Giulio Andreotti

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Giulio Andreotti
Giulio Andreotti.
Giulio Andreotti.
Fonctions
Sénateur à vie italien
1er juin 19916 mai 2013
Législature Xe, XIe, XIIe, XIIIe, XIVe, XVe, XVIe, XVIIe
71e président du Conseil des ministres
22 juillet 198928 juin 1992
(2 ans, 11 mois et 6 jours)
Président Francesco Cossiga
Giovanni Spadolini (par intérim)
Oscar Luigi Scalfaro
Gouvernement Andreotti VI et VII
Législature Xe
Coalition DC-PSI-PRI-PSDI-PLI (1989-1991)
DC-PSI-PSDI-PLI (1991-1992)
Prédécesseur Ciriaco De Mita
Successeur Giuliano Amato
Ministre des Affaires étrangères
4 août 198322 juillet 1989
Président du Conseil Bettino Craxi
Amintore Fanfani
Giovanni Goria
Ciriaco De Mita
Gouvernement Craxi I et II
Fanfani VI
Goria
De Mita
Prédécesseur Emilio Colombo
Successeur Gianni De Michelis
62e président du Conseil des ministres
29 juillet 19764 août 1979
(3 ans, 0 mois et 6 jours)
Président Giovanni Leone
Amintore Fanfani (par intérim)
Sandro Pertini
Gouvernement Andreotti III, IV et V
Législature VIIe
Coalition DC (1976-1979)
DC-PSDI-PLI (1979)
Prédécesseur Aldo Moro
Successeur Francesco Cossiga
Ministre du Budget et
de la Programmation économique
23 novembre 197429 juillet 1976
Président du Conseil Aldo Moro
Gouvernement Moro IV et V
Prédécesseur Antonio Giolitti
Successeur Tommaso Morlino
Ministre de la Défense
14 mars14 novembre 1974
Président du Conseil Mariano Rumor
Gouvernement Rumor V
Prédécesseur Mario Tanassi
Successeur Arnaldo Forlani
59e président du Conseil des ministres
17 février 19727 juillet 1973
(1 an, 4 mois et 20 jours)
Président Giovanni Leone
Gouvernement Andreotti I et II
Législature Ve et VIe
Coalition DC (1972)
DC-PSDI-PLI (1972-1973)
Prédécesseur Emilio Colombo
Successeur Mariano Rumor
Ministre de l'Industrie, du Commerce et
de l'Artisanat
23 février 196612 décembre 1968
Président du Conseil Aldo Moro
Giovanni Leone
Gouvernement Moro III
Leone II
Prédécesseur Edgardo Lami Starnuti
Successeur Mario Tanassi
Ministre de la Défense
15 février 195923 février 1966
Président du Conseil Antonio Segni
Fernando Tambroni
Amintore Fanfani
Giovanni Leone
Aldo Moro
Gouvernement Segni II
Tambroni
Fanfani III et IV
Leone II
Moro I et II
Prédécesseur Antonio Segni
Successeur Roberto Tremelloni
Ministre du Trésor
1er juillet 195815 février 1959
Président du Conseil Amintore Fanfani
Gouvernement Fanfani II
Prédécesseur Giuseppe Medici
Successeur Fernando Tambroni
Ministre des Finances
6 juillet 195519 juin 1958
Président du Conseil Antonio Segni
Adone Zoli
Gouvernement Segni I
Zoli
Prédécesseur Roberto Tremelloni
Successeur Luigi Preti
Ministre de l'Intérieur
18 janvier30 janvier 1954
Président du Conseil Amintore Fanfani
Gouvernement Fanfani I
Prédécesseur Amintore Fanfani
Successeur Mario Scelba
Biographie
Date de naissance 14 janvier 1919
Lieu de naissance Rome (Italie)
Date de décès 6 mai 2013 (à 94 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Parti politique DC (1942-1994)
PPI (1994-2001)
Profession Journaliste

Giulio Andreotti
Présidents du Conseil des ministres de l'Italie

Giulio Andreotti, né le 14 janvier 1919 à Rome et mort le 6 mai 2013 à Rome, est un homme d'État italien, dirigeant de la Démocratie chrétienne et figure importante de l'histoire politique italienne du XXe siècle.

Président du Conseil des ministres à trois reprises, dirigeant sept gouvernements, Andreotti mène une longue carrière politique : ministre de l'Intérieur à deux reprises, trois fois ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères durant sept ans, il est enfin nommé sénateur à vie en 1991, par le président Francesco Cossiga.

Longtemps pressenti pour la présidence de la République, il tenta de se faire élire à la présidence du Sénat de la République, en 2006, mais échoua face à l'ancien ministre Franco Marini.

Durant sa carrière, Andreotti gagne le surnom de Divo Giulio, une référence par le latin Divus Iulius au dirigeant de la Rome antique Jules César.

Des origines à la politique[modifier | modifier le code]

Sous le régime fasciste[modifier | modifier le code]

Andreotti naît à Rome, dans une famille modeste originaire de Segni.

