Ligue communiste révolutionnaire

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Ligue communiste révolutionnaire
Image illustrative de l'article Ligue communiste révolutionnaire
Logo officiel
Présentation
Porte-parole Olivier Besancenot
Alain Krivine
Roseline Vachetta
Fondation 1930 (LCF)
1944 (PCI)
1969 (LC)
1974 (LCR)
Disparition
(dissoute dans le NPA)
Siège 2, rue Richard-Lenoir
93100 Montreuil
France
Idéologie Communisme trotskiste, altermondialisme, internationalisme, antistalinisme, anticapitalisme, révolution, écologisme
Affiliation internationale IVe Internationale (secrétariat unifié)
Affiliation européenne Gauche anticapitaliste européenne
Couleurs Rouge
Site web www.lcr-rouge.org

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est un parti politique français d'extrême gauche, section française de la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, actif de 1969 à 1973 sous le nom Ligue communiste, puis reformé sous le nom de LCR de 1974 à 2009, année où il s'autodissout dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

Activités[modifier | modifier le code]

La LCR participe à toutes les élections depuis 1997[réf. nécessaire] et s'investit dans le mouvement social ; ses membres militent activement dans les organisations syndicales (en particulier les syndicats CGT, FSU et SUD), dans diverses associations du mouvement ouvrier, dans le mouvement altermondialiste et sont actifs dans maintes autres activités considérées comme liées à la lutte des classes (mouvement des sans-papiers, grèves, comités Palestine, mouvement féministe, luttes LGBT).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines de la LCR[modifier | modifier le code]

Jusqu'en mai 1968 : le PCI et la JCR[modifier | modifier le code]

La LCR est issue du mouvement communiste trotskiste, anti-stalinien. Elle rassemble des militants de deux entités déjà existantes : le Parti communiste internationaliste, dirigée par Pierre Frank, et la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), franckiste et créée à partir d'une scission, en 1965, de l'Union des étudiants communistes (UEC), à la suite du ralliement au PCI d'un certain nombre de ses militants de l'« opposition de gauche », en particulier Alain Krivine, Henri Weber, Charles Michaloux, Jeannette Pienkny... Elle est à ce titre rattachée à la famille franckiste du trotskisme français, opposé à ce titre au lambertiste et au pablisme, tour à tour exclus de la Quatrième Internationale, et à Lutte ouvrière (LO), qui s'était constitué après la guerre en marge de la IVe Internationale.

Section française de la Quatrième Internationale, le PCI s'était distingué par son soutien aux luttes de libération nationale en Indochine et en Algérie (soutien au Front de libération nationale organisé par Pablo) ainsi que par son soutien critique à Tito lors de la rupture de la Yougoslavie avec l'URSS[1].

La JCR, créée à l'instigation de Pierre Franck par Krivine, Charles Michaloux, Daniel Bensaïd et Henri Weber, est une organisation de jeunesse trotskiste, qui s'identifie aux trois secteurs de la révolution mondiale : révolution anti-coloniale au Viêt Nam et en Amérique latine, mouvements étudiants et luttes ouvrières en Europe, luttes antibureaucratiques à l’Est (Tchécoslovaquie)[2].

La JCR aborde Mai 68 dopée par ses activités dans la lutte contre la guerre du Viêt Nam, ayant fondé le Comité Viêtnam national (auquel les maoïstes de l'UJC(ml) opposeront les comités Viêtnam de base) et son soutien aux mouvements anti-coloniaux[2].

L'activité de la JCR et du PCI pendant mai 68 aboutit à leur dissolution par décret gouvernemental, le , dont sont également victimes d'autres organisations d'extrême gauche.

1968-1973 : la ligne guévariste de la Quatrième Internationale[modifier | modifier le code]

Livre de la ligue communiste, paru en 1972 aux éditions François Maspero / poche rouge.
Article détaillé : Ligue communiste.

Mai 1968 a modifié les données de l'ensemble de l'échiquier politique. De Gaulle se retire, les énarques prennent le premier plan, la gauche définit une nouvelle politique : pendant les évènements elle est disloquée (Parti socialiste) ou débordée (Parti communiste). Elle se reconstruit. Au congrès d'Épinay en 1971, François Mitterrand s'allie au CERES de Jean-Pierre Chevènement pour proposer ce qu'ils appellent un « Front de classe » à savoir une alliance entre le Parti communiste, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche à travers un programme commun qui contient la rupture avec le capitalisme, les nationalisations de certains secteurs industriels et le droit de veto des comités d'entreprise.

La LCR considère que ce programme est « vidé de sa substance », le jugeant comme un programme radical, anticapitaliste mais pas sur la question centrale : l'État. Elle considère également qu'il s'agit d'un programme de « collaboration de classe ». Elle soutient cependant l'initiative sans soutenir le programme, dans le cadre d'une stratégie dite « unité, action, débordement ». Une minorité se constituera progressivement autour de Gérard Filoche (Matti) et Daniel Gluckstein, puis de Dominique Losay (Letourneau), pour aller vers un « Front unique ouvrier ». Aux élections présidentielles de 1969, la LCR décide de présenter Alain Krivine, qui, après avoir été libéré de prison après l'été 1969, est en train de passer son service militaire[3]. Soutenu par certains mouvements d'extrême gauche dont Lutte ouvrière et les maoïstes de Vive le communisme, il obtient près de 240 000 voix (1,06 %), Jacques Duclos (PCF) étant à plus de 21 %. Pompidou est élu.

