Vincent Auriol

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Vincent Auriol
Vincent Auriol, le 28 mars 1951.
Vincent Auriol, le 28 mars 1951.
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel français
5 mars 19591er janvier 1966
(ne siège plus à dater du 2 juillet 1960)
Président Léon Noël
16e président de la République française
16 janvier 194716 janvier 1954
(7 ans)
Élection 16 janvier 1947
Président du Conseil Paul Ramadier
Robert Schuman
André Marie
Robert Schuman
Henri Queuille
Georges Bidault
Henri Queuille
René Pleven
Henri Queuille
René Pleven
Edgar Faure
Antoine Pinay
René Mayer
Joseph Laniel
Prédécesseur Albert Lebrun
(Président de la République)
Léon Blum
(Chef du gouvernement provisoire)
Successeur René Coty
1er président de l'Assemblée nationale
3 décembre 194620 janvier 1947
Prédécesseur Lui-même
(Président de l'Assemblée constituante)
Successeur Édouard Herriot
2e président de l'Assemblée constituante
31 janvier 194627 novembre 1946
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Lui-même
(Président de l'Assemblée nationale)
Ministre d'État
21 novembre 194523 janvier 1946
Gouvernement Charles de Gaulle II
Ministre chargé de la Coordination des services ministériels à la Présidence du Conseil
13 mars 193810 avril 1938
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Léon Blum II
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
29 juin 193714 janvier 1938
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Camille Chautemps
Gouvernement Camille Chautemps III
Prédécesseur Marc Rucart
Successeur César Campinchi
Ministre des Finances
4 juin 193621 juin 1937
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Léon Blum I
Prédécesseur Marcel Régnier
Successeur Georges Bonnet
Député de la Haute-Garonne
10 mai 191431 mai 1942
21 octobre 194531 décembre 1947
Biographie
Nom de naissance Vincent Auriol
Date de naissance 27 août 1884
Lieu de naissance Revel, Haute-Garonne
Date de décès 1er janvier 1966 (à 81 ans)
Lieu de décès Paris (XVIe)
Nature du décès Insuffisance cardiaque, fractures répétées du col du fémur
Conjoint Michelle Aucouturier
Enfant(s) Paul Auriol
Diplômé de Faculté de droit et des lettres de l'université de Toulouse (Doctorat en droit)
Profession Avocat
Religion Athée

Vincent Auriol
Présidents de la République française

Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1er janvier 1966 à Paris, est un homme d'État français, président de la IVe République de 1947 à 1954.

Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938 dans les troisième et quatrième cabinets de Camille Chautemps, il occupe l'éphémère ministère chargé de la Coordination des services ministériels à la présidence du Conseil en 1938, dans le second cabinet de son ami Léon Blum.

Président de l'Assemblée constituante en 1946, puis de l'Assemblée nationale de décembre 1946 à janvier 1947, Auriol est élu président de la République française ; il est le premier à occuper ce poste sous la IVe République. Il ne renouvelle pas son septennat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Vincent Auriol est le fils unique de Jacques Antoine Auriol[1], boulanger, et d'Angélique Durand. À l'âge de dix ans, il perd l'usage de son œil gauche pour avoir mal ajusté la détente d'un pistolet à amorces pour enfant, il porte le restant de ses jours un œil de verre[2]. Licencié en droit en 1905 à Toulouse où il a suivi les cours de Jean Jaurès, puis docteur en droit, il exerce la profession d'avocat à Toulouse, et milite à la SFIO dès sa fondation. Ayant entendu Jean Jaurès à Toulouse, il devient socialiste et fonde avec Albert Bedouce (député de Haute-Garonne), le Midi socialiste. Créé en 1908, ce quotidien a eu une réelle influence dans la vie politique régionale du début du XXe siècle, du fait de la personnalité de certains de ses collaborateurs : Vincent Auriol lui-même, Albert Bedouce, Jean Jaurès, Alexandre Varenne, Paul Ramadier, etc. Outre l'édition toulousaine, il comprenait une vingtaine d’éditions locales couvrant les actuelles régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et plus partiellement le Limousin, l'Aquitaine et l'Auvergne[3].

