viseur et Tony Murena, compositeurs de célèbres valses-musette, ont joué et ont été influencés par des musiciens manouches.

Le guitariste Andalou de Huelva Niño Miguel considéré comme le plus grand guitariste flamenco de tous les temps par Paco de Lucía, malgré une carrière écourtée. "Je serais un des meilleurs guitariste de ma génération, mais Miguel il est "différent", il est la musique à l'état pur" (citations de Paco de Lucía). À noter également le maître Ramon Montoya Salazar et Agustin Castellon Campos "Sabicas".

Le guitariste Manitas de Plata, né en 1921 dans le Sud de la France, vendra plus de 93 millions d'album, contribuant ainsi à la diffusion de la musique flamenco et devenant un des artistes français les plus connus au monde.

Économie[modifier | modifier le code]

D'après une enquête publiée en 2007 par l'European Roma Right Center sur l'exclusion des Roms du marché de l'emploi en Bulgarie, République tchèque, Hongrie, Roumanie, et Slovaquie, 35 % d'entre eux se définissent comme des ouvriers non-qualifiés, 27 % comme des ouvriers qualifiés, 18 % déclarent travailler dans le nettoyage. Seuls 2 % des Roms ont une profession libérale ou sont cadres[155]. 61 % des Roms interrogés lors de l'enquête étaient sans emploi[156].

Représentations des Roms dans les arts[modifier | modifier le code]

Représentations fictionnelles des Roms[modifier | modifier le code]

Gustave Brion, Une larme pour une goutte d'eau, 1877, illustration représentant Esméralda « l'Égyptienne », prenant pitié de Quasimodo

Des fictions célèbres ont contribué à modeler la représentation du monde rom dans l'imaginaire collectif, comme Esméralda dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo ou Carmen de l'opéra Carmen de Georges Bizet.

Mentionnons aussi : La Petite Gitane de Miguel de Cervantes, Noces de sang de Federico García Lorca, La Lyre d'Orphée de Robertson Davies, dont les personnages principaux perpétuent jusqu'à ce jour au Canada et ailleurs les traditions tziganes, comme le soin et la réparation des instruments de musique. Mulengro, roman de l'auteur canadien de fiction contemporaine Charles de Lint, présente un portrait du Rom et de ses mythes culturels.

Citons également : The Experiment, roman de Stephen (Barbara) Kyle qui trace le portrait d'une Rom américaine, sœur d'une victime de l'expérimentation nazie, Fires in the Dark de Louise Doughty, fiction relatant une expérience rom en Europe centrale durant la Seconde Guerre mondiale, Zoli de Colum McCann, roman retraçant la destinée mouvementée d'une Rom en Europe des années 1930 à nos jours, et le roman de Gaston Leroux, Rouletabille chez les Bohémiens[157]. Dans la bande dessinée Les Bijoux de la Castafiore, en 1963, Hergé met en scène des tsiganes obligés par la police de camper dans un endroit insalubre, et victimes des préjugés ambiants auxquels ne cèdent pas Tintin et le capitaine Haddock qui les invitent dans le parc du château de Moulinsart.

La Bohème est un thème littéraire et artistique dérivé des divers stéréotypes sur les Bohémiens.

Dans la musique classique[modifier | modifier le code]

Dans la chanson[modifier | modifier le code]

Parmi les œuvres de littérature populaire française contribuant à transmettre des stéréotypes sur le monde rom, on peut citer les chansons. En effet, depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, la chanson évoque souvent le thème du tzigane (homme ou femme), sous diverses nominations : gitan, manouche, bohémien, tzigane ou tsigane. Les mêmes stéréotypes que dans le roman ou l'opéra sont utilisés[158].

