Imprimerie nationale

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Imprimerie nationale

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Logo de l'Imprimerie nationale

Création 1640
Fondateurs Armand Jean du Plessis de Richelieu
Personnages clés 1994 : changement de statut
Forme juridique Société anonyme
Siège social 104, avenue du Président-Kennedy, Paris (France)
Direction Didier Trutt
Actionnaires APE État français (100 %)
Activité Imprimerie
Site web imprimerienationale.fr

L'Imprimerie nationale (I.N. SA) est l'imprimerie de l'État français héritée d'une imprimerie créée en 1538 sous François Ier et qui deviendra ensuite l'Imprimerie royale instituée par le cardinal de Richelieu en 1640 à la demande de Louis XIII.

C'est aujourd'hui une entreprise commerciale[1], dont l'État est l'unique actionnaire, et ayant le statut de société anonyme. Son président-directeur général est Didier Trutt[2],[3] depuis août 2009.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancien site parisien de l'Imprimerie nationale (Convention, 15e arrondissement).

L'Imprimerie royale est fondée en 1640, par le cardinal de Richelieu sous Louis XIII. Les gouvernements successifs en font, selon le régime en vigueur, l'Imprimerie de la République, puis l'Imprimerie impériale, l'Imprimerie royale pour devenir l'Imprimerie nationale.

L'Imprimerie nationale détient aussi le « cabinet des poinçons », un atelier du livre et une bibliothèque historique. Elle possède également de nombreuses fontes fondamentales pour l'histoire de l'imprimerie occidentale, telles que les originaux des Didot.

Ancienne direction centrale du ministère chargé du Budget, l'Imprimerie nationale change de statut le 1er janvier 1994 pour devenir une société anonyme dont l'État français demeure l'unique actionnaire via l'Agence des participations de l'État.

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Directeurs de l’Imprimerie royale du Louvre[modifier | modifier le code]

Chronologie, de l'Imprimerie royale à l'Imprimerie nationale SA[modifier | modifier le code]

  • 1538 : François 1er accorde un privilège à un imprimeur qui devient « Imprimeur du Roi pour le grec ».
  • 1540 : L'Imprimeur du Roi pour le grec devient « Imprimeur du Roi pour le grec, le latin et l'hébreu ».
  • 1640 : Louis XIII, à l'instigation de Richelieu, transforme cette imprimerie en Manufacture Royale de l'Imprimerie qui deviendra l'Imprimerie Royale. Elle s'installe alors au Louvre.
  • 1670 : Jean-Baptiste Colbert lance la collection « Le Cabinet du Roi ».
  • 1749 : les premiers volumes de l'Histoire naturelle de Buffon sortent des presses.
  • 1790 : l'Imprimerie royale devient l'Imprimerie du Louvre.
  • 1792 : l'Imprimerie nationale exécutive quitte le Louvre, lieu qu'elle occupait depuis 1640.
  • 1795 : l'hôtel de Penthièvre abrite les deux imprimeries officielles sous le nom d'Imprimerie de la République.
  • 1809 : l'Imprimerie impériale s'installe à l'hôtel de Rohan. Y sont imprimés les vingt-trois premiers volumes de la Description de l'Égypte.
  • 1813 : publication du décret en vue de la formation de compositeurs orientalistes.
  • 1870 : l'Imprimerie impériale redevient l'Imprimerie nationale, nom qu'elle a conservé jusqu'à nos jours.
  • 1871 : durant la Commune de Paris, l'Imprimerie nationale est dirigée par l'ouvrier typographe communard Louis-Guillaume Debock, qui gère scrupuleusement celle-ci. Il sauve de l'incendie volontaire et de l'anéantissement les Archives nationales voisines.
  • 1900 : sous l'impulsion d'Ambroise Vollard est réalisé à l'Imprimerie nationale le premier livre de peintre. Les presses livrent également un Paul Verlaine illustré par Pierre Bonnard.
  • 1903 : la première pierre de la nouvelle usine dans la plaine de Javel est scellée.
  • 1910 : l'Imprimerie nationale est mise sous la tutelle du ministère des Finances.
  • 1921 : l'Imprimerie nationale investit la rue de la Convention.
  • 1961 : publication du décret du 4 décembre sur l'organisation de l'Imprimerie nationale[4].
  • 1974 : l'Imprimerie nationale ouvre son site de Douai sur la commune de Flers-en-Escrebieux.
  • 1992 : inauguration de l'usine de Bondoufle par Michel Charasse, alors ministre délégué au Budget.
  • 1994 : l'Imprimerie nationale devient Imprimerie nationale SA dont la totalité du capital est détenu par l'État[5].
  • 1995 : sortie du premier cédérom conçu par l'Imprimerie nationale.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le nouveau site de l’Imprimerie nationale à Ivry-sur-Seine qui héberge l'atelier du Livre d'art et de l'Estampe.

