Hu Jintao

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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Hu, précède le nom personnel.
Hu Jintao
胡锦涛
Hu Jintao en novembre 2011.
Hu Jintao en novembre 2011.
Fonctions
6e président de la République populaire de Chine
15 mars 200314 mars 2013
(9 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection 15 mars 2003
Réélection 15 mars 2008
Premier ministre Wen Jiabao
Prédécesseur Jiang Zemin
Successeur Xi Jinping
Président de la Commission militaire centrale de l'État
13 mars 200514 mars 2013
Prédécesseur Jiang Zemin
Successeur Xi Jinping
Président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois
19 septembre 200415 novembre 2012
Prédécesseur Jiang Zemin
Successeur Xi Jinping
Secrétaire général du Parti communiste chinois
15 novembre 200215 novembre 2012
Élection 15 novembre 2002
Réélection 22 octobre 2007
Prédécesseur Jiang Zemin
Successeur Xi Jinping
Biographie
Date de naissance 21 décembre 1942 (71 ans)
Lieu de naissance Taizhou (Jiangsu), Chine
Nationalité Chinois
Parti politique Parti communiste chinois
Conjoint Liu Yongqing
Enfant(s) Hu Haifeng
Hu Haiqing
Diplômé de Université Tsinghua
Résidence Zhongnanhai

Signature

Hu Jintao
Secrétaires généraux du Parti communiste chinois
Présidents de la République populaire de Chine

Hu Jintao (chinois simplifié : 胡锦涛 ; pinyin : Hú Jǐntāo), né le 21 décembre 1942 à Taizhou, Jiangsu (à environ 300 km à l’ouest de Shanghai), est un homme politique chinois, secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) du 15 novembre 2002 au 15 novembre 2012 et président de la République populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013, en ayant été réélu le 15 mars 2008 par l'Assemblée nationale populaire.

Il a été choisi quatre fois par le Time sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde[1]. Fin novembre 2010, il a été élu la personnalité la plus influente du monde, selon le nouveau classement publié par le magazine Forbes[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de commerçants du centre de l'Anhui, Hu Jintao effectue ses études dans le département d’hydro-électricité à l’université Tsinghua de Pékin. Il adhère au parti communiste en 1964 et alterne ensuite des séjours dans la capitale et dans les régions pauvres de l’Ouest. Instructeur politique à son université entre 1965 et 1968 — en pleine Révolution culturelle — il fait un premier séjour au Gansu en 1968 et un deuxième en 1974.

Secrétaire national de la Ligue des Jeunesses communistes (1982)[modifier | modifier le code]

Hu y est très apprécié de Song Ping, secrétaire du Comité provincial et « conservateur » influent à Pékin, qui devient son protecteur et l'envoie en stage à l’École centrale du parti vers 1980-81. En 1981 Hu Jintao rencontre Hu Deping le fils de Hu Yaobang[3]. Lors du XIIe Congrès du parti (septembre 1982), Hu Jintao devient — avant l’âge de 40 ans — membre suppléant du Comité central et premier Secrétaire national de la Ligue des Jeunesses communistes.

Secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet (1988-1992)[modifier | modifier le code]

Apprécié par Zhao Ziyang, le nouveau chef réformiste du parti, il est nommé, le 9 décembre 1988, avec le soutien de Deng Xiaoping, au poste de secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet, laquelle connaît des troubles depuis 18 mois[4], troubles qu'il réprimera. Selon Ronald D. Schwartz, professeur en sociologie agrégé à l'Université Memorial de Terre-Neuve au Canada[5], s'il remplaça Wu Jinghua, bien vu des Tibétains, officiellement pour raison de santé, l'éviction de ce dernier serait liée à son incapacité à contenir les manifestations au Tibet. Sa nomination signifie la poursuite de la politique de réformes au Tibet. Dès son arrivée le 12 janvier 1989, il annonce un ensemble de projets de développement comportant un accroissement des investissements et mettant l'accent sur le développement de l'économie marchande[6]. Le 18 janvier, il en appelle au respect des coutumes et de la religion locales et à la promotion de la langue tibétaine[7].

Deux mois après sa nomination, et contre l'avis de Zhao Ziyang, il fait transférer au Tibet une dizaine de milliers de militaires[8].

