1947

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Icône de redirection Cette page concerne l'année 1947 (MCMXLVII en chiffres romains) du calendrier grégorien. Pour les autres significations, voir 1947 (Chronologie de Dada et du surréalisme).

Années :
1944 1945 1946  1947  1948 1949 1950

Décennies :
1910 1920 1930  1940  1950 1960 1970
Siècles :
XIXe siècle  XXe siècle  XXIe siècle
Millénaires :
Ier millénaire  IIe millénaire  IIIe millénaire


Chronologies géographiques :
Afrique, Amérique (Canada (Alberta, Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Ontario, Québec, Saskatchewan et Yukon) et États-Unis) et Europe (Belgique, France, Italie et Suisse)


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Calendriers :
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Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Monument commémorant les événements du 29 mars à Madagascar
  • 10 février : l’Italie renonce à ses droits sur la Libye.
  • Nuit du 29 au 30 mars : un soulèvement insurrectionnel déclenché par les nationalistes activistes éclate à Madagascar contre le régime colonial français. Cent cinquante colons français sont tués. Le gouvernement Ramadier répond par une répression militaire qui fait plusieurs dizaines de milliers de morts. Levée de l’immunité parlementaire des députés malgaches membres du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), qui est dissous.
  • 8 avril[1] : conférence syndicale de Dakar sous l’égide de la CGT.
  • 24 avril : création du Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux[2]. La France installe une base secrète d'essais de fusées, près de Hammaguir (Algérie).
  • 4 septembre : le Soudan français est fixé définitivement dans ses frontières actuelles, avec la reconstitution de l’ancienne colonie de Haute-Volta.
  • 27 septembre : adoption du Statut de l'Algérie qui constitue désormais un groupe de trois départements bénéficiant de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Le gouvernement général est maintenu. L’Assemblée algérienne, aux pouvoirs limités, sera élue par deux collèges distincts (citoyens de statut civil français et musulmans assimilés d’une part, Algériens ayant conservé leur statut personnel d’autre part).
  • Grève en Gold Coast, au Kenya et au Tanganyika.
  • Refus d’une nouvelle Constitution par la minorité créole en Sierra Leone[6].
  • Mission à Londres du Nigérian Nnamdi Azikiwe, fondateur du National Council of Nigeria and the Cameroons (NCNC). Il adhère au programme fédéraliste du Secrétariat National Ouest-Africain.
  • AOF : Plan décennal de Modernisation et d’Equipement. Création du FIDES (Fonds d’investissement et de développement économique et social des territoires d’outre-mer).
  • Algérie : l’enseignement secondaire en arabe est dispensé à l’Institut Ben Babis de Constantine. Pour suivre un enseignement supérieur en arabe, les jeunes Algériens doivent se rendre aux universités de Tunis, du Caire, de Damas et du Koweït, considérée vers 1950 comme la plus moderne.

Amérique[modifier | modifier le code]

  • Agitation sociale au Chili. Le président Videla décrète l’État de siège et se défait de ses ministres communistes en avril. Le parti communiste obtient 18 % des suffrages aux municipales.
  • Le parti communiste est déclaré illégal au Brésil.
  • Inauguration de la grande aciérie de Volta Redonda au Brésil. Elle permet au pays de développer une industrie automobile nationale.

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Nombreuses grèves dans le secteur industriel pour demander des hausses de salaires.
  • 4,3 % de taux de croissance annuel moyen en 1947-1952.
  • Budget fédéral :
    • Recettes : 38,5 milliards
    • Dépenses : 34,5 milliards
    • Excédent de 4 milliards de dollars

Océanie et Pacifique[modifier | modifier le code]

  • 6 février[7] : fondation de la Commission du Pacifique Sud.
  • Mars[8] : le gouvernement australien lance un vaste programme d’immigration planifié ; il préconise la venue de dix immigrants d’origine anglo-celtique pour chaque immigrant « étranger ». Le peu de candidats originaires des îles Britanniques l’obligera à revoir ses prétentions à la baisse et à accepter la venue de centaines de milliers de migrants en provenance des Pays-Bas, d’Allemagne et de France, puis d’Italie, de Yougoslavie, de Grèce et de nombreux autres pays méditerranéens. Au milieu des années soixante, les portes s’ouvrent aux pays d’Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient.
  • L’Australie compte 7,4 millions d’habitants, dont plus de 70 % sont originaires de Grande-Bretagne et d’Irlande. Six millions de migrants s’installent en Australie à partir de 1946.