Il fait ses études de droit à Rome, durant lesquelles il est l'un des membres de la Fédération des universitaires catholiques italiens (FUCI), la seule association universitaire catholique autorisée par le gouvernement fasciste de Benito Mussolini. Plusieurs de ses membres sont par la suite devenus dirigeants de la Démocratie chrétienne (DC). En juillet 1939, alors qu’Aldo Moro préside la FUCI, Andreotti devient le directeur de son organe de presse, Azione Fucina. En 1942, quand Moro s'enrôle dans l’armée italienne, Andreotti lui succède à la présidence de la FUCI, et ce jusqu’en 1944. C'est à l'occasion d'une visite à la bibliothèque du Vatican qu'il fait la rencontre d'Alcide De Gasperi, un anti-fasciste protégé par le pape et qui sera son mentor.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Andreotti écrit des articles et des chroniques pour la Rivista del Lavoro, une publication propagandiste fasciste, tout en assumant la charge de rédacteur du journal clandestin Il Popolo. En juin 1944, après la Libération de Rome, il devient l'un des membres du Conseil national de la DC. Après la fin de la guerre, il est nommé responsable de l’organisation de la jeunesse du parti.

En 1945 il est nommé membre de la Consulta Nazionale, l'embryon du futur parlement. En 1946, Andreotti est élu député à l’Assemblée constituante. En 1948, il parvient à se faire élire à la nouvelle Chambre des députés, représentant la circonscription de Rome-Latina-Viterbo-Frosinone, qui reste son bastion politique jusque dans les années 1990.

Un jeune sous-secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

C'est en 1947 que Giulio Andreotti se voit confier ses premières responsabilités gouvernementales, lorsqu’il devient sous-secrétaire d'État à la Présidence du conseil des ministres, dans le quatrième gouvernement De Gasperi, une fonction qu’il assume jusqu’en janvier 1954, au sein du gouvernement de Giuseppe Pella. Il est, entre-autres, chargé du sport et du spectacle.

En 1949, Andreotti a été le promoteur d’une loi concernant l’industrie du divertissement, permettant de ralentir la pénétration du cinéma américain, tout en atténuant l’expression du néoréalisme en Italie. La loi Andreotti a établi des limites aux importations de films, des quotas sur les écrans, et a permis d’octroyer des prêts aux sociétés de production italiennes. Cependant, pour recevoir un prêt, un comité dépendant du gouvernement devait approuver le scénario, favorisant ainsi les films apolitiques, tandis que des licences d’exportation étaient refusés aux films susceptibles de donner une mauvaise image de l’Italie. Cette loi a ainsi créé une censure en amont de la production en Italie. Le film Umberto D, de Vittorio De Sica, qui dépeint la vie solitaire d’un retraité, était considéré comme un film dangereux par le comité à cause d’une scène d’ouverture montrant des policiers brisant une manifestation de retraités, et de la scène finale montrant la tentative de suicide avortée d’Umberto. Dans une lettre publique à De Sica, Andreotti a fustigé le réalisateur pour son « misérable service rendu à la patrie »[1].

Les premiers portefeuilles ministériels[modifier | modifier le code]

De janvier à février 1954, Andreotti est ministre de l’Intérieur. C’est durant cette courte période que le bandit Gaspare Pisciotta, ancien bras droit de Salvatore Giuliano, est empoisonné dans sa prison, une mort suspecte qui donnera lieu à des théories sur l’implication des autorités italiennes dans ce décès.

De 1955 à 1959, il est ministre des Finances puis du Trésor. Il est impliqué dans le scandale Giuffrè (du nom d’une banque fraudeuse) en 1958, lorsqu’il lui est reproché un manque de vigilance en tant que ministre. La Chambre des députés rejette toute accusation contre lui en décembre 1958.

Durant cette période, Andreotti commence à construire un corrente (courant politique) au sein de DC, alors le parti dominant et au pouvoir, face au Parti communiste qui était le deuxième parti en Italie. Son courant était soutenu par l’aile droite de l’Église catholique. Ses activités ont commencé avec une campagne de presse contre le secrétaire national adjoint de DC, Piero Piccioni, accusé du meurtre d’une mannequin, Wilma Montesi, dont le corps sans vie avait été découvert à Torvaianica[2]. Après avoir éliminé les vieux compagnons de De Gasperi du conseil national de DC, Andreotti a aidé un nouveau courant à éclore, le Dorotei, pour évincer Amintore Fanfani (situé à la gauche du parti) de sa position de président du Conseil des ministres ainsi que de celle de secrétaire national de DC[3].

Le 20 novembre 1958, Andreotti, alors ministre du Trèsor, est nommé président du comité d’Organisation des Jeux olympiques d’été de 1960 à Rome.

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

De 1959 à 1966, Andreotti est ministre de la Défense. C’est la période du scandale des dossiers du Service de renseignement des forces armées (SIFAR) et du Piano Solo, un projet de coup d’Etat planifié par le chef d'état majeur de l'Armée et ancien résistant Giovanni De Lorenzo, en cas d’arrivée au pouvoir des communistes, commandité par le président Antonio Segni. Il a été confié au ministre Andreotti le soin de détruire ces dossiers. Il a été avéré qu’avant d’être détruits, ces dossiers avaient été recopiés et transmis à Licio Gelli, dirigeant de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), impliquée dans de nombreux scandales dans les années 1980, et avec laquelle Andreotti était fréquemment associé.