Après Mai 68, le PCI et la JCR fusionnent en pour créer la Ligue communiste, qui devient la section française de la Quatrième Internationale. Le groupe « spontanéisme et mouvementiste » d'André Glucksmann et Guy Hocquenghem, qui soutiennent la constitution d'un « front révolutionnaire large » et s'opposent par conséquent à l'adhésion à la IVe Internationale, quitte alors la Ligue[4]. Deux ans plus tard (1971), c'est le groupe Révolution ! (Isaac Johsua, Henri Maler et Christian Picquet) qui fait scission[4].

Considérant que Mai 1968 avait été une « répétition générale »[5] par analogie avec la révolution russe (1905/1917), elle cherche à intervenir sur tous les fronts de la lutte, multipliant les secteurs d'intervention (la « dialectique des secteurs d'intervention ») pour en dégager le parti d'avant-garde qui mènera la révolution. Daniel Bensaïd soutient alors la « violence révolutionnaire » et critique l'« électoralisme stalinien »[4], tandis que Gérard Filoche préconise le « travail syndical » et l'entrisme dans les partis ouvriers[4]. Jeannette Habel et Pierre Rousset proposent quant à eux une position intermédiaire, entre activisme de rue et action syndicale et politique[4]. La Ligue signe par ailleurs un protocole d'union avec Lutte ouvrière en 1970, mais le groupe de Hardy annule celui-ci deux ans plus tard[4].

La ligne est finalement arrêtée dans Le Manifeste de la Ligue communiste[4], qui considère que la France est entrée dans la phase de « préparation à un affrontement généralisé pour la conquête du pouvoir »[4], et qu'il faut donc créer une « organisation centralisée de la violence » pour guider le prolétariat[4]. Alors que la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, au sein duquel siègent Krivine et Pierre Frank, a adopté depuis 1969 une ligne guévariste de soutien aux focos révolutionnaires[6], la LCR est alors sur une position proche de thèses insurrectionnelles, n'hésitant pas à défendre, malgré quelques tergiversations, la légitimité de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich de 1972[7], s'opposant sur ce point à la Gauche prolétarienne (maoïste). La Ligue soutient alors certaines actions de guérillas, notamment celles de l'ERP en Argentine (Jean-Pierre Beauvais et Hubert Krivine se rendent sur place et participent à sa fondation[6]), du FPLP-CG au Proche Orient, de l'ETA en Espagne. Contrairement au groupuscule pabliste de l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), qui a officialisé sa rupture avec la IVe Internationale en 1972[4], la LCR est alors relativement hermétique aux nouveaux mouvements sociaux, bien que Françoise Filoche monte dès le début des années 1970 une tendance révolutionnaire, « les pétroleuses » au Mouvement de libération des femmes (MLF) et seront très active au sein du MLAC (mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception): elle critique en particulier le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) considérant qu'ils font le jeu de la bourgeoisie[8].

Par ailleurs, après la signature du Programme commun (juin 1972) entre le Parti socialiste, le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et le PCF, la Ligue se divise à nouveau en tendances:

  • une ultra-minorité s'y oppose radicalement, et part fonder les spartakistes[4];
  • une tendance majoritaire, dirigée par Alain Krivine et Daniel Bensaïd, qui soutient l'Union de la gauche tout en qualifiant le PS de « parti bourgeois », et en ne voyant de l'espoir que dans le PCF, qu'ils espèrent remplacer[4];
  • une tendance dirigée par Yves Salesse, qui prône l'intégration à l'Union de la gauche, afin d'en devenir la composante révolutionnaire[4];
  • les vieux du PCI, derrière Pierre Frank et Michel Lequenne, qui soutiennent l'Union de la gauche, comme Krivine et Bensaïd, mais considèrent que le PS est bien un parti ouvrier, et que la social-démocratie a donc encore de l'avenir (révolutionnaire)[4].

La LCR joue un rôle central lors des mobilisations du printemps 1973 contre la loi Debré réformant le sursis militaire pour les étudiants[4], mais bien moindre à Lip ou au Larzac[4], ou le PSU est au contraire très actif.

La manifestation du 21 juin 1973 et la dissolution[modifier | modifier le code]

Dans un climat politique tendu, la LC juge la situation favorable pour affronter l'extrême droite (et « l'État qui la protège »), ce qui la conduit à attaquer un meeting d'extrême droite d'Ordre nouveau à la Mutualité, sur « l'immigration sauvage », le , attaque au cours de laquelle 80 policiers sont blessés; plusieurs cafés fréquentés par des immigrés seront attaqués au cocktail molotov, par l'extrême droite, dans la nuit du 23 au 24 juin, à Ivry, Vitry et dans le XVe arrondissement[9]. Organisée par la Commission technique (CT) de la LCR, dirigée par Michel Recanati, accompagné de Romain Goupil, et chargée des « opérations spéciales », celle-ci aurait été décidée par Krivine, Bensaïd et Recanati, sans que Filoche, qui siégeait pourtant au bureau national, n'en soit informé[10].

Le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, décide alors la dissolution de la Ligue communiste le , ce qui forcera ses militants à rester clandestins durant deux mois sous le nom de Front communiste révolutionnaire. Puis elle se reformera officiellement sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire ». Alain Krivine, qui était dans le sud lors de la manifestation afin d'éviter de se faire incriminer en vertu de la loi anti-casseurs, se fait arrêter, après avoir posé devant les photographes en compagnie de François Mitterrand, Edmond Maire, Claude Estier et Charles Hernu[11], tandis que Recanati s'enfuit en Belgique sur ordre de la LCR[9]. Même Jacques Duclos, secrétaire général du PCF, accepte de se rendre à un meeting de soutien au Palais d'Hiver[11].