Dans son ouvrage Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, l'historien Patrick French note que Hu Jintao passa à Pékin les deux dernières années de son mandat de secrétaire du Parti communiste de la région autonome du Tibet[9]. Il quitte ce poste en novembre 1992.

Bureau politique et Comité central (1992)[modifier | modifier le code]

À l’automne de 1992, Deng Xiaoping s’intéresse à lui de près et décide de le propulser vers le sommet. Désigné par Deng comme le « noyau de la quatrième génération de dirigeants », Hu Jintao est nommé membre du Comité permanent du Bureau politique du PCC et du Secrétariat du Comité central, nominations sanctionnées par le XIVe Congrès du parti en octobre 1992 (14e Politburo).

Ascension vers la présidence de la République[modifier | modifier le code]

Dans sa marche vers le sommet, Hu Jintao est nommé en outre président de l’École centrale du Parti (en octobre 1993), vice-président de la République (mars 1998) et premier vice-président de la Commission militaire centrale (en 1999), au sein du 15e Politburo, puis du 16e et du 17e.

Secrétaire général du Parti et Président de Chine (2002, 2003)[modifier | modifier le code]

Il est élu Secrétaire général du Parti communiste chinois le 15 novembre 2002 et est réélu pour 5 ans le 22 octobre 2007. Il est élu président de la République populaire de Chine le 15 mars 2003 et est réélu pour 5 ans le 15 mars 2008[10] par l'Assemblée nationale populaire.

Succession[modifier | modifier le code]

Xi Jinping (2009)

En octobre 2010, Xi Jinping fut nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois[11]. Cette nomination « implique qu'il deviendra sans aucun doute le secrétaire-général du PCC en novembre 2012, puis le président en mars 2013 », selon Willy Lam, analyste politique de l'Université chinoise de Hong Kong[12],[13] ». Xi remplace officiellement Hu à la tête du PCC le 15 novembre 2012[14], puis à la tête de l’État le 14 mars 2013.

Son programme politique[modifier | modifier le code]

Le programme de Hu Jintao est d'obtenir une « société harmonieuse » pour laquelle il a développé avec son équipe le concept de développement scientifique. En effet, les inégalités sociales continuent de se creuser entre les classes et entre les régions, entraînant une multiplication des manifestations sociales. Afin de préserver la paix sociale, il a fait supprimer tout impôt pesant sur les paysans, déjà dans la misère. Il semble également vouloir faire rentrer le système hospitalier dans le giron public. Cependant, le gouvernement central a beaucoup de mal à faire appliquer ces décisions aux gouvernements de provinces, dirigés par des gouverneurs puissants et de plus en plus autonomes.

En mars 2010, Yu Jianrong, directeur du centre de recherche sur les problèmes sociaux à l’Académie des Sciences sociales, affirme que la politique de Hu Jintao et de Wen Jiabao a échoué, et qu’elle est vouée à l’échec, mettant en garde contre la possibilité de troubles sociaux[15],[16].

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Lors d'un voyage officiel aux États-Unis en janvier 2011, Hu Jintao a évoqué la question des droits de l'homme en Chine[17]. L'ONG Reporters sans frontières indique que, selon un haut responsable américain, le président Barack Obama a évoqué le cas de Liu Xiaobo auprès du président chinois. Ce dernier a indiqué publiquement que « la Chine est toujours attachée à la protection et à la promotion des droits de l’homme », et que « d’énormes progrès ont été réalisés », mais « qu’il reste encore beaucoup à faire »[18].

L'épidémie de SRAS de 2002[modifier | modifier le code]

Une des premières crises rencontrées durant son mandat fut l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui apparut en Chine en 2002 et se transforma en épidémie mondiale. À la suite des fortes critiques internationales accusant la Chine de couver l'épidémie et de ne pas réagir avec les mesures appropriées, il décida de renvoyer de nombreux responsables politiques dont le maire de Pékin, Meng Xuenong, et le ministre de la Santé. Le licenciement de Meng Xuenong fut parfois perçu comme une façon de diminuer l'influence au sein du parti de son prédécesseur, Jiang Zemin, auquel Meng était lié. Hu Jintao s'attela à rendre la Chine plus transparente aux yeux des institutions mondiales de la santé.[réf. nécessaire]

Politique en République populaire de Chine
Image illustrative de l'article Hu Jintao