En 1968, Andreotti est nommé président du groupe parlementaire de la DC, fonction qu’il a occupée jusqu’en 1972.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Giulio Andreotti (à gauche) avec Frank Sinatra et Richard Nixon à la Maison Blanche en 1973.

Le 17 février 1972, à l'âge de 53 ans, il est nommé président du Conseil des ministres et forme son premier gouvernement, celui-ci n'étant constitué que de membres de la Démocratie chrétienne. En font partie quatre anciens chefs du gouvernement : Aldo Moro, ministre des Affaires étrangères, Mariano Rumor, ministre de l'Intérieur, Giuseppe Pella, ministre des Finances, et Emilio Colombo, auquel Andreotti succède, ministre du Trésor.

Il se présente, neuf jours plus tard, devant le Sénat de la République, dont il sollicite l'investiture. Or, celle-ci lui est refusée par 158 voix contre 151, ce qui l'amène à remettre la démission de son gouvernement au président de la République, Giovanni Leone. Pour la première fois depuis 1948, le chef de l'État décide alors de dissoudre le Parlement.

À l'issue des élections anticipées des 7 et 8 mai suivants, Andreotti est reconduit à la présidence du Conseil. Il s'associe cette fois avec le Parti social-démocrate italien (PSDI) et le Parti libéral italien (PLI), s'assurant ainsi du soutien de 315 députés sur 630 à la Chambre et 154 sièges sur 315 au Sénat, tout en disposant du soutien sans participation du Parti républicain italien (PRI), qui dispose de 15 députés et 5 sénateurs. Ce gouvernement centriste, qui voit le retour des libéraux après dix ans passés à l'opposition, devient aussitôt la cible de la presse progressiste. On lui reproche surtout d'avoir crée par décret des primes favorisant le départ volontaire à la retraite des anciens combattants ou résistants et des enfants des combattants ou des résistants tués dans les combats ou lors d'exécutions (les pensioni d'oro, les retraites dorées), qui a eu l'effet de vider du coup les caisses de la sécurité sociale ainsi que les rangs la fonction publique, notamment de l'administration des finances.

Le 13 février 1973 le gouvernement Andreotti II décrète la sortie de l'Italie du Serpent monétaire européen. Jusqu'à la création du Système monétaire européen le 13 mars 1979, la lire italienne demeurera dans une situation de changes fluctuants.

Sa volonté de réforme télévisuelle étant rejetée par le PRI, contraire également à l'introduction de la télévision en couleur en Italie, Andreotti est contraint de remettre sa démission le 12 juin 1973. Le 7 juillet, il est remplacé par Mariano Rumor, qui forme un gouvernement de centre-gauche.

Retour à la Défense[modifier | modifier le code]

Lorsque Rumor forme son cinquième gouvernement, le 14 mars 1974, Andreotti fait son retour dans l'exécutif, de nouveau au poste de ministre de la Défense.

Il déclare, lors d’une interview que l’État avait procuré une couverture à l’activiste d’extrême-droite Guido Giannettini, enquêtant sur l’attentat de la Piazza Fontana commis en 1969. Andreotti a été plus tard acquitté pour cette aide fournie à Giannettini.

Ministre du Budget[modifier | modifier le code]

Du 23 novembre 1974 au 12 février 1976, Andreotti assume la charge de ministre du Budget et de la Programmation économique, avec l'intérim du ministère sans portefeuille chargé des Interventions extraordinaires pour le relance du Midi (à savoir de la gestion de la Cassa del Mezzogiorno, un fond destiné à subventionner les entreprises du Sud en difficulté). Mais il s'agit là d'un rôle presque honorifique, la coordination de la politique économique italienne étant suivie de près par le vice-président du Conseil, Ugo La Malfa, et par le conseilleur économique du chef du gouvernement Aldo Moro, Beniamino Andreatta. Il est confirmé au Budget avec l'intérim des Interventions extraordinaires pour le relance du Midi dans l'éphémère Ve gouvernement Moro, composé par des ministres issus de la DC avec la participation de deux personnalité issues de la société civile (12 février-29 juillet 1976). Pendant cette période, l’Italie a ouvert et développé des relations diplomatiques avec des pays arabes du bassin méditerranéen, une politique qui avait été auparavant menée à un niveau non gouvernemental, notamment par Enrico Mattei à la tête de la compagnie pétrolière jusqu’à sa mort dans un accident d’avion en 1962. Andreotti a également soutenu le développement du commerce entre l’Italie et l’Union soviétique.

La « non défiance »[modifier | modifier le code]

En janvier 1976, le Parti socialiste italien (PSI) retire son soutien à la coalition gouvernementale de centre-gauche DC-PRI dirigée par le président du conseil des ministres Aldo Moro. Celui-ci forme un gouvernement de transition dont la charge n'est que d'arriver au printemps pour convoquer des élections anticipées, qui voient la nette progression du Parti communiste italien (PCI), la DC conservant sa majorité relative. L’Italie souffrait alors d’une crise économique et le terrorisme intérieur (attentats et assassinats commis par des groupes d’extrême-gauche et d’extrême-droite) maintenait une tension pesante.