De nombreux débats parcourent la LCR après cet évènement, notamment sur la stratégie révolutionnaire, le rôle de la violence ou la notion d'« avant-garde ouvrière large », sévèrement critiquée par Gérard Filoche, Henri Weber et Jeannette Pienkny, qui prône un retour à l'usine[12]. Ces débats entraîneront un changement de stratégie politique de la LCR et la fin de la période dite « gauchiste », d'autant plus qu'en 1974 le droit de tendance est accordé, à la demande de Filoche, chaque mouvance de la Ligue ayant le droit de se réunir à part[4]. Après le coup d'État du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende au Chili, Krivine signe un article critiquant le réformisme et prônant l'armement du prolétariat (¡El pueblo armado jamás será vencido!)[13],[14]. Mais la même année, sous l'influence du Socialist Workers Party américain, la Quatrième Internationale abandonne la ligne de soutien aux guérillas, constatant leur échec (mis à part l'Argentine, qui sort d'une dictature en 1973 avec le retour de Perón, tous les pays du Cône Sud ont basculé sous des régimes dictatoriaux qui s'allient au sein de l'opération Condor)[15]. Par ailleurs, réfléchissant sur la situation française, la LCR conclut que le temps de l'horizon insurrectionnel est mythique: elle se réoriente alors sur le travail dans les usines, opérant un tournant « ouvriériste »: tout comme pour la Gauche prolétarienne, la LCR recule juste avant de basculer dans la lutte armée[16].

1973-1981 : les années Giscard[modifier | modifier le code]

Progressivement la LCR s'éloigne du gauchisme soutenu par Daniel Bensaïd (Jebracq, Ségur), Pierre Rousset, Pierre de Verbizier la Treille (Vergeat), Yves Salesse (Boris)… Charles Michaloux, « Garcin », Jeannette Habel, François Sabado et d'autres recentrent la LCR vers des positions plus ancrées sur le mouvement social (gauche de la CFDT notamment) qui laissent envisager à certains un éventuel rapprochement avec l'OCI lambertiste (voir par exemple les écrits d'Edwy Plenel, alias Krasny). Les anciens dirigeants de la JCR (Krivine, Weber, Bensaïd) sont progressivement affaiblis[Quand ?]. Un groupe du PSU, mené par Jacques Kergoat et Jean-Marie Vincent (auteur de La théorie critique et l'école de Francfort, 1976), rejoint la LCR en 1972.

Lors de la campagne électorale de 1974, Krivine se dit prêt à soutenir la candidature, dès le premier tour, du syndicaliste Charles Piaget[17], militant de la CFDT célèbre pour son activité à Lip, qui est membre du PSU et poussé par une partie des militants autogestionnaires du PSU. Mais le , un mois avant le premier tour, Michel Rocard convainc le PSU de soutenir Mitterrand. Krivine se présente donc pour le « Front communiste révolutionnaire», obtenant 0,36 % des suffrages, trois fois moins qu'en 1969 et six fois moins qu'Arlette Laguiller (LO). Les années Giscard commencent.

Diverses tendances officielles voient le jour en 1974[4]:

  • la Tendance 1 (T1) derrière Gérard Filoche, et Daniel Gluckstein, qui prône l'investissement dans les syndicats et s'opposent à la priorité donnée à l'« hégémonie sur l'avant-garde large »; elle obtient 20 % des voix[4] ;
  • la T2, derrière Krivine, Weber et Bensaïd, qui demeure majoritaire[4];
  • la T3, derrière Lequenne, Jean-René Chauvin et d'autres anciens militants du PCI, qui prône l'unité d'action avec les réformistes et la constitution d'une avant-garde large[4] ;
  • la quatrième tendance, derrière Jacques Cotta et Denis Colin, qui s'oppose aux dérives guérilleristes et prône l'alliance avec les lambertistes, est exclue avant de s'être officiellement formée[4].

L'année suivante, des négociations sont menées avec le Parti socialiste unifié (PSU) afin d'opérer une fusion, les rocardiens ayant quitté ce dernier après les Assises du socialisme[4]. La fusion échoue cependant (en revanche, l'AMR, pabliste, fusionnera dans le PSU)[4]. La même année 1975, la tendance bolchévik-léniniste de la LCR rejette l'« électoralisme » de l'organisation, ainsi que son analyse de l'URSS, et scissionne pour créer l'Union ouvrière, qui évoluera vers l'ultragauche. D'autres rejoignent au contraire le Parti socialiste (Martine Lignières-Cassou, qui sera élue maire de Pau dans les années 2000, etc.).

Des négociations sont ensuite menées, en 1977, avec l'Organisation communiste libertaire (OCL)[4] pour fusionner[4]: nouvel échec. La LCR compte alors 3 800 militants[4] (l'OCI lambertiste 8 000), et 10 000 sympathisants dans les Cercles rouges[4]. Afin de concurrencer les maos de Libération, Rouge devient quotidien[4].

