Barack Obama

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Barack Obama
Barack Obama
Barack Obama
Nationalité États-Unis États-Unis
Naissance 4 août 1961
États-Unis Honolulu, États-Unis
Profession Avocat
Carrière
Parti(s) Parti démocrate
Plus haut poste (États-Unis États-Unis) Sénateur de l'Illinois
2005
Prédécesseur Peter Fitzgerald
Successeur en fonction

Barack Hussein Obama Jr.[1], né le 4 août 1961 à Honolulu, Hawaii, est un homme politique américain, sénateur de l'Illinois au Sénat des États-Unis depuis 2005. Obama est le candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2008 face à John McCain.

En mai 2008, le Time le classe troisième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde[2].

Sommaire

[modifier] Origines familiales, enfance et jeunesse

Barack (béni en arabe et swahili[3] ; cf. Baroukh en hébreu) est né le 4 août 1961 au centre médical de Kapiolani à Honolulu. Ses parents se sont rencontrés à Hawaii alors qu'ils étaient jeunes étudiants.

Son père, Barack Obama Sr. (1936-1982) est kenyan ; fils d'un guérisseur de l'ethnie Luo, il est éduqué dans la religion musulmane mais il est néanmoins athée[4]. Jeune cuisinier des colons d'Alego au bord du lac Victoria, il entre à l'école des missionnaires qui lui paieront ses études à Nairobi avant de l'envoyer poursuivre un cursus d'économétrie à l'université d'Hawaii où il fonde l'association des étudiants étrangers et obtient les meilleures notes de sa promotion[5].

Sa mère, Stanley[6] Ann Dunham (1942-1995), est née sur une base militaire du Kansas dans une famille américaine et chrétienne, mais est elle-même agnostique. Elle est l'enfant de Stanley et Madelyn Dunham.

Son père, après avoir combattu en Europe dans l'armée de George Patton pendant la Seconde Guerre mondiale, devient vendeur représentant en meubles. Sa mère a travaillé dans les usines aéronautiques de Wichita en 1941 pendant la guerre puis est devenue employée de banque. La famille Dunham déménage sans cesse, à la recherche de travail. Ils habitent successivement la Californie, le Kansas, le Texas, l'État de Washington avant de partir pour Hawaii en 1969. Stanley Ann y suit des études d'anthropologie à l'université d'Hawaii quand elle rencontre Barack Sr[7].

Par son grand-père maternel, Barack Obama a du sang cherokee. Selon les affirmations de Lynne Cheney à la télévision le 17 octobre 2007, Barack Obama aurait aussi une ancêtre commune avec le vice-président Dick Cheney : une Française, à la 8e génération. Il compte d'autres ancêtres français, originaires d'Alsace, Christian Gutknecht né en 1722 et Maria Magdalena Grünholtz, tous deux nés à Bischwiller[8],[9]. Il a également des ascendances anglaises, néerlandaises, allemandes et irlandaises. Un de ses arrière-grands-pères a émigré du comté d'Offaly en Irlande, au XIXe siècle.

Les parents de Barack Obama se marient en 1960. En août 1963, son père vient d'être accepté à l'Université Harvard et il part seul pour le Massachusetts car il est incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils. Le divorce sera prononcé en janvier 1964. Diplômé en économie en 1965, le père de Barack Obama repart ensuite au Kenya où il fonde une nouvelle famille. D'abord homme en vue dans le gouvernement kenyan de Jomo Kenyatta, il finit par s'opposer aux projets du président. Limogé, boycotté, il sombre dans la misère et l'alcoolisme avant de se tuer dans un accident de voiture en 1982[5]. Son fils ne le revoit qu'une seule fois.