Représentations dans les arts graphiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b entretien avec Clément Le Cossec réalisé par Farid Djilani-Sergy pour la radio suisse Radio Réveil
  2. Dans cet article est utilisée la graphie Rom avec un seul R plutôt qu'avec deux, même si les deux phonèmes sont distincts dans certains parlers romani, car elle est utilisée dans plusieurs publications universitaires (voir les titres dans la bibliographie ci-après), ainsi qu'un dictionnaire et une encyclopédie francophones : « rom - Qui appartient à l'un des trois groupes dont l'ensemble forme les Tsiganes. », sur larousse.fr (consulté le 22 novembre 2013) et Encyclopædia Universalis, consultés le 7 octobre 2010).
  3. Article Rom, site Encyclopædia Universalis
  4. étant une langue indo-européenne, tout comme le français et la majeure partie des langues parlées en Europe
  5. Bordigoni 2007, p. 17
  6. Henriette Asséo, « On les appelait « Tsiganes » », l'Histoire, no 357, octobre 2010, p. 21
  7. Michel Foucher, « Les minorités en Europe centrale et orientale », Éditions du Conseil de l'Europe, 1994, cité par Jean-Pierre Liégeois, « Les Roms au cœur de l'Europe », le Courrier des pays de l'Est 6/2005 (no 1052), p. 19-29.
  8. Le Spectateur Belge, Volume 21, 1823
  9. L'appellation administrative française gens du voyage ne désigne pas les Roms : on peut parfaitement être Rom et sédentaire (la grande majorité des Roms est sédentaire au XXIe siècle), de même qu'une grande partie des gens du voyage ne sont pas Roms.
  10. Jean-Pierre Liégeois, « Naissance du pouvoir tzigane », dans Revue française de sociologie, 1975, 16-3, p. 306-307.
  11. Tabin, J.-P., Knüsel, R. & Ansermet, C. (2014). Lutter contre les pauvres. Les politiques face à la mendicité dans le canton de Vaud. Lausanne : Éditions d'En bas.
  12. http://pagesperso-orange.fr/compilhistoire/Rom.htm#34 Associations, congrès et reconnaissance internationale
  13. a et b Bordigoni 2007, p. 121
  14. « Roma » dans l'article original de The Economist en anglais
  15. « Sintis, Romunglo, Beas, Gitanes, Manu, etc. » dans l'article original de The Economist en anglais
  16. « rom - Qui appartient à l'un des trois groupes dont l'ensemble forme les Tsiganes. », sur larousse.fr (consulté le 22 novembre 2013)
  17. Claire Pedotti et Mickaël Guet, Contribution au glossaire sur les Roms, Conseil de l'Europe, dernière mise à jour : 11 septembre 2008, consulté le 14 octobre 2010. Une version de ce document est présente en annexe de Liégeois 2007, p. 295-311. Il existe aussi une version anglophone sur le site de l'OSCE (dernière mise à jour 11 décembre 2006) : « The Roma are – with the Sinti and Kale – one of the three main branches of the Roma (generic term), (…) ».
  18. Régis Blanchet, « Un peuple-mémoire les Roms », éd. du Prieuré, ISBN 2-909672-81-6, p. 84-85, et « Derivation from the God Rama is unlikely » dans Donald Kenrick The Romani world : a historical dictionary of the the gypsies, University of Hertfordshire Press, 2004, Google Books
  19. a et b Ian Hancock, Dileep Karanth, « Danger! Educated Gypsy », University of Hertfordshire Press, 2010, (ISBN 1902806999), p. 99-101
  20. « romanichel » dans le Trésor de la langue française informatisé, étymologie de « romani » dans le Trésor de la langue française informatisé, « čel » dans le dictionnaire Romlex sinte-français « romani » dans le dictionnaire Romlex sinte-français (université de Graz), sites consultés le 13 octobre 2010.
  21. Le Nouveau Petit Robert, texte remanié et amplifié sous la direction de Josette Rey-Debove et Alain Rey, Paris, 1994, (ISBN 2850362905), p. 1346.
  22. a et b Joseph Valet, « Vocabulaire des Manouches d'Auvergne » cité par Patrick Williams, « Nous, on n'en parle pas : les vivants et les morts chez les Manouches », Maison des Sciences de l'homme, 1993, p. 47.
  23. Jean-Pierre Liégeois, « Mutation tsigane : la révolution bohémienne », Éditions Complexe, 1976, p. 16.
  24. Bordigoni 2007, p. 18
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  26. Yvan Amar, « Manouche », sur RFI,‎ 22 janvier 2010 (consulté le 2 octobre 2010).
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  29. Catherine Clément, Cultures de soi, cultures des autres, France Culture, 29 septembre 2010.
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  32. Grégoire Fleurot, « Que veulent dire les mots Roms, Tsiganes et Gens du voyage ? » www.slate.fr, 28 juillet 2010, consulté le 4 octobre 2010
  33. Hérodote, Histoires, V, 9.
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  36. Première attestation en 1467 selon le Trésor de la langue française informatisé
