Émile Loubet

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Émile Loubet
Portrait officiel du président Émile Loubet
Portrait officiel du président Émile Loubet
Fonctions
8e président de la République française
18 février 189918 février 1906
Élection 18 février 1899
Président du Conseil Charles Dupuy
Pierre Waldeck-Rousseau
Émile Combes
Maurice Rouvier
Prédécesseur Félix Faure
Successeur Armand Fallières
7e président du Sénat
16 janvier 189618 février 1899
Prédécesseur Paul-Armand Challemel-Lacour
Successeur Armand Fallières
49e président du Conseil des ministres
(61e chef du gouvernement français)
27 février 189228 novembre 1892
Président Sadi Carnot
Gouvernement Émile Loubet
Législature Ve
Prédécesseur Charles de Freycinet
Successeur Alexandre Ribot
Ministre de l'Intérieur
27 février 189211 janvier 1893
Président Sadi Carnot
Gouvernement Émile Loubet
Alexandre Ribot I
Prédécesseur Ernest Constans
Successeur Alexandre Ribot
Ministre des Travaux publics
12 décembre 18873 avril 1888
Président Sadi Carnot
Gouvernement Pierre Tirard I
Prédécesseur Severiano de Heredia
Successeur Pierre Deluns-Montaud
Biographie
Nom de naissance Émile François Loubet
Date de naissance 30 décembre 1838
Lieu de naissance Marsanne, Drôme (France)
Date de décès 20 décembre 1929 (à 90 ans)
Lieu de décès Montélimar, Drôme (France)
Parti politique ARD
Conjoint Marie-Louise Picard
Enfant(s) Marguerite Loubet

Denis Loubet
Paul Loubet
Philibert-Émile Loubet
Diplômé de Faculté de droit de
l'université de Paris
Profession Avocat
Religion Église catholique

Émile Loubet
Président de la République française

Émile Loubet, né le 31 décembre 1838[1] à Marsanne, dans la Drôme, et mort le 20 décembre 1929 à Montélimar, dans la Drôme, fut un homme d'État français, président de la République française de 1899 à 1906 sous la IIIe République.

Avocat de profession, il fut élu député de la Drôme. Ministre des Travaux publics, puis de l'Intérieur, il est appelé, en 1892, à diriger le gouvernement de la France ; président du Conseil, son ministère tombe à cause du scandale de Panama.

En 1896, Loubet est élu président du Sénat. Après la mort du président Félix Faure, il est élu président de la République française pour un mandat de sept ans. Il ne concourt pas pour sa propre succession, se retirant des affaires nationales à l'issue de son septennat.

Biographie[modifier | modifier le code]

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Émile Loubet est le fils cadet d'Augustin Loubet[2] (1808-1882) et de Marie-Marguerite Nicolet (1812-1905), d'une famille de cultivateurs et d'édiles de la Drôme (le père du futur président sera maire de Marsanne). Il a aussi un frère aîné, Joseph-Auguste Loubet (1837-1916), médecin, et une sœur, Félicie Loubet (+ 1892).

Il épouse à Montélimar, le 18 août 1869, Marie-Louise Picard (1843-1925) qui lui donnera quatre enfants (Marguerite, Denis, Paul et Philibert-Émile) et dont seule la postérité de sa fille, les Soubeyran de Saint-Prix, subsiste.

Avant la présidence[modifier | modifier le code]

Émile Loubet est un républicain modéré. Pendant ses études de droit (il est, plus tard, avocat au barreau de Montélimar), il fait la connaissance de Léon Gambetta et entre à sa suite en politique. Après avoir été élu maire de Montélimar et conseiller général, il est élu député de la Drôme le 20 février 1876. Il siège à gauche de l'hémicycle de l'Assemblée nationale à partir du 20 février 1876.

Le 18 juin 1877, il fait partie des 363 députés du « Bloc des Gauches » qui votent la défiance au gouvernement d'ordre moral du duc de Broglie. La Chambre est alors dissoute par le président de la République, le maréchal de Mac Mahon. Loubet, comme ses confrères, est sanctionné et perd (momentanément) sa charge de maire. Il demeure député jusqu’en janvier 1885, date à laquelle il est élu sénateur de la Drôme.

