Laurent Joffrin
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Laurent Joffrin, de son vrai nom Laurent Mouchard[1],[2], est un journaliste français né à Vincennes le 30 juin 1952. Il a collaboré aux journaux Libération et Le Nouvel Observateur dont il a dirigé la rédaction. Depuis 2006, il est devenu directeur de publication de Libération.
[modifier] Biographie
Laurent Joffrin est né le 30 juin 1952 à Vincennes (Val-de-Marne). Il est le fils de Jean-Pierre Mouchard, éditeur de livres d'histoire aujourd'hui à la retraite et de Chantal Michelet, décédée en 1955 [3].
Diplômé de l’institut d’études politiques de Paris et licencié en sciences économiques, il milite aux Jeunesses socialistes, alors sous le contrôle du CERES. Membre du courant de Jean-Pierre Chevènement, il siège à la direction des MJS dans l'équipe de Jean-Marie Pernot. Il constitue le club « Socialisme et Université » avec des étudiants du CERES comme Denis Olivennes et ses amis du groupe ES du Panthéon (Patrick Weil, Éric Dupin, etc.).
Membre du comité de rédaction de son organe, Le Crayon entre les dents (janvier 1976 - novembre 1978), il publie alors des articles sous le pseudonyme Laurent André (ses deux prénoms) ou de Paul Helleme (pour L.M.). C'est sous ce dernier qu'il écrit en novembre 1976 un article sur la presse et la politique (La droite, la presse, le PS) qui, publié aussi dans Presse-Actualité (le journal du milieu journalistique) comprend des citations critiques à l'égard du Nouvel Observateur. Cet article soulève l'indignation de Philippe Viannay, à la fois administrateur du Nouvel Observateur et dirigeant le Centre de formation des journalistes. Devenu journaliste, Laurent Mouchard prendra ses distances avec le militantisme.
Diplômé du CFJ en 1977, il entre à l'Agence France-Presse qu'il quitte pour participer à la création d'un nouveau quotidien, Forum international.
En 1981, il intègre la rédaction de Libération. À l'origine du service économique avec Pierre Briançon, il incarne l'aile « moderniste » du journal. Il a ensuite dirigé le service Société avant de devenir éditorialiste et responsable de la page Rebonds du journal, avec Serge Daney, Gérard Dupuy et Alexandre Adler. En 1988, c'est à ce journaliste de tendance sociale-démocrate que Claude Perdriel fait appel pour succéder à Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction de l'hebdomadaire.
Il fait plusieurs passages d'un journal à l'autre : en 1996, il revient à Libération comme directeur de la rédaction, jusqu'en 1999 où il en part appelé par Claude Perdriel pour reprendre la direction du Nouvel Observateur. Le 20 novembre 2006, il est nommé directeur de publication de Libération dans le cadre du plan de relance du journal proposé par ses actionnaires, dont Édouard de Rothschild, actionnaire de référence. Le journal est recapitalisé, avec l'entrée au capital de Carlo Carracciolo, fondateur de La Repubblica et son déficit est réduit[4].
Outre la presse et la littérature, Laurent Joffrin est régulièrement présent sur des médias tels que la radio ou la télévision. Il a participé en 1984 à la réalisation de l'émission "Vive la Crise", produite par Pascale Breugnot, écrite par Jean-Claude Guillebaud et présentée par Yves Montand. Il a été chroniqueur sur France Inter pour un duel hebdomadaire avec Philippe Tesson, puis producteur, responsable de l'émission culturelle "Diagonales". Il anime Les détectives de l'Histoire sur France 5, une émission d'enquête sur des faits marquants de l'histoire récente. À la radio, le rédacteur en chef de Libération intervient régulièrement sur l'actualité politique, notamment sur l'antenne de France Info où il débat à 8h40 le lundi, le mercredi et le vendredi avec Sylvie Pierre-Brossolette du Point[5] qui a pris la suite de Nicolas Beytout du Figaro depuis la campagne électorale de 2007.
Il est membre du conseil d'administration de l'association En temps réel[6], une association pour le débat et la recherche. Laurent Joffrin est également membre du comité de soutien de Reporters d'Espoirs, la première agence d'information spécialisée sur les initiatives et les solutions. Il anime, par ailleurs, un club de réflexion politique Danton et est membre du club Le Siècle.
[modifier] Publications
- La gauche en voie de disparition (Seuil, 1984)
- Un coup de jeune (Arléa, 1987)
- Mai 68, une histoire du mouvement (Seuil, 1988). Réédition Points Histoire (série « Document »!), 2008.
- Gabu en Amérique, avec J.-C. Guillebaud (Seuil 1990)
- La Régression française (Seuil, 1992)
- La Gauche retrouvée (Seuil 1994)
- Kosovo, la guerre du droit suivi de Yougoslavie, suicide d'une nation (Mille et Une Nuits 1999)
- Où est passée l'autorité?, avec Philippe Tesson (NiL éditions 2000)
- Les Batailles de Napoléon (Seuil, 2000)
- Le Gouvernement invisible (Arléa, 2001)
- La princesse oubliée, roman (Robert Laffont 2002)
- C'était nous, roman (Robert Laffont, 2004).
- Histoire de la gauche caviar (Robert Laffont, 2006).
- La Gauche bécassine (Robert Laffont, 2007)
- Le Roi est nu (Robert Laffont, 2008)
- Média-paranoïa (Seuil, 2009)[7]
- La grande histoire des codes secrets (Privé, Mai 2009)
[modifier] Notes et références
- ↑ « Le Premier pouvoir » : Analyse d’un non passage à l’antenne (2) par Philippe Monti et Yves Rebours pour Acrimed le 12 novembre 2004
- ↑ « L’offensive d’hiver du parti de la presse et de l’argent » Communiqué de l'internationale sardonique le 31 décembre 2003
- ↑ Noël Blandin, « Bibliographie / Biographie. Qui est Laurent Joffrin ? », 1er août 2008, La République des Lettres
- ↑ Sandrine Bajos, « Laurent Joffrin, le nouveau timonier de Libération », La Tribune, 9 janvier 2007.
- ↑ Libelabo
- ↑ Composition de l'équipe de En temps réel
- ↑ « Laurent Joffrin, polémiste et psychiatre : Sancho Panza contre les moulins à vent » par Henri Maler pour Acrimed, 23 février 2009.