Jean-Jacques Aillagon

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Jean-Jacques Aillagon
Jean-Jacques Aillagon, en octobre 2003.
Jean-Jacques Aillagon, en octobre 2003.
Fonctions
Conseiller régional de Lorraine
31 mars 200421 mars 2010
Élection 28 mars 2004
Ministre de la Culture et de la Communication
7 mai 200231 mars 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Raffarin I et II
Prédécesseur Catherine Tasca
Successeur Renaud Donnedieu de Vabres
Biographie
Date de naissance 2 octobre 1946 (68 ans)
Lieu de naissance Metz (Moselle)
Nationalité française
Profession Professeur d'histoire-géographie

Jean-Jacques Claude Aillagon (Metz2 octobre 1946 (68 ans) – ), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Considéré comme un « proche » de Jacques et Bernadette Chirac, il occupe plusieurs directions culturelles à la Mairie de Paris, puis est nommé président du Centre Georges-Pompidou en 1996. Il quitte cette fonction pour devenir ministre de la Culture et de la Communication en 2002. Après avoir quitté le gouvernement en 2004, il est nommé, le 6 juin 2007, président de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, fonction qu'il exerce jusqu'au 30 septembre 2011. Il est élu le 14 février 2013, à la présidence des Arts décoratifs[1], dont il démissionne le 9 septembre 2013 pour des raisons personnelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Aillagon obtient une maîtrise d’histoire moderne [Quand ?][Où ?]. Il décroche ensuite un diplôme d’études approfondies en histoire de l’art de l’université de Paris X-Nanterre[Quand ?] : « Viollet-le-Duc et l’enseignement de l’architecture »[Quoi ?], puis un CAPES d'histoire-géographie [Quand ?][Où ?].

Carrière[modifier | modifier le code]

  • 1973-1976 : professeur aux lycées d’Égletons et de Tulle (Corrèze)
  • 1976 : chargé de recherche au Centre d'études et de recherches architecturales
  • 1976 : détachement au ministère de la Culture
  • 1977 : chef du service des archives de l'architecture à l'École nationale supérieure des beaux-arts
  • 1978 : chef du service des relations extérieures et des expositions à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts
  • 1981 : sous-directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts, chargé de l'action culturelle et scientifique
  • 1982 : administrateur du Musée national d'Art moderne au Centre Georges-Pompidou
  • 1985 : adjoint au directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris et directeur de l'Office d'information culturelle
  • 1988 : délégué général aux manifestations culturelles de la Ville de Paris
  • 1990 : coordinateur de la célébration du Centenaire de la naissance du général de Gaulle
  • 1992 : directeur général de la Vidéothèque de Paris
  • 1993 : Directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris
  • 1995 : élu président de l'Association des directeurs des affaires culturelles des grandes villes de France
  • 1995 : commissaire général de l'Année France-Égypte (1997-1998)
  • 1996 : nommé, par décret du 28 mars 1996, président du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou
  • 1996 : chargé par le Premier ministre d'une mission de réflexion pour l'organisation de la célébration, par la France, de l'entrée dans le troisième millénaire.
  • 1996 : nommé, par décret du 17 décembre 1996, président de la Mission 2000 en France
  • 1999 : reconduction, par décret du 26 mars 1999, à la présidence du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou
  • 2000 : création de l'Université de tous les savoirs au Conservatoire national des arts et métiers dans le cadre de la mission 2000 (ensemble de leçons magistrales à vocation encyclopédique)
  • 2002 : reconduction, par décret du 7 mars 2002, à la présidence du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (fonction quittée lors de sa nomination au gouvernement)
  • 2002-2004 : ministre de la Culture et de la Communication (voir plus bas)
  • 2004 : conseiller de François Pinault, président du groupe Artemis ; administrateur délégué et directeur du Palazzo Grassi à Venise.
  • 2004 : élu conseiller régional de Lorraine.
  • Septembre 2004: nommé membre du Conseil économique et social au titre des personnalités qualifiées dans le domaine économique, social, scientifique ou culturel[2].
  • 6 avril 2005 : élu administrateur puis président-directeur général de la chaîne de télévision TV5 Monde par son conseil d'administration. Le même jour il est nommé administrateur puis Président du Conseil d'administration de Canal France International, dont la direction exécutive est confiée à son Directeur général, Jean Mino. Sa nomination à la tête de TV5 Monde a été critiquée par le Syndicat national des journalistes sur le fondement de l'article 432-13 du code pénal. Néanmoins, le gouvernement a, préalablement à la désignation de Jean-Jacques Aillagon à la présidence de TV5, consulté le Conseil d'État qui a précisé que l'article 432-13 du code pénal n'est pas applicable à un ancien ministre. Le 3 mars 2006 il annonce sa démission prochaine[3].
  • Mars 2007 : il annonce publiquement qu'il tirera au sort le candidat à l'élection présidentielle qu'il parrainera. Le 9 mars, il annonce qu'il parrainera donc Olivier Besancenot, candidat de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), vainqueur du tirage au sort qui l'a mis en compétition avec sept autres candidats en manque de parrainage. Il a déclaré: « L'objectif de mon initiative était de mettre le doigt sur les limites du parrainage ».
  • 6 juin 2007 : par décret du président de la République, il est nommé président de l'Établissement public du musée et du domaine national de Versailles (Journal officiel no 0131 du 07/06/2007)
  • 4 juin 2010 : l'Élysée fait savoir que le mandat de Jean-Jacques Aillagon sera reconduit (décret du 10 juin, Journal officiel du 11 juin 2010). Xavier Darcos, quittant le gouvernement fin mars 2010, avait été un moment approché pour lui succéder.
  • Octobre 2011 : Jean-Jacques Aillagon, qui a atteint, à 65 ans, l'âge officiel de la retraite dans le service public, doit quitter la présidence du château de Versailles. Il est remplacé par Catherine Pégard, ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy[4].
  • 8 mars 2012 : Jean-Jacques Aillagon apporte son soutien à François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle dans une tribune publiée dans Libération[5].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il vit ses premières années à Champigneulles.

