Hu Jintao
Hu Jintao (chinois simplifié : 胡锦涛 ; pinyin : ), né le 21 décembre 1942 à Taizhou, Jiangsu (à environ 300 km à l’ouest de Shanghai), est un homme politique chinois, secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) du 15 novembre 2002 au 15 novembre 2012 et président de la République populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013, en ayant été réélu le 15 mars 2008 par l'Assemblée nationale populaire.
Il a été choisi quatre fois par le Time sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde[1]. Fin novembre 2010, il a été élu la personnalité la plus influente du monde, selon le nouveau classement publié par le magazine Forbes[2].
Biographie [modifier]
Né dans une famille de commerçants du centre de l'Anhui, Hu Jintao effectue ses études dans le département d’hydro-électricité à l’université Tsinghua de Pékin. Il adhère au parti communiste en 1964 et alterne ensuite des séjours dans la capitale et dans les régions pauvres de l’Ouest. Instructeur politique à son université entre 1965 et 1968 — en pleine Révolution culturelle — il fait un premier séjour au Gansu en 1968 et un deuxième en 1974.
Secrétaire national de la Ligue des Jeunesses communistes (1982) [modifier]
Hu y est très apprécié de Song Ping, secrétaire du Comité provincial et « conservateur » influent à Pékin, qui devient son protecteur et l'envoie en stage à l’École centrale du parti vers 1980-81. En 1981 Hu Jintao rencontre Hu Deping le fils de Hu Yaobang[3]. Lors du XIIe Congrès du parti (septembre 1982), Hu Jintao devient — avant l’âge de 40 ans — membre suppléant du Comité central et premier Secrétaire national de la Ligue des Jeunesses communistes.
Secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet (1988-1992) [modifier]
Apprécié par Zhao Ziyang, le nouveau chef réformiste du parti, il est nommé, le 9 décembre 1988, avec le soutien de Deng Xiaoping, secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet, laquelle connaît des troubles depuis 18 mois[4], troubles qu'il réprimera. Dans son ouvrage Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, l'historien Patrick French note que Hu Jintao passa à Pékin les 2 dernières années de son mandat de secrétaire du Parti communiste de la région autonome du Tibet[5]. Il quitte ce poste au Tibet en novembre 1992.
Bureau politique et Comité central (1992) [modifier]
À l’automne de 1992, Deng Xiaoping s’intéresse à lui de près et décide de le propulser vers le sommet. Désigné par Deng comme le « noyau de la quatrième génération de dirigeants », Hu Jintao est nommé membre du Comité permanent du Bureau politique du PCC et du Secrétariat du Comité central, nominations sanctionnées par le XIVe Congrès du parti en octobre 1992 (14e Politburo).
Ascension vers la présidence de la République [modifier]
Dans sa marche vers le sommet, Hu Jintao est nommé en outre président de l’École centrale du Parti (en octobre 1993), vice-président de la République (mars 1998) et premier vice-président de la Commission militaire centrale (en 1999), au sein du 15e Politburo, puis du 16e et du 17e.
Secrétaire général du Parti et Président de Chine (2002, 2003) [modifier]
Il est élu Secrétaire général du Parti communiste chinois le 15 novembre 2002 et est réélu pour 5 ans le 22 octobre 2007. Il est élu président de la République populaire de Chine le 15 mars 2003 et est réélu pour 5 ans le 15 mars 2008[6] par l'Assemblée nationale populaire.
Succession [modifier]
En octobre 2010, Xi Jinping fut nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois[7]. Cette nomination « implique qu'il deviendra sans aucun doute le secrétaire-général du PCC en novembre 2012, puis le président en mars 2013 », selon Willy Lam, analyste politique de l'Université chinoise de Hong Kong[8],[9] ». Xi remplace officiellement Hu à la tête du PCC le 15 novembre 2012[10], puis à la tête de l’État le 14 mars 2013.
Son programme politique [modifier]
Le programme de Hu Jintao est d'obtenir une « société harmonieuse » pour laquelle il a développé avec son équipe le concept de développement scientifique. En effet, les inégalités sociales continuent de se creuser entre les classes et entre les régions, entraînant une multiplication des manifestations sociales. Afin de préserver la paix sociale, il a fait supprimer tout impôt pesant sur les paysans, déjà dans la misère. Il semble également vouloir faire rentrer le système hospitalier dans le giron public. Cependant, le gouvernement central a beaucoup de mal à faire appliquer ces décisions aux gouvernements de provinces, dirigés par des gouverneurs puissants et de plus en plus autonomes.
En mars 2010, Yu Jianrong, directeur du centre de recherche sur les problèmes sociaux à l’Académie des Sciences sociales, affirme que la politique de Hu Jintao et de Wen Jiabao a échoué, et qu’elle est vouée à l’échec, mettant en garde contre la possibilité de troubles sociaux[11],[12].