Dès 1973, avant même le succès de son parti, le secrétaire national du PCI, Enrico Berlinguer, promoteur de ce que l’on appela l’eurocommunisme, avait proposé aux dirigeants de DC, en proposant de construire avec eux un « compromis historique », basé sur un pacte politique, impliquant la formation d’une coalition entre DC et le PCI. Presque un retour à la coalition des six partis antifascistes qui avait gouverné l'Italie de juin 1944 à mai 1947. Étant donné l'impossibilité de reconstituer une majorité de centre-gauche dans le parlement élu le 20 juin 1976, le secrétaire de la DC Benigno Zaccagnini, un proche d'Aldo Moro, cède, et Andreotti est appelé à former le premier gouvernement expérimentant cette formule, le gouvernement Andreotti III.

Celui-ci, formé en juillet 1976 ne comportait que des membres de DC et une personnalité issue de la société civile (l'ancien directeur général de la Banque d'Italie Rinaldo Ossola, chargé du Commerce extérieur[4]), mais bénéficiait du soutien indirect des autres partis, à l’exception du parti post-fasciste Movimento Sociale Italiano (MSI). Ce soutien était fondé sur la non-sfiducia (non-défiance), signifiant que tout en s'abstenant lors du vote de confiance, ces partis ne voterait jamais des motions de censure.

L'enlèvement de Moro[modifier | modifier le code]

Ce gouvernement finit par tomber en janvier 1978. En mars 1978, la crise est surmontée grâce à l’intervention d’Aldo Moro, élu le 9 octobre 1976 président de son parti, qui propose la création d’un nouveau gouvernement, à nouveau formé seulement de membres de DC avec la participation de l'économiste Ossola, mais cette fois avec un vote de confiance des autres partis y compris le PCI (un vote pour et non plus seulement une absence de vote contre). Ce gouvernement, également présidé par Andreotti, est présenté à la Chambre des députés le 16 mars 1978. Le même jour, Aldo Moro est enlevé par un commando des Brigades rouges, groupe terroriste d’extrême gauche. Cette situation dramatique a incité le PCI à voter l’investiture du gouvernement Andreotti au nom de la « solidarité nationale », malgré le refus de ce dernier d’accepter certaines conditions préalables.

Le rôle d’Andreotti durant l’enlèvement de Moro est très controversé. Il a refusé de négocier avec le groupe terroriste et a été fortement critiqué pour cela par la famille de Moro et une partie de l’opinion publique. Aldo Moro, durant sa détention, a écrit une déclaration exprimant un jugement féroce contre Andreotti[5]. Moro a été tué par les Brigades rouges en mai 1978. Après sa mort, Andreotti est resté président du Conseil des ministres au nom de la solidarité nationale avec le soutien du PCI.

Chute du gouvernement Andreotti V[modifier | modifier le code]

Les lois adoptées durant son mandat incluent une réforme du système de santé publique italien. Cependant, quand le PCI a demandé à participer plus directement au gouvernement, Andreotti a refusé, et, perdant son soutien, le gouvernement a démissionné en mars 1979. Andreotti formera ensuite un éphémère gouvernement triparti (DC, Parti Social-démocrate et Parti Républicain) qui, n'ayant pas obtenu la confiance du parlement, a la charge de gérer les affaires courantes jusqu'à la formation du gouvernement nommé après les élections anticipées. À l'issue de la législature de trois ans, il est le seul à avoir occupé la direction du gouvernement, pour la première fois depuis Alcide De Gasperi. Seul Silvio Berlusconi, à l'issue de son second mandat, rééditera ce fait.

À cause de l’hostilité de la gauche de son parti et de ses relations exécrables avec Bettino Craxi, secrétaire national du PSI, partenaire incontournable de la nouvelle coalition, Andreotti n’a plus occupé de fonction gouvernementale jusqu’en 1983. En revanche, de 1979 à 1983 il est le président de la commission Affaires étrangères de la Chambre des députés, poste qu'il avait déjà occupé pour quelques mois en 1973.

Au ministère des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

En août 1983, Andreotti est nommé ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement de Bettino Craxi. Il reste à cette fonction jusqu’en juillet 1989, et semble être considéré comme l'un des meilleurs chefs de la diplomatie italienne[6] puisqu’il a, entre autres, encouragé les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’URSS, et amélioré les relations de l’Italie avec les pays arabes. À cet égard, il a suivi une ligne similaire à celle de Craxi, avec qui il avait par ailleurs des relations personnelles assez tumultueuses. Andreotti a ainsi soutenu la position de Craxi en faveur de la négociation, lors de la prise d’otage du bateau de croisière Achille Lauro par des activistes palestiniens en 1985.

Le 14 avril 1986, Andreotti a révélé au ministre des Affaires étrangères de la Libye, Abdel Rahman Shalgham, que les États-Unis s'apprêtaient à bombarder Tripoli le jour suivant en représailles de l’attentat à la bombe contre une discothèque à Berlin, liée aux services secrets libyens. Grâce à cet avertissement, les autorités libyennes ont pu se préparer à ce bombardement. Néanmoins, le jour suivant, la Libye a lancé deux missiles Scud sur l’île italienne de Lampedusa, en guise de représailles contre un allié des États-Unis. Toutefois, les missiles ont survolé l’île sans l’atteindre.

