Besançon
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| Besançon | |
Vue aérienne de Besançon |
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| Pays | France |
|---|---|
| Région | |
| Département | Doubs (Préfecture) |
| Arrondissement | Besançon (Chef-lieu) |
| Canton | chef-lieu de 6 cantons Besançon-Est Besançon-Nord-Est Besançon-Nord-Ouest Besançon-Ouest Besançon-Planoise Besançon-Sud |
| Code Insee | 25056 |
| Code postal | 25000 |
| Maire Mandat en cours |
Jean-Louis Fousseret (PS) 2008-2014 |
| Intercommunalité | Grand Besançon |
| Coordonnées géographiques |
|
| Altitudes | moyenne : 281 m minimale : 235 m maximale : 610 m |
| Superficie | 6 505 ha = 65,05 km² |
| Population sans doubles comptes |
116 100 hab, aire urbaine : 222 000 hab. (2005) |
| Densité | 1 810 hab./km² |
| Gentilé | Bisontins, Bisontines |
| Site | Ville de Besançon |
Besançon est une ville de l'Est de la France, sur le Doubs, préfecture du département du Doubs et de la région Franche-Comté. Elle est également siège d'académie et de province ecclésiastique. Ses habitants sont appelés les Bisontins et les Bisontines.
Établie dans un méandre formé par le Doubs, la cité joue un rôle important dès l'époque gallo-romaine sous le nom de Vesontio. Sa géographie et son histoire spécifique ont fait d'elle tour à tour une place forte militaire, une cité de garnison, un centre politique et une capitale religieuse.
Proclamée première ville verte de France[1], la capitale comtoise jouit d'une qualité de vie reconnue soulignée par ses innovations sociales et environnementales. Grâce à son riche patrimoine historique et culturel et à son architecture unique, Besançon est classée Ville d'Art et d'Histoire et est candidate à une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[2].
Sommaire
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[modifier] Toponymie
Une première mention écrite de la ville est faite par Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules sous le nom de Vesontio. Au IVe siècle, un B remplace le V de Vesontio et le nom de la ville devient Besontio ou Bisontion, puis subit plusieurs transformations pour donner Besançon en 1243. Les recherches sur l'origine de l'appellation Vesontio ont donné lieu à plusieurs interprétations mais aucune ne s'impose avec certitude. La plus « satisfaisante » évoque la racine celtique wes- qui désignerait une montagne et que l'on retrouverait notamment dans les noms de Vésuve, Vesoul ou encore Vézelay.
Durant le Moyen Âge, plus précisément entre le IXe siècle et le XIIe siècle, la ville est parfois surnommée Chrysopolis[3] (« la ville d'or »). L'origine de cette appellation, qui apparait dans un écrit de 821[4], n'est pas non plus bien établie : présence d'or dans le lit du Doubs, présence de nombreux édifices romains, plaisanterie « besan sum » (« je suis une pièce d'or »), rapprochement entre Byzance et Besançon, Chrysopolis ayant été dans l'Antiquité le nom d'un quartier de Byzance...
Aussi, à la Belle Époque, lorsque la ville connaît une intense activité thermale, elle est parfois appelée Besançon-les-Bains.
[modifier] Géographie
[modifier] Situation
[modifier] Localisation
La ville de Besançon jouit d'une situation privilégiée sur l'axe structurant européen dit « Rhin-Rhône »[5], voie de communication entre Mer du Nord et Méditerranée, Europe du Nord et Europe du Sud. Elle est située plus précisément à la jonction de la région montagneuse d'élevage du Massif du Jura (plateaux du Haut-Doubs) et des vastes plaines cultivables fertiles franc-comtoises, dans la zone préjurassienne délimitée par les zones plissées dites des Avant-Monts au nord et du faisceau bisontin au sud[6].
Elle se trouve dans la pointe nord-ouest du département du Doubs et est distante d'environ 90 kilomètres de Dijon en Bourgogne, de Lausanne en Suisse et de Belfort aux portes de l'Alsace et de l'Allemagne. Sa distance avec la capitale nationale, Paris, est de 327 kilomètres à vol d'oiseau pour un cap de 304°[7]. Il est à remarquer également que Besançon se situe presque exactement au milieu d'un segment Lyon - Strasbourg, chacune de ces villes étant distante de 190 kilomètres environ.
Besançon fait partie de la Métropole Rhin-Rhône[8] constitué en 2004 avec les villes de Dijon, Mulhouse, Belfort et Montbéliard et associant également depuis cette date, l'agglomération trinationale de Bâle, la communauté urbaine de Le Creusot-Montceau-les-Mines et Chalon-sur-Saône.
