Michel Poniatowski

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Michel Poniatowski
Fonctions
Sénateur du Val-d'Oise
10 janvier 19891er octobre 1995
Député européen
17 juillet 197924 juillet 1989
Ministre d'État, ministre de l'Intérieur
7e ministre de l'Intérieur de la Ve République
28 mai 197429 mars 1977
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Jacques Chirac I
Raymond Barre I
Prédécesseur Jacques Chirac
Successeur Christian Bonnet
Ministre de la Santé publique et de la
Sécurité sociale

6e ministre de la Santé de la Ve République
5 avril 197327 mai 1974
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Pierre Messmer III
Prédécesseur Jean Foyer
Successeur Simone Veil
Député de la 1re circonscription du Val-d'Oise
3 avril 19676 mai 1973
Prédécesseur création de la circonscription
Successeur Yves de Kervéguen
Biographie
Date de naissance 16 mai 1922
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès 15 janvier 2002 (à 79 ans)
Lieu de décès Le Rouret (Alpes-Maritimes, France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique FNRI, PR, UDF, DLC
Profession Administrateur civil
Blason du Clan Ciołek

Michel Poniatowski, né le 16 mai 1922 à Paris et mort le 15 janvier 2002 au Rouret (Alpes-Maritimes), est un homme politique français d'origine polonaise. Résistant, député et maire de L'Isle-Adam, il est ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale de 1973 à 1974, ministre d'État, ministre de l'Intérieur de 1974 à 1977. Il est ensuite député européen et sénateur du Val-d'Oise. Proche de Valéry Giscard d'Estaing, il est l'un des dirigeants fondateurs de la FNRI, du Parti républicain et de l'UDF.

Origines[modifier | modifier le code]

Parent du dernier roi de Pologne (1764-1795) Stanislas-Auguste Poniatowski et du prince Joseph Poniatowski, maréchal de Napoléon Ier, Michel Poniatowski est le fils du prince Charles Casimir Poniatowski et d'Anne de Caraman-Chimay.

Par son père, il descend de Talleyrand (lui-même descendant de Colbert et d'Étienne Marcel[1]), du duc de Morny — demi-frère et premier ministre de Napoléon III, ainsi que de l'impératrice Joséphine par sa fille Hortense de Beauharnais — tandis qu'il compte parmi ses ancêtres maternels Pierre-Paul Riquet, ingénieur français qui au XVIIe siècle traça le canal du Midi.

Résistance et études[modifier | modifier le code]

Après avoir servi au 1er bataillon de choc pendant la Seconde Guerre mondiale et avoir été notamment parachuté en France occupée, Michel Poniatowski poursuit après la guerre des études supérieures et passe avec succès le concours de l'École nationale d'administration.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Affecté aux Finances, Michel Poniatowski commence sa carrière au Maroc puis comme attaché financier à Washington, D.C. (1956).

Il est le directeur de cabinet de Pierre Pflimlin, dernier président du Conseil de la Quatrième République avant le général de Gaulle. De 1959 à 1962, il est directeur de cabinet du secrétaire d'État Valéry Giscard d’Estaing, puis chargé de mission (1962-1965) et enfin directeur des Assurances (1963-1967) au ministère des Finances.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Partisan de l'Algérie française, il est élu député Républicain indépendant de la 1re circonscription du Val-d'Oise lors des élections législatives de 1967, remportées de justesse par la majorité. Dans le même temps, il devient secrétaire général de la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), dont il prend la présidence en 1975. Michel Poniatowski est élu maire de l'Isle-Adam en 1971. Il débat de son livre Cartes sur table dans Italiques avec Maurice Papon, Paul-Marie de la Gorce et Michel Rocard en 1972[2].

Ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale[modifier | modifier le code]

Du 5 avril 1973 au 27 mai 1974, il est ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale dans les deux derniers gouvernements Pierre Messmer.

Ministre d'État, ministre de l'Intérieur[modifier | modifier le code]

Considéré comme le principal organisateur de la victoire de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle de 1974, Michel Poniatowski est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur le 28 mai, suscitant un précédent de protocole, le premier des ministres par ordre de préséance n'étant plus alors le ministre de la Justice comme antérieurement.

Face aux menaces terroristes qui pèsent alors, il prend pour devise de « terroriser les terroristes » (formule reprise plus tard et souvent attribuée à Charles Pasqua), avec des moyens parfois spectaculaires[précision nécessaire].

Il fait supprimer les « fiches signalétiques » qui devaient alors être remplies chaque fois qu'on séjournait dans un hôtel, comme c'est encore le cas dans certains pays.

En août 1975, il envoie l'armée, épaulée par des blindés, pour chasser les militants corses emmenés par Edmond Simeoni et Marcel Lorenzoni qui occupent illégalement une cave viticole à Aléria. Il ordonne l'assaut au cours duquel deux gendarmes sont tués. Pour cette raison, il est accusé, avec le Premier ministre Jacques Chirac, de porter une grande part de responsabilité dans l'engrenage de la violence qui suit en Corse.

Fervent partisan du recours à la peine capitale, Michel Poniatowski déclare au sujet de l'affaire Patrick Henry : « Si j'étais juré, je me prononcerais pour la peine de mort ».

