Big Brother Awards

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Caméra de surveillance à Londres

Les Big Brother Awards (Prix Big Brother), est une cérémonie de remise de prix à destination « [des] gouvernements et [des] entreprises… qui font le plus pour menacer la vie privée ». La cérémonie est organisée par l'association Privacy International. Son nom vient du personnage emblématique de l'État policier d'Océania dans le roman 1984 de George Orwell. Ce prix existe dans une dizaine de pays.

En France[modifier | modifier le code]

En France, les gagnants se voient décerner un prix Orwell. Un prix Voltaire est également décerné à une personne ou une organisation qui s'est illustrée dans la défense de la vie privée. Les cérémonies ont été diffusées pendant plusieurs années sur Teleplaisance.org, puis, depuis 2009, en streaming sur internet par l'association Regarde à vue[1].

2013[2][modifier | modifier le code]

Après un arrêt de plus de deux ans[3], l'édition 2013 a eu lieu le 26/06/2013 à La Parole errante à Montreuil, elle a bien sûr été filmée[4].

  • Prix Orwell :
    • Orwell Localité : Le Conseil général de Seine-Saint-Denis pour le recueil décomplexé de données personnelles des "usagers" qui se présentent au service social.
    • Orwell Exécuteurs des basses œuvres : Deux candidats ex æquo :
    • Orwell Novlang : Orange Préférences pour avoir voulu mettre en place des outils de DPI (Deep packet inspection) de surveillance des activités internet privées de ses abonnés, sous couvert de leur proposer de meilleures publicités ou services.
    • Orwell Entreprise :
    • Orwell État & Élus : Marielle Gallo, députée européenne, pour son acharnement à faire passer les entreprises avant nos données personnelles.
    • Orwell Ensemble de son œuvre : Philippe Vannier, PDG de Bull, et son associé Stéphane Saliès, pour disséminer des technologies de surveillance de masse dans des pays qui peuvent ainsi réprimer leurs populations.
  • Prix Voltaire :
    • Prix de la vigilance citoyenne : Isabelle de Léon[5], agent au Pôle emploi pour refus de participer à une formation au contrôle des papiers d’identité des demandeurs d’emplois.
  • Le Prism du Jury : À la dernière minute, le dossier PRISM a été disqualifié pour dopage.

2010[6][modifier | modifier le code]

  • Prix Orwell :
    • Orwell Novlang : Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, pour l'utilisation du terme « vidéoprotection » à la place de vidéo-surveillance, forme de « simplification de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État ».
    • Orwell Entreprise : BNP-Paribas, La Banque postale, LCL, la Société générale et toutes les banques qui « couvrent leurs employés qui dénoncent, aux services de la préfecture, des clients sans papiers venus à leur guichet. »
    • Orwell Localité : Christian Estrosi, maire de Nice, pour avoir « installé à Nice le plus dense et le plus cher système de vidéosurveillance de France. »
    • Orwell État et élus : Xavier Darcos et Luc Chatel pour la création de nouveaux fichiers nominatifs à l'Éducation nationale; ainsi que Éric Besson « pour avoir durci les quotas d’expulsions, refusé de mettre à l’abri des poursuites les personnes qui aident les migrants, et pour vouloir contourner le juge des libertés. »
  • Prix Voltaire :
    • Prix de la vigilance citoyenne : Pièce et main-d'œuvre, collectif créé à Grenoble, pour être « parvenu, avec des moyens rudimentaires, à contrer avec éclat la campagne d’acceptation des nanotechnologies organisée fin 2009 par le gouvernement via la Commission du débat public (CNDP). »

2009[7],[8][modifier | modifier le code]