Stanley Ann Obama se remarie ensuite avec un étudiant originaire d'Indonésie et la famille emménage à Jakarta où naît Maya, la demi-sœur de Barack Obama de neuf ans sa cadette. Barack vit 4 ans, de 1967 à 1971, en Indonésie. Lors de la campagne électorale pour l'investiture de 2008, l'éditorialiste néo-conservateur Daniel Pipes affirme qu'Obama aurait été un musulman pratiquant durant sa jeunesse en Indonésie[10]. Barack Obama raconte quant à lui avoir été scolarisé deux ans dans une école publique puis deux ans dans un cours catholique. Dans le dossier d'inscription à l'école publique, il aurait choisi parmi les 5 religions proposées, celle de son beau-père musulman[11]. À l'âge de 10 ans, il retourne à sa demande à Honolulu pour vivre chez ses grands-parents maternels, un couple modeste. Titulaire d'une bourse, il est scolarisé à l'école Punahou, une prestigieuse école privée d'Hawaii[12]. En 1974, sa mère, séparée de Lolo Soetoro, son second époux, le rejoint avec Maya et suit un troisième cycle d'anthropologie. Maya définit l'éducation que sa mère donne à ses deux enfants d'« idéaliste et exigeante »[13]. Trois ans plus tard, elle retourne en Indonésie dans le cadre de ses recherches universitaires mais Barack Obama refuse de la suivre[13]. Plus tard elle travaille pour la fondation Ford et le développement du micro-crédit[13]. Elle meurt en 1995 d'un cancer des ovaires.

Barack Obama raconte son enfance dans son autobiographie Les rêves de mon père[14].

[modifier] Études, famille et carrière professionnelle

Après le lycée, Barack Obama étudie deux ans au Collège occidental de Californie puis il entre à l'Université Columbia de New York. Il en sort diplômé en science politique et en relations internationales.

Il commence une carrière professionnelle à Chicago comme analyste d'affaires d'une grande compagnie financière. En 1984, il choisit de travailler comme animateur social dans le quartier noir défavorisé de Bronzeville. Il devient adjoint de Jerry Kellman un travailleur social chrétien, membre d'un réseau d'églises progressistes. Jusqu'en 1987, Barack Obama, surnommé « Baby Face » par les pasteurs locaux, arpente South Side pour aider les résidents à s'organiser dans la défense de leurs intérêts, pour obtenir le désamiantage des logements sociaux, l'ouverture de bureaux d'embauche ou pour lutter contre la délinquance des jeunes. C'est durant cette période que Barack Obama, élevé sans religion, se rapproche de l'Église unie du Christ, dirigée dans le quartier par le pasteur Jeremiah Wright et se convertit au christianisme.

Obama quitte Chicago en 1987 pour trois ans afin d'étudier le droit à la faculté de droit de Harvard (Harvard Law School) à Boston dont il sera diplômé magna cum laude. En 1990, il y devient le premier métis (noir et blanc) rédacteur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review, élu face à 18 autres candidats.

Barack et Michelle Obama en 2008
Barack et Michelle Obama en 2008

À la fin de ses études, au lieu de devenir adjoint au juge Abner Mikva, Barack Obama revient à Chicago pour devenir enseignant en droit constitutionnel à l'Université de Chicago[15] et entre dans un cabinet juridique spécialisé dans la défense des droits civiques.

En 1992, il épouse Michelle Robinson, juriste originaire de Chicago rencontrée en 1989 dans le cabinet d'avocats où il travaille et où elle est avocate associée. Le couple Obama aura deux filles, Malia Ann (née en 1999) et Natasha (née en 2002). Michelle Robinson-Obama est alors une avocate renommée, figure influente du Parti démocrate local et proche du maire de Chicago, Richard M. Daley. C'est elle qui va propulser la carrière politique de son époux[16] alors qu'il n'a, jusque là, milité activement que pour soutenir la candidature de Bill Clinton à la présidence des États-Unis et celle de Carol Moseley-Braun au Sénat.

[modifier] Carrière politique locale (1994-2004)

En 1996, Barack Obama est élu au Sénat de l'État de l'Illinois dans la 13e circonscription, couvrant les quartiers sud de South Side à Chicago, comprenant le quartier de Hyde Park. Il préside la commission de santé publique quand les démocrates reprennent la majorité au Sénat local.