En 1912, Vincent Auriol épouse la jeune Michelle Aucouturier, fille de Michel Aucouturier, leader ouvrier verrier de Carmaux (syndicaliste, ami de Jaurès et qui contribuera à sa carrière politique), avec laquelle il a un fils prénommé Paul. Ce dernier épouse l'aviatrice Jacqueline Douet.

De façon calculée et réfléchie, Auriol s'impose comme l'un des membres influents du parti dans le Sud Ouest après l'assassinat de Jean Jaurès.

Vincent Auriol député, en 1927.

Député de Muret (Haute-Garonne) de 1914[4] à 1940, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de ses principaux leaders. Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à long terme consentis par le gouvernement. L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet.

De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés.

On parle de lui pour prendre le poste de président du Conseil des ministres lors de la victoire électorale du Front populaire de 1936, mais il milite activement pour Léon Blum qu'il a soutenu dans tous les congrès. Ministre des Finances pendant le gouvernement du Front populaire, hostile aux accords de Munich, favorable à l'intervention en Espagne, il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. En contact permanent avec Blum entre mai et septembre 1940, c'est lui qui le fait cacher chez son ami Eugène Montel[5].

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter. Vincent Auriol est d'abord incarcéré à Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche) et entretient une correspondance avec Léon Blum, où il se montre tout à fait optimiste sur la victoire des démocraties face au nazisme et au fascisme. Vichy fait mener une enquête sur lui, mais le tribunal civil de Muret prononce un non-lieu. Il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée en août 1941. De sa maison, il conseille les socialistes résistants. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. Il écrit Hier et demain, qui sera publié en 1944 à Alger, et dans lequel il entame une réflexion sur les institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la IIIe République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion et se met au service du général de Gaulle. L'année suivante, il est président de la Commission des Finances de l'Assemblée consultative d'Alger[5].

Après la Libération[modifier | modifier le code]

En octobre 1945, usant de son entregent parisien[6], il est élu président du Conseil général de la Haute-Garonne. Du 21 novembre 1945 au 23 janvier 1946, Auriol est Ministre d'État dans le deuxième gouvernement du général de Gaulle. Il est élu le 21 octobre 1945 député à la première Assemblée constituante, dont il devient président le 23 janvier 1946, succédant à Félix Gouin élu à la présidence du gouvernement provisoire. Réélu député le 2 juin 1946, il continue de présider l'Assemblée constituante, chargée de mettre en œuvre la future Constitution.

Le 3 décembre 1946, l'Assemblée nationale, issue des élections du 10 novembre précédent, élit Vincent Auriol à sa présidence. C'est à ce titre que le 16 janvier 1947, il préside le Parlement réuni à Versailles pour l'élection présidentielle dont il sort vainqueur et qui met fin à son mandat à la tête de l'Assemblée nationale.

Président de la République[modifier | modifier le code]

À l'occasion de sa brillante victoire dès le premier tour à l'élection présidentielle de janvier 1947, Auriol devient le premier président de la IVe République, élu par le Parlement réuni en congrès à Versailles par 452 voix sur 883, contre 242 à son adversaire Auguste Champetier de Ribes.

Après son investiture à l'Élysée, le nouveau président de la République affiche clairement son ambition de faire du chef de l'État un véritable arbitre entre les différentes institutions nationales, n'entendant guère être un « président soliveau ». Pour autant, les crises ministérielles successives auxquelles est confrontée la fragile IVe République ne cessent pas : en première ligne, car étant le mandant du président du Conseil des ministres, le président Auriol est ainsi caricaturé dans de nombreux dessins de presse. Le dessinateur Jean Sennep, par exemple, met en scène, dans un dessin publié dans le Figaro du 9 septembre 1948, le président Auriol, vraisemblablement fatigué, rédigeant un emploi du temps quant aux personnalités nommées à la présidence du Conseil au jour le jour.

À l'occasion de son mandat, Vincent Auriol, soutenu par son épouse, fit remanier le palais de l'Élysée[5].

Auriol assuma la magistrature suprême jusqu'au 16 janvier 1954, date à laquelle son septennat, dont il ne souhaita guère le renouvellement, prit fin.

