Helmut Kohl

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Helmut Kohl
Helmut Kohl, en 1987.
Helmut Kohl, en 1987.
Fonctions
6e chancelier fédéral allemand
(32e chancelier d'Allemagne)
1er octobre 198227 octobre 1998
(16 ans, 0 mois et 26 jours)
Président Karl Carstens
Richard von Weizsäcker
Roman Herzog
Gouvernement Kohl I, II, III, IV et V
Législature 9e, 10e, 11e, 12e et 13e
Coalition CDU/CSU-FDP
Prédécesseur Helmut Schmidt
Successeur Gerhard Schröder
Président du groupe CDU/CSU au Bundestag
13 décembre 19764 octobre 1982
Législature 8e et 9e
Prédécesseur Karl Carstens
Successeur Alfred Dregger
Président fédéral
de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
12 juin 19737 novembre 1998
Prédécesseur Rainer Barzel
Successeur Wolfgang Schäuble
Vice-président fédéral
de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
17 novembre 196912 juin 1973
Président Kurt Georg Kiesinger
Rainer Barzel
3e ministre-président de Rhénanie-Palatinat
19 mai 196925 décembre 1976
(7 ans, 7 mois et 6 jours)
Gouvernement Kohl I, II et III
Législature 6e, 7e et 8e
Coalition CDU-FDP (1969-1971)
CDU (1971-1976)
Prédécesseur Peter Altmeier
Successeur Bernhard Vogel
Biographie
Nom de naissance Helmut Josef Michael Kohl
Date de naissance 3 avril 1930 (84 ans)
Lieu de naissance Ludwigshafen (Reich allemand)
Parti politique CDU
Conjoint Hannelore Renner († 2001)
Maike Richter
Diplômé de Université de Heidelberg
Profession Historien
Politologue
Religion Catholique

Signature

Helmut Kohl
Chanceliers fédéraux allemands

Helmut Josef Michael Kohl, né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen, est un homme politique allemand membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Troisième enfant d'une famille catholique et conservatrice, il perd son frère aîné au cours de la Seconde Guerre mondiale. Dans les dernières semaines de la guerre, il est lui aussi enrôlé mais ne participe à aucun combat. En 1946, il adhère à la toute nouvelle Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et participe à la création l'année suivante la section de la Junge Union (JU) à Ludwigshafen.

Ayant passé avec succès son Abitur en 1950, il s'inscrit aussitôt à l'université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main pour y étudier le droit. En 1951, il choisit de poursuivre ses études à l'université de Heidelberg, où il est diplômé en histoire et sciences politiques.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Il intègre le comité directeur de la CDU de Rhénanie-Palatinat, présidée par le ministre-président Peter Altmeier, en 1953. Élu vice-président régional de la JU l'année suivante, il rejoint l'institut Alfred Weber de l'université de Heidelberg où il devient un membre actif de l'association estudiantine AIESEC.

Il entame ensuite une carrière dans le privé, d'abord en tant qu'adjoint au directeur d'une fonderie à Ludwigshafen et, en 1959, en tant que manager de l'union des industries chimiques de Ludwigshafen. En 1958, il obtient son doctorat pour sa thèse Développements politiques dans le Palatinat et reconstruction des partis politiques après 1945[1]. L'année suivante, il devient président de la section CDU de Ludwigshafen. En 1960, il épouse Hannelore Renner, qu'il connaît depuis 1948. Ils auront deux garçons.

Un élu local qui monte[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales du 19 avril 1959, il est élu député de la 6e circonscription au Landtag de Rhénanie-Palatinat. L'année suivante, il prend la présidence du groupe chrétien-démocrate au conseil municipal de Ludwigshafen. Après les élections régionales du 31 mars 1963, au cours desquelles la CDU perd la majorité absolue dont elle disposait depuis huit ans, il est porté à la présidence du groupe parlementaire. En 1966, il prend la suite de Peter Altmeier comme président du parti dans le Land, et fait alors figure de principal successeur de ce dernier à la direction du gouvernement régional.

Ministre-président de la Rhénanie-Palatinat[modifier | modifier le code]

Réélu député le 23 avril 1967, il conserve la présidence du groupe. Deux ans plus tard, le 19 mai 1969, il est investi ministre-président de la Rhénanie-Palatinat à seulement 39 ans, en remplacement d'Altmeier, à ce poste depuis juillet 1947. Il prend alors la tête d'une coalition noire-jaune avec le Parti libéral-démocrate (FDP).