Il soutient les législations en faveur de l'extension de la couverture médicale aux plus démunis, se fait le défenseur de la cause des homosexuels et fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le SIDA. Son mandat est marqué par sa capacité à obtenir, par le biais de compromis, l'assentiment des républicains sur des lois comme celles contre le profilage racial, la surveillance vidéo des interrogatoires de police ou un moratoire sur l'application de la peine de mort dans l'Illinois[17].

En 2000, il tente de se faire désigner aux primaires démocrates pour être candidat à la Chambre des représentants des États-Unis mais il est balayé avec 30 % des voix contre 61 % à Bobby Rush, le titulaire démocrate sortant et ancienne figure historique du Black Panther Party.

Barack Obama se fera aussi remarquer à l'échelle nationale en 2002 lorsqu'il refuse de cautionner les explications des néo-conservateurs au sujet d'une invasion nécessaire de l'Irak. Ce refus lui servira de référence tout au long de sa campagne pour l'investiture de l'élection présidentielle américaine de 2008 pour contrer ses adversaires[réf. nécessaire].

[modifier] Carrière nationale (2004-2008)

En juillet 2004, il se fait remarquer en prononçant un des discours clés de la Convention démocrate de Boston désignant John Kerry comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il y fait l'apologie du rêve américain, de l'Amérique généreuse en les reliant à ses origines familiales. Il en appelle à l'unité de tous les Américains et dénonce les « errements » et l'« extrémisme » diviseur de l'administration de George W. Bush.

Le 2 novembre 2004, après avoir balayé quelques mois plus tôt ses adversaires démocrates lors des primaires, Barack Obama est élu au Sénat des États-Unis avec 70 % des voix contre 27 % à son adversaire républicain, l'ancien ambassadeur et chroniqueur politique conservateur afro-américain Alan Keyes. Le score ne fut pas une surprise car pendant plusieurs mois, Barack Obama avait fait une grande partie de sa campagne électorale sans aucun opposant désigné contre lui à la suite du retrait en dernière minute de Jack Ryan, le candidat républicain qui avait lui-même succédé à Blair Hull, le vainqueur des primaires, tous deux étant englués dans des affaires scabreuses avec leurs épouses respectives. Ce n'est que deux mois avant l'élection, que Alan Keyes fut désigné comme candidat républicain en dépit du fait qu'il résidait au Maryland, n'avait aucun lien avec l'Illinois et qu'en 2000, il avait dénoncé le parachutage d'Hillary Clinton à New York.

Barack Obama succède alors au sénateur républicain sortant Peter Fitzgerald, qui n'avait pas reçu le soutien de son parti pour se représenter suite à des prises de position trop personnelles.

En décembre 2004, Barack Obama passe un contrat de 1,9 million de dollars avec une grande maison d'édition pour écrire trois livres dont l'un concernera ses convictions politiques et le second, co-écrit avec son épouse, serait destiné aux enfants.

Barack Obama a prêté serment comme sénateur le 5 janvier 2005 devenant le seul afro-américain à siéger au Sénat, et le cinquième de l'histoire.

[modifier] Campagne pour l'élection présidentielle de 2008

[modifier] Les élections primaires

Barack Obama en campagne électorale en Caroline du Sud en août 2007
Barack Obama en campagne électorale en Caroline du Sud en août 2007

Le 16 janvier 2007, il annonce la création d'un comité exploratoire en vue de lever des fonds pour une candidature à l'élection présidentielle de 2008 ; le 10 février 2007, il déclare sa candidature à l'investiture démocrate[18] et ce, malgré son inexpérience relative et la concurrence dans le camp démocrate d'Hillary Clinton, jusque-là favorite pour les primaires. Le 15 décembre 2007, il a reçu l'appui du prestigieux quotidien national, The Boston Globe[19].