En 1997, l'Imprimerie nationale acquiert les sociétés Saqqarah International, Mizeret, ISTRA-IN puis IDC, ce qui la conduit à créer le groupe Imprimerie nationale. De fournisseur exclusif de l'État, le groupe doit se soumettre à la loi du marché et offre dès lors ses services dans tous les domaines de l'impression, ouvrant ainsi ses portes aux grandes entreprises. La même année sont créés les ateliers de production de cartes de plastique. En 1998 est installée une presse dix groupes, la « dix couleurs », sur le site de Paris.

En 2000, la filiale IDC, spécialisée dans l'impression numérique, devient INumeric et, en 2001, la filiale Mizeret devient J. Print. La même année voit l'installation d'une rotative KBA, 64 pages A4 en quadrichromie sur le site de Bondoufle.

En 2003, les bâtiments de la rue de la Convention sont vendus au groupe Carlyle pour 85 millions d'euros ; ils sont rachetés en 2007 par l'État pour 376,5 millions d'euros, après environ 120 millions d'euros de travaux (soit 4,5 fois le prix de départ[6]), afin d'y regrouper des services éparpillés du ministère des Affaires étrangères. Les ouvrages sont revendus à l'éditeur français privé Actes Sud[7],[8]. La société Carlyle ne serait pas taxée sur les plus-values dans cette affaire[9].

En 2005, le gouvernement privatise la plupart des sites du groupe et se dessaisit ainsi des imprimeries ISTRA à Schiltigheim au profit du groupe Opale Partenaires, Évry Rotatives à Bondoufle au profit d'un groupe d'investisseurs allemand (Arques) et ferme le site de Paris Convention. Le site de Bondoufle est mis en liquidation le 17 décembre 2007. Seuls subsistent les sites de l'Imprimerie nationale de Douai et de Choisy-le-Roi (impression feuilles). Ce dernier est mis en location gérance depuis le 1er novembre 2006 sous la raison sociale d'« IN Choisy », en prévision de sa cession à un opérateur privé et dans le cadre d'un troisième plan social qui ramènerait les effectifs de 123 à 40 salariés.

Fin 2005, les employés de l'Imprimerie nationale et quelques élus (maires, députés, conseillers généraux) bloquent le président-directeur général de l'entreprise dans la mairie de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord. En effet, les employés viennent d'apprendre que les nouveaux passeports électroniques vont être faits par la société Oberthur suite un appel d'offre en règle passé par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, et le PDG de l'Imprimerie, Loïc de la Cochetière. Mais, après un recours devant le Conseil d'État, le monopole de l'Imprimerie nationale est conforté dans le prolongement de la loi du 31 décembre 1993 qui dispose que l’Imprimerie « est seule autorisée à réaliser les documents déclarés secrets où l’exécution doit s’accompagner de mesures particulières de sécurité, et notamment les titres d’identité, passeports et visas. » Cette loi de 1993 avait pourtant été signée par Nicolas Sarkozy lui-même…[10],[11]. Après que l'Imprimerie nationale a récupéré le marché des passeports biométriques, lié aux nouvelles lois en vigueur aux États-Unis[12], les retards occasionnés dans la délivrance de ceux-ci auraient causé aux voyagistes une perte de 500 millions d'euros.

Le 21 janvier 2008, une grève visant à l'amélioration de l'accompagnement social des futurs licenciés éclate et l'usine de Choisy-le-Roi est occupée par les salariés. La grève dure jusqu'au 22 février, soit cinq semaines. Au terme de ce conflit, le plan social 2005 initialement dénoncé, est reconduit à l'exception de la durée des congés de reclassement qui sont limités à soixante mois. En contrepartie, les primes de départ volontaire sont revues à la hausse. Début septembre 2008, la division feuilles et le bâtiment de Choisy-le-Roi sont cédés au groupe La Galiote-Prenant. Seuls une quinzaine de salariés sont repris dans la nouvelle entreprise dont l'appellation reste inchangée (IN-Choisy).

Caractères typographiques[modifier | modifier le code]

