Léon Bourgeois

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Léon Bourgeois
Léon Bourgeois, photographie anonyme, Washington, bibliothèque du Congrès.
Léon Bourgeois, photographie anonyme, Washington, bibliothèque du Congrès.
Fonctions
10e président du Sénat
14 janvier 192022 février 1923
Prédécesseur Antonin Dubost
Successeur Gaston Doumergue
Ministre d'État
12 septembre 191713 novembre 1917
Président Raymond Poincaré
Président du Conseil Paul Painlevé
Gouvernement Painlevé I
Ministre d'État
29 octobre 191512 décembre 1916
Président Raymond Poincaré
Président du Conseil Aristide Briand
Gouvernement Briand V
16e président de la Chambre des députés
10 juin 190212 janvier 1904
Législature VIIIe
Prédécesseur Paul Deschanel
Successeur Henri Brisson
Ministre des Affaires étrangères
28 mars 189629 avril 1896
Président Félix Faure
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Bourgeois
Prédécesseur Marcellin Berthelot
Successeur Gabriel Hanotaux
55e président du Conseil des ministres
(67e chef du gouvernement français)
1er novembre 189522 avril 1896
(&&&&&&&&&&&&01735 mois et 21 jours)
Président Félix Faure
Gouvernement Bourgeois
Législature VIe
Coalition Radical
Prédécesseur Alexandre Ribot
Successeur Jules Méline
Ministre de l'Intérieur
1er novembre 189528 mars 1896
Président Félix Faure
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Bourgeois
Prédécesseur Georges Leygues
Successeur Ferdinand Sarrien
Biographie
Nom de naissance Léon Victor Auguste Bourgeois
Date de naissance 21 mai 1851
Lieu de naissance Paris
Date de décès 29 septembre 1925 (à 74 ans)
Lieu de décès Oger
Nationalité Française
Parti politique Parti républicain, radical et radical-socialiste
Conjoint Virginie Marguerite Sellier

Léon Bourgeois
Prix Nobel de la Paix 1920
Président du Conseil des ministres français

Léon Bourgeois, né à Paris le 21 mai 1851 et mort au château d’Oger (Marne) le 29 septembre 1925[N 1], est un homme politique et sculpteur français, parlementaire radical de la IIIe République, premier président de la Société des Nations, lauréat du prix Nobel de la paix en 1920.

Il est également connu comme le théoricien du solidarisme[1],[2].

Famille et études[modifier | modifier le code]

Léon Bourgeois est né au 12 rue Saint-Louis-en-l'Île, à Paris.

Léon Bourgeois est le fils de Marie Victor Bourgeois, horloger, et Augustine Euphrosine Élise Hinoult. Il naît le 29 mai 1851 au 12 rue Saint-Louis-en-l'Île, à Paris. Il grandit dans une famille républicaine et débute ses études à l’institution Massin[3]. Il entre en 1859 au lycée Charlemagne, dont il préside l'association des élèves. Après l’obtention de son baccalauréat ès lettres et ès sciences, il entre à la faculté de droit de Paris. Il se porte volontaire en 1870 pour défendre Paris. Brigadier-fourrier dans la légion d’artillerie, il est deux fois médaillé[réf. nécessaire] pour la défense du fort de l'Est. À la fin de la guerre, il reprend ses études[4]. À vingt-et-un ans, il obtient sa licence de droit avec une thèse sur l’« acte public »[5]. Léon Bourgeois a de multiples centres d’intérêts : la philosophie, l’art. Il se passionne notamment pour le sanskrit[4]. En 1875, il rejoint le cabinet de l'avocat Albert Christophle ; la même année, il accède au poste de secrétaire de la conférence du stage[5]. Il soutient sa thèse de doctorat — sur les chemins de fer à voie étroite et sur accotements — le 5 avril 1876[6].

Le 18 avril 1876, il se marie avec Virginie Marguerite Sellier, une Châlonnaise née cinq jours après lui. Son beau-père, Jules Auguste Eugène Sellier, est propriétaire-vigneron à Oger dans la Marne[6]. La femme de Léon Bourgeois, rencontrée par l'intermédiaire de l'avocat et Président du Conseil général de la Marne Désiré Médéric Leblond[7], est issue d'une famille plus fortunée que lui. Ils auront deux enfants : Georges, né le 16 janvier 1877, et Hélène, née le 27 avril 1879[6].

