Joop den Uyl

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Joop den Uyl
Joop den Uyl, en 1975.
Joop den Uyl, en 1975.
Fonctions
Vice-Premier ministre des Pays-Bas
Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi
Ministre des Antilles néerlandaises
11 septembre 198129 mai 1982
Premier ministre Dries van Agt
Prédécesseur Hans Wiegel (Vice-MP)
Wil Albeda (Emploi)
Fons van der Stee (Antilles)
Successeur Jan Terlouw (Vice-MP)
Louw de Graaf (Emploi)
Jan de Koning (Antilles)
11e Premier ministre des Pays-Bas
(45e chef de gouvernement)
11 mai 197319 décembre 1977
(&&&&&&&&&&&016834 ans, 7 mois et 8 jours)
Monarque Juliana
Gouvernement den Uyl
Coalition PvdA-KVP-ARP-PPR-D66
Prédécesseur Barend Biesheuvel
Successeur Dries van Agt
Chef politique du Parti travailliste
13 septembre 196621 juillet 1986
Prédécesseur Anne Vondeling
Successeur Wim Kok
Ministre des Affaires économiques
14 avril 196522 novembre 1966
Premier ministre Jo Cals
Prédécesseur Koos Andriessen
Successeur Joop Bakker
Biographie
Nom de naissance Johannes Marten den Uijl
Date de naissance 9 août 1919
Lieu de naissance Hilversum (Pays-Bas)
Date de décès 24 décembre 1987 (à 68 ans)
Lieu de décès Amsterdam (Pays-Bas)
Parti politique Parti travailliste
Diplômé de Université d'Amsterdam
Profession Comptable
Journaliste
Religion Réformé (1919-1943)
Agnostique (à partir de 1943)

Joop den Uyl
Chefs du gouvernement des Pays-Bas

Johannes Marten den Uyl, dit Joop den Uyl, né den Uijl le 9 août 1919 à Hilversum et mort le 24 décembre 1987 à Amsterdam, est un homme politique néerlandais.

Élu député en 1956, il devient ministre de l'Économie dans la grande coalition du chrétien-démocrate Jo Cals en 1965. L'année suivante, il prend la direction du Parti travailliste (PvdA) et devient, en 1973, Premier ministre à la tête d'une alliance avec les chrétiens-démocrates, les chrétiens sociaux et les sociaux-libéraux.

Il quitte le pouvoir en 1977, mais revient au gouvernement en 1981, en tant que Vice-Premier ministre et ministre du Travail de la grande coalition de Dries van Agt. Il retourne dans l'opposition en 1982 et cède la direction du PvdA en 1986, établissant le record de longévité à ce poste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et profession[modifier | modifier le code]

Il termine ses études secondaires en 1936, dans un lycée de sa ville natale de Hilversum, et entre à l'université municipale d'Amsterdam. Il suit un cursus de sciences économiques, qu'il achève en 1942. Durant l'été 1939, il étudie à l'institut du commerce et de l'économie internationale de l'université Christian Albrecht de Kiel, en Allemagne.

Il commence à travailler dès avril 1943, en tant que comptable assistant au bureau royal des prix des produits chimiques du ministère des Affaires économiques. Il démissionne en juin 1945 et se lance alors dans le journalisme.

Il est d'abord spécialiste de la politique sociale au journal Het Parool, puis il passe à Vrij Nederland dès le mois de novembre, où il est rédacteur en chef adjoint et responsable de la politique intérieure. Il quitte cependant le journal en décembre 1948 et devient, en janvier 1949, directeur de la fondation Wiardi Beckman, organisme de recherche scientifique du PvdA.

Les débuts en politique[modifier | modifier le code]

Membre du Parti antirévolutionnaire (ARP) au cours de ses études, il rejoint le PvdA dès sa fondation, en 1946. Il est nommé, trois ans plus tard, rédacteur de Socialisme en Democratie, le journal du parti, et intègre ainsi le comité exécutif, avec voix consultative.

En 1953, il est élu au conseil municipal d'Amsterdam, où il prend, deux ans plus tard, la présidence du groupe des élus travaillistes. À l'occasion des élections législatives de 1956, il entre à la seconde Chambre des États généraux.

Il démissionne, en 1962, de la direction du journal du PvdA, après avoir été nommé adjoint au maire, chargé des Travaux publics, du Commerce et des Installations portuaires.

Ministre de l'Économie[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne se soit pas représenté aux législatives de 1963, il est nommé, le 14 avril 1965, ministre des Affaires économiques dans le gouvernement de grande coalition dirigé par le chrétien-démocrate Jo Cals.

Il reprend alors le projet de loi sur le forage dans le plateau continental, qui établit la propriété des Pays-Bas sur le pétrole et le gaz situé en mer du Nord et requiert une participation de l'État dans l'exploitation du pétrole.

Au mois de décembre, il présente une note sur le déclin de l'industrie minière dans la province de Limbourg. Il propose de fermer les puits et de liquider les sociétés d'exploitation, tout en développant fortement l'industrie afin d'assurer la reconversion de la région, et d'instituer une prestation sociale spécifique pour les mineurs ayant perdu leur emploi, afin qu'ils en trouvent un autre.

