Jean Casimir-Perier

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Jean Casimir-Perier
Portrait officiel du président Jean Casimir-Perier.
Portrait officiel du président Jean Casimir-Perier.
Fonctions
6e président de la République française
27 juin 189416 janvier 1895
(&&&&&&&&&&&&02036 mois et 19 jours)
Élection Élections présidentielles sous la Troisième République#Élection présidentielle de 1894
Président du Conseil Charles Dupuy
Prédécesseur Sadi Carnot
Successeur Félix Faure
Président de la Chambre des députés
2 juin27 juin 1894
Prédécesseur Charles Dupuy
Successeur Auguste Burdeau
10 janvier3 décembre 1893
Prédécesseur Charles Floquet
Successeur Charles Dupuy
52e Président du Conseil
3 décembre 189322 mai 1894
Président Sadi Carnot (président)
Gouvernement Gouvernement Jean Casimir-Perier
Prédécesseur Charles Dupuy
Successeur Charles Dupuy
Biographie
Nom de naissance Jean Paul Pierre Casimir Casimir-Perier
Date de naissance 8 novembre 1847
Lieu de naissance Paris Ancien 1er arrondissement de Paris
Date de décès 11 mars 1907 (à 59 ans)
Lieu de décès Paris 16e arrondissement de Paris
Nature du décès Angine de poitrine
Parti politique Modérés
Conjoint Hélène Casimir-Perier
Enfant(s) Claude Casimir-Perier
Germaine Casimir-Perier, ép. Sommier
Diplômé de Faculté de droit de Paris
Profession Industriel
Religion catholicisme

Jean Casimir-Perier
Présidents de la République française

Jean Casimir-Perier, né le 8 novembre 1847 à Paris et mort le 11 mars 1907 dans le 16e arrondissement, est un homme d'État français.

Il est président de la République française du 27 juin 1894 au 16 janvier 1895, date de sa démission. Élu à l’âge de 46 ans, il est le deuxième plus jeune jamais élu à cette fonction, toutes républiques confondues, après Louis-Napoléon Bonaparte. Il détient aussi le record du mandat de président de la République française le plus court, toutes républiques confondues, soit 6 mois et 16 jours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Jean Paul Pierre Casimir Casimir-Perier dit Jean Casimir-Perier est le petit-fils de Casimir Perier[1] (1777-1832), président du Conseil sous Louis-Philippe Ier sous la Monarchie de Juillet, et le fils d'Auguste Casimir-Perier (1811-1876), ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Adolphe Thiers, et de Camille Fontenilliat (1823-1907), fille de Henry Fontenilliat, et le neveu de Gaston d'Audiffret-Pasquier, président de l'Assemblée nationale puis du Sénat de 1875 à 1879. Il appartient à la grande bourgeoisie parisienne. Il étudie au lycée Condorcet.

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse à Paris le 17 avril 1873, sa cousine Hélène Perier-Vitet qui lui donne deux enfants : Claude (1880-1915, mort pour la France) et Germaine (Mme Sommier, 1885-1968).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il entre dans la vie publique comme secrétaire de son père, ministre de l'Intérieur dans le ministère Thiers.

En 1874 il est élu conseiller général de l'Aube, et envoyé par ce département à la chambre des députés lors des élections générales de 1876 et il est toujours réélu jusqu’à ce qu’il devienne président de la République. Malgré les traditions de sa famille, il rejoint le groupe des Républicains de gauche et est un des 363 qui s’opposent au Seize-Mai (1877). Il refuse de voter l'expulsion des princes en 1883 et démissionne comme député quand la loi est promulguée, à cause de ses liens personnels avec la famille d'Orléans.

Le 17 octobre 1883 il devient sous-secrétaire d'État à la Guerre, poste qu'il occupe jusqu'au 30 mars 1885 dans le gouvernement de Jules Ferry. De 1890 à 1892 il est vice-président de la Chambre, tout en présidant la commission des Finances. En 1893 il accède au « perchoir », c'est-à-dire à la présidence de la Chambre.

Président du Conseil[modifier | modifier le code]

Quelques mois plus tard, la victoire des « progressistes » aux élections législatives lui dégage la route vers le pouvoir. Le président de la République, Sadi Carnot, le nomme président du Conseil le 3 décembre 1893. Casimir-Perier se fait longuement prier avant d'accepter le poste. Désireux d'écarter du pouvoir les radicaux comme les monarchistes, il décide de gouverner au centre-droit, dans une majorité ouverte aux ralliés. Son gouvernement est constitué de républicains modérés traditionnels, comme l'ancien gambettiste Eugène Spuller. Il prend pour lui-même le portefeuille des Affaires étrangères.

Le 9 décembre 1893 a lieu l'attentat (aucun mort) d'Auguste Vaillant à la Chambre des députés, point d'orgue de la vague d'attentats anarchistes qui frappe le pays. En réaction le gouvernement vote les « Lois scélérates » destinées à mettre en place une sévère répression de l'anarchisme en France. Vaillant est guillotiné.

Sur le plan diplomatique, c'est sous Casimir-Perier qu'est signée le 4 janvier 1894 l'Alliance franco-russe qui reste un temps secrète.

