Terra Nova (think tank)

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Terra Nova
Image illustrative de l'article Terra Nova (think tank)

Domaine d'activité généraliste
Création Mai 2008
Personnes-clés Olivier Ferrand, fondateur, ex- président
Michel Rocard, président du conseil scientifique
Orientation politique Gauche, Social-démocratie
Siège Paris, France
Financement privé
Budget env. 200 000 € (2010)
Publications essais, rapports, notes
Site web tnova.fr

Terra Nova se définit comme laboratoire d'idées de français, proche de la gauche, fondé en février 2008 et se voulant progressiste et indépendant. Il est toutefois signalé comme principalement proche du Parti socialiste[1]. Il entend produire et diffuser des projets politiques en France et en Europe.

Les trois objectifs prioritaires de cette fondation seraient :

  • Refonder la social-démocratie, et une « matrice idéologique » de gauche progressiste pour promouvoir ses idéaux traditionnels.
  • Etudier et proposer de résoudre des problèmes concrets, en faisant part de ses travaux à des chefs politiques, élus nationaux et responsables locaux, ainsi qu'à tous ceux mettant en œuvre des politiques publiques.
  • Se coordonner aux échelons européen et international avec des « think tanks » progressistespour promouvoir les réussites ou bonnes pratiques de ses partenaires européens, faire contribuer la France à l'essor éventuel de l'Europe et aider à faire émerger si besoin des idées-force européennes, comme le fut par exemple la sécurité sociale sous Bismarck.

Organisation[modifier | modifier le code]

Terra Nova regroupe un réseau d'environ mille spécialistes en domaines divers, issus de la fonction publique, du monde de l'entreprise et du réseau associatif[2][réf. insuffisante].

Le travail de Terra Nova se compose de long cours et d'analyses d'actualité. Elle publie des notes sur son site Internet (environ une par jour), les idées de long terme faisant l'objet de rapports[Où ?].

Événements, tables-rondes et débats publics sont régulièrement organisés entre autres par des cycles de conférences à la Bellevilloise, à la Mairie du IIIe arrondissement de Paris ou encore dans les locaux de Sciences Po. Terra Nova est aussi partenaire[Quoi ?] d'évènements comme le Forum Libération de Grenoble ou les Journées de Strasbourg avec le nouvel Observateur.

Ses antennes locales plus un réseau d'antennes étudiantes cherchent à développer un mouvement citoyen.

Direction[modifier | modifier le code]

La direction de Terra Nova est assurée par dix-sept personnalités issues du monde des idées, de l’entreprise, du monde associatif et de l’administration. Au sein du conseil d’administration de Terra Nova, elle réunit un président et un vice-président, un directeur scientifique, un directeur éditorial, un trésorier ainsi que onze administrateurs conseillers. La direction détermine la politique générale de Terra Nova et prend les décisions nécessaires à sa mise en œuvre.

  • Fondateur : Olivier Ferrand, mort à Velaux le 30 juin 2012, alors qu'il en était le président.
  • Président : François Chérèque[3].
  • Directeur général : Thierry Pech, ancien directeur de la rédaction du magazine Alternatives économiques et ancien directeur général des éditions du Seuil.
  • Vice-président : Jean-Philippe Thiellay.

Juliette Méadel, secrétaire nationale du PS, est jusqu'au 8 novembre 2013, date de son éviction, directrice générale[1].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Parmi les personnalités connues participant ou ayant participé à Terra Nova entre 2008 et 2010, se trouvent notamment[4] :

Pôles d'experts et diffusion des idées[modifier | modifier le code]

Les experts de Terra Nova représentent plus de 1000 personnalités progressistes, issus du monde de l’entreprise, de la fonction publique, de la recherche ou des milieux associatifs, et spécialistes des politiques publiques.

Ils sont répartis en plusieurs pôles d'expertise couvrant une grande partie du champ des politiques publiques, notamment « économie et finances », « affaires sociales », « économie verte », « éducation », « enseignement supérieur et recherche », « logement et politique de la ville », « sécurité », « immigration, intégration, non discrimination », « justice », « sport », « Europe », « affaires internationales ». Des groupes de travail sont régulièrement lancés, qui peuvent dépendre ou non des pôles.

La diffusion des idées de Terra Nova passe par un contact direct avec les responsables politiques et une présence active dans les médias. Elle passe également par une diffusion citoyenne large et la gratuité de ses publications et de ses événements. Cette diffusion peut s'incarner à travers la constitution d'antennes locales, par exemple étudiantes (Terra Nova étudiants, par exemple).

Financement[modifier | modifier le code]

Terra Nova est financée à 80 % par le mécénat d'entreprise et par la cotisation des adhérents.

Liste des mécènes ayant effectué un don à Terra Nova[5] :

Influence et controverses[modifier | modifier le code]

Les positionnements de Terra Nova ont suscité le débat au sein de la gauche française, qu'il s'agisse de la réforme des retraites[6], de la crise européenne, ou des stratégies électorales en vue de la présidentielle de 2012[7]. Terra Nova a été critiquée pour sa stratégie de financement dont une part importante provient de grandes entreprises, voir plus haut.

