André Le Troquer

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André Le Troquer
Fonctions
5e président de l'Assemblée nationale
24 janvier 19564 octobre 1958
Président René Coty
Législature IIIe
(IVe République)
Prédécesseur Pierre Schneiter
Successeur Jacques Chaban-Delmas
3e président de l'Assemblée nationale
12 janvier 195410 janvier 1955
Président René Coty
Législature IIe
(IVe République)
Prédécesseur Édouard Herriot
Successeur Pierre Schneiter
Député de la Seine
(IVe République)
28 novembre 19462 décembre 1958
Législature Ire, IIe, IIIe (Quatrième République)
Groupe politique SFIO
Député de la Seine
(Assemblée nationale constituante)
6 novembre 194527 novembre 1946
Groupe politique SFIO
Député de la Seine
(IIIe République)
1er juin 193631 mai 1942
Législature XVIe (Troisième République)
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance 27 octobre 1884
Lieu de naissance Andilly
Date de décès 11 novembre 1963 (à 79 ans)
Lieu de décès Enghien-les-Bains
Nationalité française
Parti politique SFIO

André Le Troquer, né à Paris le 27 octobre 1884 et mort le 11 novembre 1963 à Andilly, est un homme politique français, président de l'Assemblée nationale de 1954 à 1955, puis de 1956 à 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élu député de Paris en 1936, il siège à l'Assemblée nationale de 1945 à 1958. André Le Troquer se prononce en juin 1940 contre la demande d'armistice. Il s'embarque le 20 juin 1940 à Bordeaux avec d'autres parlementaires sur le paquebot Massilia à destination de l'Afrique du nord pour continuer la lutte, et arrive à Casablanca le 24 juin, deux jours après la signature de l'Armistice du 22 juin 1940.

En 1942, avec Félix Gouin, il défend Léon Blum lors du procès de Riom. Il siège à l'Assemblée consultative d'Alger avant d'être nommé commissaire à la Guerre et à l'Air puis commissaire délégué à l'administration des territoires métropolitains libérés. Il est aux côtés du Général de Gaulle à la libération de Paris et descend à ses côtés les Champs-Élysées en août 1944.

Au printemps 1945, avant même l'ouverture du procès du Maréchal Pétain (le 23 juillet 1945), il suggère que la condamnation à mort soit suivie d'une cérémonie solennelle à l'Arc de Triomphe au cours de laquelle un simple troupier dégraderait le Maréchal et briserait son bâton. L'idée n'est pas retenue[1]. Président du Conseil municipal de Paris de 1945 à 1946, il devient ministre de l’Intérieur du 23 janvier 1946 au 2 juin 1946 dans le gouvernement Félix Gouin et ministre de la Défense nationale dans le 3e gouvernement de Léon Blum du 13 décembre 1946 au 13 janvier 1947. Vice-président de l'Assemblée nationale, il est président par intérim du Congrès à Versailles lors de l'élection de René Coty à la présidence de la République en décembre 1953.

En tant que président de l'Assemblée nationale, il joue un rôle important lors des événements de mai-juin 1958 qui marquent le retour du général de Gaulle au pouvoir - auquel il tente en vain de s'opposer. Il se rend avec Gaston Monnerville, président du Conseil de la République, à Saint-Cloud pour un entretien décisif avec de Gaulle et s'assure que son retour s'effectuera conformément aux pratiques constitutionnelles. Il lit aux députés le message de René Coty - qu'il désapprouve - annonçant qu'il a fait appel au plus illustre des Français et préside les séances du 1er au 3 juin 1958 (investiture de Charles de Gaulle et pouvoirs pour élaborer une nouvelle Constitution). Battu aux élections législatives de novembre 1958, il quitte la vie politique en 1960 non sans avoir appelé les électeurs à dire « non » lors du référendum du 8 janvier 1961 sur l’Algérie.

En juin 1960, âgé de 76 ans, il fut sanctionné d'une condamnation d'un an d'emprisonnement avec sursis et d'une modeste amende (3 000 francs) en relation avec l'affaire dite des « Ballets roses ».

André Le Troquer a été président du conseil municipal de Paris.

Il a été décoré de la Croix de guerre pour sa participation à la Première Guerre mondiale d’où il était revenu mutilé (amputation du bras droit). Il faut rendre cette justice aux caricaturistes et aux journalistes qu'ils semblent être toujours restés extrêmement discrets sur cette infirmité, même lors de l'affaire des ballets roses. À l'époque, se moquer d'un ancien combattant aurait fait scandale[2].

Il ne faut pas confondre André Le Troquer avec un autre homme politique français du XXe siècle, dont il est le quasi-homonyme : Yves Le Trocquer.

Il est évoqué dans le 199e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Amouroux, La Grande histoire des Français après l'Occupation : Les règlements de comptes, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1999, p. 985.
  2. Le film de Marcel Pagnol Merlusse (1935) nous montre un surveillant gravement blessé à l’œil pendant la guerre, qui se fait insulter par un père d’élève (« Quand les pions sont borgnes, les punitions tombent à l’aveuglette ») et lui envoie un formidable coup de poing en retour. Le père dépose immédiatement une plainte mais se hâte de la retirer quand il apprend qu’il a insulté un blessé de guerre : boucher de son état, il craindrait de perdre sa clientèle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]