  37. Servant 2008, p. 174
  38. a et b Liégeois 2007, p. 19
  39. a et b Battaglia et Asséo 2010
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  44. Laboratory of Molecular Genetics, Western Australian Institute for Medical Research and UWA Centre for Medical Research (Université d'Australie-Occidentale), « Mutation history of the roma/gypsies »,‎ 20 août 2004 (consulté le 6 novembre 2008)
  45. a, b et c Voir http://www.ethnologue.com/show_family.asp?subid=92037 dans ethnologue.com
  46. Sailendrda Nath Sen, Ancient Indian History and Civilization p. 205 à 207 et R. C. Majumdar et A. D. Pusalker (dir.): An Advanced History of India, MacMillan, 1967.
  47. Stéphane Zweguintzow, « Les Roma de l'ex-URSS », in Échos de Russie et de l'Est, Éd. B. de Saisset, 1994
  48. Voir par exemple le film Latcho Drom de Tony Gatlif pour voir l'évolution géographique des peuples romané au cours du temps.
  49. Régis Blanchet, Un peuple-mémoire les Roms, éd. du Prieuré, (ISBN 2909672816), p. 71-74.
  50. Fr de Vaux de Foletier dans Monde Gitan - Numéro spécial : Les Tsiganes
  51. http://mayvon.chez-alice.fr/ Lettre de Sigismond 17 avril 1423 au Château de Spiš.
  52. a, b, c, d, e et f Régis Blanchet, Un peuple-mémoire les Roms, éd. du Prieuré, (ISBN 2909672816), p. 75-76.
  53. « Journal d'un Bourgeois de Paris » dans Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat « Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France », tome troisième « Mémoires sur Jeanne d'Arc et Charles VII », Paris, chez l’éditeur du Commentaire analytique du Code civil, 1837, p. 248-249
  54. Stéphane Zweguintzow, « Les Roms dans la C.E.I. », Échos de Russie, no 24, jan.-février 1995, p. 16, (ISSN 1250-8659)
  55. Régis Blanchet, Un peuple-mémoire les Roms, éd. du Prieuré, (ISBN 2909672816), p. 198.
  56. Régis Blanchet, Un peuple-mémoire les Roms, éd. du Prieuré, (ISBN 2909672816), p. 77.
  57. Georges Castellan, Histoire du Peuple roumain, Crozon, Éditions Armeline, 2002. ISBN 2-910878-19-8 et Neagu Djuvara : Les pays roumains entre orient et occident P.U.F., Paris, 1989.
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  59. Jean-Pierre Liégeois, Rom en Europe, Conseil de l'Europe, 2007, p. 109-110
  60. Le mythe des Bohémiens dans la littérature et les arts en Europe, dir. Sarga Moussa, éd. L'Harmattan 2008, (ISBN 9782296052796)
  61. Emmanuel Filhol, « La France contre ses Tsiganes », La Vie des idées, (ISSN 2105-3030), 7 juillet 2010.
  62. a et b Adolphe Mazure, Histoire du Béarn et du Pays basque, Vignancourt, 1839, p. 426
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  64. Alphonse Charles Hyacinthe Lespinasse, Les bohémiens du Pays basque : discours prononcé à l'audience solennelle de rentrée le 3 novembre 1863, É. Vignancourt, Pau, 1863, p. 21-22.
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  66. André Tiano, Les pratiques publiques d'exclusion depuis la Révolution française : la fin des exclusions est proche, L'Harmattan,‎ 1999 (ISBN 2738475051), p. 76.
  67. Reyniers 2003
  68. Alain Reyniers « « Pérégrination des Manouches en France au XIXe siècle », Études Tsiganes, (ISSN 0014-2247), no 26, p. 9-17
  69. Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, Univers, Bucarest 2002 et Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard, Paris, 1995. ISBN 2-213-59425-2.
  70. Marcel Waline, « Les Bohémiens, un problème de sécurité publique », Revue de criminologie et de police technique, octobre-décembre 1950, vol. IV, p. 264, cité par Aubin 2008, p. 109 et Bordigoni 2007, p. 33
  71. Drobenko 2005, p. 130 met cependant en garde contre « la doctrine dominante interprêtant, à tort, à partir d'une interprétation extra-contextuelle d'une phrase de son étude, que Waline dénonçait la loi de 1912 »
  72. Loi no 69-3 du 3 janvier 1969 relative à l'exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe. Version consolidée au 6 août 2008.
  73. Eugénisme en Europe dans l’entre-deux-guerres - Chasse aux Tsiganes en Suisse. Le Monde diplomatique.
  74. Eva Justin anthropologue allemande et adepte des théories raciales nazies, par sa connaissance de la langue Rom s'est introduite dans leur communauté pour faire des mesures anthropométriques notamment crâno-faciales
  75. Denis Peschanski, La France des camps, l'internement 1938-1946, Gallimard, 2002, p. 379
  76. Voir aussi le commentaire d'Yves Brès sur le site d'Arno Gisinger
