Valérie Pécresse
Valérie Pécresse, née Valérie Roux le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une femme politique française.
Diplômée de HEC Paris et de l'École nationale d'administration, elle enseigne à partir de 1992 le droit constitutionnel à l'Institut d'études politiques de Paris. Députée des Yvelines de 2002 à 2007, elle est nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Elle mène notamment à bien la réforme de l'autonomie des universités. De 2011 à 2012, elle est ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du gouvernement. À nouveau députée des Yvelines depuis 2012, elle devient début 2013 secrétaire générale déléguée de l’UMP.
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Biographie [modifier]
Naissance, études et cursus [modifier]
Valérie Anne Émilie Roux (épouse Pécresse) est la fille de Catherine Bertagna et de Dominique Roux, professeur à l'université Paris-Dauphine et président de Bolloré telecom depuis janvier 2007.
Elle étudie à l'Institution Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine[1]. Après une classe préparatoire au lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles, elle intègre HEC Paris, dont elle est diplômée en 1988. Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration (promotion Condorcet, 1990-1992), dont elle sort deuxième.
Catholique pratiquante[2], elle épouse Jérôme Pécresse en 1994[3]. Elle est mère de trois enfants[4].
De 1992 à 1998, elle enseigne le droit constitutionnel à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est également auditrice au Conseil d'État.
De 1993 à 1998, elle est aussi conseillère auprès du service juridique et technique de l'information (SJTI) et rattachée aux services du Premier ministre français.
De 1995 à 1998, elle est en poste comme commissaire du gouvernement auprès de la section du contentieux du Conseil d'État et secrétaire général du Conseil supérieur de l'Agence France-Presse (AFP).
Elle a été selectionnée pour faire partie des Young leaders de la Fondation franco-américaine[5].
Carrière politique [modifier]
Débuts [modifier]
Après la dissolution de l'Assemblée nationale et les législatives de 1997, elle est approchée par Lionel Jospin[6], mais préfère se tourner vers Jacques Chirac, et est alors nommée, en juillet 1998, conseillère chargée des études et de la prospective auprès de la présidence de la République française[7]. Son grand-père Louis Bertagna, gaulliste, ancien résistant, et psychiatre a été l'un des médecins de la famille Chirac et le psychiatre de Laurence Chirac, lorsque la deuxième fille de Jacques et Bernadette Chirac fut frappée d'anorexie à l'adolescence[8], et les Pécresse sont apparentés à Henri Belcour, ancien maire d'Ussel et suppléant de Jacques Chirac lorsque celui-ci s'est présenté à la députation.
Députée des Yvelines [modifier]
En 2002, Pierre Bédier et Henri Cuq lui proposent la succession du député de la deuxième circonscription des Yvelines, Franck Borotra, qui donne son accord pour la candidature de Valérie Pécresse dans sa circonscription. En juin, elle est élue au second tour députée, sous l'étiquette UMP, avec 65,11 % des voix[9]. À l'Assemblée nationale, elle devient une spécialiste des questions familiales — elle est rapporteur de la mission d'information sur la famille, s'implique fortement dans la réforme du divorce et contre les violences faites aux femmes — et est aussi membre de la commission des Affaires culturelles.
À partir de novembre 2002, elle est secrétaire générale adjointe de l'UMP, chargée des études et du centre d'études politiques. Alain Juppé déclare alors à son propos : « Elle a vocation à entrer dans un gouvernement[10] ». Elle est ensuite porte-parole de l'UMP au niveau national, avec Luc Chatel.
En mars 2004, elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France sur la liste conduite par Jean-François Copé.
Elle participe, comme rapporteur, en 2005-2006, à la mission parlementaire d'information sur la famille[11] sous la présidence de Patrick Bloche, député du Parti socialiste. Cette commission présente 100 propositions pour rénover le droit de la famille en vue de protéger l'enfant. Son rapport, intitulé L'enfant d'abord[12], est adopté par les seuls membres UMP et UDF de la mission[13].
Le Premier ministre Dominique de Villepin la charge, en juillet 2006, d'un rapport sur la conciliation vie familiale-vie professionnelle. Directrice de la revue de l'UMP Les débats de l'Union, adversaire résolue du Front national, elle défend, en avril 2006, dans le quotidien Le Monde, l'idée d'une « société métissée fière et énergique[14] ».
Ministre de l'Enseignement supérieur [modifier]
Le 18 mai 2007, à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse est nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement François Fillon[Note 1].