Tout au long de l'année 2007, il a insisté sur le fait qu'il incarnait le changement et qu'il s'opposait à la politique partisane[20]. Sa candidature enthousiasme une partie des électeurs indépendants et des jeunes[20]. Il obtient le ralliement de nombreuses personnalités comme le sénateur John Kerry, les hommes d'affaires Warren Buffett et George Soros, les acteurs George Clooney, Matt Damon, Will Smith, Ben Affleck, Robert De Niro les actrices Halle Berry, Sophia Bush et Scarlett Johansson, la chanteuse Nicole Scherzinger, le rappeur Nas, la romancière Toni Morrison ou l'animatrice de télévision Oprah Winfrey, personnalité extrêmement influente dans son pays, notamment au sein de la communauté afro-américaine[21]. Le 21 avril 2008, il obtient également le soutien du cinéaste Michael Moore.

Le 3 janvier 2008, Barack Obama a remporté les élections primaires dans l'État de l'Iowa (les caucus) avec 38 % des suffrages exprimés, loin devant le sénateur John Edwards (30 %) et l'ancienne First Lady Hillary Clinton qui a obtenu 29 %[22]. Il réussit alors à imposer à la campagne des primaires, aussi bien démocrates que républicaines, le thème du « changement » (« Change »). Le 8 janvier, il perd dans le New Hampshire (37 %) contre Hillary Clinton (39 %) malgré des sondages l'annonçant grand favori avec 10 points d'avance[23]. Son discours de défaite est teinté d'espoir et de remotivation. De cette défaite Barack Obama tire son nouveau slogan : « Yes we can » (« Oui, nous pouvons »).

Barack Obama et sa famille à Springfield (Illinois) le 10 février 2007
Barack Obama et sa famille à Springfield (Illinois) le 10 février 2007

Après une polémique avec Hillary Clinton sur les droits civiques et les rôles respectifs de Martin Luther King et du président Lyndon Baines Johnson, il arrive de nouveau deuxième en nombre de voix, derrière Hillary Clinton, lors du caucus du Nevada du 19 janvier (51 % contre 45 %). Néanmoins Barack Obama obtient une majorité de 13 délégués contre 12 pour Hillary Clinton, raison pour laquelle il refuse de concéder sa défaite. Il évoque également des irrégularités dans le vote qu'il impute au camp Clinton, accusant Bill Clinton et sa femme, de déformer les faits à son encontre[24].

Le 27 janvier, sa très large victoire (55 % contre 27 % pour Hillary Clinton) lors des primaires de Caroline du Sud[25] relance sa candidature dans la perspective du Super Tuesday du 5 février.

Le 28 janvier, il obtient le soutien de Caroline Kennedy[26], ainsi que d'Edward Moore Kennedy et Patrick Kennedy[27].

Lors du Super Tuesday, le 5 février, Barack Obama remporte 13 États, face à 9 pour Hillary Clinton.

Le 2 février, Will.i.am enregistre Yes We Can, une chanson inspirée d'un discours prononcé par Obama, suite à la primaire du New Hampshire de 2008. Mixée avec des images et des extraits du discours, la chanson est interprétée par de nombreuses célébrités (la plupart des musiciens, chanteurs et comédiens états-uniens) à l'appui du sénateur Obama. La chanson a été produite par Will.i.am, le clip a été réalisé par Jesse Dylan, le fils du chanteur Bob Dylan[28].

Liesse populaire autour de Barack Obama lors d'un meeting dans le Connecticut en février 2008
Liesse populaire autour de Barack Obama lors d'un meeting dans le Connecticut en février 2008

Le 9 février, il remporte les États de Washington, du Nebraska et de Louisiane ainsi que les îles Vierges. Le lendemain 10 février, il remporte l'État du Maine. Le 12 février, en remportant les trois élections primaires démocrates en Virginie, au Maryland et dans la capitale fédérale Washington, Barack Obama prend un avantage dans la course aux 2 025 délégués nécessaires pour décrocher l'investiture démocrate. Avec 1231 délégués, il devance dorénavant Hillary Clinton (1196 délégués), s'adjugeant au passage la confiance non seulement d'une bonne partie de l'électorat afro-américain mais aussi celui des personnes âgées (53 % contre 47 % à Hillary Clinton) et des femmes (58 %) ; les Blancs demeurent plutôt favorables à Hillary Clinton (48 % contre 51 %)[29]

Le 19 février, il gagne les primaires dans le Wisconsin et à Hawaï, signant là dix victoires consécutives sur Hillary Clinton.