  77. Ralph Schor, « Emmanuel Filhol, Un camp de concentration français. Les Tsiganes alsaciens-lorrains à Crest, 1915-1919 », Revue européenne des migrations internationales, vol. 22 - no 1 | 2006, [en ligne], mis en ligne le 27 novembre 2008. Adresse Web : http://remi.revues.org/index4080.html. Consulté le 24 septembre 2010.
  78. Archives départementales d'Indre-et-Loire, 4 M 221 : Correspondance entre le préfet et le chef d’escadron de gendarmerie, 16 septembre 1939. cité par Hubert 1999b, p. 29
  79. Hubert 1999b, p. 29
  80. L’internementen France 1940-1946
  81. Hubert 1999a, p. 66
  82. Denis Peschanki, La France des Camps, l'internement 1938-1946, Gallimard, 2002, (ISBN 2070731383) p. 192-195
  83. Denis Peschanski, Les Tsiganes en France, 1939-1946, Ed. du CNRS, 1994, p. 38
  84. Pecshanski, 2002, p. 196
  85. Hubert 1999a, p. 76-77
  86. « 6000 à 6500 personnes » : Filhol et Hubert 2009, p. 349
  87. Le secrétaire d'État à la défense et aux Anciens-Combattants Hubert Falco évoque un chiffre de 6 000 internés tsiganes : Cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux « Justes de France », 18 juillet 2010, mis à jour le 20 juillet 2010, consulté le 29 septembre 2010.
  88. Hubert 1999b, p. 49
  89. Voir par exemple les soucis exprimés dans le rapport du 25 juin 1941 du capitaine Picot, commandant la section de gendarmerie de Dole sur le camp de la Chaux, sur le site internet d'Alain Gagneux
  90. (Hubert 1999a, p. 70) évoque la nature précaire (« precarious nature ») des camps constitués en octobre-novembre 1940.
  91. texte intégral sur le site d'Alain Gagnieux
  92. Sigot 2009, p. 13
  93. Sigot 2009, p. 14
  94. Sigot 2009, p. 19
  95. Alain Gagnieux, « Des nomades internés à Arc-et-Senans (1941-1943) », synthèse provisoire en attendant un livre à paraître en 2010, Dernière mise à jour : 12 janvier 2010, consulté le 1er octobre 2010.
  96. Archives de Loire-Atlantique 43 W 145, cité par Collectif, Telles furent nos jeunes années : Le Pays castelbriantais sous l'occupation, Chateaubriant, La Mée socialiste, coll. « Les dossiers de la Mée »,‎ septembre 2009, 2e éd. (1re éd. 2003), 304 p. (présentation en ligne, lire en ligne), p. 24
  97. Scan du Rapport sur le camp des nomades de Moisdon-La-Rivière par l'assistante sociale principale, Nantes, 8 décembre 1941.
  98. Lettre des instituteurs du camp de Mulsanne du 23 mai 1942 citée par Sigot 2009, p. 22
  99. a et b Hubert 1999a, p. 81-82
  100. Filhol 2007, p. 6
  101. témoignage de Jean Henrique paru le 27 avril 1995 dans le quotidien Centre-Presse, cité par Jacques Sigot dans Les déportés du camp de Poitiers, www.memoires-tsiganes1939-1946.fr consulté le 3 octobre 2010
  102. Hubert 1999a, p. 86-87
  103. Jacques Sigot Toloche et les Tsiganes du convoi de Malines (Belgique) consulté le 3 octobre 2010.
  104. Hubert 1999a, p. 87
  105. Ligue des Droits de l'Homme de Toulon - Jargeau, camp d’internement de Tsiganes et autres parias
  106. Marie-Christine Hubert, « Chronologie camp par camp » sur http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr site du projet « Une mémoire française : les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946 », avril-décembre 2010.
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  108. a et b Lieux d'internement et plaques de commémoration sur www.memoires-tsiganes1939-1946.fr consulté le 28 septembre 2010
  109. Nicolas de la Casiniere, « A Montreuil-Bellay, un camp tsigane tombé dans l'oubli », Libération, 26 avril 2004
  110. Un ancien camp d'internement de Tsiganes inscrit comme monument historique, brève, France-Soir, 2 août 2010, consulté le 28 septembre 2010
  111. centre-resistance Centre de la résistance et de la déportation du Pays d'Arles consulté le 13 octobre 2010
  112. Filhol et Hubert 2009, p. 342
  113. Ania Marchand, « Holocauste oublié, histoire oubliée : quelle reconnaissance pour les Tsiganes en Europe ? » dans Ewa Bogalska-Martin « Victimes du présent, victimes du passé: vers la sociologie des victimes », L'Harmattan, 2004, (ISBN 2747574903), p.219
  114. Problèmes relatifs aux droits de l'homme des Roms et mesures de protection en leur faveur, Document de travail établi par M. Y.K.J. Yeung Sik Yuen conformément à la décision 1999/109 de la Sous-Commission, 23 juin 2000, traduction française de l'original en anglais, consulté le 12 octobre 2010
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  116. * (en) Texte complet
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  118. [2], in lefigaro.fr, 05/03/2009.
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  123. http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Presentation/Les-Roms-en-France.