Critiques et accusations[modifier | modifier le code]

Les troubles au Tibet en 1989 furent brutalement réprimés par Hu Jintao, ce qui lui valut le surnom de « boucher de Lhassa » de la part des militants de la « cause tibétaine »[19],[20]. Selon Tang Daxian, un ancien journaliste chinois aujourd'hui réfugié en Occident, les manifestations des 5 et 6 mars 1989 à Lhassa se seraient soldées par la mort de 450 Tibétains. Ce chiffre, qui est en contradiction avec le chiffre officiel d'une douzaine de morts, provient, à ce qu'il affirme, d'un document chinois confidentiel en sa possession[21].

Le 10 octobre 2013, l'Audience nationale espagnole a annoncé qu'elle allait enquêter sur plusieurs dirigeants chinois, dont Hu Jintao, pour génocide au Tibet, dans le cadre d'une procédure ouverte en 2006 à la demande du Comité de soutien au Tibet, du professeur José Elías Esteve, secrétaire de l'Institut des droits de l'homme de l'université de Valence[22], et de Thubten Wangchen, député du Parlement tibétain en exil possédant la nationalité espagnole[23]. Le 19 novembre 2013, la Cour nationale espagnole a donné des ordres pour informer Hu Jintao de l'acte d'accusation et l'interroger sur sa politique au Tibet et a rendu un arrêt qui devrait entraîner l'émission de mandats d'interpellation de 5 anciens dirigeants chinois soupçonnés d'avoir bafoué les droits de l'homme au Tibet : Jiang Zemin, ancien président et secrétaire du Parti, Li Peng, Premier ministre lors de la répression au Tibet dans les années 1980 et au début des années 1990, Qiao Shi, ancien chef de la sécurité chinois et responsable de la Police armée du peuple pendant la période de la loi martiale au Tibet à la fin des années 1980 ; Chen Kuiyuan, secrétaire du Parti de la région autonome du Tibet de 1992 à 2001 et Deng Delyun (également connu sous le nom Peng Pelyun), ministre de la planification familiale dans les années 1990[24],[25].

Selon la BBC, de nombreux Tibétains croient qu'il est impliqué dans la mort inattendue, en 1989, du 10e Panchen Lama, le deuxième plus haut dirigeant religieux du Tibet[26]. Le dissident chinois d'ethnie mongole Yuan Hongbing a affirmé que Hu Jintao avait planifié cette mort[27].

Famille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Princes rouges.

Hu Jintao est marié à Liu Yongqing qu'il rencontra à l'université Tsinghua[28]. Deux enfants sont nés de ce mariage Hu Haifeng et Hu Haiqing.