Au Sénat, Émile Loubet fait la plus grande part de sa longue carrière politique. Il y est élu en 1885 et devient rapidement un acteur majeur de la gauche républicaine. Il est nommé Secrétaire de la Chambre haute, puis intègre la Commission des Finances en tant que rapporteur général du Budget. la Chambre haute, il s’inscrit au groupe de la gauche républicaine. Élu secrétaire en janvier 1887, il est rapporteur général du budget, à la commission des finances, lorsque, dans le premier ministère constitué après l’élection du président de la République Sadi Carnot, dans le cabinet de Pierre Tirard, il est chargé du portefeuille des Travaux publics. De retour au Palais du Luxembourg en avril 1888, il est appelé par le président Carnot à la présidence du Conseil, responsabilité qu’il exerce de février à novembre 1892. Ministre de l’Intérieur dans le cabinet Ribot, l’affaire du Panama conduit à son remplacement le 1er janvier 1893. Émile Loubet reprend son siège au Sénat et redevient président de la commission des finances.

Le 1er janvier 1896, Émile Loubet devient le président du Sénat après la démission de Paul-Armand Challemel-Lacour. À ce titre, c'est lui qui annonce le 17 février 1899 la mort du président Félix Faure.

L'élection présidentielle de 1899[modifier | modifier le code]

Un portrait du président Émile Loubet.

La mort subite de Félix Faure ouvre la course à la présidence de la République. L'élection oppose le camp des antidreyfusards aux dreyfusards. Jusqu'ici, Félix Faure aurait appuyé les adversaires de la révision du procès de Dreyfus.

Deux candidats se dégagent rapidement : Émile Loubet et Jules Méline, Méline étant l'antidreyfusard (il a déclaré en 1897 : « il n'y a pas d'affaire Dreyfus »).

Très vite, le nom de Loubet s'impose. Pourtant Loubet n'a jamais exprimé d'avis sur l'Affaire. Il est resté systématiquement neutre sur la question. C'est sa non-compromission avec les antidreyfusards qui en fait petit à petit le champion des dreyfusards : Georges Clemenceau en fait son favori. Les républicains souhaitent un candidat commun, mais non radical. Loubet a déjà été pressenti pour succéder à Sadi Carnot. En apprenant la candidature du président du Sénat, Jules Méline retire la sienne.

Émile Loubet est élu président de la République par le Congrès réuni à Versailles le 18 février 1899 par 483 voix contre 279 à Jules Méline (qui, malgré le retrait de sa candidature, obtint des voix). L'élection a deux répercussions immédiates : Paul Déroulède tente sans succès de faire un coup d'État pour renverser la Troisième République et Loubet est personnellement agressé à coups de canne par le baron Christiani à la tribune de l'hippodrome d'Auteuil. Le baron est écroué et condamné à 10 ans de prison ferme.

Président de la République française[modifier | modifier le code]

La présidence de Loubet est l'une des plus stables de la Troisième République ; ainsi, seuls quatre président du Conseil furent nommés par Loubet durant son septennat : Charles Dupuy, Pierre Waldeck-Rousseau, Émile Combes et Maurice Rouvier.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la politique intérieure, le septennat d'Émile Loubet se passe dans le strict respect de la tradition républicaine : le président a un rôle de représentation officielle. Son autorité, réduite au minimum, ne s'exerce sur la politique intérieure de l'État que par influence, par persuasion et par conseil.

Le septennat d'Émile Loubet est le théâtre de décisions marquantes dans l'histoire de la République française : grâce du Capitaine Dreyfus, promulgation de la loi sur les associations et, surtout, de la loi sur la séparation des Églises et de l'État.

C'est à son sujet que Le Figaro écrit un article le 5 novembre 1901, décrivant le dépôt d'une gerbe de chrysanthèmes lors de l'inauguration d'un monument. Cet épisode, peut-être lu par le jeune Charles de Gaulle ou commenté par son père, est déformé par le Général pour créer l'expression « inaugurer les chrysanthèmes » soulignant l'absence de pouvoirs réels du président des IIIe et IVe Républiques.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

C'est dans le cadre de la politique étrangère que le président Loubet fut le plus impliqué. Il conseillait le gouvernement et orientait, dans ses grandes lignes, cette politique.

Le septennat est aussi marqué par une intense activité diplomatique avec d'une part l'alliance franco-russe – il reçoit Nicolas II en septembre 1901, avec les fameuses manœuvres de Bétheny, et se rend en visite officielle en Russie en 1902 - et d'autre part le Royaume-Uni.