L'ultime mandat de président du Conseil[modifier | modifier le code]

Alors que les relations de Craxi avec le secrétaire national de DC, Ciriaco De Mita, étaient encore pires qu’avec Andreotti, ce dernier a participé à la création de ce qui fut appelé le « triangle CAF » (d’après les initiales de Craxi, Andreotti et d’Arnaldo Forlani, le président de la DC qui en deviendra le secrétaire en 1989), pour s’opposer à De Mita, président du Conseil à partir d’avril 1988. En juillet 1989, à la suite de la chute du gouvernement de De Mita, Andreotti - qui avait déjà été pressenti après les élections anticipés de 1987 - est appelé à lui succéder. Ainsi que la plupart des gouvernement qui l'ont précédé à partir de 1980, ce sera un gouvernement avec la participation de la DC, du PSI, des social-démocrates, du PRI et des libéraux (le "pentapartito").

Cet ultime mandat de président du Conseil se révèle fort turbulent.

En juillet 1990, il est obligé de remplacer les cinq ministres de l’aile gauche de DC qui avaient démissionné, à la suite de l’adoption d’une loi renforçant le monopole de l'homme d'affaires Silvio Berlusconi sur les chaînes de télévision privées. La tension avec Craxi émerge de nouveau après la publication de lettres écrites par Aldo Moro, critiques envers Andreotti. Ce dernier y voit une manœuvre de Craxi.

Le scandale Gladio (la révélation d’un réseau militaire clandestin anticommuniste), les déclarations politiques virulentes du président de la République, Francesco Cossiga à propos du système politique italien et les premières révélations de l’immense scandale de corruption Tangentopoli (à l’origine de l’opération Mains propres) ont marqué les derniers années de cet ultime mandat.

Le 24 octobre 1990, Andreotti révéla, devant la Chambre des députés l'existence du réseau Gladio, mis en place clandestinement par les services secrets destinés à lutter contre les communistes s'ils en étaient venus à prendre le pouvoir.

Le 12 avril 1991, Andreotti présente son septième et ultime gouvernement au président de la République, Francesco Cossiga. Mais le jour même, les trois ministres issus du PRI démissionnent avec fracas : frustré par le refus du ministère des Postes et de la Communication, le secrétaire de ce parti vire de cap optant pour un soutien de l’extérieur. Andreotti lui-même assumera deux des trois portefeuilles restés vacants : les Participations de l’État et les Biens culturels.

Une difficile fin de carrière[modifier | modifier le code]

Sénateur à vie[modifier | modifier le code]

En avril 1992, à la fin de la législature, Andreotti présente la démission de son gouvernement. L’année précédente, le président de la République Cossiga l’avait nommé sénateur à vie.

La candidature au Quirinal[modifier | modifier le code]

Giulio Andreotti, président du Conseil sortant, était l’un des candidats les mieux placés pour succéder au président Cossiga, en 1992. Avec le soutien des membres de son courant, le chef du gouvernement, qui avait pour ambition de prendre ses quartiers au palais du Quirinal, souhaitait lancer sa candidature seulement après avoir paralysé ou étouffé celle des autres candidats, dont celle du secrétaire de son parti Arnaldo Forlani.

Cependant, cette stratégie fut contrariée par l’assassinat à l’explosif spectaculaire du juge antimafia Giovanni Falcone près de Palerme, qui suivait l’assassinat, deux mois plus tôt, de Salvo Lima, un politicien sicilien étroitement lié à Andreotti. Le choc national et le rejet qui en a résulté vis-à-vis des principaux dirigeants politiques a conduit à l’élection, par les parlementaires, d’Oscar Luigi Scalfaro à la présidence de la République, une figure politique nationale de moindre importance, soutenu notamment par la gauche. Andreotti n'a recueilli que deux voix. Ses manœuvres pour se faire élire président seront la cause de l'éclatement de son courant politique : le très influent Vittorio Sbardella abandonnera le navire, et avec lui plusieurs deuxièmes couteaux de son parti.

L'isolement politique[modifier | modifier le code]

De surcroît, lors de la formation du nouveau gouvernement Amato en juin 1992, la DC aura recours à un escamotage pour en écarter Andreotti. Fait unique dans son histoire, ce parti exigera que les ministres issus de ses rangs démissionnent de leur mandat parlementaire : puisque Giulio Andreotti, sénateur à vie depuis 1991, ne peut pas quitter la haute assemblée, il devra donc renoncer à redevenir ministre.

Mises en cause judiciaires[modifier | modifier le code]

Andreotti n’a pas été inquiété par les premières évolutions de l’enquête sur Tangentopoli, qui avait commencé à toucher le PSI milanais et Bettino Craxi. Mais en avril 1993, après avoir été cité dans les témoignages de plusieurs pentiti (repentis mafieux collaborant avec la justice), une enquête a été ouverte sur les liens supposés d’Andreotti avec la Mafia. Le 13 mai, les sénateurs lèvent l'immunité parlementaire de l'ancien président du Conseil, ce qui l'obligera à passer en jugement devant le tribunal de Palerme[7].

En 1994, accablé par le scandale et la succession d’arrestation d’hommes politiques corrompus, Démocratie chrétienne disparait de la scène politique italienne. Andreotti rejoint alors le Parti populaire italien, fondé par Mino Martinazzoli, qui se fondra dans un nouveau parti du centre, La Margherita, en 2001.