Elle conserve son poste dans le gouvernement François Fillon II, formé après les élections législatives de juin 2007, lors desquelles elle est réélue députée dans sa circonscription, dès le premier tour, avec 54,80 % des suffrages[15].
Au gouvernement, elle fait voter, dès 2007, la loi sur l'autonomie des universités (loi LRU), soutenue par la Conférence des Présidents d'université (CPU), mais contestée par une partie des universitaires et par des étudiants. Cette réforme est dès lors présentée par la droite comme l'une des principales réussites du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle met en place son plan de réforme du CNRS. Elle annonce en janvier 2008 un « plan campus », lui aussi contesté, qui doit faire émerger en France dix pôles universitaires d'excellence de niveau international. Début 2009, son projet de décret de réforme du statut des enseignants-chercheurs suscite à nouveau un mouvement de protestation.
Le 10 juin 2009, elle devient présidente de la fédération UMP des Yvelines en remplacement de Gérard Larcher. Proche de Pierre Bédier et d'Henri Cuq, elle soutient la candidature d'Alain Schmitz à la tête du conseil général des Yvelines malgré le soutien de Nicolas Sarkozy à Christine Boutin[16].
Elle remporte la primaire UMP pour l'élection régionale de 2010 en Île-de-France, le 22 mars 2009, avec 59,9 % des suffrages, contre le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi[17]. La liste qu'elle mène est devancée au second tour par celle du socialiste Jean-Paul Huchon, qui recueille 56,69 %[18]. Dans les Yvelines, où elle se présente, sa liste obtient 50,54 % des voix[19]. Le 22 mars 2010, elle est élue présidente du groupe de la Majorité présidentielle au conseil régional d'Île-de-France, succédant à Roger Karoutchi[20].
Elle conserve ses attributions ministérielles dans le gouvernement François Fillon III, formé le 14 novembre 2010.
Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement [modifier]
Le 29 juin 2011, à la suite de la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI, Valérie Pécresse est nommée ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État, en remplacement de François Baroin, nommé ministre de l'Économie. Elle devient également porte-parole du gouvernement, fonction qui était aussi occupée par François Baroin. C'est Laurent Wauquiez qui lui succède au poste de ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qu'elle a occupé pendant quatre ans.
Elle doit notamment faire face à la crise de la dette dans la zone euro.
En novembre 2011 à Bercy ouvrant un séminaire bilan de la RGPP, Révision générale des politiques publiques, elle prononce un discours qui revendique les économies réalisées depuis 2007 dans les dépenses de l'administration et annonce une généralisation de la politique de diminution de la dépense publique : « Mme Pécresse, qui les présentait, indiqua globalement que cet énorme effort, avait réduit de 150 000 postes la fonction publique d'État. Il a permis, selon son évaluation d'alors, d'économiser sur 5 ans, 15 milliards d'euros »[21]. Il s'agit en fait d'une projection puisque les chiffres officiels sont de 9,5 milliards d'euros entre 2008 et 2011 inclus[22]. Les analyses indépendantes de la Cour des comptes, de l'Assemblée nationale et du Sénat, mettent chacune en doute ces chiffres, faute de transparence[23].
Retour à la députation [modifier]
Elle est réélue députée lors des élections législatives de 2012. Lors du congrès de l’UMP de novembre 2012, qui voit s'organiser l’élection d’un président pour le parti, elle figure sur le ticket de François Fillon pour occuper le poste de secrétaire générale. Ce dernier est néanmoins battu par Jean-François Copé et le poste est attribué à la députée Michèle Tabarot. Néanmoins, après la constestation du scrutin et la crise qui s’ensuit au sein du parti, un accord est trouvé en janvier 2013 ; Valérie Pécresse devient alors secrétaire générale déléguée de l’UMP[24].
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Être une femme politique... c'est pas si facile !, éditions de L'Archipel, janvier 2007 (ISBN 2841879135 et 978-2841879137)
Dans ce livre elle défend notamment la garde alternée et la création d'une « contribution sociale pour la garde d'enfants ».
- Mieux articuler vie familiale et professionnelle (rapport au Premier ministre), La Documentation française, avril 2007 (ISBN 2110066202 et 978-2110066206).
