Albert Sarraut
Albert Pierre Sarraut, né le 28 juillet 1872 à Bordeaux (Gironde) et mort le 26 novembre 1962 à Paris, est un homme politique français, frère de Maurice Sarraut[1], directeur de la Dépêche du Midi sous la IIIe République. Diplômé de la faculté de droit, il était membre de l'Académie des beaux-arts.
Député radical-socialiste, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940.
Il est inhumé au cimetière Saint-Vincent de Carcassonne.
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Carrière[modifier]
Le 3 juillet 1905, il a voté la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l'Église et de l'État.
À la séance du 13 juillet 1906 à la Chambre des Députés votant le projet de loi réintégrant dans l'armée le capitaine Dreyfus, il est pris à partie par le député de Paris Paul Pugliesi-Conti, qui le provoque en duel. Les deux hommes se rencontreront le jour même à Ville-d'Avray. Clemenceau est directeur du combat et Sarraut s'enferre d'emblée sur l'épée de Pugliesi-Conti[2].
Sur le plan international, il est de 1911 à 1914 et de 1917 à 1919 gouverneur général de l'Indochine et travaille à cette occasion avec Albert Lebrun, ministre des colonies de 1911 à 1913. Il fut l'un des premiers hommes politiques français à promettre, dès 1919, la prochaine indépendance de l'Indochine française.[réf. nécessaire]
Sur le plan national, Albert Sarraut exerce une longue carrière ministérielle, qui l'amène par deux fois à occuper la présidence du Conseil :
- du 26 octobre 1933 au 24 novembre 1933 : voir gouvernement Albert Sarraut (1)
succédant à Édouard Daladier (1er gouvernement), et étant à son tour remplacé par Camille Chautemps (2e gouvernement) ; - du 24 janvier 1936 au 4 juin 1936 : voir gouvernement Albert Sarraut (2)
succédant à Pierre Laval (4e gouvernement), et étant à son tour remplacé par Léon Blum (1er gouvernement).
Le 10 juillet 1940, il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
La doctrine Sarraut[modifier]
Au début des années 1920, Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, a conçu un plan de mise en valeur des colonies qui, s'il ne fut pas mis en pratique, marque l'intérêt renouvelé des autorités pour reprendre en main le développement des colonies. Les idées qu'il expose dans son ouvrage La mise en valeur des colonies françaises forment une doctrine cohérente de la colonisation économique qui justifie le souci de l'administration envers les populations locales : « La politique indigène, écrit-il, c'est la conservation de la race. » Il préconise en conséquence un programme d'investissement sanitaire et social qui ne sera pas mené, faute de budget.
Fonctions gouvernementales[modifier]
- 1906-1909 : Sous-secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Ferdinand Sarrien, puis du gouvernement Georges Clemenceau (1)
- 1909 à 1910 : Sous-secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Aristide Briand (1)
- 1914 à 1915 : Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts des gouvernements René Viviani (1) et René Viviani (2)
- 1920 à 1924 : Ministre des Colonies des gouvernements Alexandre Millerand (1) et (2), puis du gouvernement Georges Leygues, gouvernement Aristide Briand (7) et gouvernement Raymond Poincaré (2)
- 1926 à 1928 : Ministre de l'Intérieur dans le quatrième cabinet d'Union nationale de Raymond Poincaré
- Février 1930 : Ministre de la Marine dans le gouvernement Camille Chautemps (1)
- De décembre 1930 à janvier 1931 : Ministre de la Marine militaire du gouvernement Théodore Steeg
- De juin 1932 à octobre 1933 : ministre des Colonies du gouvernement Édouard Herriot (3), du gouvernement Joseph Paul-Boncour et du gouvernement Édouard Daladier (1)
- D'octobre à novembre 1933 : président du Conseil et ministre de la Marine.
- De novembre 1933 à janvier 1934 : ministre de la Marine du gouvernement Camille Chautemps (2)
- De février à novembre 1934 : ministre de l'Intérieur du gouvernement Gaston Doumergue (2)
- De janvier à juin 1936 : président du Conseil et ministre de l'Intérieur.
- De juin 1937 à janvier 1938 : ministre d'État de l'Intérieur dans les troisième et quatrième cabinets Chautemps.
- De mars à avril 1938 : ministre d'État, chargé des affaires d'Afrique du Nord, dans le second cabinet Léon Blum.
- De avril 1938 à mars 1940 : ministre de l'Intérieur du gouvernement Édouard Daladier (3)
- De mars à juin 1940 : ministre de l’Éducation nationale du gouvernement Paul Reynaud
Autres mandats[modifier]
- De 1902 à 1924 : élu député radical-socialiste de l'Aude
- De 1926 à 1945 : élu sénateur de l'Aude et est inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste
- 1947 : nommé à l'Assemblée de l'Union française, il en devient président en 1951.
Notes[modifier]
- On attribue à Clemenceau un mot particulièrement cruel : « Albert Sarraut ?… Ah oui ! Celui qui a un frère intelligent ! »
- L'Illustration juillet 1906, p.126 ; Journal officiel du 14-7-1906
Bibliographie[modifier]
- La Mise en valeur des colonies françaises, Payot, Paris, 1923, 675p.
- Indochine, « Images du monde », Firmin Didot, Paris, 1930.
- Grandeur et servitude coloniales, Éditions du Sagittaire, Paris, 1931
Note : les dates de fin de gouvernement indiquées sur le Wikipedia en anglais peuvent être fausses (sur certaines pages). Elles correspondent à chaque fois à la passation des pouvoirs entre l'ancien président du Conseil, démissionnaire mais expédiant les affaires courantes, et le nouveau président du Conseil venant d'être nommé.
- Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
Articles connexes[modifier]
- Lycée Albert Sarraut de Hanoï, fondé par Albert Sarraut
- Ministre de la Troisième République
- Naissance à Bordeaux
- Président du Conseil de la Troisième République
- Ministre français de l'Outre-mer
- Sénateur de la Troisième République française
- Ancien sénateur de l'Aude
- Ancien député de l'Aude (troisième République)
- Personnalité du Parti républicain, radical et radical-socialiste
- Ambassadeur français
- Gouverneur général de l'Indochine française
- Personnalité de l'Aude
- Naissance en 1872
- Décès en 1962