Jean-Philippe Lecat

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Jean-Philippe Lecat
Image illustrative de l'article Jean-Philippe Lecat
Fonctions
Ministre de la Culture et de la Communication
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Raymond Barre III
Prédécesseur Michel d'Ornano
Successeur Michel d'Ornano
Ministre de l'Information
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Pierre Messmer III
Prédécesseur Philippe Malaud
Successeur poste supprimé
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Prédécesseur Jean Taittinger
Successeur Henri Torre
Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Pierre Messmer I
Prédécesseur Léo Hamon
Successeur André Rossi
Député de la
troisième circonscription de la Côte-d'Or
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Dijon (Côte-d'Or)
Date de décès (à 75 ans)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDR, RPR
Diplômé de IEP, ENA
Profession Conseiller d'État

Jean-Philippe Lecat, né le à Dijon et mort le , est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de magistrat dijonnais, Jean-Philippe Lecat fait des études de droit à Paris, puis entre à l'Institut d'études politiques et à l'ENA (promotion Saint-Just (1963)) dont il est major. Conseiller d'État[réf. nécessaire], il entre au cabinet de Georges Pompidou en tant que chargé de mission entre 1966 et 1968. À cette date, il est élu député UDR de la Côte-d'Or), pour la circonscription de Beaune, puis conseiller général et régional[1].

Proche de Georges Pompidou, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, en remplacement de Léo Hamon, et porte-parole du gouvernement, le , fonctions qu'il assume également dans le premier gouvernement Messmer (1972-1973). Par la suite moins d'un an secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des finances (1973), il devient ministre de l'Information en remplacement de Philippe Malaud, à partir du [2]. À ce poste, il doit gérer la crise de l'ORTF après la démission d'Arthur Conte, et prépare l'éclatement de l'Office, adoptée en Conseil des ministres le . La mort de Georges Pompidou l'éloigne un temps du gouvernement : il réintègre alors le Conseil d'État, son corps d'origine. Mais celui qui est considéré comme « le plus giscardien des gaullistes » est appelé auprès du nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, comme chef de service de l'information de l'Élysée (1976-1978)[3].

En 1978, il devient ministre de la Culture et de la Communication, ministère auquel il redonne une stabilité, restant en poste près de trois ans. La perte de l'architecture est compensée par l'ajout du domaine de l'information, de la radio-diffusion et de l'audiovisuel, ce qui deviendra la norme à partir de 1986. Il réorganise profondément l'administration en réduisant le nombre de directions et de délégations. En 1979, il crée le Service des affaires internationales et une délégation à la création, aux métiers artistiques et aux manufactures nationales, regroupant les services de l’inspection de la création artistique, l’inspection de l’enseignement artistique, la sous-direction de l’enseignement et des affaires générales et la section de la photographie, tandis que la Direction du théâtre et des maisons de la culture (DTMC) est remplacée par la Direction du théâtre et des spectacles. Il met également en place une mission de développement culturel (MDC), future Direction du développement culturel (DDC). Il peaufine la mise en place des DRAC en province[1].

Face au manque de moyens, Jean-Philippe Lecat encourage les initiatives locales. Ses actions se concentrent sur le patrimoine autour du programme d'action prioritaire « Défendre le patrimoine architectural » du VIIe Plan : création de la direction du patrimoine, du conseil et de la Mission du patrimoine ethnologique (avril 1980) et consécration de 1980 comme « année du patrimoine ». Cette mise en valeur du patrimoine passe également par sa réutilisation pour des usages modernes : « Il faut que nous créions un réflexe, pour qu’avant de construire des immeubles de verre et d’acier qui, de São Paulo à Pékin en passant par Kinshasa, se ressemblent tous et usent des millions de kilowatts d’électricité, les dirigeants des collectivités locales et les patrons des entreprises regardent d’abord le patrimoine national »[4]. Cette logique est appliquée dans les deux projets soutenus par l'Élysée qu'il encadre : le musée d'Orsay mis en place dans la gare parisienne (1978) et la cité des Sciences auprès des anciens abattoirs de La Villette (1979)[1]. En revanche, il désengage l'État des Maisons de la Culture. Et s'il met en place les antennes locales de Radio France, il conserve le monopole public par l'interdiction des radios libres[3].

Il démissionne en de ses fonctions ministérielles pour devenir le porte-parole du candidat Valéry Giscard d'Estaing. Maître des requêtes à partir de 1975 au Conseil d'État, il le réintègre à la suite de la victoire de la gauche à l'élection présidentielle. Il publie Quand flamboyait la Toison d'or en 1982, Le Siècle de la Toison d'or en 1986, L'Ardeur et le tourment : images de la Révolution en Bourgogne, en 1989. Il présidait l'École nationale du patrimoine, le conseil d'administration de l'Académie de France à Rome et était également vice-président de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France, présidée par Yves Barsalou.

Jean-Philippe Lecat meurt le , à l'âge de 75 ans, « des suites d'une longue maladie »[5]

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  •  : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles)
  •  : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles)
  •  : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles)

Fonctions juridictionnelles en matière d'asile[modifier | modifier le code]

Il était président de section à la Cour nationale du droit d'asile[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Lecat (ministère) », Emmanuel Wallon, dans Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, Emmanuel de Waresquiel (dir.). Paris : CNRS Éditions / Larousse, 2001.
  2. Les Gouvernements et les assemblées parlementaires sous la Ve république, site de l'Assemblée nationale.
  3. a et b Benoît Yvert (dir.), Dictionnaire des ministres (1789-1989), Perrin, 1990 - (ISBN 9782262007102)
  4. France-Soir, 18 septembre 1979. Cité par Emmanuel Wallon dans « Lecat (ministère) », op. cit
  5. « Mort de Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture de Giscard », Le Point, .
  6. Arrêté du vice-président du Conseil d'État du 29 février 2008 portant nomination de présidents de section à la Cour nationale du droit d'asile

Articles connexes[modifier | modifier le code]