Victor Lefranc

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Victor Lefranc
Victor Lefranc, photo P.-L. Pierson
Victor Lefranc, photo P.-L. Pierson
Fonctions
Sénateur inamovible
21 mai 18811883
Député des Landes à l'Assemblée Nationale.
8 février 187125 juin 1877
Ministre de l'Intérieur
6 février 187230 novembre 1872
Gouvernement Jules Dufaure (1)
Prédécesseur Auguste Casimir-Perier
Successeur Eugène de Goulard
Ministre de l'Agriculture et du commerce
9 juin 18716 février 1872
Gouvernement Jules Dufaure (1)
Prédécesseur Félix Lambrecht
Successeur Eugène de Goulard
Député des Landes à l'Assemblée législative
13 mai 18492 décembre 1851
Député des Landes à l'Assemblée constituante
25 avril 184826 mai 1849
Biographie
Nom de naissance Bernard Edme Victor Etienne Lefranc
Date de naissance 3 février 1809
Lieu de naissance Garlin (Basses-Pyrénées)
Date de décès 12 septembre 1883
Lieu de décès Montsoué (Landes)
Nationalité Français
Parti politique Républicain modéré
Diplômé de Faculté de droit de Paris
Résidence Brans, Montsoué (Landes)

Bernard Edme Victor Etienne Lefranc, né à Garlin (Basses-Pyrénées) le 3 février 1809 et mort à Montsoué (Landes), près de Saint-Sever, le 12 septembre 1883, est un avocat et homme politique français.

Républicain modéré siégeant au centre gauche, opposant à Louis-Philippe puis au Second Empire, il devient sous la Troisième République ministre de l'Agriculture et du commerce, puis ministre de l'Intérieur du gouvernement Thiers.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Garlin dans le Béarn en 1809, Victor Lefranc est le fils de Bernard Justin Lefranc, secrétaire de préfecture, propriétaire du domaine de Brans, et de Françoise Romaine Victoire Batbedat. Il est aussi le petit-fils du littérateur gascon François Batbedat (1745-1806), et le neveu du député conventionnel girondin Jean-Baptiste Lefranc[1],[2].

Victor Lefranc commence ses études chez les religieux à Aire, puis va étudier le droit à Paris. Il est licencié en droit en 1831, s'inscrit comme avocat en 1834, puis revient la même année dans les Landes à Mont-de-Marsan, comme juge suppléant[3].

Élu républicain modéré, opposant aux monarchies[modifier | modifier le code]

Opposant au gouvernement de Louis-Philippe, il entre au conseil municipal de Mont-de-Marsan, manifeste ses idées démocratiques et prend la tête du parti libéral dans les Landes[1],[4].

Après la révolution de février 1848, il est nommé le 2 mars commissaire général du gouvernement provisoire dans les Landes, remplissant le rôle de préfet ; il est remplacé le 1er mai 1848, après son élection comme député[5].

Victor Lefranc, républicain modéré, est élu le 25 avril 1848 député à l'Assemblée constituante, par le département des Landes, le 1er sur 7. Il soutient la politique du général Cavaignac, et vote selon sa conscience, tantôt à droite, tantôt à gauche. Il vote contre les poursuites contre Louis Blanc, pour l'abolition de la peine de mort, contre le droit au travail[1].

Il est ensuite élu, toujours par les Landes, député à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849. Il combat alors assez timidement la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, prend plusieurs fois la parole et vote la plupart du temps avec la minorité démocratique. Il prend une place importante dans le parti républicain. Le coup d'État du 2 décembre 1851 interrompt sa vie publique[1],[4].

Il prend alors une place notable au barreau de Paris et devient membre du conseil de l'ordre des avocats. Il revient à la vie publique lorsque l'opposition libérale se manifeste contre l'empire. Candidat indépendant au Corps législatif, il échoue en 1863 et en 1869 dans les Landes face au candidat officiel du second Empire[1],[4].

Après la révolution du 4 septembre 1870, Victor Lefranc est nommé membre de la commission provisoire chargée de remplacer le Conseil d'État, mais il en démissionne dès le 27 septembre[1].

Il est ensuite élu le 8 février 1871 député des Landes à l'Assemblée nationale. Il y siège au centre gauche, et se fait remarquer par ses talents d'orateur, manifestant ses opinions républicaines à la fois fermes et modérées. Il est le rapporteur de la commission qui confie à Thiers le pouvoir exécutif. Puis comme rapporteur de la commission chargée de rouvrir les négociations pour la paix avec la Prusse, il s'efforce de faire accepter les conditions imposées par l'ennemi pour la paix. Il intervient aussi en faveur du maintien du suffrage universel, et à propos de la représentation des villes et des campagnes[1],[4].