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  132. « Journée internationale des Roms: tout reste à faire », sur RFI,‎ 8 avril 2012
  133. a et b Bernard Gorce, gens du voyage, deux réalités différentes, La Croix, 22 juillet 2010 : « L'interdiction de statistiques ethniques empêche de donner un chiffre précis des Roms français, mais on cite souvent le nombre de 350 000 personnes. Pour les gens du voyage, l'administration recensait 160 000 titres de circulation en 2006, délivrés aux personnes âgées de 16 à 80 ans ».
  134. a et b Chiffre maximum selon Vincent Nara Ritz, représentant de l’association tsigane Regards (cité par le Centre Européen pour les Droits des Roms, Hors d'ici! Anti-tsiganisme en France, Série des rapports pays, N° 15, novembre 2005, ISBN 963 86955 1 X, p.47, §2 : « Le nombre de personnes ayant des documents de circulation doit être multiplié au moins par trois, si on s’appuie sur une estimation très conservatrice du nombre moyen d’enfants par famille. Ce qui ferait un total d’environ 600 000. Ensuite, vous devez ajouter ces personnes qui voyagent sans documents de circulation (étant donné qu’ils ont une carte d’identité) et ces personnes qui sont d’origine tsigane mais n’ont pas un mode de vie nomade. Ces groupes totalisent au moins autant de gens que ceux ayant des documents de circulation, ce qui porte le total au moins à 1 200 000 ou 1 300 000. »).
  135. Nombre de Roms vivant dans des bidonvilles en 2012 selon le Ministère de l'Intérieur (cité par l'article d'Angela Bolis et Jules Bonnard « Où en est-on de l'hébergement des Roms en France ? », publié dans Le Monde, le 15 mai 2013).
  136. http://www.nchr.gr/category.php?category_id=99
  137. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/tsiganes.htm voir caló-tsigane
  138. Pomona, Rombase, Université de Graz, 2004
  139. Marijana Petrovic, « La pomana à Valakonje. Un rite de passage dans l’au-delà chez les Valaques de Serbie, dans Étapes de la vie et tradition orale » in Véronique de Colombel et Micheline Lebarbier (dir.), « Conceptions universelles et expressions particulières », Peeters, 2008, p. 195-220.
  140. Vital Chomel, « François de Vaux de Foletier, Les tsiganes dans l'ancienne France », Annales: Économie, société, civilisation, Vol.20, no 3, 1965, p. 628-629.
  141. Frédéric Mistral, Mes Origines : Mémoire et Récits, Plon, 1906, p.227 cité par Alquier et al. 1991, p. 78
  142. Bordigoni 2004, p. 16
  143. Frédéric Mistral, « Mirèio, pouèmo prouvençau : Mireille poème provençal », Paris : Charpentier, Avignon : Roumanille, 1859, p. 438-439
  144. Bordigoni 2004, p. 13
  145. Alquier et al. 1991, p. 78-79 ; la deuxième phrase (« Usant (...) allument. ») est citée aussi par Bordigoni 2004, p. 14 à partir de l'ouvrage du Chanoine Lamoureux Les Saintes-Maries de Provence, leur vie et leur culte, Marseille : Moulot et fils, 1909, p.229-230
  146. Pierre Causse, « Les Saintes-Maries-de-la-Mer », La Roulotte, Aumônerie nationale des Gitans et gens du voyage, no 149, avril 1999.
  147. Agnès Verlet, « La déportation des Gitans en camargue : un exil retourné ? », dans Wolfgang Asholt, Georges-Arthur Goldschmidt, Dans le dehors du monde : Exils d'écrivains et d'artistes au XXe siècle, Presses Sorbonne Nouvelle,‎ 2010 (ISBN 2878544781), p. 204
  148. Omelia del Santo Padre al Campo Internazionale degli Zingari, Pomezia, 26 settembre 1965
  149. René Baudry « Tsiganes dans l’Ancienne France et au Canada », Revue d'histoire de l'Amérique française, Volume 21, numéro 2, septembre 1967, p. 330
  150. Homily of Pope John Paul II, Sunday, 4 May 1997
  151. « La procession des cierges, temps fort du pèlerinage gitan à Lourdes », Le Point, 22 août 2010.
  152. http://lemondenetournepasrom.com/?portfolios=janos
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  154. Dzelem
  155. « Exclusion of Roma from Employment », THE GLASS BOX,‎ 2007, p. 25 (lire en ligne)
  156. « Exclusion of Roma from Employment », THE GLASS BOX,‎ 2007, p. 31 (lire en ligne)
  157. Gaston Leroux, "Rouletabille chez les Bohémiens", paru originellement en feuilleton en 1922 dans Le Matin et publié (entre autres) en 1988 aux éditions Robert Laffont dans la collection «Bouquins» (p. 229-487, tome 2 des Aventures extraordinaires de Rouletabille, reporter).
  158. Voir l'article d'Éliane Daphy, ethnologue, « Bohémienne aux grands yeux noirs… Essai sur le personnage tzigane dans la chanson », in Études tsiganes nlle série vol. 9 (Les Tsiganes de la littérature, La littérature des Tsiganes, Patrick Williams et Evelyne Pommerat eds.), p. 113- 128 (5 ill.) disponible en archives ouvertes sur Hal-SHS