  • Orwell Ensemble de son Œuvre : Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70 % en trois ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa « novlangue » avec sa promotion de la vidéosurveillance (« vidéoprotection »), ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un « ennemi intérieur ».
  • Mention spéciale :
    • Frédéric Lefebvre, député et porte parole de l’UMP, pour son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses;
    • Le « Zélateur » anonyme, pour avoir confondu sa fonction d’agent de l’État ou de services publics avec celle d’auxiliaire de police, dénonçant des personnes sur simples suspicions, trahissant leur secret professionnel et mettant en danger de la vie d’autrui.
  • Orwell État et Élus : Le fichier RNCPS et le ministère du Budget, sous couvert de lutte contre la fraude aux prestations sociales, Éric Woerth veut créer un fichier central qui remet au goût du jour le funeste « projet SAFARI » des années 1970, menant à l’interconnexion massive des bases de données avec le NIR comme identifiant unique.
  • Orwell Entreprise : La Mutualité française, pour avoir milité avec ardeur, aux côtés des assureurs privés de la FFSA, afin d’accéder à certaines données médicales détenues par la sécurité sociale. Leur lobbying forcené a porté ses fruits en 2008.
  • Orwell Localités : Bertrand Delanoë et Christophe Caresche, mairie de Paris, pour avoir finalement succombé aux sirènes de la vidéosurveillance. Cette forme de surenchère avec le gouvernement pour s’acheter une moralité sécuritaire, laisse totalement de côté la question de son inefficacité et minimise les atteintes aux libertés.
  • Orwell Novlang :
    • Projet européen Humabio, ce projet de biométrie « multimodale » présente comme une « liberté » le fait d’utiliser des techniques d’identification basées sur le comportement (comme la démarche), alors que cela aura pour conséquences de pouvoir identifier une personne à son insu;
    • La Caisse nationale d’allocations familiales et sa méthode IGGACE, pour avoir utilisé, pour former ses agents à la détection de la fraude, une « méthode » issue de recherches policières, qui utilise l’« intelligence sémantique » pour débusquer « bien plus que le mensonge », à savoir « l’intentionnalité » du mensonge…
  • Prix Voltaire :
    • Mireille et Monique, bénévoles à Calais, Mireille est une mère de 11 enfants qui héberge des jeunes étrangers en situation irrégulière chez elle au risque d’être poursuivie, et Monique a été interpellée pour avoir apporté une aide matérielle régulière à des étrangers en situation irrégulière ;
    • Collectif Non à l’éducation biométrique de l’Hérault, pour s’opposer, avec un certain succès, à la prolifération des systèmes biométriques à l’école et avoir dénoncé les arguments déployés par les industriels pour conditionner les jeunes générations ;
    • L’appel des directeurs d’école contre l'application Base-élèves, en six mois plus de 180 enseignants et directeurs d’école primaires ou maternelles ont signé un appel à la désobéissance pour s’opposer au fichage précoce des enfants ;
    • Collectif Non à EDVIGE, pour être parvenu à mobiliser syndicats, citoyens et organisations de défense des droits de l’homme, récolté plus de 200 000 signatures contre le fichier Edvige, ce qui a poussé le gouvernement à reporter ses projets.

2007[9][modifier | modifier le code]

Claude Journès, président de l’université Lyon-II et professeur de sciences politiques spécialisé dans l’« analyse comparée des politiques policières », pour avoir dans « son » université une entreprise privée qui met au point des produits de surveillance, sous couvert de « valorisation de la recherche publique », les étudiants en seraient les premiers cobayes ;
  • Orwell Novlang :
L’émission Envoyé Spécial sur France 2 dont les équipes ont réalisé un reportage au sein de la police d'immigration de Brice Hortefeux. Privacy International juge que les journalistes ont « perdu leur sens du discernement face à des situations « autorisées », tendant à banaliser les procédures d'expulsion » ;
  • Orwell Ensemble de son œuvre :
Google Inc., pour la collecte de donnée personnelle à large échelle, l'association relève aussi leur refus de se soumettre à la réglementation européenne, et les accuse de filtrer les moteurs de recherche, de censurer politiquement les résultats, et de sélectionner de façon subjective les sources d'actualité ;
  • Voltaire de la vigilance :
Le collectif Refus ADN, collectif qui regroupe des personnes qui refusent de se soumettre au prélèvement génétique. Le collectif a été récompensé « pour son travail de résistance et d'information face aux prélèvements arbitraires d'ADN dans des affaires de droit commun ».