Le 22 février, avec plus de 65 % des voix, le sénateur de l'Illinois, Barack Obama a largement remporté la primaire des démocrates expatriés. En France, il dépasse la barre des 70 %[30].

Le 4 mars, il gagne dans l'État du Vermont mais perd dans l'Ohio et le Rhode Island. Au Texas, il obtient plus de représentants à la convention que Hillary Clinton (99 contre 94). Il conserve une avance de plus de 100 délégués.

Il remporte les primaires du Wyoming le 8 mars, puis celles du Mississippi 3 jours plus tard.

Le 22 avril, Hillary Clinton remporte la primaire de Pennsylvanie[31]. À ce moment, la campagne de Clinton, qui ne pouvait se permettre d'accroître davantage son retard, bénéficie d'un second souffle aux dépens de celle de Barack Obama. Ce dernier a été fragilisé dans l'opinion par son attitude ambiguë à l'égard des dérapages verbaux de son ancien pasteur, le communautariste Jeremiah Wright[32], ainsi que par des accusations d'élitisme.

Ainsi, le 3 mai, il remporte avec seulement 7 voix d'écart les caucuses de Guam, île du Pacifique, avec 50,08 % des voix contre 49,92 % pour Hillary Clinton.

Le 6 mai, il remporte l'État de Caroline du Nord avec 56 % des voix mais perd avec 22 000 voix d'écart dans l'Indiana (49 % des voix)[33].

Le 13 mai, Hillary Clinton remporte la primaire en Virginie-Occidentale avec 67 % des voix contre 26 % pour Barack Obama. La candidate bénéficie d'un vote massif des électeurs blancs et modestes, très nombreux dans cet État[34]. Obama peut néanmoins rattraper son retard auprès de cette dernière catégorie d'électeurs et auprès des « cols bleus » (ouvriers blancs) grâce au ralliement de poids de John Edwards, annoncé dès le lendemain de la primaire de Virginie-Occidentale[35].

À ce stade des primaires, les cinq dernières consultations à venir seront d'une importance toute relative, aucun des deux candidats ne pouvant obtenir la majorité qualifiante des délégués ordinaires, tandis que les super-délégués, qui restent partagés entre Obama (282), Clinton (273) et l'indécision (environ 240), auront probablement le dernier mot lors de la Convention démocrate du mois d'août. Certains observateurs misent cependant sur un retrait de Clinton avant la fin du processus[36].

Le 20 mai, Obama et Clinton remportent l'un et l'autre une primaire. Le premier s'impose dans l'Oregon (58 % des voix), la seconde dans le Kentucky (65 % des voix)[37].

Le 30 mai, il quitte l'Église unie du Christ suite aux polémiques engendrées par les propos du pasteur Wright et du révérend Michael Pfleger. Obama était membre de cette église depuis une vingtaine d'années[38],[39].

Le 3 juin, à l'issue des dernières primaires (Montana et Dakota du Sud), il atteint le seuil requis des 2118 délégués, ainsi que le soutien de nombreux super-délégués[40]. Malgré la revendication par Clinton de la majorité du « vote populaire » (en nombre de voix de militants) et le refus de la sénatrice de se déclarer vaincue, Obama est désormais quasiment assuré d'être désigné candidat à la Maison blanche lors de la convention démocrate de la fin du mois d'août.