Après l'assassinat de Jean de Broglie, L'Express, en janvier 1977, puis Le Canard enchaîné, en 1980, publient des documents selon lesquels Michel Poniatowski aurait pu sauver le député giscardien, ayant été au courant des menaces de mort pesant sur lui. Sans preuves, Poniatowski avait publiquement présenté Patrick de Ribemont comme coupable dans cette affaire, acte qui a valu à la France de faire l'objet par la suite d'une condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme, Patrick de Ribemont ayant été mis hors de cause.

À la suite de l'échec de la majorité aux élections municipales de mars 1977, Michel Poniatowski quitte le ministère de l'Intérieur et ne fait plus partie d'aucun gouvernement. Il participa, en 1978, à la fondation de l'Union pour la démocratie française (UDF), dont il est président d'honneur.

Jusqu'en 1981, il est ambassadeur et représentant personnel du président de la République. Par la suite, le changement de majorité présidentielle fait passer sa carrière politique au second plan.

Fin de carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1979 à 1989, Michel Poniatowski est député au Parlement européen, où il préside la Commission du Développement et de la Coopération (1979-1984) puis la Commission de l’énergie, de la Recherche et de la technologie (1984).

Il approuve, en septembre 1983, la fusion de la liste RPR-UDF avec celle du Front national lors de l'élection municipale partielle de Dreux, déclarant : « Le danger fasciste en France ne vient pas de la droite, il vient de la gauche, dont c'est la vocation d'esprit et de méthode. Il faut donc voter contre les fascistes de gauche. »

Sénateur du Val-d'Oise de 1989 à 1995 suite au décès de Pierre Salvi, Michel Poniatowski continue ensuite à approuver la conclusion d'ententes électorales avec le Front national, en prenant l'exemple de l'alliance entre socialistes et communistes. Membre atypique de l'UDF, il est désavoué par son parti fin 1991, après avoir soutenu la conclusion d'accords avec le parti d'extrême droite pour les élections régionales de 1992 et les élections législatives de 1993.

En 1995, il apporte son soutien à la candidature présidentielle d'Édouard Balladur contre Jacques Chirac. Trois ans plus tard, il participe à la fondation de la Droite libérale-chrétienne de Charles Millon.

En 1999, il quitte sa mairie de l'Isle-Adam, par la suite occupée par son fils, Axel Poniatowski.

Famille[modifier | modifier le code]

Michel Poniatowski se marie le 28 février 1946, dans le 16e arrondissement, avec Gilberte de Chavagnac, avec laquelle il a quatre enfants :

  • Ladislas Poniatowski, né le 10 novembre 1946, homme politique et sénateur de l'Eure, marié en 1971 à Constance Guichard, journaliste et fille d'Olivier Guichard, avec laquelle il a trois enfants : Clémence, Alexis et Blanche ;
  • Isabelle, née le 9 février 1948, mariée en 1967 à Bertrand de Maigret, avec lequel elle a quatre enfants : Sonia, Stéphane, Caroline et Aurélia ;
  • Axel Poniatowski, né le 3 août 1951, homme politique et député-maire de l'Isle-Adam (Val-d'Oise), marié en 1977 à Anne Chatin, avec laquelle il a trois enfants: Sébastien, Margot et Ashley ;
  • Bruno, né le 10 août 1952, marié en 1974 à Alix de Montal, avec laquelle il a trois enfants : Julien, Roman et Gari.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'avenir des pays sous-développés, SEFI, Paris, 1954.
  • Histoire de la Russie d'Amérique et de l'Alaska, Horizons de France, Paris, 1958.
  • Talleyrand aux États-Unis, 1794-1796, Presses de la Cité, Paris, 1967.
  • Cartes sur table, Fayard, Paris, 1972.
  • Conduire le changement : [entretiens avec Alain Duhamel], Fayard, Paris, 1975.
  • L'avenir n'est écrit nulle part, éd. Albin Michel, 1978.
  • Louis-Philippe et Louis XVIII : autour du journal de Louis-Philippe en mars 1815, Perrin, Paris, 1980.
  • L'Histoire est libre, Albin Michel, Paris, 1982.
  • Talleyrand et le Directoire : 1796-1800, Perrin, Paris, 1982. Grand Prix Gobert 1983.
  • Garnerin : le premier parachutiste de l'histoire, Albin Michel, Paris, 1983.
  • Lettre ouverte au Président de la République, Albin Michel, Paris, 1983.
  • L'Europe ou la mort, Albin Michel, Paris, 1984.
  • Le Socialisme à la française, Albin Michel, Paris, 1985.
  • Talleyrand et le Consulat, Perrin, Paris, 1986.
  • Les Technologies nouvelles : la chance de l'homme, Plon, Paris, 1986.
  • Talleyrand et l'ancienne France : 1754-1789, Perrin, Paris, 1988.
  • Que survive la France, Éditions du Rocher, Monaco/Paris, 1991.
  • La catastrophe socialiste, Éditions du Rocher, Monaco/Paris, 1991.
  • Talleyrand. Les années occultées : 1789-1792, Perrin, Paris, 1995.
  • Mémoires, Plon (Paris)/Le Rocher (Monaco), 1997.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de la famille Poniatowski sont conservés aux Archives nationales sous la cote 340AP[3].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. voir ancêtres de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord sur la base de Roglo.
  2. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 19 janvier 1973
  3. Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]