- Directe, éditions de L'Archipel, novembre 2009
- Et si on parlait de vous ?, Paris, éditions de L'Archipel, janvier 2010 (ISBN 9782809802337)
- Controverses. Université, science et progrès, avec Axel Kahn, Paris, éditions NIL, mai 2011 (ISBN 978-2-84111-547-1)
- « Réformer », Etudes 9/2011 (Tome 415), p. 173-184 (lire en ligne).
Articles connexes [modifier]
- Liste des ministres français de la Recherche et des Technologies
- Liste des ministres français du Budget
- Liste de femmes ministres françaises
- Deuxième circonscription des Yvelines
- Conseil régional d'Île-de-France
- Club de la boussole
- Chaire d'excellence
Liens externes [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Son cabinet est dirigé par Philippe Gillet. Marie-Danièle Campion est directrice-adjointe de cabinet chargée des questions de vie étudiante et de revalorisation des carrières et Jean-Philippe de Saint-Martin, directeur adjoint de cabinet chargé des moyens et de l'évaluation.
Références [modifier]
- Elle obtient son baccalauréat à l'âge de 16 ans : « Valérie Pécresse, l'heure de l'autonomie », Le Figaro, 19 mai 2007.
- « Valérie Pécresse : Et Dieu créa la femme », Le Nouvel Économiste, 19 novembre 2004 : « Je suis catholique pratiquante. Mon catholicisme est sûrement à la racine de mon engagement politique. »
- Le 6 août 1994, elle épouse Jérôme Pécresse (vice-président exécutif d’Alstom et président du secteur Alstom Renewable Power Jérôme Pécresse
- Jérôme Pécresse, le mari de Valérie, Paris Match, 24 août 2010
- Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains
- « Valérie Pécresse, la guerrière », Le Parisien, 29 mars 2009.
- Journal officiel, 2 juillet 1998, p. 10079
- Pécresse, la femme d'action aurait «voulu être une artiste» dans Le Figaro du 5 août 2009
- Élections législatives de 2002 - résultats dans la deuxième circonscription des Yvelines sur le site du ministère de l'Intérieur.
- « Valérie Pécresse, à la recherche de l'autonomie » par Charles Jaigu, Le Figaro, novembre 2007
- Mission d'information famille et droits des enfants sur le site internet de l'Assemblée nationale, 27 janvier 2006
- « L'enfant d'abord, 100 propositions pour placer l'intérêt de l'enfant au cœur du droit de la famille », rapport à l'Assemblée nationale, 25 janvier 2006
- « Les parlementaires contre l’homoparentalité mais pour l’amélioration du PACS » sur FGL
- [1] Article du Monde, avril 2006
- Élections législatives de 2007, résultats dans la deuxième circonscription des Yvelines sur le site du ministère de l'Intérieur.
- Béatrice Jérôme, Le Monde, 5 juillet 2009
- « Régionales : Pécresse bat Karoutchi pour l'investiture UMP en Ile-de-France », Le Monde, 22 mars 2009.
- Élections régionales de 2010 - résultats en Île-de-France sur le site du ministère de l'Intérieur.
- Élections régionales de 2010 - résultats dans les Yvelines sur le site du ministère de l'Intérieur.
- « Pécresse fait le ménager au groupe UMP », Le Parisien, 9 avril 2010.
- Cf. J.-G. Malliarakis, Pour une libération fiscale, Trident, 2012, page 178.
- Rapport ministériel du 6e CMPP
- Après 4 années de RGPP, l’heure du 1er bilan in "La gazette des communes", septembre 2011. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux a atteint ses limites, selon un rapport parlementaire, in "Le Monde", 12 octobre 2011.
- « Hortefeux, Ciotti, Morano… L’organigramme complet de la direction de l’UMP », in lemonde.fr, 15 janvier 2013.
- Personnalité du Rassemblement pour la République
- Personnalité de l'Union pour un mouvement populaire
- Ministre français de la Recherche
- Ministre français du Budget
- Député des Yvelines
- Député de la XIIe législature de la Ve République
- Député de la XIIIe législature de la Ve République
- Député de la XIVe législature de la Ve République
- Conseiller régional d'Île-de-France
- Conseiller d'État français
- Élève de l'École des hautes études commerciales de Paris
- Élève de l'École nationale d'administration (France)
- Naissance en 1967
- Naissance à Neuilly-sur-Seine
- Porte-parole du gouvernement français
- Femme politique française
- Présidence de Jacques Chirac
- Young leader de la Fondation franco-américaine