Le 7 juin, Hillary Clinton « suspend » sa campagne à l'investiture démocrate et apporte son soutien à Barack Obama dans sa campagne présidentielle contre le républicain John McCain[41].

Obama est le premier Afro-Américain à briguer le poste de président pour le compte d'un parti majeur[42]. Le 27 août, troisième jour de la Convention démocrate à Denver, il est officiellement investi par acclamation après interruption du roll call, sur requête de la sénatrice Hillary Clinton.[réf. nécessaire]

[modifier] Doctrine politique

Barack Obama est considéré comme un homme politique pragmatique, adepte du compromis pour faire avancer ses idées et ses projets et capable de rassembler diverses catégories de l'électorat, même si ses votes au Congrès l'ont classé à gauche du parti[43].

En matière de politique étrangère, il est présenté comme un partisan de la realpolitik et prend pour modèle James Baker, saluant la politique étrangère américaine menée sous la présidence de George H. W. Bush. S'il veut être plus ferme à l'égard du programme nucléaire de la Corée du Nord, ses principales propositions sont un retrait en 16 mois des troupes américaines de combat d'Irak, qui commencerait dès sa prise de fonction s'il était élu président des États-Unis, et le commencement d'un dialogue "sans préconditions" avec l'Iran[44]. Concernant les relations avec Israël et avec les palestiniens, après avoir été ambivalent, il prononçait, le 4 juin 2008 à la conférence du lobby pro-israélien Aipac (American Israel Public Affairs Committee) un discours dans lequel il apportait son soutien au statut de Jérusalem, comme capitale indivisible d'Israël[45].

En politique intérieure, il est partisan de la peine de mort pour les crimes les plus graves dont les viols d'enfants[46] estimant que « la communauté est fondée à exprimer la pleine mesure de son indignation » mais il propose cependant de réduire les circonstances aggravantes qui rendent ces crimes éligibles pour l'exécution de son auteur. De surcroit il milite pour corriger les problèmes qui découlent de son application[47]. Il se déclare également en faveur du 2e amendement sur le droit de posséder des armes à feu mais reconnait l'utilité des « lois de bons sens pour empêcher les armes de tomber dans les mains d'enfants ou de membres de gangs[46] ». Favorable au droit à l'avortement, il est aussi pour les mariages gays et souhaite étendre les droits et avantages matrimoniaux aux personnes de même sexe, que ce soit au niveau de chaque Etat ou au niveau fédéral[48]. Il dénonce par ailleurs le nombre disproportionné d'afro-américains dans les prisons américaines et les couloirs de la mort.

En matière économique et sociale, il propose une réforme du système de santé américain permettant la mise en place, au niveau fédéral, d'une « assurance santé universelle » sans pour autant imposer une couverture santé obligatoire à l'exception des enfants[44]. Barack Obama préconise une hausse du salaire minimum qu'il veut voir indexé sur l'inflation[réf. nécessaire], des baisses d'impôts massives pour la classe moyenne (pour les personnes gagnant moins de 250 000 $ par an)[49], le recours au crédit d'impôt pour aider les ménages les plus modestes et a promis de renégocier le traité de libre-échange nord-américain (l'ALÉNA). Dans le contexte de la crise des subprimes et du poids des crédits, il souhaite protéger les citoyens américains contre les abus des prêts de toutes sortes. Il prévoit un plan de grands travaux publics sur dix ans, financés par le retrait des troupes combattives d'Irak[43].

Pour lutter contre le réchauffement climatique, il propose d'augmenter le prix de l'électricité, d'investir dans les biocarburants, les énergies alternatives[44],[50] et se déclare favorable à l'instauration d'un marché du CO₂ (obligeant les entreprise polluantes à racheter un "droit à polluer" auprès d'entreprises non polluantes)[43]. Comme son adversaire républicain à l'élection présidentielle, John McCain, il est plutôt favorable également au développement de l'énergie nucléaire comme solution aux problèmes climatiques mais sa position sur le sujet est devenue ambivalente durant la campagne électorale[51].