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Deux mois avant son entrée dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, il évoque son coming out[6] dans une interview publiée dans Le Monde du 18 mars 2002, expliquant : « En affirmant ma liberté de vivre ma sexualité, et ce dans un contexte historique, géographique (la province), et dans un contexte familial très répressif, j'ai agi politiquement. Au-delà de mon sort, c'est la situation de tous les homosexuels qui était concernée par mon engagement. »

Il a été marié et son fils Thomas Aillagon a été nommé en octobre 2012 par Aurélie Fillipetti, chef du département de l'information et de la communication du ministère de la Culture et de la Communication.

Ministre de la Culture et de la Communication[modifier | modifier le code]

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Entre 2002 et 2004, il est ministre de la Culture et la Communication dans le premier et le deuxième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Sa réalisation la plus notable comme ministre est sans doute la « loi Aillagon » sur le mécénat qu’il parvient à faire adopter en 2003, qui dote la France d’un des régimes les plus favorables en ce domaine. La loi, autorisant des déductions fiscales allant jusqu’à 90 %, permet notamment de résoudre le problème de l’acquisition des biens qui, déclarés « trésors nationaux », doivent être conservés en France.

Jean-Jacques Aillagon mène une politique visant à favoriser l’autonomie des établissements publics relevant de son ministère. Orsay et le Musée Guimet sont érigés en établissements publics autonomes, et leur indépendance, tout comme celle du Louvre et de Versailles, est confortée vis-à-vis notamment de la Réunion des musées nationaux et de la Direction des Musées de France.

Jean-Jacques Aillagon s’efforce de surmonter les réticences de son ministère vis-à-vis de la décentralisation : il accepte la décentralisation du service de l’inventaire, et charge une commission présidée par René Rémond de préparer le transfert aux collectivités territoriales, sur la base du volontariat, de monuments appartenant à l’État mais qui ne paraissent pas justifier que la collectivité nationale continue à les détenir.

Toutefois, Jean-Jacques Aillagon porterait une lourde responsabilité sur la situation critique du patrimoine français qui s’aggrave sous son ministère. Paul Barnoud, président de la Compagnie des architectes en chef des monuments historiques confie à ce sujet au journal Valeurs actuelles (no 3760 du 18 décembre 2008, pages 58 et 59) : « L’entretien des cathédrales est absolument énorme… jusqu’à présent lorsqu’il y avait une alerte, on pouvait agir. Actuellement, on ne peut plus. La crise, devenue endémique à partir du moment où Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, a fait une ponction d’environ 100 millions d’euros sur les fonds affectés au patrimoine. Comme les crédits se reportent d’année en année, il les prit pour les remettre au fur et à mesure. Évidemment, l’argent n’est jamais revenu et depuis, il y a des tensions folles de trésorerie. »

Dans le domaine de la communication, il remet en cause les projets de France Télévisions sur le numérique terrestre, invitant le groupe public à approfondir les missions de service public des chaînes existantes. Le rapport commandé à Catherine Clément sur la culture à la télévision (La nuit et l’été) ne reçoit toutefois pas vraiment d’application concrète, tandis que celui de Blandine Kriegel sur la violence à la télévision suscite la polémique.

Jean-Jacques Aillagon est également l’artisan de la loi du 9 juillet 2004 relative aux communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle, qui donne notamment un cadre juridique à la relance des télévisions locales.

Il négocie avec la Commission européenne une ouverture limitée et graduelle de la publicité télévisée pour la distribution et une ouverture complète de la publicité télévisée pour la presse, mettant fin à un contentieux qui durait depuis plusieurs années.

Il dépose également le projet de loi DADVSI sur les droits d’auteur.

La renégociation des annexes VIII et X de la convention de l’UNEDIC, relatives au régime des intermittents du spectacle, que le gouvernement accepte d’agréer et que Jean-Jacques Aillagon endosse sans états d’âme, suscite toutefois de violents remous. Pris à partie lors de la cérémonie des Césars, le ministre ne voit pas venir le mouvement des intermittents et l’annulation sans précédent des festivals à l’été 2003. Les jours du ministre sont dès lors comptés. Il est remplacé, en avril 2004, par Renaud Donnedieu de Vabres.