Asie[modifier | modifier le code]

3 mai : entrée en vigueur de la Constitution du Japon
  • 9 avril : départ des troupes américaines qui appuyaient les nationalistes chinois.
  • 25 avril (Viêt Nam) : Hô Chi Minh appelle à des négociations avec la France. Au cours de l’été, il cherche un compromis et remanie son gouvernement en éliminant les extrémistes (trois communistes seulement dans le gouvernement).
  • Avril (Birmanie) : l'AFPFL d'Aung San remporte, aux élections, 196 des 202 sièges de l'Assemblée constitutionnelle.
  • 16 juin : indépendance de la Birmanie, sans lien aucun avec le Commonwealth (officielle le 4 janvier 1948).
  • 20 juin : le Premier ministre indonésien Sjahrir démissionne et est remplacé par Amir Sjarifuddin le 3 juillet. De nombreux incidents se produisent entre les troupes hollandaises et indonésiennes. Les négociations en vue du règlement des questions économiques et pour l’application de l’accord de Linggarjati traînent en longueur.
  • Juin - juillet[13] : avec l’accession à l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, l’Afghanistan demande la tenue d’un référendum d’autodétermination dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest, peuplée essentiellement de Pachtouns. Les tensions entre les deux pays persistent pendant plusieurs années. Des affrontements sporadiques ont lieu entre les forces armées pakistanaises et des membres de la tribu pachtoune qui avaient créé, avec l’approbation du gouvernement afghan, un mouvement indépendantiste décidé à établir un État sous le nom de Pachtounistan ou Pathanistan.
  • 19 juillet (Birmanie) : U Saw, un rival politique nationaliste, fait assassiner le Premier ministre Aung San avec six membres du Conseil exécutif. Ce même jour, l'ordre de l'insurrection communiste armée arrive de Moscou et Pékin via Calcutta. U Nu, ancien dirigeant étudiant, appelé à diriger l’AFPFL et le gouvernement, succède à Aung San (4 janvier 1948). Il stabilise la situation (1949-1958).
  • 21 juillet : prétextant des violations de l’agrément Linggarjati, les Hollandais lancent une attaque contre la république indonésienne (« opérations de police ») et étendent leur contrôle sur les deux tiers de Java, les grandes plantations et les champs de pétrole de Sumatra.
  • 1er août (Indonésie) : des protestations aux Nations unies aboutissent à la formation d’une Commission des Bons Offices de l’ONU, qui préside à la signature des accords de Renville entre les deux parties (17 janvier 1948).
  • 14 - 15 août à minuit : India Independance Act prévoyant la partition de l’Inde. L’Inde et le Pakistan sont déclarés dominions indépendants dans le Commonwealth. Quelques jours plus tard, des massacres commencent au Panjab entre musulmans provoquant des exodes massifs.
    • La question des 554 États princiers est facilement résolue à trois exceptions prés : le Junâgadh, le Hyderabad et le Cachemire. Le Junâgadh, dans le Gujarat, est un petit État qui a un souverain musulman et une population de 700 000 habitants à majorité hindoue. Un soulèvement populaire permet à l’Inde de l’intégrer dans son territoire le 10 février 1948.
    • Le nizam, souverain musulman d’Hyderabad qui règne sur 17 millions d’habitants à majorités hindous, refuse de rejoindre l’Inde. Le gouvernement indien prétextera des menées d’une milice musulmane qui terrorise la population pour lancer une opération militaire qui se termine par la capitulation d’Hyderabad le 17 septembre 1948.
    • Le maharadjah du Cachemire signe un accord de statu quo en août. Devant l’invasion des tribus Pathan venues du Pakistan le 22 août, il opte pour l’Inde le 26 octobre. L’intervention des troupes indiennes contre les Pathan dégénère en guerre contre le Pakistan (1947-1949). L’Inde perd le Gilgit, rattaché de facto au Pakistan.
    • La partition se fait en fonction d’un pourcentage majoritaire des populations musulmanes ou hindoues par régions. De 10,5 à 14 millions de personnes sont déplacés, 500 000 sont massacrés ou meurent dans les camps.
  • Le gouvernement tibétain envoie une mission commerciale en Occident. Les États-Unis et la Grande-Bretagne reconnaissent l’indépendance du Tibet.
  • Le Parti communiste Indien anime une véritable guérilla dans le Télangana, la partie orientale de l’État de Hyderabad. Des centaines de soviets sont créés, qui saisissent les terres et les redistribuent. Ils n’hésitent pas à exécuter les féodaux musulmans.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