De 1975 à 1978, la majorité de la LCR perd tout contrôle sur son secteur étudiant pourtant formellement dirigé par François Sabado, expérience qui se répète en 1996-98. Fort de son poids dans le mouvement étudiant de 1976, Dominique Losay (Stackhanov/ Letourneau) prend le contrôle du secteur étudiant et commence à imposer un tournant vers le syndicalisme. Avec François Cortes (Ulysse) ils ont la majorité absolue sur les étudiants de la Ligue. Derrière, avec Gilles Casanova (Swanee), Robi Morder et Didier Leschi, une minorité plus polarisée sur les mouvements sociétaux échappe aussi au contrôle de la direction, rejoignant en 1977 les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) où sont présents des pablistes[18]. Dominique Losay-Letourneau ainsi que Gluckstein mettent Filoche en minorité pour prendre la tête de la T1 qu'ils font fusionner avec la T4 de Némo et Ulysse, prônant l'union PS-PC et l'alliance avec les lambertistes[4]. La T2 de Krivine s'oriente aussi vers l'idée du front unique PS-PC[4].

De 1977 à 1981, la LCR dénonce la « politique de division » du PCF qui voit l'union se faire à son détriment. La LCR défend le maintien de « l'unité des organisations ouvrières ». Aux législatives de mars 1978, la LCR constitue des listes communes avec les CCA et l'OCT, intitulées « Pour le Socialisme, le Pouvoir aux travailleurs »[19].

Celles-ci sont cependant un échec, et peu après, Rouge est confronté à d'importantes difficultés financières: 110 journalistes doivent être licenciés, Gérard Filoche étant chargé du plan social[4]. Alors que Lambert propose à la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié d'organiser des négociations en vue de l'union des trotskistes, Krivine, réticent mais contesté en interne, accepte, en tentant de convaincre LO de s'y associer afin de ne pas se retrouver seul face à Lambert[20]. LO est réticent; la LCR l'y pousse en acceptant l'union lors des élections européennes de juin 1979[20]. La liste commune ne fait que 3,08 % (aucun élu)[20].

En novembre 1979, la direction de la LCR est mise en minorité concernant sa volonté d'appuyer l'intervention soviétique en Afghanistan (Jean-Marie Vincent, qui devient philosophe à Nanterre, fait partie de ceux qui s'y opposent). Dans le même temps, l'exclusion de la tendance léniniste-trotskyste (TLT) produit du regroupement de partisans français du Socialist Workers Party américain (SWP) (Dominique Losay, alias Letourneau, et Daniel Gluckstein, alias Seldjouk) et de pro-lambertistes (Némo, Ulysse) ainsi que de la tendance bolchévique, pro-Nahuel Moreno (PST Argentin) lors du congrès de L'Haÿ-les-Roses. Dans son intervention de réponse à Daniel Bensaïd pour la majorité, Dominique Losay alias Letourneau, au nom de la TLT, appelle au regroupement avec l'OCI (devenue PCI puis Parti des travailleurs) au sein d'une « conférence mondiale ouverte ».

Les dissidents exclus en novembre 1979 au congrès de L'Haÿ-les-Roses, qui représentent 20 % de l'organisation[4] fondent la Ligue communiste internationaliste (LCI), qui refuse notamment l'appui au Front sandiniste en raison de la présence d'éléments « bourgeois ». La LCI fusionne en octobre 1980 avec l'Organisation communiste internationaliste (OCI) « lambertiste ». Dominique Losay (Letourneau) et Christian « Leucate » (Némo) ne feront qu'un très bref passage à l'OCI alors que Daniel Gluckstein en deviendra le principal dirigeant. L'OCI profite de ce coup pour marginaliser Julien Dray et Sylvia Zappi (LCR, 15 % des voix) lors du Congrès UNEF-ID de Nanterre de 1980: les lambertistes mettent la main sur le syndicat étudiant, alors que la LCR avait réussi à être présente, les années précédentes, aussi bien au sein de l'UNEF-US que du Mouvement d'action syndicale, contrôlé par la LCR depuis 1977.

Le départ de Gluckstein permet à Krivine et Bensaïd de reprendre la majorité, n'ayant plus besoin d'une alliance avec Filoche[4]. L'Union de la gauche est dénoncée, la LCR appuie le « virage à gauche » de Georges Marchais et soutient la guerre en Afghanistan[4]. L'année suivante, Christian Picquet et ses amis du groupe Révolution! reviennent à la LCR[4]. Alors que Filoche est à 20 % et que la T3 de Lequenne, Chauvin et Piquet est à 27 %, Krivine obtient alors 40 % des votes des militants[4]: la LCR s'engage dans l'ouvriérisme, les militants devant aller s'établir à l'usine (« ligne de prolétarisation industrielle »)[4].

1981-1988[modifier | modifier le code]

Forte de 3 800 militants vers 1977, la LCR ne compte plus en 1981 que 570 militants (457 titulaires et 113 stagiaires) selon Jean-René Chauvin ; (cependant ce chiffre n'est pas celui avancé par Pierre Turquin dans son ouvrage Les révolutionnaires dans la France Social-Démocrate 1981 1995 Éditions l'Harmattan*), alors au bureau politique[4], soit à peu près autant qu'en 1966[4]. Affaiblie, elle n'obtient pas le nombre de 500 signatures d'élus pour pouvoir présenter un candidat à l'élection présidentielle de mai 1981. Elle appelle à voter pour Arlette Laguiller (LO) ou Georges Marchais (PCF) au premier tour et pour François Mitterrand au second, tandis que l'OCI appelle à voter Mitterrand dès le premier tour.