Ministre[modifier | modifier le code]

Caricature de Victor Lefranc (Touchatout, Le Trombinoscope, 1872)

Victor Lefranc est nommé ministre de l'Agriculture et du commerce le 9 juin 1871, dans le 1er gouvernement Dufaure sous la présidence de Thiers. V. Lefranc négocie à Londres avec le ministère Gladstone la révision des traités de commerce bilatéraux, mais ne réussit pas à satisfaire toutes les espérances du gouvernement français. Il inaugure en septembre 1871 le tunnel du Mont-Cenis[1].

Victor Lefranc devient ministre de l'Intérieur le 6 février 1872. Il essaye sans succès de se concilier la droite, et pour cela se montre partisan du maintien de l'état de siège, et renforce la censure de la presse. Républicain convaincu, il est en même temps fervent catholique, remet en vigueur la loi de loi de 1814 sur l'obligation du repos dominical, et en impose le respect pour les commandes de l'État. Le 30 novembre 1872, la majorité monarchiste vote un ordre du jour contraire à la politique du ministère de l'Intérieur ; Victor Lefranc remet aussitôt sa démission, instaurant ainsi de fait la responsabilité ministérielle[1].

Sénateur inamovible[modifier | modifier le code]

V. Lefranc devenu sénateur inamovible, vu par Meissonier, 1881

Victor Lefranc reprend alors sa place dans l'Assemblée, au centre gauche, et se rapproche du parti républicain. Il vote contre la chute de Thiers, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon et pour les lois constitutionnelles. Il est élu de nouveau député, par la circonscription de Mont-de-Marsan le 20 février 1876. Il échoue ensuite à plusieurs élections législatives et sénatoriales, en 1877, 1878 et 1879. Il est élu sénateur inamovible le 21 mai 1881[1].

Par ailleurs il préside longtemps le Conseil général des Landes, et veille à y développer les chemins de fer. Il défend les intérêts agricoles, est membre de la société des agriculteurs de France et professeur à l'Institut national agronomique de 1880 à sa mort[2].

Il est mort à Saint-Sever, le 12 septembre 1883.

Vie de famille[modifier | modifier le code]

  • Victor Lefranc épouse à Bordeaux en 1842 Marie Therese (Mary) W. Mitchell, fille de l'industriel William P. Mitchell et d'Anne Armstrong, petite-fille de l'industriel bordelais François-Patrice Mitchell et descendante du verrier irlandais Pierre Mitchell. Ils ont cinq enfants[2] :
    • Marie Léontine Lefranc[2].
    • Marie Elise Lefranc, qui passe pour une « égérie de la Belle époque » ; elle épouse Fernand Samazeuilh, banquier bordelais ; ils sont les parents du compositeur Gustave Samazeuilh (1877-1967)[2],[6].
    • Edmond Victor-Lefranc, magistrat, chef de cabinet du président du Conseil, il épouse Marie Hélène Debans, fille du financier bordelais Pierre Debans (1795-1866)[2],[7].
    • Victor Victor-Lefranc, conseiller référendaire à la Cour des comptes[2].
    • William Victor-Lefranc, officier d'artillerie[2].

Portefeuilles ministériels[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Bernard-Edme-Victor-Etienne Lefranc », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore]
  2. a, b, c, d, e, f, g et h S. Guillaume, B. Lachaise, Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République, Bordeaux, Presses Universitaires, 1998, pp. 408-410.
  3. Jean-Claude Drouin, « Lefranc, Bernard-Edme Victor Etienne », dans Les Immortels du Sénat 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième République, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995, p. 387-390 [lire en ligne].
  4. a, b, c et d Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, 1866-1877, volume 10, p. 319 [lire en ligne].
  5. Les préfets, du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, ouvrage collectif, Paris, Archives Nationales, 1981.
  6. H. Bonin, La splendeur des Samazeuilh, banquiers de Bordeaux, dans Revue historique, numéro 288, Baillère, 1992, pp. 349-389 (voir page 367).
  7. Hubert Bonin, Les Patrons du Second Empire: Bordeaux et la Gironde, 1999, pages 105 et suivantes (chapitre « Debans »).

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • « Bernard-Edme-Victor-Etienne Lefranc », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore], tome 4, pp. 58-59.
  • « Lefranc (Edouard-Edme-Victor-Etienne) », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, 1866-1877, volume 10 L-MEMN, p. 319 [lire en ligne].
  • Cédric de Fougerolle, « Victor Lefranc », dans Benoît Yvert (dir.), Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989, Paris, Perrin, 1990.
  • Sylvie Guillaume, Bernard Lachaise, Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 1998 (ISBN 2-86781-231-3), pages 408-410 [extraits en ligne].
  • Jean-Claude Drouin, « Lefranc, Bernard-Edme Victor Etienne », dans Les Immortels du Sénat 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième République, collection Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles, volume 33, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995 (ISBN 2859442731 et 9782859442736), p. 387-390 [lire en ligne].
  • Les préfets, du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, ouvrage collectif, Paris, Archives Nationales, 1981.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]