Après l'Élysée[modifier | modifier le code]

Il finit par souscrire à l'appel au général de Gaulle en 1958, mais, rapidement en désaccord avec Guy Mollet, il quitte la SFIO en 1958 et profite de son statut d'ancien président et de leader historique du socialisme français pour collecter des fonds auprès des partis membres de l'Internationale socialiste au profit du nouveau PSA.

En 1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960, pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil constitutionnel soit consulté. « Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6 novembre 1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi référendaire modifiant le mode d'élection du président de la République. Son soutien à la candidature de François Mitterrand, lors de l'élection présidentielle de décembre 1965, reste son ultime acte politique.

Décédé le 1er janvier 1966 à Paris, l'ancien président Auriol fut inhumé à Muret (Haute-Garonne).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions représentatives[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un collège-lycée porte son nom dans sa ville natale de Revel.
  • Un boulevard du 13e arrondissement de Paris porte son nom.
  • Une avenue porte également son nom à Floirac, en Gironde, dont la principale résidence se nomme « Fraternité ».

Citations[modifier | modifier le code]

« Comme la nation humaine s'élève au-dessus des provinces diverses et variées, la nation humaine doit s'élever et s'organiser au-dessus des nations indépendantes et associées. Les principes de l'organisation humaine doivent être les mêmes que ceux de l'organisation nationale. Ce sont les principes de la démocratie: liberté, égalité, fraternité. » (Discours à Alger, le 25 juillet 1944)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Hier et demain, 1944 (écrit pendant la Seconde guerre mondiale)
  • Journal du septennat, éd. Tallandier, 2004 (version complète)
  • Dix années d'administration socialiste 1925-1935, éd. Commune de Muret, 1935
  • Mon septennat 1947-1954, éd. nrf Gallimard, 1970

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Cuvillier, Vincent Auriol et les finances publiques du Front populaire ou L'alternative du contrôle et de la liberté : 1933-1939, Publications de l'université de Toulouse-Le Mirail, 1979
  • Éric Ghebali, Vincent Auriol : le Président citoyen. 1884-1966, éd. Grasset, 1998
  • Louis Mexandeau, Histoire du parti socialiste, éd. Tallandier, 2005
  • Gilles Morin, « Les socialistes dans les geôles de Vichy : à la recherche d'une parole libre », in Pierre Guidoni et Robert Verdier (dir.), Les Socialistes en Résistance, éd. Séli Arslan, 1999
  • Pierre Miquel, Les Quatre-vingts, éd. Fayard, 1995.
  • Olivier Wieviorka, Les Orphelins de la République, Seuil, 2001, (ISBN 2-02-034036-4)
  • Édouard Barthe, Le Combat d'un parlementaire sous Vichy, éd. Singulières, 2007, (ISBN 978-2-35478-005-0)

Les papiers personnels de Vincent Auriol sont conservés aux Archives nationales sous la cote 552AP [8]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Auriol désignerait à l'origine un loriot (qui lui-même vient de la forme l'oriot), de auriol, aurieul, du latin aureolus : « d'or », de aurum : « or ». Le nom évoque une comparaison à un loriot, soit en raison de la beauté de son chant, soit en raison de son infortune conjugale, sa couleur jaune or évoquant à l'époque un mari trompé. Il est cependant possible que la couleur dorée soit un symbole de majesté, indissociable de l'auréole. C'est d'autant plus plausible qu'au Moyen Âge il était fréquemment utilisé comme nom de baptême (prénom). Le nom est fréquent dans le Tarn et dans l'Aude, ainsi que dans les Pyrénées-Orientales. On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Doriot, Lorieu, Lorieul, Lorieux, Loriol, Loriot, Orieul, Orieult, Orieulx, Orieux, Orio, Oriot, Orrieux, etc. (Sources : Généanet.org/onomastique).
  2. http://www.lauragais-patrimoine.fr/HISTOIRE/VINCENT_AURIOL/VOYAGE-AURIOL.html
  3. Notice biographique de Vincent Auriol
  4. Député à la deuxième tentative.
  5. a, b et c Arnaud Folch, Guillaume Perrault, Les Présidents de la République pour les nuls, Editions Générales First,‎ 2011 (ISBN 2754020667), p. 165-176
  6. Guillaume Perrault, « Vincent Auriol », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 5 mai 2012, 16 min 36 s
  7. Généastar : Ascendants de Jules Vincent AURIOL
  8. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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