  • chiffres 1980 des principales organisations "trotskystes" (Pierre TURQUIN ouvrage cité, voir ci dessus page 47 ) :
  • LO : 650
  • LCR : 1800
  • LCI : 430
  • OCI : 4500
  • LTF : 150
  • LOR : 80

En décembre 1981, plusieurs personnalités s'en vont, dont :

La LCR considère que la victoire de François Mitterrand en 1981 est un effet différé de Mai 1968. Elle compare cette élection à celle du Front populaire de 1936 et considère que la dynamique de l'élection doit déboucher sur un nouveau « juin 1936 » (grève générale). Cette analyse de la situation l'amène à une stratégie politique qu'elle nomme « tournant ouvrier »[21]. En effet, prévoyant la possibilité de la grève générale, elle veut être « là où ça se passe », c'est-à-dire dans les usines. La LCR veut « changer sa composition sociale par effet mécanique d'implantation ».

400 militants sont impliqués dans ce « Tournant ouvrier ». Mais, selon le bilan fait plus tard par la LCR, « le tournant ouvrier fut une mauvaise réponse à un vrai problème : sa faiblesse d'implantation dans les concentrations ouvrières, mais une mauvaise réponse car on ne peut se fabriquer une implantation ouvrière en transformant intellectuels, étudiants et employés en ouvriers »[réf. souhaitée]. Les maoïstes expérimentent cette politique dès les années 1960-1970 et font les mêmes constats. Plus tard, à la suite de la grève de 1995, un groupe d'étudiants appartenant à la Tendance minoritaire « R! » décide à nouveau d'abandonner ses études pour se consacrer au militantisme ouvrier, dont Olivier Besancenot.

En 1983, la situation politique change brusquement avec la « tournant de la rigueur » du gouvernement Fabius pour maintenir la France dans le système monétaire européen : suppression de l’indexation des salaires, report des 35 heures, blocage des salaires des fonctionnaires. La LCR juge que le gouvernement adhère aux thèses capitalistes et considère que cela accélère le « déclin du PCF » et la transformation « social-libérale » du Parti socialiste.

Puis vient la défaite électorale de la gauche en 1986, et l'arrivée de Jacques Chirac comme premier ministre. La LCR amorce alors un déclin, ayant surestimé les possibilités révolutionnaires de 1981. De plus, le virage brusque de la politique de François Mitterrand ne leur profite pas. Au contraire, tous les mouvements d'extrême gauche décroissent durant cette période (beaucoup d'électeurs se tournant vers le Front national). La LCR perd beaucoup de militants et donc de visibilité. Elle s'est cependant investie dans des conflits sociaux de l'époque, notamment dans les mouvements des ouvriers de l'automobile (Peugeot, Talbot) ou de la sidérurgie. Elle s'implique aussi dans la création et le développement de SOS Racisme[réf. nécessaire], dans les mouvements de grèves étudiantes de 1986 contre la loi Devaquet ou le mouvement de grève à la SNCF la même année. Selon Christophe Nick, elle n'a au contraire aucune « prise ni le plus petit début d'influence » sur SOS Racisme et les grèves étudiantes de 1986[22], qui ont comme porte-parole David Assouline (alors militant à la LOR), suggéré par Cambadélis dirigeant de l'UNEF-ID et passé au PS. Au niveau international, elle soutient les sandinistes au Nicaragua et le FLNKS en Nouvelle-Calédonie.

La LCR commence à se mettre en cause à partir de 1984, élaborant un aggiornamento à l'initiative de Christian Picquet[22]. Elle se rapproche alors du Parti pour une alternative communiste (PAC "est le nouveau nom donné en 1985 au Parti Communiste Marxiste-Léniniste (PCML) afin d'officialiser sa rupture avec le maoïsme"), de la Fédération pour une gauche alternative (FGA) - , où s'activent des pablistes - et du PSU[22].

En 1988, pour l'élection présidentielle, la LCR décide de soutenir et de s'investir dans la campagne de Pierre Juquin, candidat dissident du Parti communiste. Sa candidature suscite le soutien du Parti socialiste unifié, de la LCR et de groupes pablistes (Maurice Najman et Gilbert Marquis jouent un rôle important dans la campagne). Jean-Paul Deléage (LCR) devient directeur de campagne de Juquin, assisté de Christophe Aguiton[22]. Des comités de soutien se mettent en place dans toute la France, mélangeant des militants communistes, des militants du PSU, de la LCR. Le résultat est décevant : Pierre Juquin n'obtient que 2,08 % des voix, tandis que Les Verts recueillent 3,8 %, Lutte ouvrière 1,9 % et le Parti des travailleurs 0,4 %.

La même année, après la grève des infirmières, dans laquelle Françoise Filoche et Pascal Dias se sont impliqués, Edmond Maire expulse les trotskistes de la LCR de la CFDT, Pierre Héritier étant exclu de la direction[22]: Christophe Aguiton fonde alors Sud-PTT[22].

Chute du mur de Berlin[modifier | modifier le code]

En 1989, le mur de Berlin s'effondre, puis en 1991 l'URSS. L'économie de marché s'installe dans tous les pays de l'Est. Cela provoque un profond changement politique à l'échelle internationale. Les partis communistes s'effondrent, les partis socialistes de toute l'Europe abandonnent l'anticapitalisme et acceptent l'économie de marché. L'hypothèse de Trotski n'est pas validée, à savoir qu'à l'effondrement du régime de l'Union soviétique succède une « révolution anti-bureaucratique » vers le socialisme[réf. nécessaire]. Or rien de tout cela ne se produit; même, une vague d'optimisme souffle sur les pays occidentaux durant les années 1990 (croissance économique, révolution numérique).