Le recentrage de la stratégie électorale en 2012 vers les jeunes, les femmes et les populations immigrée proposé par Terra Nova[8],[9] a également déclenché un certain nombre d'analyses critiques. Hervé Algalar­rondo, rédac­teur au Nouvel observateur fait ainsi remarquer dans son essai la Gauche et la Préférence immigrée (Plon, 2011): « la régularisation de tous les sans-papiers n’est pas seulement un mot d’ordre antirépublicain, dans la mesure où elle fait fi des pré­rogatives de l’État. C’est aussi, et plus encore, un mot d’ordre anti-ouvriers, dans la mesure où c’est, par nature, la catégorie sociale la plus touchée par l’arrivée de nouveaux migrants »[10]. La démographe Michèle Tribalat conteste également que cette stratégie de réorientation du Parti socialiste vers les populations immigrées soit réaliste, ces populations se montrant dans la réalité, selon elle, conservatrices et difficilement prêtes « à accepter les réformes sociétales défendues par la gauche »[11]. Thierry Pech a publiquement pris ses distances avec l'analyse défendue dans cette note[12].

De même, les analyses de Terra Nova à l'encontre de Nicolas Sarkozy ont aussi suscité des critiques, qu'elles traitent de redistributions fiscales profitant majoritairement selon elle aux entreprises et aux ménages aisés[13] ou de la politique de sécurité[14].

Terra Nova a été critiqué pour une supposée influence du « lobby bancaire »[1]. L'économiste Gaël Giraud motive son désengagement du think-tank ainsi: « J’ai cessé ensuite de venir aux réunions, qui n’aboutissaient à rien, des financiers étant tout le temps là pour empêcher la réflexion. »[15] Pour Laurent Léger, journaliste à Charlie Hebdo, en 2013, le poids des financiers est devenu considérable au sein de Terra Nova : BNP Paribas y siège, ainsi qu'Ernst et Young, un des principaux cabinets d'audit financier au monde. Mais le journaliste pointe tout particulièrement la banque Rothschild, également présente par le biais de l’un de ses associés au sein du conseil d'administration, Guillaume Hannezo, lequel « est omniprésent depuis juin 2012 et se montre particulièrement interventionniste, sans commune mesure avec les autres administrateurs »[16].

Cette controverse ne saurait résumer l'activité du think tank dans le domaine de la régulation financière. Laurence Scialom, professeur à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, est par exemple responsable du pôle régulation financière et a contribué en mars 2014 à une note sur la nécessité d'une Union bancaire au niveau européen, montrant que «  l’Union bancaire est une solution à la fragmentation de l’espace financier européen et au cercle vicieux entre crise souveraine et fragilité bancaire »[17].

Terra Nova a reçu le prix Think Tank français de l'année 2011 le 29 juin 2011 par l'assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie, l'observatoire français des think-tanks et le groupe de communication et de lobbying i&e[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Crise ouverte à Terra Nova , Mélissa Bounoua, nouvelobs.com, 1er novembre 2013
  2. http://www.tnova.fr/a-propos/experts
  3. Communiqué de presse à l'occasion du conseil d'administration de Terra Nova du 12 janvier 2013
  4. Terra Nova, une fondation pour refonder, Libération, 15 mai 2008
  5. Site de Terra Nova : les partenaires
  6. Olivier Sterdyniak tacle les propositions de Terra Nova sur les retraites, Henri Sterdyniak, 24 mai 2010
  7. Gauche marketing ou gauche sociale ?, Pierre Khalfa et Willy Pelletier, lemonde.fr, 21 juin 2011
  8. Gauche : d'une stratégie de classe à une stratégie de valeurs Le Monde, 10 juin 2011
  9. Alexander Zevin, Terra Nova, la « boîte à idées » qui se prend pour un think tank, Le Monde diplomatique, février 2010
  10. http://www.valeursactuelles.com/politique/terra-nova-ou-nouvelle-id%C3%A9ologie-socialiste20121026.html, Guillaume Desanges, Valeurs actuelles, 13 octobre 2011
  11. Théorie du genre et loi sur l'égalité des sexes : la stratégie Terra Nova de la gauche est-elle en train de se retourner contre elle ?, entretien, atlantico.fr, 30 janvier 2014
  12. Marianne, no 866, du 11 avril au 17 avril 2014
  13. Bilan fiscal du quinquennat : nouvelle querelle gauche-droite Les Échos, 7 mars 2012
  14. Sécurité : les propositions de Terra Nova raillées par Guéant Le Parisien, 2 novembre 2011
  15. Les paradis fiscaux dans l’enfer de Terra Nova, Laurent Léger, article paru dans Charlie Hebdo n°1123 du 24 décembre 2013
  16. Anne-Sophie Jacques, « Le banquier de Terra Nova contre les « lanceurs d'alerte autoproclamés » », sur @rrêt sur images,‎ 27 décembre 2013 (consulté le 30 décembre 2013).
  17. http://www.tnova.fr/note/union-bancaire-le-temps-joue-contre-nous
  18. Attac félicite Terra Nova pour son prix de think tank français de l'année 2011, Attac France, 6 juillet 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]