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

Débuts dans l'administration[modifier | modifier le code]

En 1876, il préfère l’administration au métier d’avocat et intègre le ministère des Travaux publics, comme sous-chef du contentieux. C’est alors Albert Christophle qui en est le ministre. Après la démission du ministère Simon, le président Mac Mahon nomme un gouvernement de droite dirigé par Albert de Broglie[8]. De nombreux fonctionnaires sont alors révoqués au sein des ministères pour « républicanisme », Léon Bourgeois fait partie de ceux-ci. Lors des élections législatives qui suivent, il aurait fait campagne pour Albert Christophle dans l’Orne (dans la circonscription de Domfront)[9].

Lorsque les républicains reviennent au pouvoir, Léon Bourgeois demande au ministère de l’Intérieur — par le biais de Christophle — à devenir secrétaire général de préfecture. Avec l’aide des relations de sa belle-famille et de Désiré Leblond[7], on lui trouve en décembre 1877 un poste à Châlons-sur-Marne, d’où est originaire sa femme, auprès du préfet de la Marne Paul Duphenieux[10]. Soutenu à nouveau par Désiré Leblond, mais aussi par Eugène Courmeaux[N 2],[7] et l’ensemble du conseil général, dont son beau-père fut membre[7], il est nommé sous-préfet de Reims par Ernest Constans le 17 novembre 1880[11]. À ce poste, il pacifie les relations tendues entre la municipalité rémoise et la préfecture[12]. Durant l’été 1882, il est initié à la loge maçonnique « la Sincérité », membre du Grand Orient de France. Il devient après deux mois compagnon et maître. Cette ascension rapide est probablement due à son nomination dans le Tarn où il ne devait pas être un simple apprenti[13].

À la préfecture du Tarn[modifier | modifier le code]

Le 8 novembre 1882, il est officiellement nommé préfet du Tarn par Armand Fallières[12]. Dans le Tarn, il fait d’abord face aux catholiques tarnais opposés au manuel scolaire Éléments d’éducation civique et morale de Gabriel Compayré, qui défend le mariage civil. Le clergé menace de na pas communier les enfants utilisant ce manuel et l’ouvrage est mis à l’Index par le Vatican. En février 1883, Léon Bourgeois retire leur salaire à cinq prêtes et limoge le maire de Lavaur. De plus en plus d’enfants quittent l’école publique et Bourgeois révoque d’autres maires et prêtres. En juin 1883, un compromis est finalement trouvé entre le gouvernement et le clergé. Certains trouvent Bourgeois trop favorable aux républicains et il s’estimera plus tard « [avoir] été battu » lors de cet épisode[14].

Au mois de février 1883, une grève des mineurs éclate à Carmaux, dans le Tarn. La direction demande aux forces de l’ordre d’intervenir, mais Léon Bourgeois s’y oppose trouvant cette solution comme disproportionnée. Il juge qu’elle entraînerait une déception vis-à-vis de la République parmi les mineurs et les pousserait vers le socialisme[15]. Préférant le dialogue et le droit à la force[16], il se place alors comme médiateur entre les ouvriers et les propriétaires des mines. Après quatre tentatives d’accord ayant échoué, Léon Bourgeois se rend à Paris pour rencontrer le conseil d’administration des mines, fait « insolite »[15] pour l’époque. Voyant que la direction ne fera plus de concessions, il encourage les ouvriers à reprendre le travail après six semaines de grève. Il assiste à l’assemblée générale des grévistes, qui suivent son conseil et le remercient de son aide, malgré la faible augmentation des salaires. Pour son rôle pacificateur, les parlementaires du Tarn demandent que lui soit remise la Légion d’honneur, dans une lettre du 6 avril 1883 adressée au ministre de l’Intérieur Pierre Waldeck-Rousseau[15]. Le 24 avril, il est nommé par décret chevalier de la Légion d’honneur[17] et est décoré le 31 mai à Paris[18].

