Louis-Lucien Klotz

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Louis-Lucien Klotz
Image illustrative de l'article Louis-Lucien Klotz
Fonctions
Parlementaire français
Député
1898-1925
Sénateur
1925-1928
Gouvernement IIIe République
Groupe politique RRRS (1898-1925)
GD (1925-1928)
Biographie
Date de naissance 11 janvier 1868
Date de décès 15 juin 1930
Résidence Somme

Louis-Lucien Klotz, né le 11 janvier 1868 à Paris IXe et mort le 15 juin 1930 à Paris, est un journaliste et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts d'un journaliste[modifier | modifier le code]

Louis-Lucien Klotz est issu d'une famille juive alsacienne. Il est le fils d'Eugène Klotz et de Louise Hayem installés à Paris et le neveu de Victor Klotz (1836-1906), riche négociant en soieries. Louis-Lucien Klotz devint, après des études de droit, avocat à la cour d'appel de Paris. Il épousa Gabrielle Schwarz.

En 1888, pour populariser l'alliance franco-russe, il fonda un journal illustré La Vie franco-russe.

Il s'opposa à Maurice Barrès à propos du boulangisme.

Journaliste au Voltaire en 1892, il en devint le rédacteur en chef en 1895, puis le directeur politique.

En 1893, il se présenta sans succès aux élections législatives à Paris. En 1895, il fonda Le Français quotidien, journal patriotique qui absorba le Voltaire.

Des responsabilités locales[modifier | modifier le code]

Louis-Lucien Klotz fut un élu du département de la Somme :

Des responsabilités nationales[modifier | modifier le code]

Les débuts de Klotz en politique ne furent pas couronnés de succès. Après son échec parisien de 1893, il tenta sa chance, en 1895, dans la circonscription de Montdidier (Somme), lors d'une élection législative partielle, sous l'étiquette "radical". Il avait contre lui le fait d'être nouveau venu, parisien et juif, dans le contexte difficile de l'Affaire Dreyfus. Au cours d'une campagne où l'antisémitisme ne fut pas absent, un dissident radical, paysan du cru, se présenta contre lui et fut élu au second tour. Malgré son échec, Louis-Lucien Klotz persévéra et s'implanta dans la Somme grâce à ses relations et à son entregent.

En 1898, il fut très largement élu au 1er tour, député de la Somme (circonscription de Montdidier), sous la bannière "radical-socialiste". Il avait fait campagne pour l'impôt sur le revenu et la retraite des vieux travailleurs. Il fut constamment réélu au 1er tour en 1902, 1906, 1910, 1914. Le scrutin de liste ayant été rétabli en 1919, il est élu à la tête de la liste de « concentration républicaine » faisant alliance avec le député Lucien Lecointe exclu de la S.F.I.O., et réélu une dernière fois en 1924, tout en étant hostile au Cartel des gauches.

Au Palais Bourbon, il fut un des députés les plus actifs. Membre, et bientôt président de la commission des douanes, puis rapporteur général du budget, il fut fréquemment appelé à intervenir, principalement en matière financière mais aussi dans le domaine social. Il demanda en 1899, une stricte réglementation du travail des femmes et des enfants; en 1900, la création de chambres d'agriculture dans les départements, la progressivité du droit de succession, la réforme du régime des hypothèques ; en 1901, l'adoption du scrutin de liste ; en 1904, le rachat des réseaux de chemins de fer de l'Ouest et du Midi. Il vota les lois de 1901 et de 1904 sur les congrégations religieuses. Il fut aussi rapporteur du budget.

De 1925 à 1928, il fut sénateur de la Somme. Au Palais du Luxembourg où il s'inscrivit au groupe de la Gauche démocratique, il consacra l'essentiel de son activité à un important rapport sur l'organisation générale de la nation en temps de guerre, qu'il présenta en séance le 9 février 1928. Au Palais Bourbon comme au Sénat, il ne cessa de réclamer le paiement, par l'Allemagne, des réparations fixées par le traité de Versailles.

Il occupa des postes ministériels de premier plan :

  • Mobilisé en août 1914, il servit comme chef d'escadron d'artillerie au gouvernement militaire de Paris, puis dirigea le service de la censure au Deuxième Bureau. Revenu au Palais Bourbon en novembre 1914, il y présida les commissions du budget et des dommages de guerre.

Une fin de carrière peu glorieuse[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1929, à la suite de spéculations boursières hasardeuses, il fut condamné pour chèques sans provision et escroquerie à deux ans de prison[1]. Il dut démissionner de son siège de sénateur le 14 décembre 1928 et mourut moins d'un an après sa condamnation, le 15 juin 1930. Dans ce naufrage, il devait entraîner sa famille, qui vit saisir l'hôtel du no 9 rue de Tilsitt qui avait appartenu à son frère.

Ragot[modifier | modifier le code]

Certaines sources affirment que, sous un pommier à Angers, Louis-Lucien Klotz séduisit son meilleur ami, le jeune Léon Gambetta, alors âgé de 15 ans et que cette expérience homosexuelle devait inspirer un profond dégoût à Gambetta et contribuer à nourrir son antisémitisme. Cette histoire ne peut être exacte puisque Gambetta était né en 1838 et avait donc trente ans de plus que Klotz. Il était en revanche légèrement plus jeune que Victor Klotz.[réf. nécessaire]

Publication[modifier | modifier le code]

  • De la guerre à la paix, 1924 (livre de souvenirs).

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Clemenceau disait de lui : « J’ai mis rue de Rivoli le seul Juif qui ne connaît rien aux finances » (cité par Pierre Birnbaum, in Les Fous de la République: Histoire politique des Juifs d'État, de Gambetta à Vichy.)