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources utilisées pour la rédaction de l'article[modifier | modifier le code]

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  • Alain Reyniers, « Tsiganes et Voyageurs : Identité, rapport au voyage, économie, éducation et rapport à l'école dans le contexte de la société contemporaine », www.ac-nancy-metz.fr, Metz, Centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage,‎ 12 février 2003 (lire en ligne)
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  • Marc Bordigoni, « Sara aux Saintes-Maries-de-la-Mer », Études tsiganes, no 20,‎ 4e trimestre 2004, p. 12-34 (ISSN 0014-2247, lire en ligne)
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  • Bernard Drobenko, Territoires et minorités: La situation des gens du voyage, Presses Universitaires de Limoges,‎ 2005 (ISBN 2842873343)
  • Jean-Pierre Liégeois, Roms en Europe, Council of Europe,‎ 2007, 3e éd. (ISBN 9287160503)
  • Emmanuel Filhol, « L'indifférence collective au sort des Tsiganes internés dans les camps français, 1940-1946 », Guerres mondiales et conflits contemporains. Revue d’Histoire, no 266,‎ Février-Avril 2007, p. 69-82 (lire en ligne)
  • Marc Bordigoni, Les Gitans, Le Cavalier Bleu,‎ 2007 (ISBN 2846701601)
  • Emmanuel Aubin, La commune et les gens du voyage, Berger Levrault,‎ 2008 (ISBN 2701316014, lire en ligne)
  • Catherine Servant, « Représentations des Tsiganes dans l'histoire et la littérature tchèques du XIXe siècle », dans Sarga Moussa, Le mythe des Bohémiens dans la littérature et les arts en Europe, L'Harmattan,‎ 2008 (ISBN 2296052797), p. 157-189
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  • Emmanuel Filhol et Marie-Christine Hubert, Les Tsiganes en France : un sort à part, 1939-1946, Perrin,‎ 2009
  • Mattea Battaglia et Henriette Asséo, « Le nomadisme sans frontière est un mythe politique, selon l'historienne Henriette Asséo », Le Monde Magazine,‎ 4 septembre 2010 (lire en ligne)