À la fin de son mandat présidentiel, il est le premier président de la IIIe République à quitter l'Élysée après avoir accompli un mandat complet (avant lui, Jules Grévy a déjà terminé un premier septennat mais, réélu, il n'a pas été au bout du deuxième, devant démissionner suite au scandale des décorations).

Émile Loubet se retire ensuite de la vie politique et décède le 20 décembre 1929, âgé de 90 ans et 11 mois (il est, encore aujourd'hui, le président de la République française ayant vécu le plus longtemps). Il est enterré au cimetière Saint-Martin à Montélimar.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

À Montélimar[modifier | modifier le code]

Au Parlement[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

À la présidence de la République[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Banquet des maires de France dans le jardin des Tuileries en 1900.
  • C'est sous sa présidence que fut instituée la présence du portrait du président de la République à bord des vaisseaux de la Marine nationale. Ce portrait porte depuis ce temps là le nom de « Loubet ». C'est aussi lui qui imposa à ces mêmes navires une vaisselle frappée de l'ancre de marine. Il avait été en effet choqué lors du séjour à bord d'un de ces navires d'avoir à déjeuner dans une vaisselle aux armes d'une famille de vieille noblesse, tout comme il avait été choqué par la présence d'un crucifix dans la chambre de l'Amiral. De nos jours, le « Loubet », a été généralisé dans toutes les mairies et commissariats de police. Il change en même temps que le président de la République. Le « Loubet » de Nicolas Sarkozy avait provoqué un tollé dans les partis anti-UE, car pour la première fois, Nicolas Sarkozy était photographié avec le drapeau Français d'un coté et celui de l'Union européenne de l'autre coté.
  • Le 31 mai 1905, il échappe à un attentat visant le roi d'Espagne Alphonse XIII, de visite à Paris[4].
  • Il lègue à sa mort le château de La Bégude de Mazenc à la famille de Saint-Prix, ses descendants directs.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Chastenet, Histoire de la Troisième République, tome III, La République triomphante (1893-1906), Paris, Hachette, 1955.
  • Abel Combarieu, Sept ans à l’Élysée avec le président Loubet, Paris, Hachette, 1932.
  • Thierry Cornillet, Émile Loubet, ou la modération au pouvoir, Éditions les Grilles d'Or, 2008. (ISBN 9782917886045)
  • Rosemonde Sanson, L’Alliance républicaine et démocratique. Une formation de centre (1901–1920), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2003.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives Municipales de Marsanne, 1829-1889, 1838, acte no 39 : "L'an mil huit cent trente huit et le trente et un décembre à neuf heures du matin, pardevant nous, Henri-Xavier Jarias, adjoint remplissant par délégation de Monsieur le Maire les fonctions d'officier de l'état civil de la commune de Marsanne, chef-lieu de canton, département de la Drôme, est comparu Sieur Antoine Augustin Loubet, âgé de trente ans, propriétaire habitant au territoire de Marsanne ; Lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né le trente de ce mois à cinq heures du soir, de lui déclarant et de Marie Marguerite Nicolet, son épouse, et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Emile François ; la dite déclaration et présentation faites en présence des Sieurs Joseph Jacques Laville âgé de quarante deux ans, notaire et Joseph Ollivier, âgé de trente-sept ans, propriétaire domiciliés l'un et l'autre à Marsanne et ont les témoins signé avec nous et le déclarant le présent acte de naissance après que lecture leu en a été faite. Signé : J. Ollivier, Laville, not., Loubet, Jarias adjoint".
  2. Le patronyme Loubet désigne soit celui qui est un descendant de Loubet, ancien prénom (nom de personne), diminutif du prénom Loup (popularisé par plusieurs saints), soit un toponyme fréquent en pays occitan, désignant un lieu fréquenté par les loups. C'est dans le Sud-Ouest que le nom de famille est le plus répandu (Sources : Généanet.org/onomastique).
  3. Généastar : Ascendants d'Emile LOUBET
  4. Carte du théâtre de l'attentat Le Petit Parisien, Paris, 2 juin 1905, quotidien (ISSN 09992707) [lire en ligne]
  5. Archives nationales.


Chronologies[modifier | modifier le code]