[modifier] Climat
Besançon est soumise à une double influence climatique, océanique d'une part (précipitations importantes tant en quantité qu'en fréquence) et une forte influence continentale d'autre part avec des hivers rudes (fortes gelées, neige) et des étés chauds et secs. D'une manière générale, le climat de Besançon se caractérise par une forte variabilité, tant au cours d'une saison que d'une année sur l'autre. La tableau suivant donne une idée du climat bisontin en comparaison avec la moyenne nationale et quelques villes symboliques[9]:
| Ville | Ensoleillement | Pluie | Neige | Orage | Brouillard |
|---|---|---|---|---|---|
| Paris | 1 797 h/an | 642 mm/an | 15 j/an | 19 j/an | 13 j/an |
| Nice | 2 694 h / an | 767 mm / an | 1 j / an | 31 j / an | 1 j / an |
| Strasbourg | 1 637 h/an | 610 mm/an | 30 j/an | 29 j/an | 65 j/an |
| Besançon | 1 872 h/an | 1 108 mm/an | 29 j/an | 28 j/an | 22 j/an |
| Moyenne nationale | 1 973 h/an | 770 mm/an | 14 j/an | 22 j/an | 40 j/an |
Avec 1 108 millimètres de précipitations par an, la ville est une des plus arrosées du pays en compagnie de Brest (1 109 mm/an) et Biarritz (1483 mm/an). Ces précipitations ont lieu en moyenne 141 jours par an, dont une trentaine de jours avec chutes de neige. Elle bénéficie malgré cela d'un bon ensoleillement de 1 872 heures par an, variant de 55 heures en décembre à 246 heures en août. Il gèle en moyenne 67 jours par an. Le secteur de Besançon n'est pas très venté, la vitesse du vent atteignant en moyenne 2.2 m/s, avec une seule journée par an où l'on relève des rafales d'au moins 100 km/h.
Les records de température maximale et minimale sur Besançon sont respectivement de 40,3°C le 28 juillet 1921 et - 20,7°C le 1er janvier 1985[10]. La température moyenne annuelle est de 10,2°C.
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (sous abri, normales) °C | 1,6 | 3,3 | 6,1 | 9,4 | 13,3 | 16,5 | 18,9 | 18,3 | 15,7 | 11,3 | 5,6 | 2,1 | 10,2 |
| Précipitations (hauteur moyenne en mm, période 1961-1990) | 91,1 | 81,8 | 83,5 | 91,6 | 111,4 | 100,1 | 80,5 | 86,9 | 93,2 | 85,8 | 103,7 | 99,0 | 1108 |
| Source: Météo France | |||||||||||||
[modifier] Transports et communications
Dès l'Antiquité, Besançon était située sur la route de Rome, voie romaine reliant Rome à la Mer du Nord, appelée Via Francigena[11] à partir du Moyen Âge et passant par Calais, Reims, Lausanne et Aoste.
De nos jours, les transports à Besançon, comme dans de nombreuses autres villes européennes, sont dominés par l'automobile dont le trafic augmente continuellement depuis plusieurs années. L'autoroute A 36 Beaune - Mulhouse, qui passe au nord de l'agglomération, est l'axe principal la reliant aux autres villes françaises et étrangères. Deux routes nationales, la N 57 reliant Metz et Nancy à la frontière suisse et la N 83 Lyon - Strasbourg constituent les deux autres axes principaux. Au niveau local, des efforts sont entrepris depuis plusieurs années pour décongestionner la ville avec la construction d'un contournement[12] dont le maillon nord-ouest a déjà été ouvert en 2003.
La ville bénéficie d'une bonne desserte par le train, notamment grâce à des liaisons directes par TGV avec Paris et à la ligne classique nationale Lyon - Strasbourg. La desserte ferroviaire est complétée par des lignes TER vers Belfort et Montbéliard, vers Dole et Dijon ainsi que vers le Haut-Doubs et la Suisse. Une première branche de la LGV Rhin-Rhône[13] est actuellement en cours de construction qui desservira une nouvelle gare d'agglomération à partir de 2012 et raccourcira les temps de parcours vers Strasbourg, Paris et Lyon.
Besançon est une des seules grandes villes françaises à ne pas disposer d'aéroport, mais bénéficie de la proximité de ceux de Genève, Lyon-Saint-Exupéry et l'EuroAirport Bâle-Mulhouse et de deux aérodromes sur les communes voisines : l'aérodrome de Besançon-La Vèze (avec un service d'avion taxi sur toute l'Europe) et l'Aérodrome de Besançon-Thise.
Les transports urbains sont représentés principalement par la compagnie de bus Ginko qui dessert 18 lignes urbaines et 30 lignes périurbaines. Des efforts ont été entrepris d'un point de vue environnemental puisqu'un quart des bus roulent au gaz naturel, soit 59 véhicules.
Aussi, la capitale franc-comtoise a désormais lancé un projet similaire à ceux de Paris ou Lyon : son propre système de vélos en libre-service baptisé Vélocité. Mis en service depuis le 25 septembre 2007, il rencontre le même succès que dans les autres villes ayant fait ce choix.
La ville fût pionnière dans la création d'un secteur piétonnier dès 1974.