Son fils Hu Haifeng est un homme d'affaires chinois. En 2008, celui-ci est promu Secrétaire du parti communiste de Tsinghua Holdings[29], qui contrôle Nuctech (en) et plus de 20 autres sociétés[30]. Sa fille Hu Haiqing, est mariée à Mao Daolin[31], ancien patron du site Internet Sina.com[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "Hu Jintao", Time, mai 2008
  2. (en) The World's Most Powerful People.
  3. Agnès Andrésy Le Président chinois Hu Jintao sa politique et ses réseaux
  4. (en) Richard Daniel Ewing, Hu Jintao: The Making of a Chinese General Secretary, in The China Quarterly (2003), 173, pp. 17-34, Cambridge University Press « On 9 December 1988, with Deng Xiaoping's support, Hu Jintao was appointed to fill Wu's position and given a mandate to end the disturbances ».
  5. (en) Ronald Schwartz, Memorial University of Newfoundland.
  6. (en) Ronald D. Schwartz, Circle of protest: political ritual in the Tibetan uprising, C. Hurst & Co. Publishers, 1994, 263 p., pp. 148-149 : « On 11 December 1988 the Chinese government had announced that Wu Jinghua was to be replaced as secretary of the CPC in Tibet by Hu Jintao, a young reformer and protege of Zhao Ziyang. Though the official reasons for the replacement were given as the failing health of Wu Jinghua, there was much speculation that he had been dismissed for failing to contain the protest in Tibet. Wu was of the Yi nationality, and generally well spoken of by Tibetans — if only because he appeared in public wearing Tibetan clothes and was thought to be sympathetic to Tibetan aspirations [...] The appointment by Beijing of Hu Jintao nevertheless signified a continuing commitment to the reform policies for Tibet. Hu Jintao arrived in Lhasa on 12 January and immediately announced a package of development plans for Tibet that included an increase in investment and emphasis on the expansion of the commodity economy. »
  7. (en) The Tibetans, Conflict Early Warning Systems (CEWS) research project of the International Social Science Council], Center for International Studies and Department of International Relations, University of Southern California : « January 18, 1989: Hu Jingtao, the new Communist Party Chief in Tibet, calls for respect of local customs and religion and the promotion of the Tibetan language (Reuters, 01/18/89). »
  8. Thomas Laird, Dalaï-Lama, Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, traduction Christophe Mercier, Plon, 2007, (ISBN 2259198910), p. 359.
  9. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, pp. 49-50.
  10. "Hu Jintao réélu président de la Chine pour cinq ans", AFP
  11. Xi Jinping nommé vice-président de la Commission militaire centrale, Radio Chine internationale, 18 octobre 2010.
  12. Chine: le vice-président Xi Jinping nommé à la commission militaire, Agence France-Presse, 18 octobre 2010.
  13. Xi Jinping, le futur président chinois, Libération, 18 octobre 2010.
  14. Chine: Xi Jinping succède à Hu Jintao à la tête du pays, Le Point, 15 novembre 2012.
  15. (en) John Garnaut, China's land disputes at crisis point as revolutionary turmoil beckons, says professor of disenfranchised, sur le site smh.com.au (The Sydney Morning Herald), 1er mars 2010.
  16. (en) John Garnaut, China insider sees revolution brewing, sur le site smh.com.au (The Sydney Morning Herald), 27 février 2010.
  17. Le Point du 19 janvier 2011 : Droits de l'homme : Hu Jintao reconnaît qu'il reste « beaucoup à faire » en Chine
  18. Reporters sans frontière du 20 janvier 2011 : La femme de Hu Jia réitère la demande de libération de son mari pour raison médicale
  19. (en) Tibet year 9 under the Chinese boot, Claude B. Levenson, février 2009
  20. (en) Tibet keeps alive true Spirit of the Games, 19 mars 2008, Claude Arpi.
  21. (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989, 14 août 1990.
  22. (es) Un profesor de la UV colabora en la imputación de Hu Jintao, Levante-EMV, 16 octobre 2013
  23. « La justice espagnole va enquêter contre Hu Jintao pour génocide au tibet », Le Monde,‎ 11 octobre 2013 « La justice espagnole a accepté d'enquêter sur l'ancien président chinois Hu Jintao, dans le cadre d'une procédure instruite depuis 2006 pour "génocide" au Tibet dans les années 1980-1990, selon une décision rendue publique jeudi 10 octobre. L'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays, chargée d'instruire les crimes de masse, a jugé recevable la demande du Comité de soutien au Tibet (CAT) d'étendre sa plainte à Hu Jintao, maintenant qu'il n'est plus couvert par son immunité présidentielle. Cette plainte vise déjà sept autres anciens dirigeants chinois, dont l'ancien président Jiang Zemin et l'ancien premier ministre Li Peng, pour "génocide, crimes contre l'humanité, torture et terrorisme contre le peuple tibétain" dans les années 1980-1990. »
  24. (en) Spanish court orders arrest of Chinese leaders including Hu Jintao, Phayul.com, 19 novembre 2013
  25. Jiang Zemin et Li Peng pourraient être arrêtés à l'étranger-Espagne, Reuters, 19 novembre 2013
  26. (en) BBC NEWS | Asia-Pacific | Profile: Hu Jintao.
  27. (en) Kalsang Rinchen, Hu killed Panchen: Chinese dissident, Phayul.com, 16 mars 2011.
  28. Chinese leader’s daughter marries, The Washington Times, 3 novembre 2003.
  29. Brice Pedroletti, Nuctech, anciennement dirigée par le fils du président Hu Jintao, est impliquée dans une affaire de corruption Le Monde, 22 juillet 2009
  30. AFP China Internet blackout linked to leader’s son Tapei Times
  31. Jordan Pouilleux, Chine: les fortunes des princes rouges Regards.fr.
  32. Chine, pouvoir et puissance Fils de…, Le Monde diplomatique, septembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]