Il réaffirme l'importance du développement industriel l'année suivante, dans une note sur la croissance et la structure économiques, dans laquelle il explique la nécessité d'une industrie forte et donc de mettre l'accent sur la recherche et l'innovation. Il propose également, en 1966, une loi de soutien financier à la construction d'un oléoduc entre le Nieuwe Waterweg et la mer du Nord.

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Élu chef politique du Parti travailliste le 13 septembre 1966, il quitte le gouvernement le 22 novembre, à la suite de démission de Jo Cals et la formation d'un gouvernement intérimaire sans le PvdA. Aux élections législatives de 1967, les travaillistes perdent cinq points et six députés. Toutefois, lors des élections de 1971, le PvdA progresse de deux sièges et repassent devant le Parti populaire catholique (KVP).

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Les travaillistes ayant remporté 43 députés sur 150 aux législatives de 1973, loin devant le KVP, Joop den Uyl est nommé Premier ministre par la reine Juliana le 13 mai, à la tête d'une large coalition entre le PvdA, le KVP, l'ARP, le Parti politique des radicaux (PPR) et les Démocrates 66 (D66).

À peine arrivé au pouvoir, il fait face aux conséquences du premier choc pétrolier. Son gouvernement met donc en place un rationnement de l'essence, interdit d'utiliser la voiture le dimanche et fait voter une loi lui permettant de bloquer les salaires, les prix, les dividendes et les loyers.

Au cours de l'année 1976 éclate le « scandale Lockheed », qui met en cause le prince consort du pays, Bernhard zur Lippe Biesterfeld, accusé d'avoir reçu des faveurs de l'entreprise américaine Lockheed Martin. Le Premier ministre désigne alors un comité d'enquête de trois personnes, devant lequel le prince refuse de comparaître. Aucune poursuite ne sera finalement engagée et den Uyl fera un rapport complet à la seconde Chambre des États généraux, où il sera félicité pour sa gestion de cette affaire.

Durant son mandat, deux prises d'otage de produisent, l'une à l'ambassade française par des membres de l'Armée rouge japonaise, l'autre dans une école primaire et dans des trains d'Amsterdam par des jeunes des Moluques. En 1975, le Suriname obtient son indépendance.

Échec à un second mandat[modifier | modifier le code]

Lors des élections de 1977, il se présente à sa propre succession. Au cours de ce scrutin, le PvdA remporte 33,8 % des voix et 53 députés, ce qui constitue le meilleur score de son histoire. Il entreprend alors des négociations avec le nouveau parti conservateur Appel démocrate-chrétien (CDA) et les Démocrates 66, ce qui donnerait une très large majorité de 120 députés.

Il participe à trois des six missions d'information, puis est nommé formateur par la reine. Il rend son mandat au bout de dix jours : bien qu'un accord politique ait été trouvé, les trois formations ont été incapables de s'entendre sur une liste des ministres. C'est finalement le chrétien-démocrate Dries van Agt qui prend la tête de l'exécutif, avec l'appui du Parti populaire libéral et démocrate (VVD). Il devient alors le chef de l'opposition.

La grande coalition[modifier | modifier le code]

Aux élections de 1981, il conduit de nouveau la campagne des travaillistes. Avec 28,2 % des suffrages, le PvdA recule à 44 députés et passe derrière le CDA. Toutefois, van Agt n'a plus de majorité puisque sa coalition perd 3 de ses 77 élus. Il reprend alors le projet de son prédécesseur, une grande coalition avec les D66. Le 11 septembre, Joop den Uyl est nommé Vice-Premier ministre, ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, ministre des Antilles néerlandaises.

L'opposition des travaillistes aux coupes budgétaires voulues par les chrétiens-démocrates, et le refus de ces derniers d'appuyer les mesures pour l'emploi proposées par le PvdA amène à la rupture de la coalition. Le 29 mai 1982, à peine huit mois et demi après la formation du gouvernement, les ministres travaillistes démissionnent.

Retour dans l'opposition et fin de carrière[modifier | modifier le code]

Les élections anticipées de 1982 redonnent au Parti travailliste le statut de première force politique, dans la mesure où ils remportent 30,4 % des voix et 52 députés. Toutefois, le scrutin voit une très forte progression des libéraux, ce qui permet au CDA de continuer à diriger l'exécutif avec Ruud Lubbers, quand bien même ils détiennent deux sièges de moins que le PvdA.

Aux élections de 1986, le PvdA poursuit sa remontée, avec 52 sièges, encore derrière le parti au pouvoir, qui maintient son alliance avec le VVD. Finalement, le 21 juillet, deux mois après le scrutin, le député Wim Kok est élu chef politique du Parti travailliste, mettant fin à vingt ans de mandat de den Uyl. Il reste toutefois membre de la chambre jusqu'à son décès, le 24 décembre 1987.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]