Retours à Paris[modifier | modifier le code]

Portrait de Léon Bourgeois.[réf. nécessaire]

En raison de la maladie de son père qui décédera peu après, il demande en août 1883 à se rapprocher de la capitale. Lucien Pasquier, un ancien collègue, l’appuie pour le poste de secrétaire général de la Seine, qu’il avait lui-même décliné en raison de problèmes de santé. Trois jour après sa nomination, il entre en fonction le 22 octobre. À ce poste, il entretient des relations tendues avec le préfet Eugène Poubelle[19]. Le 28 novembre 1885, il est nommé préfet de la Haute-Garonne[20] et prend ses fonctions le 7 décembre ; il le reste j’en novembre 1886[21]. Il refuse d’être candidat aux législatives dans la Marne ainsi qu’une proposition de fonction à Annam. Il est ensuite affecté en tant que directeur du personnel et du secrétariat au sein du ministère de l’Intérieur à Paris ; moins d’un mois plus tard, il prend le poste de directeur des affaires départementales[20].

En janvier 1887, il devient assistant du Président du Conseil René Goblet, sur le budget, en tant que conseiller d’État extraordinaire[20]. Il est promu officier de la Légion d’honneur par un décret du 13 juillet[22]. Il la reçoit de Louis Herbette le 27 août[23]. Celui-ci lui propose le poste de préfet de police de Paris, mais il estime la fonction comme étant la « plus antipathique ». Il rejoint finalement la préfecture du police au mois de novembre, après la démission d’Arthur Gragnon suite au scandale des décorations[24]. Cette affaire pousse également à la démission le Président Jules Grévy et des manifestations ont lieu dans la capitale en parallèle de l’élection présidentielle. Léon Bourgeois y fait maintenir l’ordre « sans effusion de sang », mais son travail affecte sa santé[25].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

À nouveau sollicité par les radicaux et les opportunistes marnais pour être député, Léon Bourgeois est candidat pour l’élection partielle du 26 février 1888, due à l’élection au Sénat de Camille Margaine[25]. Opposé au cumul des fonctions, il promet renoncer à son poste de préfet de police s’il est élu. Atteint d’un « grave embarras gastro-intestinal » et toujours préfet, il effectue peu de déplacements dans le département[26]. Les conservateurs ne lui opposent pas de candidat : ils estiment qu’à un an des élections et qu’étant minoritaires, un élu de plus ne changerait pas leur situation. Ils recommandent le vote blanc ou nul. Certains estiment qu’ils veulent laisser le champ libre au général Boulanger qui se présente dans plusieurs départements dont la Marne[27]. Critiqué par Le Journal de la Marne[27], Léon Bourgeois insiste sur sa relative implantation locale : sur les cinq ans passés dans l’administration marnaise, mais aussi sur le prestige de sa belle-famille châlonnaise[28]. Il est élu avec 48 050 voix, soit 65 % des suffrages, contre 16 167 au général Boulanger ; 9 695 bulletins portent sur d’autres noms[29].

Membre du groupe de la Gauche radicale, il est nommé sous-secrétaire d’État dans le gouvernement Charles Floquet (1888-89) puis, élu député de Reims en septembre 1889, occupe, à partir de 1890, des postes ministériels importants. Il est réélu à Reims en 1893, 1898 et 1902.

Sous le Bloc des gauches, il refuse de succéder à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil, et succède à Paul Deschanel à la présidence de la Chambre des députés du 10 juin 1902 au 12 janvier 1904.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Portrait de Léon Bourgeois paru dans L'Artiste en 1897.

En mai 1888, soit quelques semaines après son élection, Léon Bourgeois devient sous-secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Floquet. Débute alors, une longue carrière gouvernementale. Le cabinet Floquet tombe en février 1889. Un an plus tard, il est nommé ministre de l'Intérieur au sein du ministère Tirard. Il se voit ensuite attribué le portefeuille de l'Instruction publique et des Beaux-arts sous les cabinets de Freycinet et Loubet. Dès décembre 1892, il occupe le poste de ministre de la Justice au sein des deux premiers gouvernements Ribot[30].

Le 1er novembre 1895, Léon Bourgeois accède à la Présidence du Conseil. Son gouvernement est pour la première fois composé de ministres exclusivement radicaux. Sept de ses ministres sont, tout comme lui, franc-maçons. Il désire instaurer une politique de solidarité, issue du programme radical, dont l'organisation des retraites ouvrières. Cependant, il rencontre une forte opposition sur sa droite. La Chambre s'oppose à son projet d'impôt général sur le revenu ainsi que celui sur les associations, prélude à une séparation des Églises et de l'État ; et le Sénat rejette ce qu'il considère comme une « inquisition fiscale ». Il démissionne le 23 avril 1896, suite au refus du Sénat de lui apporter des crédits pour l'expédition de Madagascar. Il sera l'un des rares Président du Conseil à se retirer face au Sénat[31],[30].

