François Goulard

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François Goulard
François Goulard, en avril 2007.
François Goulard, en avril 2007.
Fonctions
Président du Conseil général du Morbihan
En fonction depuis le 7 avril 2011
Prédécesseur Joseph Kergueris
Député de la 1re circonscription du Morbihan
20 juin 200717 juin 2012
Législature XIIIe
Prédécesseur Josiane Boyce
Successeur Hervé Pellois
12 juin 199730 avril 2004
Réélection 19 juin 2002
Législature XIe et XIIe
Prédécesseur Raymond Marcellin
Successeur Josiane Boyce
Maire de Vannes
27 décembre 20067 avril 2011
Réélection 16 mars 2008
Prédécesseur Norbert Trochet
Successeur David Robo
18 mars 200130 mars 2004
Prédécesseur Pierre Pavec
Successeur Norbert Trochet
Ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche
2 juin 200515 mai 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Dominique de Villepin
Prédécesseur François d'Aubert
Successeur Valérie Pécresse
Secrétaire d'État aux Transports et à la Mer
30 mars 200431 mai 2005
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Dominique Bussereau
Successeur Dominique Perben
Biographie
Date de naissance 21 septembre 1953 (60 ans)
Lieu de naissance Vannes, Morbihan (France)
Nationalité Française
Parti politique Démocratie libérale
UMP
République solidaire
Enfant(s) 6
Diplômé de École centrale Paris
Sciences Po Paris
ENA
Profession Haut fonctionnaire

François Goulard, né le 21 septembre 1953 à Vannes (Morbihan), est un homme politique français, membre de Démocratie libérale puis de l'UMP à partir de 2002. Député du Morbihan de 1997 à 2012, maire de Vannes de 2001 à 2004 et de 2006 à 2011, il a été secrétaire d'État aux Transports et à la mer de 2004 à 2005 et ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche de 2005 à 2007. En juin 2012, il est battu aux élections législatives et perd son siège de député. Il est président du Conseil général du Morbihan depuis avril 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Il est né à Vannes, en 1953, de Paul Goulard, ingénieur à la Direction départementale de l'Équipement, et d'Eliane Cadoret, qui a tenu une boutique d'antiquités. Son grand-père paternel est percepteur et catholique intégriste[1] mais lui définit sa famille comme républicaine[1], dans la tradition vannetaise de radicalisme de la petite bourgeoisie commerçante de l'époque. Il est le beau-frère de Sylvie Goulard.

Il étudie au collège Jules Simon puis au lycée Alain-René Lesage, à Vannes.

Il a été, à la fin des années 1970, et pendant peu de temps, membre du Mouvement des démocrates de Michel Jobert.

Ingénieur des Arts et manufactures de l'École Centrale Paris en 1976, et passé par Sciences Po Paris (1977), où il "passe les meilleures années de sa vie estudiantine"[2], François Goulard est diplômé en administration publique de l'École nationale d'administration en 1981, promotion Droits de l'homme.

Après un premier mariage avec Michèle Pappalardo, il est depuis 2006 marié à Anne-Valérie Cornuault, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts.

Carrière professionnelle et débuts en politiques[modifier | modifier le code]

À sa sortie de l'ENA, il est nommé auditeur, puis conseiller référendaire à la Cour des comptes, en 1985.

De 1986 à 1988, il est successivement conseiller technique, directeur adjoint et directeur de cabinet du ministre délégué des Postes et des Télécommunications, Gérard Longuet.

Bien que proche de "la bande des quadras"[2] du Gouvernement Chirac, (Gérard Longuet, François Léotard, Alain Madelin et Jacques Douffiagues) il s'éloigne de la politique jusque 1997, suite à l'échec de Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 et aux différentes affaires affectant le Parti républicain, auquel il a adhéré en 1981.

De 1989 à 1997, il est directeur général de la Banque parisienne de crédit, une banque de crédit aux PME , filiale du Groupe Suez.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

François Goulard en tant que ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, lors d'une remise de médaille du CNRS en 2006.

1997-2004 : L'ancrage politique à Vannes, député puis maire en 2001[modifier | modifier le code]

En 1983, à 30 ans, il est élu au conseil municipal de Vannes et devient adjoint aux finances. En 1997, il se consacre entièrement à la politique, étant élu député du Morbihan sous l'étiquette Démocratie libérale, battant au passage le maire de Vannes, Pierre Pavec. L'année suivante, il est élu conseiller général du canton de Vannes-Centre, dans le Morbihan.

De 1998 à 2002, il est secrétaire politique national de Démocratie libérale et membre du bureau politique[3].

En mars 2001, il est élu maire de Vannes avec 50,1% des voix au second tour, à l'issu d'une triangulaire avec Gérard Thépaut et Micheline Rakotonirina. François Goulard est réélu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 1re circonscription du Morbihan (Vannes), cette fois sous l'étiquette UMP, après la fusion de Démocratie libérale dans ce nouveau parti. Touché par le cumul des mandats, il abandonne alors son poste de conseiller général.