Le 3 mars, Spuller appelle dans un discours à la Chambre à la tolérance dans les affaires religieuses. Pour Casimir-Perier ces dernières doivent être examinées dans un « esprit nouveau ». Gestes envers les ralliés, ces déclarations suscitent surtout l'émoi des anticléricaux qui accusent le président du Conseil de « pactiser avec l'ennemi ».

Le cabinet se retrouve alors fragilisé. Lorsque le ministre des Travaux publics Charles Jonnart refuse d'accorder la liberté syndicale aux employés des chemins de fer, la Chambre refuse de voter l'ordre du jour et Casimir-Perier remet sa démission le 23 mai 1894.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Casimir-Perier ne reste pas longtemps inactif puisqu'il retrouve aussitôt la présidence de la Chambre. Le 25 juin 1894, le président Carnot est assassiné à Lyon. Casimir-Perier apparaît comme un successeur plausible du président défunt, qui le considérait d'ailleurs comme son héritier. Mais il se montre très réticent à poser sa candidature, craignant le rôle de représentation qu'on lui ferait jouer à l'Élysée. Il se laisse finalement convaincre. Le 27 juin 1894, soutenu par la droite, il est élu président de la République par 451 voix contre 195 pour Henri Brisson et 97 pour Charles Dupuy. Cette élection est loin de le satisfaire, d'autant qu'il est très vite considéré par les radicaux et les socialistes comme le « président de la réaction ».

Il devient immédiatement une des cibles favorites de la gauche qui l'exècre pour son appartenance à la haute bourgeoisie. Propriétaire de la majeure partie des actions des mines d'Anzin, il est surnommé « Casimir d'Anzin »[2]. Les campagnes de presse hostiles se multiplient tout comme les procès pour offense au chef de l'État : le plus célèbre est celui où le journaliste Gérault-Richard est défendu par Jaurès qui, dans sa plaidoirie, dresse un véritable réquisitoire contre Casimir-Perier et sa politique[3]. Homme de peu de caractère, très nerveux, le Président est très touché par ces attaques.

Très vite, il s'aperçoit du rôle néant de président de la république dans les décisions. Il tente d'intervenir dans la politique du gouvernement, ce que son rôle et sa popularité ne lui permet pas. Il est ainsi dépossédé des affaires étrangères qui étaient jusqu'alors un domaine où le président avait son mot à dire. Sa grande impopularité ne lui permet pas de réagir et il est alors marginalisé par le président du Conseil Charles Dupuy et sombre dans l'abattement, regrettant de s'être présenté, il attendra le premier prétexte pour démissionner[4].

En effet, sa présidence ne dure finalement que six mois. La démission du ministère Dupuy le 14 janvier 1895 est suivie le lendemain de la sienne. Il l'explique par le fait qu'il se voit ignoré par les ministres, qui ne le consultent pas avant de prendre des décisions et ne l’informent pas des événements politiques, surtout dans le domaine des affaires étrangères. Dans le message qu'il a adressé aux Chambres, M. Casimir-Perier explique que sa retraite est motivée par l'attitude de la majorité qui ne lui a pas prêté le concours sur lequel il était en droit de compter.

Fin de sa vie[modifier | modifier le code]

À partir de ce moment Casimir-Perier abandonne complètement la politique et se consacre aux affaires et surtout à l'exploitation minière. Pendant l'Affaire, lors du procès d’Alfred Dreyfus à Rennes, son témoignage, opposé à celui du général Mercier, est très utile à la cause de l’accusé. En 1899, en pleine crise politique, le président Loubet lui propose la présidence du Conseil, mais il refuse.

Il meurt dans sa soixantième année en 1907, des suites d'une angine de poitrine, après avoir refusé qu'on lui organise des obsèques nationales.

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • 1877 - 1879 : sous-secrétaire d'État à l'Instruction publique, aux Beaux-Arts et aux Cultes
  • 1883 - 1885 : sous-secrétaire d'État à la Guerre
  • 1893 - 1894 : président du Conseil et ministre des Affaires étrangères

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Perier désigne celui « qui est originaire de Perier, de Périer, de Perrier », nom de beaucoup de localités et de lieux-dits. Très répandu, le nom de famille est notamment porté en Rhône-Alpes et en Limousin. Le toponyme Périer désigne lui-même un tas de pierres, une carrière, et dérive du mot pierre, du latin petra : pierre, caillou (Sources : Généanet.org/onomastique).
  2. Bernstein 2002 [1]
  3. « Plaidoirie de Jean Jaurès lors du procès de Gérault-Richard, le 4 novembre 1894 », sur jaures.eu (consulté en 19 décembre 2013)
  4. Bernstein 2002
  5. Lettre de démission de Casimir-Périer
  6. Généastar : Ascendants de Jean CASIMIR-PERIER

Annexes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1894 - Une médaille à l'effigie de Casimir-Perier a été réalisée par le graveur Jules-Clément Chaplain en 1894, pour commémorer l'élection du modèle à la présidence de la République. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0411).
  • Buste par le sculpteur Alfred Boucher.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007, Paris, Perrin,‎ 2007, 916 p.
  • Jean-Paul Ollivier, Président de la République, Les 22 chefs d'État français, 1848-2002, Paris,, Reader's Digest,‎ 2002, 208 p.
  • Serge Bernstein, Chef de l'État: L'histoire vivante des 22 présidents à l'épreuve du pouvoir, Paris, Armand Colin,‎ 2002, 272 p..

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

(en) « Jean Casimir-Perier », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]