Une figure du Sénat[modifier | modifier le code]

En 2006, Giulio Andreotti, candidat des partis de centre-droit à la présidence du Sénat, obtient 156 voix, contre 165 pour Franco Marini, qui fut le ministre du Travail de son ultime gouvernement. Le 21 janvier 2008, il s’abstient lors d’un vote de confiance au Sénat perdu par le gouvernement Prodi, qui sera à l’origine d’élections générales anticipées et du retour au pouvoir de Silvio Berlusconi. En effet, pour le règlement du Sénat italien l’abstention est équivalent au vote contraire, et étant donné la très courte majorité dont à l'époque disposait le centre-gauche, les votes des sénateurs à vie étaient déterminants.

Le courant andréottien[modifier | modifier le code]

Le « corrente» (courant) de Andreotti dans le parti Démocratie Chrétienne fondait son assise politique sur Rome et sur le Latium, notamment sa partie orientale. Ses partisans locaux comptaient dans leurs rangs les hommes politiques Franco Evangelisti (son principal bras droit), Vittorio Sbardella (surnommé « Lo Squalo », le requin), et l’homme d’affaires Giuseppe Ciarrapico. Tous étaient impliqués dans des scandales de corruption. Quatre anciens maires de Rome, Amerigo Petrucci, Rinaldo Santini, Nicola Signorello et Pietro Giubilo, ont appartenu au « corrente » de Giulio Andreotti. Le redoutable commentateur politique et ancien ministre Paolo Cirino Pomicino, et le magistrat puis sénateur et ministre Claudio Vitalone (qui a fait l'objet d'une enquête puis mis hors cause sur son rôle durant l’enlèvement d’Aldo Moro et dans l’assassinat de Mino Pecorelli) ont été des «andreottiens» irréductibles. Parmi ses amis, le cardinal Fiorenzo Angelini, responsable des questions de santé au Vatican, impliqué dans le scandale Tangentopoli.

Une figure controversée[modifier | modifier le code]

Bien que n'ayant jamais été condamné, Giulio Andreotti a été cité dans de nombreuses affaires pour lesquelles il était considéré comme un acteur.

Les liens avec la Mafia[modifier | modifier le code]

Andreotti a été la cible d’une enquête sur son rôle dans l’assassinat, en 1979, de Mino Pecorelli, un journaliste qui avait publié des allégations selon lesquelles Andreotti était lié à la Mafia et à l’enlèvement d’Aldo Moro. Un tribunal l’a acquitté le 24 septembre 1999 après un procès qui a duré trois ans, mais le jugement a été infirmé par la cour d’appel de Pérouse en novembre 2002 et il a été condamné à 24 ans d’emprisonnement. Andreotti est laissé en liberté du fait de son immunité parlementaire. Un jugement de la Cour de cassation annule finalement les accusations et l’acquitte, le 30 octobre 2003.

La même année, le tribunal de Palerme l’acquitte des accusations pesant sur lui quant à ses liens avec la Mafia, mais uniquement parce que les faits qui lui sont reprochés sont prescrits. Le tribunal établit en effet qu'Andreotti a entretenu des liens importants avec la Mafia au moins jusqu’en 1980, et les a utilisés pour poursuivre sa carrière politique jusqu’au point d’être soupçonné d’être lui-même un membre de la Mafia. Un jugement de première instance, le 23 octobre 1999, l’avait acquitté pour insuffisance de preuves, mais la jugement en appel, rendu le 2 mai 2003, a séparé le jugement des faits antérieurs à 1980 de ceux subséquents, et a établi qu’Andreotti avait « commis » le «délit de participation à l’association de malfaiteurs» (Cosa Nostra), « concrètement reconnaissable jusqu’au printemps 1980 », qui cependant est « éteint pour prescription ». Pour les faits postérieurs au printemps 1980, Andreotti a été acquitté. Ce jugement a été confirmé par la Cour de cassation le 15 octobre 2004. Dans les motifs du jugement, on peut lire en page 211 : « Donc le jugement prononcé, au-delà de ses affirmations théoriques, a reconnu la participation au délit d’association non dans les termes réducteurs d’une simple disponibilité, mais dans ceux plus vastes et juridiquement significatifs d’une concrète collaboration. » Si le jugement définitif avait été prononcé avant le 20 décembre 2002 (terme de la prescription), Andreotti aurait été condamné sur la base de l’article 416, c’est-à-dire association « simple », car l’association qualifiée de type mafieux (416 bis) ne fut introduite dans le code pénal qu’en 1982, avec la loi Rognoni-La Torre.