Défini comme "très libéral"[4], il est, de 2002 à 2004, membre du groupe UMP à l'Assemblée et vice-président de la commission des finances, de l'économie générale et du plan de l'Assemblée nationale, et également secrétaire général adjoint de l'UMP chargé de la formation des cadres et des militants.

2004-2005 : Secrétaire d'État aux Transports et à la Mer[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2004, il est nommé secrétaire d'État aux Transports et à la mer dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il démissionne alors de sa fonction de maire, mais reste premier adjoint de Norbert Trochet. En décembre 2006, il sera réélu maire de Vannes par le conseil municipal, tout en restant ministre. Ses mandats de maire ont marqué Vannes, notamment par la rénovation du port de Vannes ou la création d'évènements culturels comme le Festival international de la photo de mer ou le Salon du livre, mais aussi par la rénovation des quartiers de Ménimur, Tohannic ou Beaupré-Lalande.

Le 3 mai 2005, dans une tribune au Figaro, il se prononce en faveur du projet de constitution européenne, plaidant pour l'instauration d'un contrôle maritime européen et pour une harmonisation de la fiscalité et des normes imposées aux transporteurs routiers dans l'UE[5].

2005-2007 : Ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche[modifier | modifier le code]

Il est nommé ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la recherche dans le gouvernement Dominique de Villepin le 2 juin 2005.

C'est sous son égide qu'est créé l'Agence nationale de la recherche, le 7 février 2005, consistant à financer des projets de recherche scientifique ou technologique. En avril 2006, il fonde les pôles de recherche et d'enseignement supérieur, qui permettent à certaines universités et grandes écoles de mutualiser leurs programmes et leurs activités.

Le 26 mars 2007, ce proche de Dominique de Villepin annonce son soutien à François Bayrou pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2007, y ajoutant son intention de quitter l'UMP[6]. Le 24 avril 2007, il annonce qu'il votera Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle disant qu'il "était toujours resté de droite"[7].

2007-2012 : Député du Morbihan[modifier | modifier le code]

Frédéric Lefebvre, François Goulard et Hervé Mariton lors d'un petit-déjeuner du club Réforme & Modernité le 1er avril 2009.
Un homme influent de la droite bretonne[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 2007, il retrouve son siège de député, qu'il avait laissé à sa suppléante Josiane Boyce à son entrée au gouvernement en mars 2004. Il est élu dans la première circonscription du Morbihan avec 52,90% des suffrages exprimés face à Hervé Pellois, réalisant toutefois un score inférieur à 2002 où il avait obtenu 58,07% des voix.

Au sein des députés UMP, il apparaît comme l'un des principaux opposants à la personne de Nicolas Sarkozy[1] et comme la principale figure du courant "villepiniste"[8]. Il est le cofondateur du club Réforme et Modernité et coordonne le projet du mouvement République solidaire lancé par Dominique de Villepin le 19 juin 2010.

Il a été pressenti pour prendre la tête de liste UMP aux Élections régionales de 2010 avant de se retirer et de laisser la place à Bernadette Malgorn, candidate de l'Élysée.

Il est candidat tête de liste de l'UMP aux élections sénatoriales du 25 septembre 2011. Il est battu comme ses deux colistiers, Jacques Le Nay et Joseph Kergueris, ancien président du Conseil général du Morbihan, à qui il impose de se désister au deuxième tour[9]. La liste de gauche remporte les trois sièges à pourvoir dans le Morbihan. Il est également candidat à sa réélection lors des élections législatives de juin 2012. En tête au premier tour, il s'incline au second tour et perd son siège de député au profit d'Hervé Pellois qui obtient 52,45% des suffrages exprimés.

À l'Assemblée nationale, un franc-tireur dans la majorité présidentielle[modifier | modifier le code]

Au sein de l'UMP, François Goulard un opposant virulent de Nicolas Sarkozy. Il est le seul député UMP présent au rassemblement contre l'amendement Mariani, autorisant l'utilisation de tests ADN lors du regroupement familial, au Zénith de Paris le 14 octobre 2007. Il y déclare "nous sommes tous réunis ici ce soir pour défendre les droits de l'homme et rien ne pourra nous y faire renoncer"[10]. Il a été vivement rappelé à l'ordre par François Fillon le 16 octobre 2007[11] alors que Jean-François Copé a qualifié son initiative de "choquante"[11].

Il est l'un des sept parlementaires de l'UMP à voter non à la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 lors du Congrès du Parlement français à Versailles, déclarant "nous savons quelles étaient les intentions du Président de la République : modifier notre constitution pour reléguer le Premier ministre à une place parfaitement subalterne".

Avec le député UMP Daniel Fasquelle, c'est aussi l'un des rares membres de la majorité à s'opposer au projet de décret de Valérie Pécresse relatif au statut des universitaires, projet confronté à une forte mobilisation début 2009[12].

En mars 2009, il s'oppose au retour de la France au commandement de l'OTAN[13] et, alors que la commission des finances de l’Assemblée donne un avis favorable à une contribution supplémentaire des plus hauts revenus le 18 mars 2009, le député-maire de Vannes revendique la suspension du « bouclier fiscal »[14] en prônant la solidarité nationale en période de crise[15].