Établissement public du château, du musée et du domaine de Versailles[modifier | modifier le code]

De 2007 au 30 septembre 2011, Jean-Jacques Aillagon est président de l’établissement public du musée et du domaine de Versailles, devenu en 2010 établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Jean-Jacques Aillagon a organisé du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009 une exposition Jeff Koons dans le château de Versailles, en présentant dans les Grands appartements et la galerie des Glaces la première rétrospective consacrée en France à cet artiste américain[7]. Cette exposition a donné lieu à des réactions nombreuses et contrastées dans le monde entier[réf. nécessaire]. Des observateurs l’ont perçue[8] comme un acte témoignant d’un profond mépris à l’égard du patrimoine de la France[9]. D’autres ont au contraire souligné la cohérence et la pertinence de l’exposition[10],[11].

Jean-Jacques Aillagon a de nouveau invité l’art contemporain en 2009 (Veilhan Versailles, Le Carrosse dans la cour, les Architectes dans le jardin, Le Mobile dans le château…), 2010 (Takashi Murakami) et 2011 (Bernar Venet) sans abandonner les expositions liés à l'histoire du lieu (Fastes de Cour et cérémonies royales, La Guerre sans Dentelles, Louis XIV l'homme et le roi, qui a réuni près de 480 000 visiteurs, Versailles photographié, 1850-2010, Sciences à la Cour de Versailles, etc.).

Jean-Jacques Aillagon poursuit la politique des grands travaux de Versailles nécessaires à la sauvegarde du patrimoine: la galerie des Glaces, la réinstallation de la grille Royale, le Petit Trianon, les allées du parc, le Belvédère dans le domaine de Marie-Antoinette.

Jean-Jacques Aillagon est le premier du classement des cinquante personnalités les plus influentes du monde de l'art en France, réalisé par l'Œil et Le Journal des arts en mars 2011[12].

Arts décoratifs[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Aillagon est élu le jeudi 15 février 2013 à la présidence des Arts décoratifs, institution culturelle française privée (avec convention avec l'État), qui regroupe le musée des arts décoratifs de Paris, la bibliothèque des Arts décoratifs, le musée Nissim-de-Camondo et l'école Camondo. Il remplace Hélène David-Weill, dont le mandat arrivait échéance et qui ne se représentait pas après 19 ans de présidence[1]. Seul candidat, il a été élu à l'unanimité des quatorze membres présents[1] du conseil d'administration du musée qui en compte une vingtaine, dont 3 représentants de l'État[1]. Il avait été coopté comme administrateur au sein de ce conseil il y a quelques mois. Le poste de président est un poste non rémunéré[1]. Le 9 septembre 2013, il démissionne de la présidence des Arts décoratifs pour des « raisons strictement personnelles », « Six mois, à peine, après mon élection à la présidence des Arts décoratifs, je constate, avec un immense regret, que les contraintes qui s’imposent à ma vie privée m’obligent à renoncer au mandat passionnant qui m’a été confié », écrit l’ancien ministre dans une lettre au personnel rendue publique par l'établissement de la rue de Rivoli[13].

Autres[modifier | modifier le code]

En avril 2014, il est chargé par le maire de Nice, Christian Estrosi, de présenter une candidature pour l’inscription de la Promenade des Anglais au patrimoine mondial de l’Unesco[14].

Décorations[modifier | modifier le code]

Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur (décret du 31 décembre 2009[15]).

Officier de l'ordre national du Mérite Officier de l'ordre national du Mérite.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean-Jacques Aillagon élu président des Arts décoratifs , Lepoint.fr, 15 février 2013.
  2. Décret du 3 septembre 2004 portant nomination au Conseil économique et social
  3. Le Monde le 3 mars 2006
  4. [1]
  5. soutien à François Hollande
  6. Aurore Merchin, Politique : élus homos, le jour où ils l’ont dit, Le Parisien, 8 novembre 2012
  7. Site officiel de l’exposition
  8. L’Express : De l’Art ou du Homard
  9. [2]
  10. Jeff Koons honore Louis XIV - exposition réussie et à grand spectacle au Château de Versailles. Le Monde 12 septembre 2008.
  11. artpress - novembre 2008
  12. Jean-Christophe Castelain, « Les 50 personnalités de l'art les plus influentes en France », l'Œil n°633 et Le Journal des arts,‎ Mars 2011 (consulté le 21 juillet 2011)
  13. Jean-Jacques Aillagon quitte les Arts décoratifs
  14. Sylvain Lacombe, « Nice : l'étrange générosité d'Estrosi envers ses soutiens », planet.fr, 23 avril 2014.
  15. « Décret du 31 décembre 2009 portant promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur », sur le site de Légifrance,‎ 1er janvier 2010 (consulté le 6 octobre 2014).