L’imprimerie nationale a une collection de polices d’écritures qui lui est exclusive[13]. Pour l’écriture latine celles-ci sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Légifrance Loi n° 93-1419 du 31 décembre 1993 modifiée relative à l'Imprimerie nationale - Article 1er.
  2. Légifrance Décret du 4 août 2009 portant nomination au conseil d’administration de l’Imprimerie nationale.
  3. Légifrance Décret du 17 septembre 2009 portant nomination du président du conseil d’administration de l’Imprimerie nationale - M. Trutt (Didier).
  4. Légifrance Décret n° 61-1318 du 4 décembre 1961 relatif à l'organisation et au fonctionnement de l'Imprimerie nationale.
  5. Légifrance Arrêté du 31 décembre 1993 relatif à l'apport des droits, biens et obligations attachés aux missions des services relevant du budget annexe de l'Imprimerie nationale à la sociéte Imprimerie nationale.
  6. « L'État rachète 4,5 fois plus cher un immeuble qu'il avait vendu », Boursorama, 26 juin 2007.
  7. « L’imprimerie nationale livrée à la spéculation », L'Humanité, sur humanité.fr.
  8. L'Imprimerie Nationale sur la page investissements du site du groupe Carlyle.
  9. « Imprimerie nationale : Carlyle ne serait pas taxé sur les plus-values », Le Figaro, sur lefigaro.fr.
  10. L'affaire de la fabrication des passeports électroniques analysée dans l'émission Arrêt sur images, diffusée sur France 5, le 28 mars 2007.
  11. « Imprimerie nationale, passeports privatisés ? », L'Humanité, sur humanite.fr.
  12. « Les premiers passeports biométriques seront délivrés en avril » sur zdnet.fr.
  13. Franck Jalleau, «  Conception et numérisation des caractères de l’Imprimerie nationale : parcours d’un patrimoine typographique  », Schedae, 2007, prépublication no 53, fascicule no 3, p. 11-14 lire en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Bernard, Notice historique sur l’Imprimerie nationale, éd. Dumoulin, Paris, 1848, In 32, 128 p., portrait de Gutenberg.
  • Auguste Bernard, Histoire de l’Imprimerie royale du Louvre, suivie d’un catalogue chronologique des publications (1640 - An III), Imprimerie impériale, Paris, 1867, In-8°, XII-311 p. (reprod. en fac-sim. : Amsterdam : P. Schippers, 1966, 23 cm, X-311 p., index.).
  • Arthur Christian (préface de Jules Clarétie), Débuts de l’imprimerie en France – L’Imprimerie nationale – L’Hôtel de Rohan, Imprimerie nationale, Paris, 1904, In-8°, XXIV-345 p., ill.
  • François-Antoine-Brutus Duprat, Précis historique sur l’Imprimerie impériale et ses types, Librairie orientale de Benjamin Duprat, Paris, 1848. In-8°, VIII-158 p.
  • François-Antoine-Brutus Duprat, Histoire de l’Imprimerie impériale de France, suivie des spécimens des types étrangers et français de cet établissement, Imprimerie impériale, Paris, 1861. In-8°, IV-578 p.
  • Paul-Marie Grinevald, « Publications et collections de l’Imprimerie nationale », Histoire de l’édition française, Promodis, Paris, 1985, tome III, p. 208-209.
  • Paul-Marie Grinevald, « Richelieu et l’Imprimerie nationale », Richelieu et le monde de l’esprit, Imprimerie nationale, Paris, 1985, p. 237-248.
  • Paul-Marie Grinevald, « L’Imprimerie nationale », Histoire de l’édition française, Promodis, Paris, 1986, tome IV, p. 170-171.
  • Paul-Marie Grinevald, « La bibliothèque de l’Imprimerie nationale », Art et métiers du livre, juin 1987, no 145, p. 56-62, ill.
  • Paul-Marie Grinevald, « Les caractères orientaux et l’orientalisme à l’Imprimerie nationale », Art et métiers du livre, décembre 1990, no 165 (acte du colloque : Le Romantisme typographique).
  • Paul-Marie Grinevald, « L’art du livre à l’Imprimerie nationale », Métiers d’art, 1990, no 43, p. 85-91, ill.
  • Paul-Marie Grinevald, « L’Imprimerie nationale », Le XVe arrondissement, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1996, p. 214-217, ill. (sur la construction de son usine, 1903-1910).
  • Paul-Marie Grinevald, « Le Cabinet des poinçons de l’Imprimerie nationale », Art et Métiers du Livre, novembre-décembre 1996, no 200, p. 46-49, ill.
  • Paul-Marie Grinevald, « Les éditions orientalistes de l’Imprimerie nationale au XIXe siècle », Le Livre et l’historien, Études offertes en l’honneur du Professeur Henri-Jean Martin, Droz, Genève, 1997, p. 795-804 (Histoire et civilisation du livre 24).
  • Paul-Marie Grinevald, « Les Grecs du Roi », Graphê, janvier 2004, no 27, p. 2-5, ill.
  • « Histoire de l’Imprimerie nationale », Art et Métiers du Livre, novembre-décembre 2004, no 245, p. 46-59, ill.
  • Geneviève Willemetz (avant-propos, notes, bibliographie et index par Paul-Marie Grinevald), Jean Anisson 1648-1721 – Un homme d’affaires et de culture au Grand siècle, éditions des Cendres, Paris, 2004, 14 × 21,5 cm, 206 p.

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