2006[10][modifier | modifier le code]

  • Orwell État : Jacques Lebrot, sous-préfet de Seine-Saint-Denis, pour le licenciement de 3 500 salariés travaillant dans les zones sensibles de l’aéroport de Roissy parce qu'ils pouvaient présenter un risque pour la sûreté aéroportuaire.
  • Orwell Entreprise : Sony pour son rootkit modifiant de façon assez profonde la configuration de Windows afin d'empêcher la copie de CD.
  • Orwell Localités : Paul Anselin, maire de Ploërmel (Morbihan), pour avoir installé (ou prévu l'installation) de 50 caméras dans une commune de 9 100 habitants malgré une faible délinquance, et accessoirement avoir mis en place un numéro vert pour inciter à la délation et surveiller les militants associatifs.
  • Orwell Novlangue : Frédéric Péchenard, directeur régional de la PJ, pour son encouragement à une inscription systématique au Fichier national automatisé des empreintes génétiques même des innocents au prétexte qu'ils pourront « être lavés de tout soupçon ».
  • Orwell Ensemble de son œuvre : Pascal Clément, garde des Sceaux, « pour son acharnement à vouloir contrôler et enfermer, pour son déni de la vie et du droit à des soins médicaux décents, et pour son mépris des institutions et des droits de l’homme ».
  • Classé ex-æquo pour le prix Voltaire les directeurs d'école qui refusent le fichier base-élèves et Pierre Muller, webmaster du site ordinateurs-de-vote.org[11].

Une mention spéciale a par ailleurs été accordée à Christophe Espern, animateur d’EUCD.info pour sa lutte contre les DRM et le projet de loi DADVSI.

2005[12][modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Charpin, Directeur de l'Insee, prix Orwell État, pour le projet INES (carte d’identité Nationale électronique sécurisée). Elle contient une puce RFID (Radio identification) et permet de faire le lien avec le Répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP).
  • La vidéosurveillance des salariés de Lidl, prix Orwell Entreprises, pour avoir installé 65 caméras de vidéosurveillance pour 60 salariés.
  • Commissaires Sénichault et Pagès (Carcassonne), prix Orwell Localités, pour leur « recensement et contrôle de la population SDF et assimilés », sans base légales.
  • Le Principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne, mention spéciale biométrie, pour son projet de bornes biométriques reposant sur l’empreinte de la main des enfants.
  • Le député Jacques-Alain Bénisti pour sa « prévention » de la délinquance, ex-æquo avec l'INSERM et ses « troubles de conduite de l'enfant », prix Orwell Novlang, pour les possibilités offertes par leur travaux d'identifier dès la maternelle de possible futurs délinquants.
  • Nicolas Sarkozy, prix Orwell pour l'ensemble de son œuvre.

2004[13][modifier | modifier le code]

  • Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé - Prix spécial du jury, pour la carte Vitale 2 et ses données biométriques, ainsi que la possibilité d'accéder à toutes les données médicales des Français, ce qui violerait le serment d'Hippocrate sur la confidentialité.
  • Députés Pascal Clément, Gérard Léonard et Georges Fenech - Orwell État et élus, pour leur principe législatif incluant une surveillance électronique mobile (« bracelet GPS ») en plus de la peine de prison.
  • Visiowave, filiale de TF1 - Orwell Entreprise, pour ses dispositifs permettant à la fois une vidéo-surveillance et la diffusion de publicité dans les transports publics
  • Michel Biard (maire de Vitry-le-François) et René-Paul Savary (président du conseil général de la Marne) - Orwell Localités, pour sa décision de recenser toutes les personnes qui avaient rencontré un travailleur social en 2003, ainsi que leurs troubles éventuels (alcoolisme, santé mentale, marginalité, etc.), sans déclaration à la CNIL. La base de données ainsi obtenue serait communiquée à divers organismes « pour estimer les besoins sociaux de la ville ».
  • GIXEL (Groupement des industries électroniques) - Orwell Novlang, pour son programme d'acceptation par la population des méthodes biométriques : Il suggère de commencer « dès le plus jeune âge » à la maternelle, et conseille que « les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants ». Il suggère également l'introduction de puces dans divers produits électroniques courants (téléphones portables, etc.)
  • Conseil Justice et Affaires Intérieures de l'Union Européenne (Fr, Al, It, Gr) - Orwell EU, ), la Commission européenne a publié une proposition d'introduction de biométrie dans les passeports, et d'un registre européen commun biométrique, contenant les empreintes digitales et « quelques autres informations limitées mais significatives »
  • Les ministres Daniel Vaillant (PS), Nicolas Sarkozy et Dominique Perben (UMP), pour l'extension des fichiers regroupant les criminels à d'autres catégories, dans le cadre des lois LSQ et LSI, et Perben 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]