La LCR s'oriente alors vers la création d'un nouveau parti. Elle fait une analyse de la situation : « Nouvelle époque, nouveau programme, nouveau parti ».

  • Nouvelle époque car elle considère que le socialisme a perdu le siècle mais que le capitalisme n'a pas résolu ses problèmes, que ce n'est pas la fin de l'histoire et que la lutte des classes continue, et qu'il y aura donc de nouvelles crises, de nouvelles contradictions affichées par le capitalisme, de nouvelles guerres et donc de nouvelles révolutions.
  • Nouveau programme qui puisse prendre en compte le bilan du stalinisme et de la social-démocratie, pour une nouvelle stratégie de transition du capitalisme vers le socialisme, les effets de la mondialisation, l'aspect central de la démocratie socialiste ainsi qu'une première étape « à gauche du possible ».
  • Tout ceci doit donc entraîner la création d'un nouveau parti, un « parti anticapitaliste large » appelé de ses vœux. Ce projet a pour originalité de s'ouvrir également à ceux qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans le « marxisme révolutionnaire » de la LCR. Il est défini comme étant « stratégiquement non délimité ».

Juin 1994 : scission des militants de Démocratie et Révolution (Gérard Filoche). Démocratie et Révolution rejoint le Parti socialiste (PS) en octobre 1994 et devient sous le nom de Démocratie et Socialisme le mensuel de la Gauche socialiste, courant du PS où se retrouvent notamment les anciens de Questions Socialistes.

Scission de militants du Mouvement d'action syndicale (MAS) qui fondent Questions Socialistes. En mai 1992 Questions Socialistes rejoint le Parti socialiste (PS).

1995 - 2006[modifier | modifier le code]

En 1995, la LCR ne présente pas de candidat à l'élection présidentielle, et appelle à voter pour Robert Hue, Arlette Laguiller ou Dominique Voynet.

La LCR se revigore à partir du mouvement de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé. La LCR considère que ce fut la « première révolte anti-libérale ». Par la suite, la LCR s'immerge dans le mouvement altermondialiste, né à la suite des manifestations de Seattle en 1999 ou Gênes en 2001.

En même temps, se met en place la « gauche plurielle » rassemblant le Parti socialiste, le Parti communiste, le PRG, le MRC ou encore les Verts, cette fois-ci sans programme commun. La LCR ne participe pas à cette nouvelle union de la gauche, qui ne s'inscrit pas dans une lutte contre le capitalisme (Clermont-Ferrand est la ville la plus importante qui, après un accord électoral ayant pour clause prérequise l'autonomie des élus trotskistes, eut sur ses listes des militants de la LCR. Ces militants constituaient l'opposition de gauche de la majorité et n'ont pas voté le budget de la municipalité, jugé contraire à leurs idées)[pas clair].

En 1999, lors des élections européennes, la LCR se présente derrière une candidature commune avec Lutte ouvrière. Pour la première fois lors de cette élection, l'extrême-gauche obtient cinq députés dont deux sont de la LCR (Alain Krivine et Roseline Vachetta). Le 20 janvier 2000, les eurodéputés de la LCR s'abstiennent sur une initiative du parlement européen sur la taxe Tobin, ce qui est critiqué par des députés français comme Alain Lipietz[23]. La LCR confirme cette abstention car il s'agissait d'établir une commission sur la question dirigée par Charles Pasqua.

Manifestation en faveur des services publics à Paris, France, .

Lors de l’élection présidentielle de 2002, après le refus de LO de continuer l'aventure des listes communes de 1999, la LCR décide de présenter un candidat LCR pour la première fois depuis 1974 et la candidature d'Alain Krivine. Il s'agit d'Olivier Besancenot un jeune facteur de 27 ans inconnu dans le monde politique qui a été un an assistant parlementaire de Krivine au Parlement européen (1999-2000) Sa personnalité connaît un réel succès médiatique et remporte 4,25 % des voix soit plus que le PCF qui obtient 3,37 % des voix. Entre les deux tours, la LCR appellera à « battre Le Pen dans la rue et dans les urnes », qui sera interprété par presque tout le monde comme un appel à voter Chirac, au contraire de LO et du PT. À la suite de cette élection, la LCR connaît une inflation du nombre de ses militants (environ 3 000 membres) et de sa popularité.

Pour les élections régionales et européennes de 2003 et 2004, Lutte ouvrière ayant proposé de faire liste commune, la LCR accepte pour créer un pôle « à gauche de la gauche plurielle » mais malgré un résultat supérieur à celui des élections régionales de 1998, elle n'arrive pas à profiter de sa popularité avec l'effet « vote utile » en faveur du PS. En 2005, la LCR s'engage dans la campagne pour le « non » à la constitution à travers les collectifs unitaires de la Fondation Copernic auxquels participent certains militants du « non » de gauche (PC, PS, Verts, etc.). Grâce à cette campagne, la LCR et son porte parole, Olivier Besancenot connaissent un regain de popularité. Alain Krivine n'a pas souhaité se représenter pour être élu au bureau politique en janvier 2006.