Droits de l'homme [modifier]
Lors d'un voyage officiel aux États-Unis en janvier 2011, Hu Jintao a évoqué la question des droits de l'homme en Chine[13]. L'ONG Reporters sans frontières indique que, selon un haut responsable américain, le président Barack Obama a évoqué le cas de Liu Xiaobo auprès du président chinois. Ce dernier a indiqué publiquement que « la Chine est toujours attachée à la protection et à la promotion des droits de l’homme », et que « d’énormes progrès ont été réalisés », mais « qu’il reste encore beaucoup à faire »[14].
L'épidémie de pneumonie atypique de 2002 [modifier]
Une des premières crises rencontrées durant son mandat fut l'épidémie de pneumonie atypique qui apparut en Chine en 2002 et se transforma en épidémie mondiale. À la suite des fortes critiques internationales accusant la Chine de couver l'épidémie et de ne pas réagir avec les mesures appropriées, il décida de renvoyer de nombreux responsables politiques dont le maire de Pékin, Meng Xuenong, et le ministre de la Santé. Le licenciement de Meng Xuenong fut parfois perçu comme une façon de diminuer l'influence au sein du parti de son prédécesseur, Jiang Zemin, auquel Meng était lié. Hu Jintao s'attela à rendre la Chine plus transparente aux yeux des institutions mondiales de la santé.
Critiques et accusations [modifier]
Les troubles au Tibet en 1989 furent brutalement réprimés par Hu Jintao, ce qui lui valut le surnom de « boucher de Lhassa » de la part des militants de la « cause tibétaine »[15],[16],[17]. Selon la BBC, de nombreux Tibétains croient qu'il est impliqué dans la mort inattendue, en 1989, du 10e Panchen Lama, le deuxième plus haut dirigeant religieux du Tibet[18]. Le dissident chinois d'ethnie mongole Yuan Hongbing a affirmé que Hu Jintao a planifié cette mort[19]. Quelques mois plus tard, selon Tang Daxian, un ancien journaliste chinois aujourd'hui réfugié en Occident, la police de Lhassa aurait reçu des ordres de Pékin du général Li Lianxiu pour provoquer un incident. Toujours selon Tang, les manifestations des 5 et 6 mars 1989 se seraient soldées par la mort de 450 Tibétains. Ce chiffre, qui est en contradiction avec le chiffre officiel d'une douzaine de morts, provient, à ce qu'il affirme, d'un document chinois confidentiel en sa possession[20].
Notes et références [modifier]
- (en) "Hu Jintao", Time, mai 2008
- (en) The World's Most Powerful People.
- Agnès Andrésy Le Président chinois Hu Jintao sa politique et ses réseaux
- (en) Richard Daniel Ewing, Hu Jintao: The Making of a Chinese General Secretary, in The China Quarterly (2003), 173: 17-34 Cambridge University Press « On 9 December 1988, with Deng Xiaoping's support, Hu Jintao was appointed to fill Wu's position and given a mandate to end the disturbances ».
- Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005 : p 49-50
- "Hu Jintao réélu président de la Chine pour cinq ans", AFP
- "Xi Jinping nommé vice-président de la Commission militaire centrale", Radio Chine internationale, 18 octobre 2010
- "Chine: le vice-président Xi Jinping nommé à la commission militaire", Agence France-Presse, 18 octobre 2010
- "Xi Jinping, le futur président chinois", Libération, 18 octobre 2010
- Chine: Xi Jinping succède à Hu Jintao à la tête du pays, Le Point, 15 novembre 2012
- (en) John Garnaut, China's land disputes at crisis point as revolutionary turmoil beckons, says professor of disenfranchised, sur le site smh.com.au (The Sydney Morning Herald), 1er mars 2010.
- (en) John Garnaut, China insider sees revolution brewing, sur le site smh.com.au (The Sydney Morning Herald), 27 février 2010.
- Le Point du 19 janvier 2011 : Droits de l'homme : Hu Jintao reconnaît qu'il reste « beaucoup à faire » en Chine
- Reporters sans frontière du 20 janvier 2011 : La femme de Hu Jia réitère la demande de libération de son mari pour raison médicale
- Nouvel Obs
- (en) Tibet year 9 under the Chinese boot, Claude B. Levenson, février 2009
- (en) Tibet keeps alive true Spirit of the Games, 19 mars 2008, Claude Arpi.
- (en) BBC NEWS | Asia-Pacific | Profile: Hu Jintao.
- Kalsang Rinchen, Hu killed Panchen: Chinese dissident, Phayul.com, 16 mars 2011
- (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989, 14 août 1990.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
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