Sa carrière au sein du gouvernement ne s'arrête pas pour autant. Il redevient ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts dans le second cabinet Brisson de 1898. En 1906, il est ministère des Affaires étrangères du gouvernement Sarrien. En 1912, il devient ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du cabinet Poincaré. À l'aube de la Première Guerre mondiale, il retrouve son ministère des Affaires étrangères (cabinet Ribot). Il est par la suite ministre d’État sous le gouvernement Briand en 1915, puis à nouveau ministre du Travail et de la Prévoyance sociale dans le cabinet Ribot de 1917 puis une deuxième fois ministre d’État, cette fois-ci en tant que membre du comité de guerre, dans le ministère Painlevé à l'automne 1917[30].

Une prestigieuse fin de carrière[modifier | modifier le code]

Son diplôme de Nobel de la Paix en 1920, musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne.

Élu sénateur de la Marne en 1905, il joue un rôle important dans le vote de la loi sur les Retraites ouvrières et paysannes en 1910. Ministre des Affaires étrangères, il représente la France à la conférence d'Algésiras (1906) réunie à la suite de la crise de Tanger. Son activité diplomatique prépare la création de la Société des Nations, dont il est le premier président en 1919 et où il est en faveur de la Principe de l'égalité des races[32]. Cette volonté de réguler les relations entre États lui vaut le prix Nobel de la paix en 1920.

Élu président du Sénat, c'est la dernière charge politique d'importance qu'il assume, et qu'il quitte en 1923, deux années précédant sa disparition, en 1925, alors âgé de 74 ans.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Radicalisme et solidarisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Solidarisme.

On tient Léon Bourgeois pour l'un des théoriciens du radicalisme, et notamment de sa doctrine sociale. Son programme politique, le « solidarisme », se voulait une « synthèse » entre le libéralisme et le socialisme, mais qui leur serait « supérieure »[33]. Sa doctrine s'opposait à la fois au « laisser faire » prôné par les libéraux et au collectivisme des socialistes[1], dont la montée dans l'opinion, et surtout chez les ouvriers, inquiétait les radicaux[31].

Dans son ouvrage Solidarité, publié pour la première fois en 1896, il présente la solidarité comme le principe central de sa doctrine ; une solidarité aussi bien entre les hommes qu'entre les générations. Pour lui, « l'individu isolé n'existe pas ». Les hommes sont interdépendants et ont tous une dette envers la société, qui leur a permis de s'épanouir. Mais puisqu'ils ne disposent pas des mêmes avantages, cette dette ne peut être la même pour tous. Pour Léon Bourgeois et les solidaristes, un « quasi-contrat » est passé à la naissance entre les hommes, dont ils héritent des droits et des devoirs, qui évoluent selon la réussite[1]. Ce contrat est la reconnaissance d'une dette vis-à-vis de la société, qui nous a éduqué, mais aussi vis-à-vis des générations futures à qui l'on doit le progrès humain. L'homme n'est réellement libre que lorsqu'il se sera acquitté de cette dette[31]. Il expose cette idée de « devoir social » dans La Revue nouvelle.[réf. nécessaire]

La philosophie de la solidarité, selon Bourgeois, peut seule favoriser la construction d’une République de la main tendue contre le poing fermé, de la mutualité « règle suprême de la vie commune » contre la charité réduite à une « pitié agissante »[34]. Le solidarisme se montre ainsi favorable au mutualisme et à la prévoyance sociale[1], que l’État doit encourager[31]. C’est au nom de la solidarité que Léon Bourgeois défendit le principe de l’impôt sur les successions, sur les revenus et la mise en place d'une retraite pour les travailleurs[34].

Il est difficile de classer le solidarisme dans un courant de pensée plus large. Certains, à l'image de Serge Audier, considèrent sa doctrine comme appartenant au « socialisme libéral » ; il se réfère notamment à un échange entre Geogres Renard, directeur de La Revue socialiste, et Léon Bourgeois où ce dernier affirmait être un « socialiste libéral, le plus libéral des socialistes »[35]. Pour d'autres, telle Janet Horne (en), il s'agit davantage d'un « libéralisme social » puisque Léon Bourgeois était étranger à l'idée de lutte des classes et se prononçait en faveur de la paix sociale[1].

