André Bord

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André Bord
André Bord aux journées parlementaires du RPRà Strasbourg le 29 septembre 1980.
André Bord aux journées parlementaires du RPR
à Strasbourg le 29 septembre 1980.
Fonctions
Député de la 2e circonscription du Bas-Rhin
30 novembre 195822 mai 1981
Successeur Jean Oehler
Biographie
Date de naissance 30 novembre 1922
Lieu de naissance Strasbourg (Bas-Rhin)
Date de décès 13 mai 2013 (à 90 ans)
Lieu de décès Holtzheim (Bas-Rhin)
Nationalité Drapeau : France Française
Parti politique UNR, UNR-UDT, UDR, RPR
Jacques Chirac et André Bord en septembre 1980.

André Bord, né le 30 novembre 1922 à Strasbourg (Bas-Rhin) et mort le 13 mai 2013 à Holtzheim (Bas-Rhin), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né à Strasbourg dans le quartier populaire du Schluthfeld, et élevé au sein d’une famille ouvrière, – son père Alphonse avait été mineur en Moselle puis grutier au Port du Rhin[1], André Bord étudie au Collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg. Il chante comme soliste à la manécanterie des Petits chanteurs du Schluthfeld et joue au basket et au football. Ses parents n’ayant pas les moyens nécessaires pour qu’il puisse faire de longues études il entre en apprentissage à la librairie, maison d’édition et imprimerie de livres religieux F.-X. le Roux & Cie à Strasbourg.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Réfractaire à l’incorporation de force lors de l’annexion de l’Alsace par les Nazis, André Bord rejoint en 1941 la Dordogne et les maquis du Sud-Ouest, agent P2 dans les réseaux « Andalousie » et « Martial »[2], il est arrêté en 1943 par la Gestapo mais est libéré faute de preuves puis une seconde fois par la milice. Il réussit à s’évader grâce à une action menée par ses camarades du maquis de Vergt en Dordogne. Il est condamné à mort par contumace par la Cour martiale de Limoges. André Bord participe au recrutement et à la mise sur pied des commandos qui composeront la brigade Alsace-Lorraine d’André Malraux (commando Verdun auquel il appartiendra, Valmy, Bir-Hakeim et Bataillon de Strasbourg). Il se trouve ensuite engagé dans les combats de la libération de l’Est de la France, en particulier dans les Vosges, Ronchampt, Ramonchampt, Froide-Conche, Bois-le-Prince, Ballersdorf, Dannemarie, et dans les combats défensifs sur le Rhin en janvier 1945 au moment de l’offensive de Von Rundstedt où il est encerclé avec le commando Verdun à Gerstheim pendant plusieurs jours. Avec certains de ses camarades, il réussit à franchir l’encerclement pour rejoindre la brigade Alsace-Lorraine à Plobsheim. Il termine la guerre par la Campagne d’Allemagne jusqu’en 1946[3].

Démobilisé, il retrouve son emploi à la librairie Le Roux, puis travaille un temps à la Compagnie française de navigation rhénane avant de se lancer dans la vie publique.

Veuf et remarié à Francine Heisserer, André Bord est père de deux fils, Pierre et Michel.

André Bord meurt le 13 mai 2013, à l’âge de 90 ans[4] dans la commune de Holtzheim, où il résidait et dont il était citoyen d’honneur[5].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Jacques Chirac avec André Bord et Gilbert Gress au Racing Club de Strasbourg en 1979.

Dès les années cinquante, André Bord entame une carrière politique qui lui fera occuper de nombreuses fonctions électives.

Élu député (UNR) en 1958, il est constamment réélu et siège à l'Assemblée nationale jusqu'en 1981. En 1961, il est élu conseiller général du Bas-Rhin, représentant le canton de Strasbourg-8 et préside cette instance de 1967 à 1979, date à laquelle il est battu dans son canton par Daniel Hoeffel.

André Bord est élu au conseil municipal de Strasbourg de 1959 à 1989. Le 15 décembre 1973 il devient le premier président du Conseil régional d'Alsace[6].

Il est également représentant de la France à l'Assemblée parlementaire européenne (devenue le Parlement européen) de 1961 à 1966 et député européen du 19 avril 1982 au 23 juillet 1984.

En outre, André Bord préside le Racing Club de Strasbourg de 1979 à 1985, qu’il conduit en Coupe d’Europe et dirigera pendant une quinzaine d’années la section omnisports du Club.

En 1981, André Bord devient conseiller personnel de Jacques Chirac pour les Affaires Européennes. Depuis 1986, il préside la Commission interministérielle de coopération France-Allemagne et depuis 2002 la Fondation Entente franco-allemande [7].

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Les obsèques de M. André Bord à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg le 18 mai 2013.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Les décorations de M. André Bord.

André Bord est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur par décret du 31 décembre 2006[8] et grand-croix de l'ordre national du Mérite en mai 2012[9],[10]. Il est aussi titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palmes, de la Médaille de la Résistance, de la Médaille de la France libre, de la Médaille d’Or de la jeunesse et des sports et de nombreux ordres étrangers, dont la Grande Croix du Mérite avec étoile dans l’Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.

Hommage[modifier | modifier le code]

Dans un communiqué, François Hollande, président de la République française lui rend hommage au lendemain de son décès en déclarant qu’« avec André Bord disparait un résistant de la Seconde Guerre mondiale, une figure de la politique alsacienne et un européen convaincu. (…) Des maquis du Sud-Ouest au banc des ministres, il s’est battu toute sa vie pour ses convictions et son pays[11]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Thomann, « André Bord », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, vol. 4, p. 302
  • André Bord : un état d’esprit (propos recueillis par Dominique Wirtz-Habermeyer), Le Verger, Illkirch, 1993, 224 p. (ISBN 2-908367-39-4)
  • Dominique Badariotti, Richard Kleinschmager et Léon Strauss, Géopolitique de Strasbourg : permanences, mutations et singularités de 1871 à nos jours, La Nuée Bleue, Strasbourg, 1995, 260 p. (ISBN 2-7165-0362-1) (nombreuses réf.)
  • Les 4 vérités d’André Bord par Alphonse Muller, Gérard Kieny et Jean-Claude Gonon, Éditions Coprur, 2012. (ISBN 978-2-84208-229-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « André Bord est décédé », sur le site des Dernières nouvelles d’Alsace, 14 mai 2013.
  2. Un agent P2 était un agent de renseignement qui travaillait à plein temps pour la Résistance.
  3. Biographie d’André Bord, sur le site de la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA).
  4. L'ancien ministre gaulliste André Bord est mort, Le Monde, 14 mai 2013.
  5. « André Bord, citoyen d’honneur », Bulletin municipal de la commune de Holtheim, pp 9-10. Consulté le 17 mai 2013.
  6. « André Bord, élu président du Conseil Régional d’Alsace », sur le site region-alsace.eu, consulté le 13 mai 2013.
  7. « Jacques Fortier « André Bord, figure du gaullisme et éternel “ministre alsacien” », sur le site lemonde.fr sur 14 mai 2013.
  8. Décret du 31 décembre 2006 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier publié au JORF du 2 janvier 2007.
  9. Décret du 2 mai 2012
  10. Kai A. Littmann, « Distinction suprême pour André Bord », sur le site eurojournal.net du 31 janvier 2013.
  11. Déclaration de M. François Hollande sur le site elysee.fr du 14 mai 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]