Luc Chatel
Luc-Marie Chatel, dit Luc Chatel, né le 15 août 1964 à Bethesda (Maryland, États-Unis), est un homme politique français, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative du 14 novembre 2010 au 10 mai 2012.
Député de la Haute-Marne de 2002 à 2007, puis maire de Chaumont depuis 2008, il a été secrétaire d'État chargé de la Consommation et du Tourisme puis de l'Industrie et de la Consommation, de 2007 à 2009, et porte-parole du gouvernement de 2008 à 2010. Il est vice-président de l’UMP depuis novembre 2012, puis vice-président délégué.
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Biographie[modifier]
Études, carrière professionnelle et vie privée[modifier]
Luc Chatel est né dans une famille industrielle haut-marnaise, d'un père amiral et d'une mère professeur de danse classique. Il passe sa scolarité chez les jésuites, au lycée Saint-Louis-de-Gonzague dans le 16e arrondissement de Paris. Étudiant à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il y obtient une maîtrise de sciences de gestion en 1987, puis un DESS de marketing en 1988[2].
Il s'investit alors dans le syndicalisme étudiant, comme représentant des étudiants au conseil d'administration de l'université, président du syndicat étudiant ADEG, puis de la Junior-Entreprise Sorbonne Conseil[2].
Diplômé, il intègre le groupe international de cosmétiques L'Oréal en 1990. Il travaille initialement dans le marketing en qualité de chef de produit, puis aux ressources humaines et devient DRH d'une entité du groupe, poste qu'il occupe jusqu'à son élection à l'Assemblée nationale, en 2002, après avoir réduit durant quatre ans son temps de travail à 80 % pour s'engager en politique[3],[2].
Luc Chatel est veuf d'Astrid Herrenschmidt, qu'il avait épousée en 1991 et avec laquelle il a eu quatre enfants[4].
Débuts politiques[modifier]
Il adhère en 1991 au Parti républicain[2]. Gérard Longuet lui conseille de se construire une expérience professionnelle avant de se lancer en politique[5].
En 1993, il devient conseiller municipal de Bayard-sur-Marne (Haute-Marne), d'où est originaire sa famille, puis conseiller municipal de Chaumont en 1996[6]. Il est battu aux cantonales de 1994[5].
Président de la Fédération de la Haute-Marne du Parti républicain en 1995, rebaptisé Démocratie libérale en 1997, il intègre le bureau politique en 1998. En 1998, il devient vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne, poste qu'il occupera jusqu'en 2004[2].
Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature, dans la 1re circonscription de la Haute-Marne puis réélu en 2007, au premier tour avec 53,88 % des voix[7]. Il fait partie du groupe UMP. Membre de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale lors de son premier mandat de député, travaillant en particulier sur les problèmes liés à la consommation, il est rapporteur de projets ou de propositions de loi relatifs à ce domaine, notamment du projet de loi avorté relatif aux actions de groupes à la française (class actions)[8]. Il a également été chargé de faire voter une loi sur les prix de la grande distribution limitant les marges que se réservent les distributeurs[réf. nécessaire].
En 2004, il devient secrétaire national puis porte-parole national de l'UMP dirigé par Alain Juppé, conservant ce poste malgré la prise en main du parti par Nicolas Sarkozy. Au sein de ce parti, il est membre du mouvement Les Réformateurs.
Secrétaire d'État à la Consommation, au Tourisme et à l'Industrie[modifier]
Ayant convaincu Nicolas Sarkozy de l'intérêt d'un secrétariat d'État à la Consommation[5], il est nommé, le 19 juin 2007, dans le gouvernement François Fillon II, secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, chargé de la Consommation et du Tourisme, responsabilités ministérielles élargies en mars 2008 à l'Industrie et à la fonction de porte parole du gouvernement, en remplacement de Laurent Wauquiez.
Il fait partie du groupe de ministres (appelé « G7 ») que le président Sarkozy consulte directement. Il intervient dans les dossiers de la crise du secteur automobile et de la téléphonie (lancement du 33700, service de lutte contre les SMS frauduleux) mais n'instaure pas l'action de groupe dans la législation française[9].
Il est élu maire de Chaumont le 9 mars 2008, avec 56,15 % des voix au premier tour[10].
Le 16 juin 2008, l'AFUL et l'April[11] l'accusent ouvertement de favoriser des pratiques anticoncurrentielles, en incitant l'Assemblée nationale à rejeter l'amendement 999 à la loi de modernisation de l'économie, qui aurait rendu obligatoire l'affichage détaillé du prix des licences des logiciels pré-installés sur les ordinateurs vendus au grand public.
Ministre de l'Éducation nationale[modifier]
S'appuyant sur une image d'homme discret, méthodique et travailleur, tout en sachant médiatiser ses actions, il prend progressivement une place d'importance dans le gouvernement et la majorité. Il accède, le 23 juin 2009, à un ministère de plein exercice, en remplaçant de Xavier Darcos comme ministre de l'Éducation nationale, tout en conservant le porte-parolat[5].
