Louis Malvy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Malvy.
Louis Malvy
Image illustrative de l'article Louis Malvy
Fonctions
Parlementaire français
Député 1906-1919
puis 1924-1940
Gouvernement IIIe République
Groupe politique RRRS
Biographie
Date de naissance 1er décembre 1875
Date de décès 10 juin 1949
Résidence Lot

Louis-Jean Malvy, Louis Malvy, né à Figeac (Lot) le 1er décembre 1875 et mort à Paris le 10 juin 1949, est un homme politique Radical français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses origines[modifier | modifier le code]

Louis-Jean Malvy est issu d'une famille de Souillac, dont on retrouve des traces dans les registres locaux jusqu'en 1466 et de la petite bourgeoisie active d'artisans et de commerçants : aubergistes, vitriers, plâtriers, négociants.... Son père, Martin Malvy, directeur d'une minoterie, a été élu maire (de gauche ; radical-socialiste) de Souillac en 1892 et conseiller général du canton en 1894.

Louis-Jean Malvy épouse en 1901, Louise de Verninac, fille d'une famille de la noblesse provinciale, la famille de Verninac, qui a donné à la France un Ministre sous Louis Philippe, Raymond de Verninac qui commanda l'expédition qui ramena en France l'obélisque édifié place de la Concorde et un vice-Président du Sénat, Charles de Verninac, co-fondateur de la Gauche Démocratique, beau-père de Louis-Jean Malvy.

Ses descendants[modifier | modifier le code]

Louis-Jean Malvy a eu trois enfants : un fils et deux filles. D'une liaison avec une actrice, Hélène Berry, il a eu une fille, Jeannine, née le 11 novembre 1915, qu'il pensionne ainsi que son frère aîné après la mort en couches de la mère en décembre 1915.

Charles Malvy[modifier | modifier le code]

Son fils, Charles Malvy, avocat, engagé lui aussi à gauche, dirige à partir de 1935 le journal La Gauche Quercynoise. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Charles Malvy rejoint de Gaulle et s'engage dans les Forces françaises libres. Il fait la campagne d'Italie, débarque en Provence et poursuit le combat jusqu'en Allemagne en 1945.

Paulette Malvy[modifier | modifier le code]

Une fille de Louis-Jean Malvy, Paulette, épouse Marcel Peyrouton, Résident général de France en Tunisie et au Maroc de 1933 à 1940, Ministre de l'Intérieur du régime de Vichy de septembre 1940 à février 1941; il signera le texte discriminatoire du 3 octobre 1940 envers les juifs et abolit le "décret Crémieux" et sera de ceux qui font pression sur Pétain pour renvoyer Laval du gouvernement; il le fait arrêter et quitte Vichy peu après que les Allemands aient exigé son retour.

En janvier 1943 il rejoint Alger où il est nommé gouverneur général de l'Algérie avec l'appui des Américains favorables au général Giraud. Traduit en Haute Cour à la Libération (comme ancien ministre du régime de Vichy), il est acquitté.

Jeannine Malvy[modifier | modifier le code]

La seconde fille de Louis-Jean Malvy épouse Maurice Rheims, qui s'engage lui aussi dans les Forces françaises libres après s'être évadé d'un camp de prisonniers, et termine la guerre comme commandant d'une unité parachutiste, et est décoré de la médaille de la Résistance. Rheims sera un grand commissaire-priseur et membre de l'Académie française[1].

Martin Malvy[modifier | modifier le code]

Son petit-fils Martin Malvy a notamment été député PS du Lot (élu et réélu à compter de 1978), Secrétaire d'Etat à l'Energie dans le Gouvernement de Laurent Fabius, chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement et Ministre du Budget de Pierre Beregovoy.

Il est président de la Région Midi-Pyrénées depuis 1998, réélu le 21 mars 2010 avec près de 68 % des suffrages exprimés (record national).

Mandats politiques[modifier | modifier le code]

  • Conseiller Général du Lot de 1901 à 1919
  • Président du Conseil Général du Lot de 1916 à 1917
  • Maire de Souillac de 1929 à 1940
  • Député du Lot de 1906 à 1919 et de 1924 à 1940

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Action politique[modifier | modifier le code]

Louis-Jean Malvy est ministre de l'Intérieur lors de la Première Guerre mondiale. Il décide de ne pas appliquer le carnet B afin de prévenir une éventuelle réaction ouvrière face à la guerre et permettre audacieusement le ralliement des ouvriers à l'Union sacrée. Lors de la contestation sociale de 1917, qui consume le consensus autour de l'Union sacrée, il fait pression sur les entrepreneurs afin qu'ils accordent des augmentations à leurs employés pour que ces derniers puissent faire face à la vie chère (grève des ouvrières, à Paris, en juin).