Au congrès fédéral de la CDU du 17 novembre 1969 à Mayence, il est élu vice-président fédéral par 392 voix sur 476, soit une très forte majorité de 82,4 %. Lors des élections régionales du 21 mars 1971, il est chef de file des chrétiens-démocrates et remporte 49,9 % des voix et une majorité absolue de sièges avec 53 députés sur 100. Il s'agit de la meilleure performance du parti dans le Land en vingt-cinq ans.

Une figure de la CDU[modifier | modifier le code]

Environ six mois plus tard, au congrès fédéral du 4 octobre 1971 à Sarrebruck, il décide de se présenter à la présidence du parti, contre le président du groupe parlementaire Rainer Barzel. Alors qu'il était censé faire alliance avec Gerhard Schröder, représentant de l'aile droite, ce dernier se rétracte et permet à Barzel de l'emporter par 344 voix contre 174. Ce score de 33,6 % n'empêche en rien Kohl d'être réélu à la vice-présidence fédérale, par 470 suffrages favorables sur 502 exprimés, soit 93,4 %.

Par deux fois en 1972, lors d'une motion de censure constructive puis des élections fédérales anticipées, Rainer Barzel échoue à renverser le chancelier social-démocrate Willy Brandt. Au scrutin parlementaire, le SPD devient même la première force politique du Bundestag. Barzel est alors contraint à la démission de la direction du parti. Le 12 juin 1973, au congrès fédéral de Bonn, Helmut Kohl est élu président fédéral avec un score écrasant de 520 voix sur 571, soit 91,1 % des suffrages en sa faveur.

Le triomphe se poursuit neuf mois plus tard, aux élections régionales du 9 mars 1975. Avec 53,9 % des voix, la CDU réalise son meilleur score historique, et le meilleur score jamais obtenu par un parti en Rhénanie-Palatinat. Au Landtag, elle détient désormais 55 sièges sur 100. Cette victoire le met en position de force pour les élections fédérales de 1976.

Carrière au Bundestag[modifier | modifier le code]

Lors des législatives du 3 octobre 1976, il est candidat de la CDU/CSU à la chancellerie, avec le slogan « Social, sûr, libre ». Les conservateurs réalisent 48,6 % des suffrages, leur deuxième meilleur score depuis vingt-cinq ans. Avec 243 députés sur 496, ils ne sont qu'à six sièges de la majorité absolue, mais le Parti libéral-démocrate choisit de maintenir son alliance avec le social-démocrate Helmut Schmidt. Bien que confiné dans l'opposition, Kohl prend la présidence du groupe CDU/CSU au Bundestag et démissionne du gouvernement de la Rhénanie-Palatinat. Son ministre de l'Éducation, Bernhard Vogel, déjà président de la CDU du Land depuis 1974, lui succède.

En 1978, il envisage de présenter la candidature du ministre-président du Bade-Wurtemberg Hans Filbinger à l'élection présidentielle du 23 mai 1979, mais la révélation de son passé de juge militaire à l'époque nazie amène ce dernier à la démission, au retrait de la vie politique. Les chrétiens-démocrates reportent alors leur choix sur Karl Carstens, président du Bundestag.

À l'approche des élections fédérales du 5 octobre 1980, il renonce à affronter de nouveau Schmidt et soutient la candidature du nouveau ministre-président de la Basse-Saxe Ernst Albrecht. Lors d'un vote du groupe parlementaire de la CDU/CSU, Albrecht est battu de justesse par le ministre-président de la Bavière Franz Josef Strauß. La campagne très à droite de Strauß, qui choisit le slogan « La liberté ou le socialisme », est un échec dans la mesure où les partis chrétiens refluent à 44,5 % et 226 sièges. De plus, l'opposition réciproque entre le Bavarois et les libéraux rend impossible tout accord de coalition. À l'ouverture de la législature, Kohl est réélu président du groupe et s'impose comme le seul opposant au chancelier Schmidt.

Chancelier fédéral[modifier | modifier le code]

Les dirigeants des États membre du G7 de 1983 devant le capitole de Williamsburg. De gauche à droite : Pierre Trudeau, Gaston Thorn, Helmut Kohl, François Mitterrand, Ronald Reagan, Yasuhiro Nakasone, Margaret Thatcher et Amintore Fanfani.

