Eugène Frot

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Eugène Frot
Eugène Frot, député du Loiret (1932)
Eugène Frot, député du Loiret (1932)
Fonctions
Parlementaire français
Député (1924-1940)
Gouvernement IIIe République
Groupe politique SFIO (1924-1936)
USR (1936-1940)
Biographie
Date de naissance 2 octobre 1893
Date de décès 10 avril 1983
Résidence Loiret

Eugène Frot est un homme politique français né le 2 octobre 1893 à Montargis dans le Loiret et décédé le 10 avril 1983 à Château-Landon en Seine-et-Marne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frot, Paul-Boncour et Chéron, en 1933 à la sortie de l'assemblée nationale.

Il se présente pour la première fois aux élections législatives de 1919 à l'âge de 26 ans en tête d'une liste de "concentration et rénovation républicaine". Il n'obtient que 8645 voix sur 78215 votants. Aucun des candidats de sa liste n'est élu.

En 1924, il est candidat sur la liste de rassemblement de la gauche qui remporte les 5 sièges du Loiret. Il rassemble alors 46916 voix sur son nom pour 86368 votants. Il s'oppose alors fortement à la politique du Bloc national mais également aux révolutionnaires communistes. À la chambre, il siège au sein du groupe socialiste.

En 1928, les élections ont lieu au scrutin d'arrondissement. Il se présente à Montargis où il réside et est réélu dès le 1er tour comme candidat de l'Union des gauches radicales et socialistes. Son mandat est renouvelé dans les mêmes conditions en 1932.

Il entame alors une brillante carrière ministérielle :

Dans ce dernier poste, il aura a gérer les violences de la manifestation du 6 février 1934. Il est accusé d'avoir donné l'ordre aux policier de tirer et même d'avoir organisé des provocations. On l'accuse après coup d'avoir été un « ministre de l'Intérieur aux mains sanglantes ». Il s'en défend mais voit sa carrière ministérielle brisée alors qu'on lui avait fait miroiter la présidence du Conseil[1].

Réélu une dernière fois aux législatives de 1936, il siège avec l'Union socialiste républicaine.

Le , il fait partie des 549 parlementaires à voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Sous l'occupation, il appartient à une amicale lavaliste regroupant socialistes indépendants et militants SFIO. Membre du Conseil national de Vichy, il en est écarté en novembre 1941[2]. Il élabore un projet de constitution conciliant pétainisme, tradition républicaine et réforme sociale.

En 1974, un procès en diffamation l'oppose à Jacques Duclos ancien dirigeant du Parti Communiste Français, ancien candidat de ce parti aux élections présidentielles de 1969, alors sénateur. Dans ses mémoires, Duclos avait laissé entendre que Frot (et Édouard Daladier, mort en 1970) avaient donné l'ordre de tirer sur la foule au soir du 6 février. Jacques Duclos se défendit en expliquant qu'il n'avait fait que refléter son état d'esprit quand il avait eu connaissance de la fusillade, et qu'il pensait à ce moment là - mais à tort - que cet ordre avait bien été donné par les intéressés. Il ajouta qu'il ne savait pas que Frot était encore vivant ! Duclos fut condamné, et mourut en 1975 soit huit ans avant Frot.

Annexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le 6 février 1934 à Montargis.
  2. Rémy Handourtzel et Cyril Buffet, La Collaboration... à gauche aussi, Paris, Perrin, 1989, p. 90, 133.