André Philip

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André Philip
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
puis 1945-1951
1936 –
Gouvernement IIIe République-IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance 28 juin 1902
Date de décès 5 juillet 1970 (à 68 ans)
Résidence Rhône

André Philip, né le 28 juin 1902 à Pont-Saint-Esprit (Gard), mort le 5 juillet 1970 à Paris, est un homme politique socialiste français, docteur en sciences économiques et avocat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Protestant, socialiste et démocrate, André Philip adhère à la SFIO en 1920.

Il épouse en 1924 Mireille Cooreman dont il aura cinq enfants : Olivier, Jean, Christiane, Nicole et Loïc. Mireille Philip a été reconnue juste parmi les nations pour avoir fait évader des Juifs alors qu'elle vivait au Chambon-sur-Lignon.

Député socialiste du Rhône de 1936 à 1940, il est rapporteur sur la semaine de 40 heures. Il est également adhérent du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l'Association juridique internationale.

Il fait partie des quatre-vingts parlementaires qui refusent de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Il participe à la Résistance au sein du Comité d'action socialiste et de Libération-Sud. En 1942, il rejoint de Gaulle à Londres. Il est ensuite nommé Commissaire à l'Intérieur, puis Commissaire chargé des rapports avec l'Assemblée consultative (voir la liste) au Comité français de la Libération nationale d'Alger. Il est membre de l'Assemblée consultative puis des deux assemblées constituantes. Dans la seconde, il préside la commission de la Constitution.

Il est réélu député du Rhône en 1946 et siège au Palais-Bourbon jusqu'en 1951. Il est ministre de l'Économie et des Finances du gouvernement Gouin (janvier-juin 1946), puis dans le gouvernement Blum (décembre 1946-janvier 1947). Dans le ministère Ramadier en 1947, il est ministre de l'Économie nationale.

Il fait partie de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe, où il préconise la création de la CECA. Battu aux élections de 1951, il entre au Conseil économique et social, dont il est membre jusqu'en 1959. Critique de la politique algérienne de Guy Mollet, il est exclu du parti socialiste SFIO en 1957 et rejoint le Parti socialiste autonome, puis le PSU jusqu'en 1962. Président du Mouvement socialiste pour les États-Unis d'Europe, il s'oppose alors à Pierre Mendès France, à qui il ne pardonne pas l'épisode de la CED.

Sur le plan universitaire, il enseigne l'économie politique à l'Université de Sarrebrück de 1951 à 1957, puis à celle de Paris de 1957 à 1967.

Expert des problèmes du commerce international et du développement, André Philip participe aux premières assemblées de la CNUCED en 1964 et en 1968.

André Philip s'est très tôt engagé dans l'éducation populaire. Il est notamment à l'initiative de la création, en septembre 1944, de la « République des jeunes », organisation associative nationale rassemblant syndicats de salariés et mouvements éducatifs et de jeunesse, organisation qui préfigure la création, en 1948, de la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture dont il assurera la présidence jusqu'en 1968. Son épouse est décédée en 1991.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Angleterre moderne, le problème social, l’expérience travailliste, 1926.
  • Le problème ouvrier aux États-Unis, Alcan, 1927.
  • L'Inde moderne, Alcan, 1930.
  • Sécurité et Désarmement, Cahiers Bleus, 1932.
  • H. de Man et la crise doctrinale du socialisme, Gamber, 1933.
  • Trade Unionisme et Syndicalisme, Aubier, 1936.
  • L'Europe unie et sa place dans l'économie internationale, P.U.F. 1953.
  • La démocratie industrielle, P.U.F. 1955
  • Le Socialisme trahi, Plon, 1957.
  • Pour un socialisme humaniste, Plon, 1960
  • Histoire des faits économiques et sociaux, Aubier Montagne, 1963
  • La Gauche, mythe et réalités, Aubier Montagne, 1964
  • Mai 1968 et la foi démocratique, Aubier Montagne, 1968.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Loïc Philip (son fils), André Philip par lui-même ou les voies de la liberté, Aubier Montaigne, 1971.
  • Loïc Philip, Politiques & Chrétiens, André Philip (incluant un témoignage de Léo Hamon), Beauchesne, 1988.
  • André Philip, socialiste, patriote, chrétien (actes du Colloque Redécouvrir André Philip, tenu à l'Assemblée nationale les 13 et 14 mars 2003 ; sous la direction scientifique de Christian Chevandier et de Gilles Morin ; organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle). Paris : Comité pour l'histoire économique et financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France. Animation de la recherche », 2005. 503 p., 22 cm. ISBN 2-11-094796-9.
  • Christian Maurel, Les Maisons des Jeunes et de la Culture en France depuis la Libération. Genèse et enjeux, thèse de sociologie sous la direction de Jean-Claude Passeron (EHESS, 1992)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels d'André Philip sont conservés aux Archives nationales sous la cote 625AP.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]