Alain Poher

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Alain Poher
Alain Poher, en 1968.
Alain Poher, en 1968.
Fonctions
2e président du Sénat
(25e président de la Chambre haute du Parlement)

(&&&&&&&&&&&0876523 ans, 11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Gaston Monnerville
Successeur René Monory
Président de la République française
(par intérim)

(&&&&&&&&&&&&&0551 mois et 25 jours)
Premier ministre Pierre Messmer
Prédécesseur Georges Pompidou
Successeur Valéry Giscard d'Estaing

(&&&&&&&&&&&&&0531 mois et 22 jours)
Premier ministre Maurice Couve de Murville
Prédécesseur Charles de Gaulle
Successeur Georges Pompidou
10e président du Parlement européen
Prédécesseur Victor Leemans
Successeur Mario Scelba
Biographie
Nom de naissance Alain Émile Louis Marie Poher
Date de naissance
Lieu de naissance Ablon-sur-Seine (France)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Parti politique Centre démocrate
Conjoint Henriette Tugler
Diplômé de École des Mines
Sciences Po
Profession Ingénieur
Haut fonctionnaire
Religion Catholicisme
Présidents du Sénat
Présidents de la République française par intérim
Présidents du Parlement européen

Alain Poher, né le à Ablon-sur-Seine (Seine-et-Oise) et décédé le à Paris, fut un homme d'État français.

Membre du MRP, il assuma la charge de président du Sénat de 1968 à 1992. C'est en cette qualité qu'il est chargé d'assurer, par deux fois, la continuité de l'État, assumant alors la fonction de président de la République française par intérim, dans un premier temps en 1969, à la suite de la démission du président Charles de Gaulle, puis dans un second temps en 1974, à la suite du décès du président Georges Pompidou.

Figure emblématique du Sénat de la Ve République, il reste encore aujourd'hui le titulaire du plus long mandat de président du Sénat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, études et mariage[modifier | modifier le code]

Alain Poher, fils unique d'Ernest Poher, ingénieur des chemins de fer (1875-1936) et de Louise Souriau (1872-1960), est issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie bretonne qui prétend descendre de l'antique Maison de Poher, et par elle des ducs de Bretagne[1].

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Il était ingénieur civil diplômé de l'École nationale supérieure des mines de Paris et de l'Institut d'études politiques de Paris.

Marié en 1938 à Henriette Tugler (Cahors, Lot, 1907-Ablon-sur-Seine, 2004), le couple a deux filles : Marie-Agnès Poher (1940), veuve de Jean-Pierre Joussain, et Marie-Thérèse Poher (1944-2002). Ils ont trois petits-enfants qui ont relevé le nom de famille de leur grand-père Poher par voie de justice.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

En politique, il subit l'influence du personnalisme d'Emmanuel Mounier. En 1938, il entre au Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et est rédacteur de troisième classe. Durant la guerre, il entre en contact avec le réseau Libération-Nord. À la Libération, il reste dans son ministère, tout en ayant présidé le comité d'épuration.

Chef des services sociaux du ministère à la Libération, il rejoint Robert Schuman dont il est le directeur du cabinet. De 1948 à 1952, il est commissaire général aux affaires allemandes et autrichiennes ; il préside également l'Autorité internationale de la Ruhr.

Il est également maire d'Ablon-sur-Seine (Val-de-Marne) de 1945 à 1983, ville où il est inhumé.

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

Il est élu au Conseil de la République en 1946 puis constamment réélu, sauf pour la période 1948-1952, et siège au Palais du Luxembourg jusqu'à 1995 comme MRP ou Union centriste. Il fut président du groupe MRP de la Haute Assemblée. Il est secrétaire d'État au Budget dans les deuxième cabinet Schuman et Gouvernement Henri Queuille (1) du 5 septembre au , puis secrétaire d'État à la marine du au dans le cabinet Félix Gaillard. Il assiste à la fin de la IVe République.

Il est élu président du Sénat le face à Edgar Tailhades, et constamment réélu jusqu'au .

Président de la République par intérim[modifier | modifier le code]

En tant que président du Sénat, il assure la fonction de président de la République par intérim à deux reprises.

Il exerce l'intérim une première fois, à partir du , après la démission de Charles de Gaulle. Candidat à cette occasion à l'élection présidentielle anticipée, il est un temps donné favori par les sondages[2]. Soutenu essentiellement par la droite non gaulliste, il recueille 23,31 % des suffrages au premier tour. Il est battu au second tour par Georges Pompidou en recueillant 41,79 % des voix. Les communistes, qui avaient présenté Jacques Duclos, ne choisissent pas entre « bonnet blanc et blanc bonnet ». L'intérim d'Alain Poher s'achève le 20 juin, lorsqu'il assure avec Georges Pompidou la cérémonie de passation de pouvoirs.

Il assure l'intérim une seconde fois du 2 avril au , après la mort de Georges Pompidou et avant l'élection de Valéry Giscard d'Estaing.

Centriste et européen[modifier | modifier le code]

Pendant toute sa vie, Alain Poher manifeste de très fortes convictions européennes. Il tente de convaincre de Gaulle de renoncer au référendum sur la réforme du Sénat en 1969. Il saisit le Conseil constitutionnel qui annule la loi sur la liberté d'association de Raymond Marcellin et René Pleven en 1971. Cet événement marque « la seconde naissance du Conseil Constitutionnel » comme l'a relevé le Professeur Pierre Avril.

Il profite de son second intérim pour déposer les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l'homme. Cette convention signée par la France en 1950, n'avait jamais été ratifiée par le pouvoir gaulliste. C'est avec en mémoire la conviction de son mentor, Robert Schuman, qu'Alain Poher a ratifié, en qualité de président du Sénat chargé de l'intérim du président de la République, la Convention européenne des droits de l'homme. Il vient symboliquement en témoigner lors des 25 ans du Conseil de l'Europe le . Il veille à la régularité des opérations électorales de 1974 dans la France d'outre-mer qui pouvait jouer un rôle décisif pour départager Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand lors de l'élection présidentielle. Il préside les cérémonies marquant le centenaire du Sénat en 1975. Avec la gauche au pouvoir dès 1981, il s'efforce au dialogue mais en 1984, il rejette la révision constitutionnelle sur les libertés proposée par Laurent Fabius.

Carrière[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

À la présidence de la République[modifier | modifier le code]

  • Chargé des fonctions de président de la République par intérim du 28 avril au 20 juin 1969 et du 2 avril au 27 mai 1974.

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Poher désigne celui « qui est originaire du Poher », nom d'une ancienne vicomté de Cornouaille, en Bretagne. Le nom est surtout porté dans le Finistère. Le toponyme Le Poher vient lui-même du breton Poher, Pou Kaer : « pays fortifié », de pou : « pays », « ancienne circonscription des cités gallo-romaines », et de caer, kaer : « forteresse », « ville fortifiée » (Sources: Généanet.org/onomastique).
  2. Jean-Jérôme Bertolus, Frédérique Bredin, Tir à vue - la folle histoire des présidentielles, éditions Fayard, 2011, p. 311.
  3. Généastar : Ascendants d'Alain Poher

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]