Face à des enseignants et des lycéens échaudés par la baisse des budgets et du nombre de fonctionnaires menée par son prédécesseur, il parvient à esquiver les conflits sans changer les orientations politiques, notamment en recevant régulièrement les syndicats en tête à tête. À ce poste, il mène le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, se penche sur des sujets grand public comme la culture et le sport à l'école, ou les rythmes scolaires, et travaille à la mise en place d'une autonomie des établissements et d'une amélioration de la gestion des ressources humaines dans son ministère[5]. L'approche « marketing » de ses actions ne se fait pas sans controverse comme quand, lors d'une visite de supermarché à la veille de la rentrée scolaire 2009 pour vanter la baisse des prix des fournitures scolaires, des mères de famille sympathisantes UMP sont choisies pour figurer auprès du ministre[12],[13].
Son dernier acte en tant que ministre est la publication d'un décret modifiant l'évaluation des enseignants, décret décrié par plusieurs syndicats d'enseignants, et signé au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy aux présidentielles (7 mai 2012)[14].
Comme porte-parole, il suscite des critiques de « langue de bois », sans pour autant hésiter à tancer publiquement les sorties polémiques des ministres[5].
L'après gouvernement[modifier]
En août 2012, il crée le groupe « Réforme et liberté » avec des députés issus de la famille libérale (Hervé Novelli, Michèle Tabarot et Hervé Mariton), en vue du congrès de l'UMP[15]. Il est élu vice-président du parti à l'issue du congrès du 18 novembre 2012, aux côtés du président Jean-François Copé et de la secrétaire générale Michèle Tabarot. En janvier 2013, son poste change pour celui de « vice-président délégué ». Laurent Wauquiez et six nouveaux vice-présidents (trois pro-Copé ; trois pro-Fillon) sont également nommés.
Détail des mandats et fonctions[modifier]
Fonctions gouvernementales[modifier]
- 19 juin 2007 - 18 mars 2008 : secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, chargé de la Consommation et du Tourisme, dans le 2e gouvernement Fillon
- 19 mars 2008 - 23 juin 2009 : secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, chargé de l'Industrie et de la Consommation, ainsi que porte-parole du gouvernement
- 23 juin 2009 - 13 novembre 2010 : ministre de l'Éducation nationale et porte-parole du gouvernement
- 14 novembre 2010 - 15 mai 2012 : ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative
Mandats électifs[modifier]
- Maire de Chaumont (Haute-Marne)
- 09/03/2008 -
- Conseiller municipal :
- Conseiller régional
- 16/03/1998 - 28/03/2004 : conseiller régional de Champagne-Ardenne et vice-président du conseil régional
- 28/03/2004 - 26/03/2010 : conseiller régional de Champagne-Ardenne
- Député :
- 16/06/2002 - 19/06/2007 : député de la 1re circonscription de la Haute-Marne
- 20/06/2007 - 19/07/2007 : député de la 1re circonscription de la Haute-Marne (remplacé par sa suppléante, Sophie Delong)
- depuis le 20/06/2012 : député de la 1re circonscription de la Haute-Marne
Fonctions politiques[modifier]
- 2002 - 2005 : secrétaire national de l'UMP
- 2002 - 2007 : secrétaire départemental de l'UMP
- 2002 - 2007 : porte-parole de l'UMP
- 2012 - : vice-président délégué de l'UMP
Décorations[modifier]
- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite Allemand (2012)
- Commandeur de l'Ordre des Palmes Académiques (2009)
Notes et références[modifier]
- Notes
- Références
- Jeunesse et Vie associative ajoutés le 14 novembre 2010
- « Un politique venu du privé » », Les Échos, 16 juin 2010.
- « Nous devons jouer sur la concurrence pour peser sur les prix », Les Échos, 24 septembre 2007.
- « Suicide d'Astrid Herrenschmidt : Qui était l'épouse de Luc Chatel ? », France-Soir, 22 janvier 2012.
- « Luc Chatel, le bon élève de la classe Sarkozy », Les Échos, 16 juin 2010.
- « Luc Chatel, le deuxième porte-parole de l'UMP au gouvernement », Le Nouvel Observateur, 19 juin 2007.
- Élections législatives de 2007 - résultats dans la 1re circonscription de la Haute-Marne sur le site du ministère de l'Intérieur.
- « Luc Chatel, l'homme des class actions », Libération, 20 juin 2007.
- « L'action de groupe n'est pas encore prévue, déplorent des associations de consommateurs », La Tribune, 11 mai 2009.
- Élections municipales de 2008 - résultats à Chaumont sur le site du Figaro.
- Luc Chatel ne veut pas d'information détaillée sur le prix de l'OS
- « Luc Chatel au supermarché, le coup monté de la rentrée ? », L'Express, 19 août 2009.
- « Luc Chatel, un bon élève à l'Éducation », Challenges, 3 septembre 2009.
- « Décret du 7 mai sur Légifrance »
- Chatel et les libéraux de l'UMP lancent Réforme et liberté, Le Point, 20 août 2012.
Liens externes[modifier]
- Naissance à Bethesda (Maryland)
- Naissance en 1964
- Personnalité de Démocratie libérale
- Personnalité de l'Union pour un mouvement populaire
- Député de la Haute-Marne
- Député de la XIVe législature de la Ve République
- Maire de la Haute-Marne
- Maire UMP
- Chaumont (Haute-Marne)
- Conseiller régional de Champagne-Ardenne
- Porte-parole du gouvernement français
- Ministre français de la Consommation
- Ministre français du Tourisme
- Ministre français de l'Éducation nationale
- Étudiant de l'université Paris I Panthéon Sorbonne
- Député de la XIIe législature de la Ve République
- Député de la XIIIe législature de la Ve République