Durant l'entre-deux-guerres, le solidarisme a un impact important sur la pensée politique. Célestin Bouglé, par exemple, publie Le Solidarisme en 1924. Il y rappelle l'opposition des solidaristes à l'abolition de la propriété privée et à la lutte des classes ; mais également la nécessité que l’État intervienne pour corriger la question sociale, qui n'est pas que morale. Néanmoins, après la Seconde Guerre mondiale, l'effondrement du radicalisme entraîne la disparition du solidarisme ; même s'il est parfois considéré comme un précurseur de l’État providence[31].

Léon Bourgeois et la guerre[modifier | modifier le code]

Il restait marqué par son expérience de 1870,il se voulait humaniste et pacifiste, mais se sentait impliqué par la direction de la défense du territoire. Il fut actif comme membre du comité de guerre, comme président du groupe parlementaire des départements envahis, au sein de la commission des dommages de guerre du Sénat, comme vice-président de la commission sénatoriale de l’armée, mais aussi vice-président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et enfin président de la commission sénatoriale d’Alsace-Lorraine. Il s'intéresse au droit international comme membre de la commission interministérielle de droit maritime. Il est un défenseur des Nations et états civilisés contre les états prédateurs. C'est dans cette optique qu'il fut amené à militer pour une S.D.N universelle. Il siège à la Commission de l'Armée du Sénat lors de la Première Guerre mondiale, puis est élu président du Sénat du 14 janvier 1920 au 16 février 1923.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Il fut par ailleurs un membre influent du Grand Orient de France. Paul Anxionnaz, Grand Maître du Grand Orient de France, déclarait en 1967 : « Si nous, francs-maçons du Grand Orient de France, vouons un culte particulier à sa mémoire, c’est parce qu’il n’est sans doute pas d’homme d’action, d’écrivain, de penseur dont l’œuvre tout entière ait été à un plus haut degré imprégnée de pensée et de fraternité maçonniques. »

Le sculpteur[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, Léon Bourgeois se passionne pour les arts[4]. Il était sculpteur et a laissé quelques œuvres dont le buste de sa fille[36]. Une salle non permanente du musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne lui est consacrée, on peut découvrir des souvenirs, dont son diplôme du prix Nobel.

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Liste des fonctions[modifier | modifier le code]

Son parcours public est riche de postes et titres prestigieux :

Honneurs[modifier | modifier le code]

L'importance de son implication dans la vie publique fit que de nombreux hommages lui furent rendu comme :

  • des voies places ou rues : une voie du 7e arrondissement de Paris ouverte en 1907 en bordure du Champ-de-Mars a reçu le nom d’allée Léon-Bourgeois par arrêté du 10 août 1926, une à Marseille, Palaiseau, Rennes, Châlons-en-Champagne, Limoges, Castres;
  • des écoles dans de nombreuses villes.

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Léon Bourgeois[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Léon Bourgeois[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Denis Demko, Léon Bourgeois : Philosophe de la solidarité, Éditions Maçonniques de France,‎ 11 février 2002, 159 p. (ISBN 2847210121)
  • Marc Sorlot (préf. Bruno Bourg-Broc), Léon Bourgeois : Un moraliste en politique, Paris, Bruno Leprince,‎ mars 2005 (ISBN 2-909634-96-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Serge Audier, Léon Bourgeois : Fonder la solidarité, Paris, Éditions Michalon, coll. « Le bien commun »,‎ 22 novembre 2007, 125 p. (ISBN 2841864308)
  • Alexandre Niess et Maurice Vaïsse (dir.), Léon Bourgeois : Du solidarisme à la Société des Nations, Langres, Dominique Guéniot,‎ 20 novembre 2006, 151 p. (ISBN 2878253558)
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil : Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin,‎ 2007, 916 p. (ISBN 978-2-262-02687-5)
  • Alexandre Niess, Synthétiser une vision sociale au long cours Léon Bourgeis et ses discours, dans : Études Marnaises, éd SACSAM, 2014, Tome CXXIX, p.271-286.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ses cendres ont été déposées au cimetière de l'ouest de Châlons-en-Champagne, et au musée Schiller Goethe de cette ville étaient présentés des souvenirs de Léon Bourgeois dont ses sculptures, musée fermé par la ville le 31 décembre 2008, depuis juillet 2010 une salle lui est consacrée au musée des Beaux-Arts de Châlons-en-Champagne
  2. Homme politique et bibliothécaire influent dans le département avec qui il entretenait une correspondance