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

(Bibliographie trop longue : la liste ne peut être exhaustive, il faut choisir seulement quelques ouvrages phares)

En français[modifier | modifier le code]

1939-1989[modifier | modifier le code]
  • René Grousset, L'Empire des Steppes, Paris, Payot, 1939
  • Jules Bloch, Les Tsiganes, PUF, 1953
  • François de Vaux de Foletier, Mille ans d’histoire des tsiganes, Fayard, 1970
  • Alain Reyniers, Internement : des lieux de mémoire, Études tsiganes, 1999
  • Jean-Claude Clébert, Tsiganes, Tchou, 1976
  • Pierre Derlon, Je vis la loi des Gitans, Seghers, 1977
  • Giuseppe Levakovich, Tzigari, vie d’un Bohémien, Hachette, 1977
  • Bart McDowell, Les Tsiganes éternels voyageurs du monde, Flammarion, 1979
  • Bertrand Sollet, Tsiganes, gitans, manouches ?, La Farandole, 1982
  • Pierre Cordelier, Les Gitans, Ouest-France, 1983
  • SIGOT J., Un camp pour les Tsiganes... et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, Éditions Wallada, Bordeaux, 1983 (édition revue et enrichie publiée en 1994, sous le titre Ces barbelés oubliés par l’histoire. Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, Wallada Cheminements, 1994).
  • Alain Reyniers, Internement : des lieux de mémoire, Études tsiganes, 1999
  • Jean-Paul Roux, Histoires des Turcs, Paris, Fayard, 1984
  • P. Williams, Mariage tsigane, Une cérémonie de fiançailles chez les Roms de Paris, L’Harmattan-Selaf, Paris, 1984
  • L. Piasere, Mare Roma, Catégories humaines et structure sociale, Une contribution à l’ethnologie tsigane, thèse de doctorat publiée par Études et documents balkaniques et méditerranéens, vol. 8, Paris, 1985.
  • FB. Formoso, Tsiganes et Sédentaires, la reproduction culturelle d’une société, L’Harmattan, Paris, 1986.
  • Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Paris, Robert Laffont, 1987
  • Louis Frédéric, L'Inde de l'Islâm, Paris, Arthaud, 1989
1990-1999[modifier | modifier le code]
  • Alice Becker-Ho, Les Princes du jargon, éditions Gérard Lebovici, 1990
  • Jan Yoors, Tsiganes, Phébus, 1990
  • Alain Reyniers, La roue et la pierre. Contribution anthropologique à la connaissance de la production sociale et économique des Tsiganes, thèse de doctorat, Université de Paris V, Paris, 1992
  • P. Williams, “Nous on n’en parle pas”, Les vivants et les morts chez les Manouches, Éditions de la MSH, Paris, 1993
  • Denis Peschanski et Marie-Christine Hubert, Les Tsiganes en France, 1939-1946, CNRS éditions,‎ 1994 (ISBN 2271052440)
  • Henriette Asséo, Les Tsiganes, une destinée européenne, Découvertes Gallimard, Histoire, no 218, 1994
  • Jan Yoors, Tsiganes : sur la route avec les Roms Lovari, Payot, 1995
  • Donald Kenrick, De l'Inde à la Méditerranée, Toulouse, Collection Interface no 3, 1994
  • Jean-Pierre Liégeois (fondateur du Centre de Recherches Tsiganes de l'université Paris 5)
    • Tsiganes, Éditions Maspero/La Découverte, Petite Collection Maspero, 1983, 380 p.
    • Roms et Tsiganes, Édition La découverte, coll. Repère.
  • Emmanuel Filhol et de Marie-Christine Hubert, Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946), Perrin, 2009
  • Dossier coordonné par Anne-Claude Ambroise-Rendu, Claire Blandin et Hélène Eck, Figures bohémiennes et fiction, l’âge des possibles 1770-1920, dans la revue Le Temps des médias, Nouveau Monde éditions, no 14, Printemps 2010.