En matière d'immigration, s'il est favorable au renforcement des contrôles à la frontière mexicaine, il défend une régularisation des immigrés clandestins déjà présents auxquels il envisage l'octroi du permis de conduire[43].

Sur le financement des campagnes électorales, Barack Obama se déclare partisan d'un système de financement public et a indiqué, avant même sa déclaration de candidature, qu'il financerait ainsi sa campagne présidentielle si son rival républicain faisait de même. Cependant, en juin 2008, il est le premier des candidats à renoncer à ce type de financement lui permettant alors de continuer à collecter sans limitation des fonds privés[52]. Il est alors le premier candidat à se passer de ces fonds fédéraux depuis l'adoption par le Congrès des lois sur le financement des campagnes électorales, élaborées après le scandale du Watergate.

Concernant la sécurité nationale, il entend fermer le camp de détention de Guantánamo mais aussi, le cas échéant, lancer des opérations militaires contre Al-Qaida en Afghanistan mais aussi au Pakistan, sans recevoir l'aval de ce dernier[44]. Au nom de la lutte antiterroriste, il a approuvé la loi autorisant les écoutes des citoyens après avoir renoncé aux objections qu'il avait formulé concernant l'immunité que cette dispositon législative accordait aux compagnies téléphoniques[53].

[modifier] Campagne présidentielle

En juillet 2008, Obama se rend en Afghanistan, en Irak, en Israël, en Allemagne, où il prononce devant le Siegessäule et une foule enthousiaste un discours aux accents kennediens et reaganiens, en France et en Grande-Bretagne[54]. La presse popularise alors le néologisme d'obamania. John McCain qui, pendant ce temps, a reçu le dalaï-lama, reproche à son concurrent démocrate d'avoir préféré prononcer un discours devant « des foules d'Allemands obséquieux » aux dépens d'une visite au chevet de soldats américains soignés à Landstuhl (base américaine située près de Kaiserslautern)[55].

Dans une lettre adressée le 24 juillet 2008, Barack Obama regrette de n'avoir pu rencontrer le dalaï-lama du fait de ses voyages, et lui réaffirme son soutien, espérant que sa lettre et la rencontre avec le sénateur John McCain démontreront que l'attention et le soutien américain au peuple tibétain transcendent les divisions politiques. Obama se félicite aussi du dialogue entre les représentants du dalaï-lama et du gouvernement de la République populaire de Chine[56].

avec Joseph Biden, son colistier
avec Joseph Biden, son colistier

Le 23 août, Obama choisit le sénateur du Delaware Joseph Biden comme colistier dans la course à la Maison Blanche. Biden est président de la commission des Affaires étrangères au Sénat et sénateur depuis 1972. Son choix doit servir à donner l'image de l'expérience politique et plus particulièrement en politique étrangère[57].

Le 28 août, jour du 45e anniversaire du discours I have a dream de Martin Luther King, il est officiellement investi par le Parti démocrate, au stade Invesco à Denver[58].

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Barack Obama.

n:

Wikinews propose des actualités concernant « Barack Obama ».