Attaqué par l’Extrême-Droite qui cherche à déstabiliser la République et l'affiche responsable de l'échec de la bataille du Chemin des Dames, d'être l'amant de Mata-Hari, il est en particulier la cible de Léon Daudet, rédacteur en chef de l'Action Française, qui envoie une lettre au Président de la République, Raymond Poincaré, dans laquelle il l'accuse d'avoir fourni des renseignements militaires à l'Allemagne et d'avoir fomenté les mutineries de 1917[2] (ce qui était entièrement faux[3]).

Malvy demande qu’elle soit lue à la Chambre des Députés par le Président du Conseil Paul Painlevé, ce qui est fait le 4 octobre. Convaincu d’être disculpé, il démissionne fin Août, entrainant la chute du Gouvernement Ribot, et demande à être traduit devant la Haute Cour, à l’époque constituée par le Sénat qui l’avait soutenu pendant trois années de guerre.

Après une douzaine d’audiences il est condamné le 6 août 1918, la Haute Cour changeant au dernier moment le chef d’accusation.

Innocenté du crime de trahison il est reconnu « coupable d'avoir — agissant comme ministre de l'intérieur dans l'exercice de ses fonctions — de 1914 à 1917, méconnu, violé et trahi les devoirs de sa charge[4] » dans des conditions le constituant en état de forfaiture et encouru ainsi les responsabilités criminelles prévues par l'article 12 de la loi du 16 juillet 1875 » selon l'extrait des minutes du Greffe de la cour de justice placardé sur les murs de Paris et de province, signé par le greffier et le procureur Mérillon.

Il est condamné à 5 ans de bannissement[4], ce qui suscite de vives réactions de la part de la presse de gauche qui évoque alors « une nouvelle affaire Dreyfus »[5], de la Gauche, des mouvement syndicaux et ouvriers.

Il refuse la proposition de Léon Jouhaux, Secrétaire Général de la CGT, qui envisage de lancer une grève générale et part en exil à Saint-Sébastien tout en demeurant jusqu’à la fin de son mandat député du Lot, la Haute Cour ne l’ayant pas destitué de ses droits civiques.

Pour Georges Clemenceau qui le fit juger, "Malvy, C'est le laisser-faire,le laisser-aller, la poignée de main à n'importe qui..." ce qui sera illustré plus tard par sa rencontre avec Mussolini.

Il fut réélu sans difficulté Député du Lot dès 1924, refusant à ses amis qui le pressaient de le faire de rechercher la réhabilitation par les juges, affirmant qu’il la tenait du peuple, et il le restera jusqu’en 1940.

De nouveau Ministre de l’Intérieur en 1926, il présidera la Commission des Finances de la Chambre des Députés jusqu’en 1936.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Malvy, qui est opposé au Front Populaire, défend avec le ministre Georges Bonnet le projet d'une paix séparée avec Mussolini qu'il a rencontré, et soutient aussi les accords de Munich conclu entre Edouard Daladier, Chamberlain et Hitler.

Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain auxquels ne s'opposent que 80 députés, ce qui lui vaudra d'être frappé d'indignité nationale et d'inéligibilité pour 10 ans en 1945.

Il sera constamment l'objet d'une haine féroce alimentée à la fois par l'Extrême-Droite et par le Parti communiste français[1].

Vu par Anatole de Monzie[modifier | modifier le code]

Dans Ci-devant, le livre qu'il a écrit et publié en 1942 chez Flammarion, Anatole de Monzie, élu du Lot, maire de Cahors, et maintes fois ministre de la Troisième République, dresse un portrait intéressant et quelque peu caustique de Louis-Jean Malvy, à l'occasion de l'entrée de son gendre, Marcel Peyrouton, dans le gouvernement de Vichy en mai 1940 :

« Dans le Lot, un nom est accueilli avec une faveur spéciale : celui de Peyrouton, ministre de l'intérieur. Car Peyrouton est le gendre de Malvy et son avènement affirme une continuité de fortune familiale qui enchante nos habitudes de pensée. Malvy est entré comme gendre dans la politique : il continuait M. de Verninac, gentilhomme de gauche, fondateur de la république en Quercy, protecteur d'innombrables dynasties administratives. Longtemps Louis-Jean Malvy fut à gauche notre caution départementale ; on disait de moi : « Ce n'est pas un mauvais homme, dommage qu'il ne ressemble pas davantage à Malvy. » Mon indépendance fit repoussoir à mon collègue, à mon camarade du quartier latin, dont les avancements retardèrent mon utilisation. Et voici que la caution se déporte à droite. Des espoirs fleurissent prématurément à la publication de cette liste ministérielle qui rétablit L.J. Malvy dans ses prérogatives d'autrefois. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Yves Le Naour, L'Affaire Malvy – Le Dreyfus de la Grande Guerre, Hachette Littératures, coll. « Essais », 2007 (ISBN 2012373933).
  2. L'affaire Malvy (1918), senat.fr.
  3. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 126-127 : « Toutes les accusations de Daudet avaient été entièrement réfutées. »
  4. a et b L'affaire Malvy (1918), senat.fr.
  5. Sabine Bernède, « Louis-Jean Malvy, l'autre Dreyfus », ladepeche.fr, 18 novembre 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Louis Malvy[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]