  • Lucien Clergue, Les gitans, introduction de Tony Gatlif, Collection « Pour mémoire », Marval, 1996 (ISBN 9782862341972).
  • Caterina Pasqualino, Femmes tsiganes, Études tsiganes, 1997.
  • Patrick Williams, 1997, « L’écriture entre l’oral et l’écrit : Six scènes de la vie tsigane en France », in Par écrit. Ethnologie des écritures quotidiennes, Textes réunis par Martin de La Soudière et Claudie Voisenat, Paris, Maison des sciences de l’homme - Mission du patrimoine ethnologique : 59-78. Sur HAL-SHS, Archives ouvertes en sciences de l'homme et de la société CNRS. Voir les: « articles de Patrick Williams en accès libre » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-14.
  • Ion Cepleanu, Rroms : qui sont-ils ?, Dacia, Aulnay, 1998.
  • Lala Kuznetzova, Tsiganes, vagabonds des steppes, La Martinière, 1998.
  • François Coupry, Les Gitans, Milan, 1999.
2000-2005[modifier | modifier le code]
  • Claire Auzias, Samudaripen, le génocide des tsiganes, L’esprit frappeur, 2000.
  • Alice Becker-Ho, Paroles de gitans, Albin Michel, 2000.
  • Hugues Moutouh, Les Tsiganes Flammarion, 2000
  • Mathieu Pernot et Marie-Christine Hubert, Un camp pour les Bohémiens : mémoires du camp pour nomades de Saliers, Actes Sud, 2001.
  • Claire Auzias, Les Funambules de l'Histoire. Les Tsiganes entre préhistoire et modernité, Éditions La digitale, 2002.
  • Garo Morgan, La langue rromani au cœur du processus d’affirmation de la nation rrom, Hérodote “ Langue et Territoire ” no 105, 2002.
  • Ph. Pichon, Voyage en Tsiganie. Enquête chez les nomades en France, éditions de Paris / Max Chaleil, Paris, 2002.
  • I. Rchalai, Secrets de gitans : carnets d'une drabarni, Trajectoire, 2002.
  • Isabel Fonseca, Enterrez-moi debout : l’odyssée des gitans, Albin Michel, 2003.
  • Claire Levy-Vroellant et Jérôme Segal, « les Roms de Montreuil et d'ailleurs - des immigrés européens particuliers », Les Temps Modernes, no 624, 58e année, mai-juillet 2003, p. 223-230 page 223, p. 224-25, p. 226-27, p. 228-29, page 230.
  • Günther Lewy, Les Persécutions par les nazis des tsiganes Les Belles Lettres, 2003.
  • Xavier Rothea, France, pays des droits des Rom ? Gitans, “Bohémiens”, “gens du voyage”, Tsiganes… face aux pouvoirs publics depuis le XIXe siècle, Carobella ex-natura, 2003 [infokiosques.net.
  • Emmanuel Filhol, La Mémoire et l’oubli : l’internement des tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2004.
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'Islam, PUF, 2004.
  • Garo Morgan, La langue rromani : des millions de locuteurs en Europe, Études tsiganes “ Langue et culture 2 ”, no 22, 2005.
  • Garo Morgan, D'expulsions en expulsions. Des Rroms dans l'étau franco-roumain in Politiques migratoires. Grandes et petites manœuvres, Carobella ex-natura, 2005.
  • Garo Morgan, Les Rroms et les organisations évangéliques : entre culte religieux et stratégie “ politique ” ?, Hérodote “ Les Évangéliques à l’assaut du monde ” no 119, 2005.
2006-2010[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Okely, J., The Travellers-Gypsies, CUP, Cambridge, 1983.
  • Elena Marushiakova & Vesselin Popov. Gypsies (Roma) in Bulgaria. Frankfurt am Main: Peter Lang, 1997.
  • Stewart, M., The time of the Gypsies, Westview Press, Oxford, 1997.

En italien[modifier | modifier le code]

  • L. Piasere, I rom d’Europa, GLF, Editori Laterza, Roma, 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]