[modifier] Notes et références

  1. (en) « The truth about Barack's birth certificate », my.barackobama.com. Consulté le 16 août 2008.
  2. Barack Obama - The 2008 TIME 100, mai 2008, Time. Consulté le 2 juin 2008
  3. Corine Lesnes, « Barack Obama, l'homme sans bagages », 4 janvier 2007, Le Monde. Consulté le 3 juin 2008
  4. (en) Article de Barack Obama My Spiritual Journey paru dans Time Magazine.
  5. ab Philippe Coste, « Qui est Barack Obama? », 17 janvier 2008, L'Express. Consulté le 23 juillet 2008
  6. Son père lui aurait donné ce prénom de garçon car il désirait avoir un fils.
  7. (en) Amanda Ripley, « The Story of Barack Obama's Mother », 9 avril 2008, Time avec CNN. Consulté le 9 juin 2008
  8. (de) Jürgen von Rutenberg, « Der deutsche Obama », 24 juillet 2008, Die Zeit. Consulté le 27 juillet 2008
  9. Barack Obama a des racines alsaciennes, 20 Minutes, par Philippe Wendling, 23 septembre 2008.
  10. (« Was Barack Obama a Muslim? », FrontPageMagazine.com, 24 décembre 2007)
  11. (en) Obama Debunks Claim About Islamic School sur le site du Washington Post
  12. Article sur la scolarité de Barack Obam à Punahou sur le site du Honolulu Star-Bulletin
  13. abc (en) Article du New York Times
  14. Barack Obama (trad. Danièle Darneau), Les rêves de mon père, Presses de la Cité, 19 mars 2008, 453 p. (ISBN 2-258-07597-1 et ISBN 978-2-25807-597-9)
  15. Il y reste conférencier jusqu'en 2005.
  16. Article de l'Express,ibid
  17. Article de l'Express n°2950, ibid.
  18. Obama entre dans la course, 12 février 2007, L'Express avec Reuters. Consulté le 9 juillet 2008
  19. Boston.com staff, « Globe endorses McCain, Obama », 15 décembre 2007, The Boston Globe. Consulté le 12 juillet 2008
  20. ab Corine Lesnes, « Coup d'envoi dans l'Iowa des primaires américaines », 3 janvier 2008, Le Monde. Consulté le 8 juillet 2008
  21. Pour qui roulent les "people" ?, 17 juin 2008, Le Figaro. Consulté le 7 juillet 2008
  22. Candy Crowley, Suzanne Malveaux, Jessica Yellin, « Obama wins Iowa as candidate for change », 4 janvier 2008, CNN. Consulté le 7 juillet 2007
  23. New Hampshire: Clinton et McCain vainqueurs, 9 janvier 2008, L'Express. Consulté le 24 juillet 2008
  24. Barack Obama rouvre les hostilités autour du rôle de Bill Clinton, 21 janvier 2008, 7s7 avec AFP. Consulté le 9 juin 2008
  25. (fr) « Barack Obama remporte la primaire démocrate de Caroline du Sud » sur Wikinews, 27 janvier 2008.
  26. Caroline Kennedy, « A President Like My Father », 27 janvier 2008, The New York Times. Consulté le 6 juin 2008
  27. Richard Hétu, « Kennedy passe le flambeau à Obama », 29 janvier 2008, Cyberpresse. Consulté le 31 mai 2008
  28. (en) New Celeb-Filled Music Video for Obama sur ABC News, 2 février 2008. Consulté le 3 février 2008
  29. L.S., « Obama se détache après les primaires du Potomac », 13 février 2008, Le Figaro avec AFP et AP. Consulté le 24 avril 2008
  30. Les expatriés démocrates ont voté Obama sur L'Express, 21 février 2008. Consulté le 19 mars 2008
  31. Caren Bohan, traduit par Gwénaelle Barzic, « Hillary Clinton a gagné en Pennsylvanie mais tout reste à jouer » sur L'Express, 23 avril 2008, Reuters. Consulté le 23 avril 2008
  32. Corine Lesnes, « Le candidat démocrate Barack Obama rompt avec le pasteur controversé Jeremiah Wright », 30 avril 2008, LeMonde.fr. Consulté le 9 juin 2008
  33. Etats-Unis: Obama large vainqueur en Caroline du Nord, Clinton gagne l'Indiana sur AFP, 7 avril 2008, AFP. Consulté le 7 avril 2008
  34. Steve Helber, « Hillary Clinton remporte la primaire en Virginie occidentale avec 67 % des voix » sur Le Monde.fr, 14 mai 2008, Le Monde avec AP. Consulté le 14 mai 2008
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Précédé par Barack Obama Suivi par
John Kerry

Candidat démocrate à la présidence des États-Unis
2008
-
Peter Fitzgerald

Sénateur américain de l'Illinois
depuis 2005
en cours de mandat

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