2 décembre : attaque d'un quartier commercial juif de Jérusalem pendant la Guerre civile en Palestine
  • 18 juillet : l’Exodus, qui tentait d’amener en Palestine 5000 émigrants juifs clandestins, est arraisonné par les Britanniques qui le renvoient en France. C’est le début d’un éprouvant périple qui se terminera en septembre à Hambourg où les troupes britanniques contraindront les passagers à débarquer.
  • Juillet (Égypte) : une plainte officielle est transmise à l’ONU. Mais les Britanniques sont appuyés par les États-Unis qui souhaitent leur présence dans la région.
  • 31 août : la commission d’enquête de l’ONU publie un rapport préconisant le partage de la Palestine en deux États, arabe et juif, et la création d’une zone internationale englobant Jérusalem et Bethléem. Elle demande une immigration juive immédiate de 150 000 personnes. Le mufti de Jérusalem fait savoir son accord à la solution du partage à condition qu’il prenne la direction de l’État arabe.
  • 20 septembre : la Grande-Bretagne décide d’évacuer unilatéralement la Palestine sans aucune transmission de pouvoir.

Europe[modifier | modifier le code]

  • Hiver très rigoureux qui désorganise l’appareil productif au Royaume-Uni (2,3 millions de personnes en chômage technique en février) et fragilise l’économie.
  • Une vaque de chaleur d'ampleur exceptionnelle affecte de début juin à fin août l'ensemble du continent européen. La période entre le 22 juillet et le 4 août est, est considérée, selon Météo-France[15], comme « l'épisode caniculaire le plus intense depuis l'après-guerre, après la canicule d'août 2003. » Paroxysme du démantèlement des glaciers dans les Alpes.
  • Le déficit de la balance des paiements atteint 582 millions de £.
  • 1er janvier : mise en place de la bizone en Allemagne. Entrée en vigueur de l’accord américano-britannique sur la fusion économique des deux zones d’occupation.
  • 16 janvier : élection de Vincent Auriol à la présidence de la IVe République en France.
  • 3 mars : le gouvernement grec demande l’aide des États-Unis pour lutter contre la guérilla communiste.
  • 4 mars : traité de Dunkerque entre la France et la Grande-Bretagne contre toute renaissance du militarisme allemand.
  • 12 mars : le président Truman demande au Congrès des États-Unis l’octroi d’une aide économique et militaire à la Grèce et à la Turquie.
    • 74 000 tonnes de matériel militaire sont envoyées en Grèce par les États-Unis dans les cinq derniers mois de l’année. Deux cent cinquante instructeurs militaires commandés par le général James Van Fleet entraînent l’armée grecque. Van Fleet initie la politique d’expulsion forcé de milliers de grecs de leur région d’origine vers les campagnes pour affaiblir et isoler les rebelles.
  • 5 mai : renvoi des ministres communistes du gouvernement en France.
  • 18 mai : constitution de la Rhénanie-Palatinat.
  • 28 mai (Allemagne) : les anglo-américains créent dans leur zone d’occupation un conseil économique élu, doté de certains pouvoirs législatifs. Les bases d’un État allemand commencent à se mettre en place.
  • 5 juin : annonce du plan Marshall, en vue de la reconstruction économique de l'Europe et pour lutter contre le communisme (discours de Harvard). Le secrétaire d’État George Marshall propose à l’Europe un plan d’aide économique et de stabilité politique mis au point par Kennan. Ce plan pourrait en principe s’appliquer aux pays de la zone d’influence soviétique. 12,5 milliards de dollars seront consacrés à la reconstruction de l’Europe du 1er avril 1948 au 30 juin 1952.
  • Juin : importante vague de grèves ouvrières en France.
  • 15 décembre : la Sarre est détachée politiquement de l’Allemagne. La politique étrangère et la défense seront prises en charge par la France.
  • 17 décembre : les tribunaux britanniques statuent que l'usage d'appareils contraceptifs peut justifier une demande en annulation de mariage.
  • Reprise de la répression antirépublicaine en Espagne (1947-1948).
  • Royaume-Uni : modification de la doctrine conservatrice en 1947-1948 par l’adoption de « chartes » (Chartes de l’industrie, de l’agriculture, de l’empire) par lesquelles le parti se rallie aux principales réformes, en particulier à un interventionnisme modéré de l’État au nom du plein emploi.

Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

  • 19 janvier : le « bloc démocratique polonais » obtient 90 % des voix aux élections législatives en République populaire de Pologne. Le Bloc est constitué par le parti socialiste, le parti communiste (Parti ouvrier unifié polonais) et le parti démocrate de Władysław Gomułka. Décidé à introduire un régime socialiste, Gomulka tient à conserver au gouvernement polonais toute sa liberté d’action. Il résiste aux injonctions staliniennes.
  • Janvier - février (Hongrie) : action de la police politique hongroise, l’ÁVO, puis ÁVH. Elle exerce d’abord contre les criminels de guerre et les fascistes, puis contre tous les « ennemis intérieurs » et autres « suspects », désignés par la direction du Parti communiste. Elle dénonce « la conspiration de la communauté hongroise » : certains chefs du Parti des petits propriétaires sont accusés de conspiration et arrêtés par les communistes.
  • Avril (Royaume de Roumanie)  : mesures pour contrôler l’économie, soumise à l’inflation galopante, au marché noir et à la fuite des capitaux : un grand ministère de l’économie est confié à Gheorghiu-Dej, création des « offices industriels » pour la répartition des produits, loi « anti-koulak » dans les campagnes, qui donne à l’État la préemption d’achat des terres, développement des coopératives de machines agricoles.
  • Juin : la Roumanie refuse l’aide Marshall et le PCR propose un plan de six mois visant à porter la production industrielle à 70 % du niveau de 1938.
  • 2 juillet : l'URSS annonce qu'elle refuse le Plan Marshall.
  • 29 juillet, Roumanie  : le Parti national paysan est interdit, et son chef, Iuliu Maniu, est condamné à la détention à perpétuité en octobre.
  • Juillet :
    • en Tchécoslovaquie, Edvard Beneš, qui souhaitait accepter le plan Marshall proposé par les Américains, est contraint d’y renoncer sous la pression des Soviétiques. À l’intérieur, la baisse d’influence des communistes accroît la tension à l’approche des élections prévues en mai 1948;
    • l’Assemblée législative hongroise est dissoute.
  • 1er août : lancement d’un plan de reconstruction de trois ans en Hongrie.
  • 15 août : une réforme monétaire (1 leu nouveau pour 20 000 lei anciens) est adoptée en Roumanie, diversifiant les plafonds de change suivant les catégories sociales : bourgeois et paysans se voient dépouillés de leurs liquidités.
  • 16 août (République populaire de Bulgarie) : le chef du parti agrarien bulgare est condamné à mort et le parti est interdit à la fin du mois.
  • 31 août : un nouveau Parlement est élu en Hongrie, dominé par les communistes (22 % des suffrages), alliés aux socialistes. Le Parti des petits propriétaires, jusqu’alors majoritaire, n’obtient que 15 % des voix. Gouvernement de coalition de Dinnyés.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 1947 en France.

Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 1947 en Italie.

Suisse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 1947 en Suisse.

Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]

Arts et culture[modifier | modifier le code]

Naissances en 1947[modifier | modifier le code]

Décès en 1947[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]