La suite de la campagne pour le Non à la constitution européenne a amené d'importants remous au sein de la LCR. De nombreux débats ont animé l'organisation quant à l'attitude à adopter à propos du projet de candidatures unitaires de la gauche antilibérale. Lors d'une conférence nationale en juillet 2006 la LCR a déclaré la candidature d'Olivier Besancenot. Les tendances partisanes du processus unitaire antilibéral ont maintenu leur participation aux collectifs antilibéraux. Une minorité de la LCR avec Christian Picquet et Léonce Aguirre a cherché à poursuivre l'objectif d'une candidature unitaire antilibérale. La conférence nationale ayant déclaré la possibilité d'un retrait de la candidature d'Olivier Besancenot en cas d'accord avec les autres composantes et les collectifs. La majorité, avec François Sabado, Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Ivan Lemaitre, a essentiellement appuyé la nécessité de refuser tout accord avec le Parti socialiste. Le Parti communiste français ne semblait pas répondre aux critères d'indépendance vis-à-vis du Parti socialiste. Toutes les tendances de la LCR estimaient indispensable l'affirmation de l'indépendance vis-à-vis du PS. Le désaccord à l'origine de cette forte polémique dans la LCR est de nature stratégique : la minorité pensant qu'il était possible de mener une bataille politique dans les collectifs pour obtenir une amélioration du programme et affirmer l'indépendance face au PS et la majorité pensant qu'il n'était plus possible de gagner des avancées positives dans les collectifs antilibéraux.

2007[modifier | modifier le code]

Olivier Besancenot en meeting à Toulouse.

Le 22 avril, la LCR, par la candidature d'Olivier Besancenot, recueille 1 498 581 voix, soit 4,08 %, à l'élection présidentielle, ce qui représente une baisse en pourcentage (4,24 % des suffrages en 2002) mais une augmentation numérique de 287 019 voix par rapport à l'élection de 2002. La LCR se hisse alors à la 5e position[24] et devient la deuxième force de gauche après le PS. À la suite du 2e tour qui oppose Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, Olivier Besancenot appelle ses électeurs à manifester le 1er mai pour les « mesures d’urgence sociales » qu'il a défendues durant la campagne, avant d'appeler à « voter contre Nicolas Sarkozy, sans pour autant soutenir Ségolène Royal » dans ce qui lui semble un « référendum anti-Sarkozy »[25].

Au premier tour des élections législatives, la LCR décide de présenter pour la première fois 492 candidats sur tout le territoire français. Avec un total d'un peu moins de 529 000 voix, la LCR progresse de 209 000 suffrages par rapport à 2002 (elle avait alors totalisé 320 000 voix dans 441 circonscriptions)[26].

La LCR échappe donc au recul qui touche l'ensemble des autres composantes de la gauche en dehors du PS. La majorité des militants estiment qu'il s'agit d'une « victoire » qui cautionne la ligne politique de critique ferme de la social-démocratie et du social-libéralisme (PS, PCF, Verts, etc.) ; d'autres, très minoritaires[27], pensent que la présence de la LCR lors de ce cycle électoral a pu participer à l'échec des autres partis de la gauche du « non ».

Vers le Nouveau Parti anticapitaliste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouveau Parti anticapitaliste.

À l'issue des élections de 2007, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) annonce la volonté de créer un nouveau parti anticapitaliste implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les anticapitalistes de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société.

Cette voie la conduit à s'auto-dissoudre dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) lors de son congrès de dissolution le .

Dans la même période, le chef de file de la tendance minoritaire Christian Picquet perd son statut de permanent en , puis décide en de lancer son propre mouvement, Gauche Unitaire afin de participer au Front de gauche avec le PCF et le PG pour les élections européennes de 2009.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

À l'élection présidentielle de 2002, la LCR était représentée par Olivier Besancenot, le plus jeune candidat à ce poste (4,25 % des voix).

Aux élections régionales de 2004, l'alliance Lutte ouvrière (LO)-LCR a obtenu un score national de 4,97 % alors que les scores additionnés des candidats de Lutte ouvrière et de la LCR à l'élection présidentielle de 2002 approchaient les 10 %.

Elle n'enregistre cependant qu'un léger recul par rapport aux élections européennes, où la candidate de l'alliance, Arlette Laguiller avait totalisé 5,18 % des voix, et améliore même les scores globaux de l'extrême gauche aux élections régionales de 1998.

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Idées[modifier | modifier le code]

La Ligue communiste révolutionnaire lutte pour une démocratie ouvrière, le « pouvoir des travailleurs » sur l'économie. Cette société serait mise en place par la révolution socialiste ainsi que l'abolition du capitalisme. Elle soutient activement et participe à tous les mouvements sociaux et défend au niveau électoral la mise en place d'un « plan d'urgence sociale », qui compte parmi lui des mesures telles que la hausse du SMIC à 1 500 euros net par mois, l'interdiction des licenciements, l'abrogation de tous les contrats dits précaires, l'élection d'une Assemblée constituante pour une nouvelle République. Cette démarche s'inscrit dans l'optique d'un « programme de transition » défendu par Trotski dans son ouvrage du même nom. Elle se bat aussi -entre autres- pour l'écologie, la liberté de circulation, l'internationalisme, féminisme et une démocratie autogestionnaire.

La Ligue communiste révolutionnaire se réclame du « marxisme révolutionnaire » (aussi appelé trotskisme). Elle défend donc l'idée de lutte des classes et analyse la société et ses mouvements en utilisant les outils d'analyses marxistes que sont le matérialisme dialectique et le matérialisme historique.