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Nicolas Delalande, « Le solidarisme de Léon Bourgeois, un socialisme libéral ? », La Vie des idées,‎ 30 janvier 2008 (ISSN 2105-3030, lire en ligne)
  2. Nicolas Delalande, Pauvreté et solidarité : entretien avec Serge Paugam, La Vie des Idées, le 30 mai 2008.
  3. Sorlot 2005, p. 13
  4. a, b et c Sorlot 2005, p. 14
  5. a et b Sorlot 2005, p. 15
  6. a, b et c Sorlot 2005, p. 16
  7. a, b, c et d Alexandre Niess, « L'accès au pouvoir en France sous la Troisième République (1871-1940) : Népotisme, réseaux de sociabilité et élus de la Marne », dans Acta Iassyensia Comparationis, Éditions de l'Université de Iasi, coll. « Puterea, Power, Le Pouvoir »,‎ décembre 2006 (lire en ligne), chap. 4, p. 210-211
  8. Sorlot 2005, p. 17
  9. Sorlot 2005, p. 18
  10. Sorlot 2005, p. 19
  11. Sorlot 2005, p. 21
  12. a et b Sorlot 2005, p. 22
  13. Paul Guillaume, « La Franc-maçonnerie à Reims (1740-2000) », Thèse de doctorat, Université de Reims Champagne-Ardenne, 2001, p. 333
  14. Sorlot 2005, p. 23-24
  15. a, b et c Sorlot 2005, p. 25-27
  16. Yves-Marc Ajchenbaum, « Ni compassion, ni socialisme », Le Monde,‎ 4 janvier 2008 (lire en ligne)
  17. « Nomination comme chevalier de la Légion d’honneur, dossier Léonore de Léon Bourgeois », sur Ministère de la Culture (consulté le 22 janvier 2012)
  18. « Procès verbal de réception d'un chevalier de l’Ordre national de la Légion d'honneur, dossier Léonore de Léon Bourgeois », sur Ministère de la Culture (consulté le 22 janvier 2012)
  19. Sorlot 2005, p. 28
  20. a, b et c Sorlot 2005, p. 29
  21. [PDF]« Les préfets de la Haute-Garonne : 1800-2007 », sur Archives départementales de la Haute-Garonne (consulté le 21 janvier 2012)
  22. « Nomination comme officier de la Légion d’honneur, dossier Léonore de Léon Bourgeois », sur Ministère de la Culture (consulté le 22 janvier 2012)
  23. « Procès verbal de réception d'un officier de l’Ordre national de la Légion d'honneur, dossier Léonore de Léon Bourgeois », sur Ministère de la Culture (consulté le 22 janvier 2012)
  24. Sorlot 2005, p. 30
  25. a et b Sorlot 2005, p. 32
  26. Sorlot 2005, p. 33
  27. a et b Sorlot 2005, p. 34-35
  28. Alexandre Niess, « Parlementaires et élus locaux de la Marne sous la Troisième République : esquisse prosopographique », dans Jean Garrigues, Éric Anceau, Frédéric Attal, Noëlline Castagnez, Noëlle Dauphin, Sabine Jansen et Olivier Tort (dir.), Actes du 57e congrès de la CIHAE : Assemblées et parlements dans le monde, du Moyen Âge à nos jours, Paris, Assemblée nationale,‎ 2010 (lire en ligne), p. 287-290
  29. Sorlot 2005, p. 36
  30. a, b et c « Léon Bourgeois : Douze fois ministre et Président du Conseil », dans Les trois prix Nobel du Sénat, Sénat (lire en ligne)
  31. a, b, c, d et e Jacques Mièvre, « Le solidarisme de Léon Bourgeois », Cahiers de la Méditerranée, no 63,‎ 2001 (lire en ligne)
  32. Conférence de la paix de Paris 1919-1920, cité par Power and Prejudice: The Politics and Diplomacy of racial discrimination ISBN 0-8133-0678-7
  33. Bourgeois 1896, p. 12
  34. a et b Audier 2007
  35. Audier 2007, p. 18
  36. Jean-Paul Barbier Des Châlonnais célèbres illustres et mémorables, 2000.
  37. son dossier sur LEONORE
  38. la liste de la donation faite par son fils

Chronologies[modifier | modifier le code]