Le 12 mai 2009, il est l'un des six députés UMP à s'opposer au projet de loi Hadopi[16].

Depuis 2011 : Président du Conseil général du Morbihan[modifier | modifier le code]

François Goulard en meeting au Palais des Arts, à Vannes, le 15 juin 2012, entre les deux tours des élections législatives.

Le 27 mars 2011, la droite emporte les élections cantonales dans le Morbihan, remportant 24 des 42 cantons. Dans le canton de Vannes-centre, François Goulard l'emporte avec 55,42% des suffrages exprimés[17]. Une semaine plus tard, il prend la présidence du Conseil général du Morbihan et abandonne son mandat de maire de Vannes à David Robo, son ancien directeur de cabinet à la mairie.

En décembre 2011, il proclame son souhait de la réunification d'une Bretagne à cinq départements[18]. En avril 2014, à contre-courant de la plupart des présidents de conseils généraux, il s'est déclaré en faveur d'une discussion sur la suppression des conseils généraux[19].

Dans le contexte de la suppression de près de 900 emplois à l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère) en octobre 2013, François Goulard prône sur le plateau de BFM TV, le 14 octobre 2013, lors d'un débat avec Guillaume Garot, le passage à un "agroalimentaire de deuxième transformation, basé sur des produits élaborés et finis, offrant de vraies perspectives économiques"[20].

Il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012[21].

Il a reçu le Prix de l'humour politique en octobre 2012 pour avoir déclaré "être ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas"[22]. Ce prix vient après de nombreuses nominations non récompensées :

  • "Cette semaine, le gouvernement fait un sans faute ; il est vrai que nous ne sommes que mardi" (2003)
  • "Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c'est une période faste pour l'intelligence française" (2008)
  •  "François Fillon a tellement de qualités qu’il mériterait d’être Premier ministre" (2010)

Le 12 janvier 2013, il est élu président de la fédération UMP du Morbihan, suite à la démission de Gérard Lorgeoux en mars[23]. En décembre 2013, il participe aussi à la transformation du club Réforme et Modernité, avec Étienne Blanc et Hervé Mariton, qui crée le micro-parti "Droite au cœur"[24], dont il devient vice-président, en vue de peser dans la campagne de la primaire de l'UMP, en 2016[25]. Ce micro-parti se base sur la ligne de l'UMP, libéral économiquement et "solide sur le plan des valeurs" tout en plaidant pour une "véritable politique en faveur de la famille durable"[24].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c "François Goulard", Bretons no 30, mars 2008.
  2. a et b Matthieu Noli "Francois Goulard au banc d'essai" dans Le Point, mai 2003
  3. "Portrait de François Goulard" dans Le Nouvel Observateur, juin 2005
  4. "François Goulard au scanner" dans L'Express, 3 octobre 2002
  5. Tribune de François Goulard "le bon exemple des transports" dans Le Figaro, 2 mai 2005
  6. "François Goulard rallie Bayrou" dans Le Figaro, 26 mars 2007
  7. Éric de Grandmaison, "Municipales, l'heure des bilans pour F. Goulard" dans Vannes Maville.com, septembre 2007
  8. "Goulard soutient Villepin et répète que Sarkozy est un problème" dans Le Point, novembre 2010
  9. Yann Le Scornet Passe de trois historique pour la gauche dans le Morbihan, dans Le Télégramme, 26 septembre 2011
  10. Benjamin Bonneau "Fabius : "un texte à mettre à la poubelle" dans Le JDD, octobre 2007
  11. a et b "François Fillon rappelle à l'ordre François Goulard" dans L'Express, octobre 2007
  12. Enseignants-chercheurs : la démonstration de force dans Libération, 10 février 2009
  13. Alain Auffray Otan : désertions en vue à l’UMP, Libération, 17 mars 2009
  14. Gilles Daniel François Goulard : “Il faut faire un geste politique”, Métro, 18 mars 2009
  15. Claire Guélaud "Le bouclier fiscal nourrit le débat sur l'équité sociale" dans Le Monde, 17 mars 2009
  16. Analyse du scrutin no 386, séance du 12/05/2009 : scrutin public sur l'ensemble du projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet (nouvelle lecture)
  17. "Les personnalités élues ou battues" dans La Tribune, 27 mars 2011
  18. "Le Conseil général vote pour une Bretagne à cinq départements" dans Le Télégramme, décembre 2011
  19. Alexandre Sulzer "Réforme territoriale de Valls : les régions applaudissent, les départements s'étranglent" dans L'Express, avril 2014
  20. "L'emploi en Bretagne" visible sur Dailymotion dans Le Soir BFM, octobre 2013
  21. "Présidence de l'UMP : Goulard avec Fillon" dans Ouest-France, octobre 2012
  22. "L'ex-député François Goulard, homme politique le plus drôle de l'année" dans L'Express, octobre 2012
  23. "François Goulard élu président de la fédération UMP du Morbihan" dans Ouest-France, juillet 2013
  24. a et b "Mariton lance son mouvement, Droit au cœur" dans Le Parisien, novembre 2013
  25. Judith Waintraub "UMP : Mariton lance un nouveau mouvement" dans Le Figaro, novembre 2013