Vie interne[modifier | modifier le code]

La LCR est caractérisée par le droit de tendance offrant aux minorités en son sein, en désaccord ou non avec les stratégies de la majorité de l'organisation, d'exprimer leurs idées. Lors d'un congrès, les différents courants de pensée se cristallisent en plateformes (on utilise de façon alternée des lettres et des chiffres pour désigner les plateformes — ainsi les plateformes du congrès de janvier 2008 s'appellent A, B et C, là où lors du congrès précédent elles s'appelaient 1, 2, 3, 4 et 5). Chaque plateforme a le droit à un financement de ses activités de préparation du congrès, à la publication de tribunes dans le journal hebdomadaire etc. La Direction nationale, élue par le congrès, d'une centaine de membres, comprend des représentants de chaque plateforme au prorata des votes lors du congrès.

Entre les congrès également, différents courants ont le droit de produire des publications. Ainsi, par exemple, les courants Avanti, Unir, Démocratie révolutionnaire, Que faire ? (Socialisme par en bas) et Socialisme international, produisent des bulletins électroniques ou des revues.

Autre élément important, la Direction nationale est paritaire — moitié hommes, moitié femmes. L'ordre du jour d'une réunion de la direction nationale peut également comprendre un temps réservé pour des réunions non-mixte, permettant aux membres femmes de discuter des questions concernant l'oppression des femmes et pour s'assurer que ces problématiques sont suffisamment prises en compte par la Direction nationale.

Jeunes[modifier | modifier le code]

La LCR est dotée d'un mouvement de jeunes : les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Ils sont essentiellement présents dans les lycées et les universités, mais aussi dans plusieurs centres de formations d'apprentis (CFA). Ils disposent de plusieurs sections « Jeunes travailleurs ». Les JCR sont autonomes de leur organisation mère, leur permettant entre autres une plus ample liberté d'action et de décisions tout en restant étroitement liées à la LCR. Les JCR éditent un journal mensuel nommé Red. Le débat continue au sein de la LCR sur la meilleure façon de coordonner les deux organisations.

Les JCR ont décidé de participer à la construction du Nouveau Parti Anticapitaliste. Leur approche souligne leur avis qu'il faudrait qu'il s'agisse d'un parti révolutionnaire en plus d'être anticapitaliste (ainsi les affiches « Pour construire un parti anticapitaliste et révolutionnaire. »)

Les JCR viennent de se dissoudre,à l'occasion de leur dernier congrès, et préparent leur entrée dans le NPA d'ici un mois

Il existe aussi des sections jeunes de la LCR. Ce sont des sections à part entière qui ont des activités globalement similaires à celles des JCR. Les sections jeunes sont généralement implantées dans les villes où les JCR n'existent pas, soit par manque d'implantation, soit par volonté des jeunes concernés d'être partie prenante du Parti, posant alors le problème de l'autonomie politique avec les militants « adultes ». La plupart de ces sections jeunes ont été fondées à la suite d'un désaccord avec la ligne politique majoritaire des JCR.

Publications[modifier | modifier le code]

La LCR éditait un journal hebdomadaire, Rouge, et une revue théorique trimestrielle, Critique communiste.

Rouge a publié son dernier numéro le 12 février 2009, et Critique Communiste a cessé sa parution en février également, fusionnant avec la revue Contretemps. Les deux journaux laissant la place au système de presse du Nouveau Parti Anticapitaliste

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 221
  2. a et b Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 173
  3. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 68 sq.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al, am et an Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 494-498
  5. Daniel Bensaïd et Henri Weber, Mai 1968 : une répétition générale ?, Maspero, 1968.
  6. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 129
  7. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 121 et 128
  8. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 492, qui cite Rouge n°156, 6 mai 1972
  9. a et b Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 499 sq.
  10. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 109
  11. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 122 sq.
  12. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 498
  13. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p.540
  14. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 126
  15. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 131
  16. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 128-132
  17. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p.576-577
  18. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 241
  19. Histoire du pablisme, Institut international d'histoire sociale, 6 p.
  20. a, b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 537
  21. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p.189
  22. a, b, c, d, e et f Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 557 sq.
  23. Sur ce vote au parlement européen, lire les explications de l'Hebdomadaire Lutte Ouvrière et celles parues dans Rouge ainsi que la position de l'eurodéputé Alain Lipietz ainsi que du bureau d'ATTAC, tous deux partisans de cette initiative.
  24. Site officiel du ministère de l'Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
  25. La gauche unie contre Sarkozy - JDD, 23 avril 2007
  26. Les résultats de la LCR : en progrès, doit poursuivre ses efforts… - Europe Solidaire Sans Frontières, 14 juin 2007
  27. La minorité de l'organisation autour de Christian Picquet et de son courant Unir, représentant 13 % de l'organisation début 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981). Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?, éditions Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005. (ISBN 978-2-7535-0194-2)
  • Raymond Marcellin, L'importune vérité - Dix ans après mai 68, un ministre de l'Intérieur parle, éditions Plon, Paris, 1978 ; voir plus particulièrement le chapitre XIV, « Ne pas se tromper d'époque : les forces révolutionnaires mondiales ».
  • André Fichaut, Sur le pont - Souvenirs d'un ouvrier trotskiste breton, éditions Syllepse, Paris, 2003.
  • Gérard Filoche, 68.98 Histoire sans fin, Flammarion, avril 1998.

Films[modifier | modifier le code]

  • L'épreuve des urnes, une organisation dans la campagne présidentielle 2007 de Fred Hilgemann (2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]