Andreotti s’est défendu en disant qu’il avait pris de sévères mesures antimafia quand il était au gouvernement. Au cours de son septième gouvernement (1991-1992), Andreotti a pris une série de dispositions décisives contre la Mafia, grâce au travail du juge antimafia Giovanni Falcone. « Quand il dit qu’il a pris des mesures extrêmement sévères contre la Mafia, il ne ment pas, a écrit Eugenio Scalfari, rédacteur en chef du journal La Repubblica. Je pense qu’à un certain moment, à la fin des années 1980, il a réalisé que la Mafia ne pourrait pas être contrôlée. Il s’est réveillé de cet égarement persistant... et la Mafia, qui a réalisé qu’elle ne pouvait plus compter sur sa protection ou sa tolérance, a assassiné son homme en Sicile. » Son homme à Palerme était Salvo Lima, qui a été assassiné par la Mafia en mars 1992. L’assassinat de Lima est un tournant dans les relations entre la Mafia et ses associés politiques. La Mafia s’est sentie trahie par Lima et Andreotti, qui avaient, selon ses chefs, échoué à bloquer la confirmation, en janvier 1992 par la Cour de cassation, des condamnations du Maxi-Procès de 1986, qui avaient envoyé un grand nombre de mafiosi en prison.

L'assassinat de Carlo Alberto Dalla Chiesa[modifier | modifier le code]

En 1982, Andreotti a demandé au général des carabinieri Carlo Alberto Dalla Chiesa d’accepter la charge de préfet de Palerme. Dans une note datée du 2 avril 1982, adressée au président du Conseil, Giovanni Spadolini, Dalla Chiesa écrivait que les membres siciliens de Démocratie Chrétienne étaient largement infiltrés par la Mafia.

Selon la sœur de Mino Pecorelli, Dalla Chiesa a rencontré le journaliste (ils étaient tous deux membres de la loge maçonnique P2) quelques jours avant que ce dernier soit assassiné en 1979. Pecorelli a donné au général Dalla Chiesa plusieurs documents contenant de sérieuses accusations contre Andreotti. Juste avant de mourir, en 1993, Franco Evangelisti, le bras droit d’Andreotti, a mentionné à un journaliste une réunion secrète entre Andreotti et Dalla Chiesa, durant laquelle ce dernier aurait montré à Andreotti la déclaration complète d’Aldo Moro, rédigée durant sa détention (et publiée seulement en 1990), contenant des révélations dangereuses pour Andreotti.

Dalla Chiesa a été victime d’une embuscade dans sa voiture et abattu par des rafales de mitraillette avec sa femme en septembre 1982. L’enquête menée par les juges a permis de déterminer que la Mafia avait planifié cet assassinat depuis 1979, trois ans avant qu’il soit nommé préfet à Palerme.

Ses relations avec Michele Sindona[modifier | modifier le code]

Selon les tribunaux de Pérouse et de Palerme, Andreotti avait des relations de longue date avec des gens qui, de différentes façons, avaient des intérêts communs avec le banquier de la Banca Privata Italiana et membre de la loge maçonnique P2, Michele Sindona.

De telles relations sont devenues plus étroites en 1976 lorsque la banque de Sindona a fait faillite. Licio Gelli, chef de la loge P2, a proposé un plan pour sauver la Banca Privata Italiana, à Andreotti, alors ministre de la Défense. Andreotti, cependant, n’a pas pu faire approuver ce plan par le ministre du Budget Ugo La Malfa. Plus tard, Andreotti a nié toute implication personnelle, déclarant que la tentative de sauver la banque était une démarche institutionnelle.

Après avoir fui aux Etats-Unis, Sindona a été arrêté en 1984, extradé vers l’Italie et condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour l’assassinat de Giorgio Ambrosoli, le liquidateur de la banque. Il a été empoisonné en buvant une tasse de café empoisonnée dans la prison de Voghera le 20 mars 1986. Le journaliste et universitaire Sergio Turone a suggéré qu'Andreotti avait joué un rôle dans cette affaire en procurant le sucre empoisonné qui a causé la mort de Sindona, après avoir convaincu le banquier que cela lui permettrait seulement de simuler une maladie afin d’être relâché pour raisons médicales. Selon Turone, Andreotti craignait que Sindona révèle des détails dangereux sur son passé, après que sa condamnation a démontré que Andreotti avait cessé de le soutenir.

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Auteur prolifique, publiant presque un ouvrage par an à compter de 1980, Giulio Andreotti laisse surtout des livres de souvenirs, dont deux ouvrages consacrés à son ami, Alcide De Gasperi. Lauréat de plusieurs prix littéraires, son style, quelque peu bureaucratique, reçut un accueil très mitigé de la part des écrivains et des journalistes. Longtemps collaborateur de journaux et revues, il fut le directeur politique d'un bimensuel, Concretezza, dont la publication prit fin en 1976. Féru de littérature latine, longtemps président d'un centre d'études cicéroniens, Giulio Andreotti maîtrisait parfaitement la langue française.