Le 17 septembre 1982, la coalition sociale-libérale au pouvoir depuis 1969, se rompt à la suite des désaccords irréconciliables sur la politique économique. Profitant de ce virage à droite des libéraux, Kohl entreprend des négociations avec le FDP en vue de reconstituer une « coalition noire-jaune », majoritaire au Bundestag. En deux semaines, les négociations sont finalisées. Il dépose alors une motion de censure constructive et se fait élire chancelier fédéral le 1er octobre en remplacement de Helmut Schmidt par le Bundestag, par 256 voix contre 235.

Il souhaite cependant légitimer sa désignation par de nouvelles élections fédérales. Il organise alors sa défaite lors d'un vote de confiance le 17 décembre suivant, 8 députés votant en sa faveur, contre 218. Aux élections anticipées du 6 mars 1983, les chrétiens-démocrates triomphent de nouveau. En remportant 48,8 % des suffrages exprimés, ils réalisent leur deuxième meilleur score et obtiennent 246 députés sur 598, soit seulement cinq sièges de moins que la majorité absolue. Il reconduit alors son alliance avec les libéraux-démocrates.

Le lien avec la France[modifier | modifier le code]

Le 22 septembre 1984, Kohl célèbre, au mémorial de Verdun, avec François Mitterrand le souvenir des soldats français et allemands tombés durant la Première Guerre mondiale. L'image des deux hommes d'État main dans la main durant la cérémonie a fait le tour du monde et est devenue le symbole de la réconciliation franco-allemande. En 1988, il est lauréat du Prix International Charlemagne avec François Mitterrand.

La réunification allemande[modifier | modifier le code]

Lors de l'effondrement du gouvernement communiste d'Allemagne de l'Est en 1989, Helmut Kohl s’engage en faveur d’une rapide réunification de l'Allemagne au sein d’une alliance occidentale. Réélu chancelier en 1991, il doit faire face aux difficultés liées à la réunification, mais parvient à être reconduit dans ses fonctions en 1994. Cependant, la récession qui frappe l’Allemagne et accélère la remise en cause du modèle d’économie de marché « sociale », et l’inefficacité des mesures prises par le gouvernement pour enrayer la montée du chômage provoquent une forte baisse de sa popularité, y compris dans les Länder de l’Est qui lui étaient pourtant favorables en raison de son rôle dans la réunification.

La défaite de 1998[modifier | modifier le code]

Enregistrant un certain nombre de revers électoraux dans les scrutins régionaux, notamment en 1998, Kohl doit en outre faire face à la montée en puissance du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), réorganisé sous l'impulsion de Gerhard Schröder. En septembre 1998, après seize ans de gouvernement chrétien-démocrate, le SPD remporte les élections législatives et Gerhard Schröder succède à Helmut Kohl à la chancellerie. Au mois d'octobre suivant, Wolfgang Schäuble remplace Helmut Kohl à la présidence de la CDU.

Le scandale des caisses noires[modifier | modifier le code]

Mais, à partir de la fin 1999, la formation politique est atteinte par un vaste scandale politico-financier qui met en cause la gestion des années Kohl. La révélation de l'existence de comptes occultes qui alimentaient les caisses noires de la CDU le conduit à démissionner de la présidence d'honneur du parti en janvier 2000[2]. Il fait alors l'objet d’une enquête judiciaire pour « malversations », close en 2001 après le paiement d'une amende de 300 000 marks.

Il est à l'origine de la maison de l'Histoire de la République fédérale d'Allemagne, ouverte le 14 juin 1994.

Helmut Kohl et l'ancien président russe Boris Eltsine, en 2000.

Retrait de la scène publique[modifier | modifier le code]

Dès lors absent de la scène politique allemande, il est régulièrement cité lors des élections fédérales de 2005, qui voient Angela Merkel, son ancienne « protégée », accéder au poste de chancelier. En 2009, en plus d'une fracture de la hanche qui l'oblige à rester dans un fauteuil roulant, Helmut Kohl est victime d'un accident vasculaire cérébral qui lui paralyse le bas du visage[3]. Le 31 octobre 2009, il retrouve Mikhaïl Gorbatchev et George H. W. Bush pour fêter le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin mais il n'est pas en mesure d'assister aux commémorations officielles[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. PDF Thèse d'Helmut Kohl.
  2. D'après Shahzad Abdul, « Helmut Kohl, une image ternie après l'affaire des «caisses noires» », La Croix, no 7 mars,‎ 2011 (lire en ligne)
  3. a et b « Helmut Kohl absent des festivités des 20 ans de la chute du Mur », Le Temps, 6 novembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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