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Andreotti était réputé pour son sens de la réplique, comme pour son franc-parler. Certaines sont restées célèbres en Italie :

  • En réponse au député de l’opposition Giancarlo Pajetta qui avait déclaré que « le pouvoir use », Andreotti a répliqué : « Le pouvoir n’use que ceux qui n’en ont pas. » (Il potere logora chi non ce l’ha), une phrase devenue proverbiale en Italie.
  • « Le pouvoir est une maladie dont personne ne veut guérir. »
  • « Vous trouvez toujours le coupable dans les romans policiers, mais pas toujours dans la vraie vie. »
  • « Je ne crois pas au hasard, je crois en la volonté de Dieu. »
  • « Je reconnais mes limites, mais quand je regarde autour de moi, je réalise que je ne vis pas vraiment dans un monde de géants. »
  • « Nous apprenons dans les Evangiles que quand ils ont demandé à Jésus quelle était la vérité, il n’a pas répondu. »
  • « Je ne pense pas que l’on puisse diviser l’humanité entre les méchants et les anges. Nous sommes tous des pécheurs moyens. »

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • En Italie, ses détracteurs l’ont surnommé Belzebù (Belzébuth) ou « Le Prince des Ténèbres », à cause de l’allégation de ses liens avec la Mafia. D’autres surnoms désobligeants lui ont été accolés, tels que « Le pape noir », « Le bossu » ou « Le renard ».
  • Le personnage de fiction Don Licio Lucchesi, dans le film Le parrain III (1990), de Francis Ford Coppola, un homme politique italien de haut rang ayant des liens étroits avec la Mafia, a pour modèle Andreotti. C’est particulièrement explicite lorsque, juste avant d’être tué, l’assassin de Lucchesi chuchote à son oreille : « Le pouvoir n’use que ceux qui n’en ont pas », une citation d'Andreotti.
  • Une plaisanterie populaire sur Andreotti (vue pour la première fois dans un dessin satirique) le décrit recevant un appel téléphonique d’un ami membre du parti DC, qui le pousse à assister aux funérailles du juge Falcone. Son ami lui dit : « L’État doit répliquer à la Mafia, et tu es celui qui est à sa tête ! », ce à quoi Andreotti répond : « À la tête de quoi tu fais allusion ? »
  • Le magazine satirique italien Cuore a donné à Andreotti le surnom de Giulio Lavazza, Lavazza étant une célèbre marque de café italien. C’est une référence à l’implication présumée d'Andreotti dans l’assassinat du banquier Sindona, empoisonné en buvant un café.
  • Andreotti est le sujet principal du film Il Divo, de Paolo Sorrentino, qui a remporté le Prix du Jury au festival de Cannes en 2008. Lorsqu'Andreotti a vu ce film, il ne l’a pas apprécié et est sorti durant la projection. Il a déclaré peu après être persuadé qu’au bout du compte il sera jugé « sur la base de ses archives ».
  • Le 2 novembre 2008, Andreotti, alors âgé de 89 ans, a participé à l’émission de divertissement Questa Domenica, sur la chaîne de télévision italienne Canale 5. Durant cette émission, il a semblé souffrir d’un problème de santé, et il a été évoqué la possibilité qu’il ait en fait eu une attaque en direct. Tandis qu’une question lui était posée à deux reprises, Andreotti n’a rien répondu, restant immobile et silencieux, les yeux ouverts. Le réalisateur a alors interrompu l’émission par un spot publicitaire. Au retour à l’antenne, Andreotti est apparu à nouveau dans son état normal. L’incident était officiellement dû à des difficultés techniques.

Résumé des fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Il a exercé les fonctions de président du Conseil des ministres italien à sept reprises :

  • du 17 février 1972 au 26 juin 1972, succédant à Emilio Colombo,
  • du 26 juin 1972 au 12 juin 1973, se succédant à lui-même (après une crise gouvernementale de 4 mois), et étant à son tour remplacé par Mariano Rumor (4e gouvernement),
  • du 29 juillet 1976 au 16 janvier 1978, succédant à Aldo Moro (après une crise gouvernementale de 3 mois),
  • du 11 mars 1978 au 31 janvier 1979, se succédant à lui-même (après une crise gouvernementale d'un mois et demi),
  • du 20 mars 1979 au 31 mars 1979, se succédant à lui-même (après une crise gouvernementale de 7 semaines), et étant à son tour remplacé par Francesco Cossiga (1er gouvernement) au terme d'une nouvelle crise ayant duré 4 mois,
  • du 22 juillet 1989 au 29 mars 1991, succédant à Ciriaco De Mita (après une crise gouvernementale de 7 semaines),
  • du 12 avril 1991 au 24 avril 1992, se succédant à lui-même, après une crise gouvernementale « courte », et étant à son tour remplacé par Giuliano Amato.

Giulio Andreotti, surnommé « l'Inoxydable », a par ailleurs exercé diverses autres grandes responsabilités ministérielles à vingt-et-une reprises, parmi lesquelles on peut citer :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) David Bordwell et Kristin Thompson, Film history : an introduction, New York, McGraw-Hill Higher Education,‎ 2010, 780 p. (ISBN 978-0071267946), p. 333
  2. (it) Dino Messina, « Caso Montesi, la talpa di Fanfani », Corriere Della Sera,‎ 2009 (lire en ligne)
  3. (it) Fernando Proietti, « Morto. Franco Evangelisti il camerlengo di Andreotti », Corriere Della Sera,‎ 1993 (lire en ligne)
  4. Cette nomination inattendue se rapproche de celle de Raymond Barre aux mêmes attributions dans le remaniement du 12 janvier 1976 du Gouvernement Jacques Chirac (1)
  5. (it) « Il memoriale di Aldo Moro »,‎ 1976
  6. « Mort d'Andreotti : le Divin Giulio, au paradis ou en enfer ? », Le Point, 6 mai 2013
  7. « Andreotti : le jugement dernier », L'Express,‎ 1993 (lire en ligne)
  8. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]