Enfin, la ville est traversée par le canal du Rhône au Rhin, emprunté par des bateaux-mouches et des embarcations touristiques. Après plusieurs années de tergiversations et de contestation, sa mise à grand gabarit permettant une utilisation commerciale a été abandonnée en 1997[14], quoique sa relance refasse parfois surface.[15]
[modifier] Site
La ville de Besançon s’inscrit également dans un site géographique naturel particulièrement remarquable. En effet, la cité s'est d'abord développée dans un important méandre du Doubs de près d'un kilomètre de diamètre, prenant la forme d'une boucle presque parfaite fermée et surplombée par le mont Saint-Étienne, un haut plateau ouvert sur le Jura et abrupt du côté de la ville, dont la pointe est intégralement coiffée de l'imposante citadelle de Vauban. Puis la ville a débordé de ce cadre initial (d'une altitude moyenne de 250 mètres) pour s'étendre dans une cuvette entourée de sept collines dont la plupart est coiffée de forts : Chaudanne (422 m), Bregille (458 m), Saint-Étienne (371 m), la Roche d'Or (316 m), Planoise (490 m), Rosemont (466 m), Fort-Benoit (360 m). Cette configuration amène parfois à faire la comparaison avec le site de la ville de Rome qui est également dominée par sept collines.
Ce site particulier a donc pendant longtemps constitué un emplacement idéal de développement urbain, tant d'un point de vue stratégique et militaire (site défensif) qu'économique et commercial (débouché fluvial, forêts, agriculture et élevage).
Le centre historique, correspondant au quartier installé à l'intérieur du méandre du Doubs, dit quartier de la Boucle, et au quartier de Battant, première excroissance historique sur l'autre rive, constitue le site exclusif (ou site primitif) de développement de la ville jusqu’à la Révolution industrielle.
[modifier] Morphologie urbaine
[modifier] Quartiers
Selon l'agence d'urbanisme de l'agglomération de Besançon (AUDAB)[16], la commune est composée de quatorze grands quartiers présentant une étonnante diversité, de Velotte (2 000 habitants) aux allures de village champêtre à la vaste ZUP de Planoise (20 000 habitants) en passant par Battant, ancien quartier de vignerons.
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[modifier] Tissu urbain
Le centre historique présente principalement un plan en damier tel qu'on peut le retrouver dans la plupart des cités romaines. Le cardo maximus correspondait plus ou moins à l'actuelle Grande Rue qui débouchait au nord sur l'unique pont de la ville, le Pont Battant, et au sud sur la Porte Noire, un arc de triomphe. Une deuxième artère nord-sud d'importance est constituée par l'actuelle rue des Granges. L'habitat y est très dense et les rues étroites.
Au XIXe siècle, les quartiers voisins de la première couronne, tels que les Chaprais, la Butte, la Viotte... connaissent un essor important. Ces quartiers présentent aujourd'hui un tissu dense d'immeubles ne dépassant pas cinq ou six étages et de zones pavillonnaires.
Après la Seconde Guerre mondiale et durant tout le baby boom, les besoins en logements sont importants : de grands ensembles sont construits le long d'un axe est-ouest, avec notamment Planoise, Montrapon, Orchamps, Palente, Clairs-Soleils. La plupart de ces quartiers connaissent à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle des opérations de démolition-reconstruction et de réhabilitation importantes.
L'essentiel de la croissance démographique au début du XXIe siècle s'effectue dans les quartiers limitrophes de la commune, les Tilleroyes, les Montboucons ou encore les Torcols, à dominante pavillonnaire.
Globalement, l'étalement urbain s'est opéré selon un axe préférentiel sud-ouest - nord-est du fait notamment du faisceau de collines créant un effet de barrière au sud. L'urbanisation s'opère sur une distance maximale nord-sud de six kilomètres environ[17] tandis que de l'est à l'ouest, cette distance est quasiment double avec douze kilomètres[18].
[modifier] Architecture
Le centre ancien constitue un ensemble architectural homogène et dense constitué de vieux immeubles d'habitation et d'édifices publics bien préservés.
La majorité des bâtiments y sont construits en pierre de Chailluz, pierre calcaire extraite de carrières proches de Besançon et dont la particularité et de présenter deux teintes : ocre avec de grandes taches de couleur bleue-grise. Cette pierre a été imposée en 1569 afin de mettre un terme aux incendies destructeurs qui sévissaient régulièrement et détruisaient des quartiers entiers. L'habitat y est très serré, laissant néanmoins la place à une multitude d'arrière-cours et leurs somptueux escaliers à cage ouverte, une des spécificités de Besançon, dont la plus célèbre est celle de l'Hôtel de Champagney.
Une des particularités des immeubles de Besançon est également la présence de grilles arrondies en fer forgé fixées aux fenêtres des rez-de-chaussée, évoquant les rejas d'origine espagnole.
[modifier] Urbanisme
[modifier] Logement
Selon le dernier recensement, la ville comptait en 1999 un total de 61 507 logements[19] dont 55 159 étaient des résidences principales, 5 260 des logements vacants, 755 logements occasionnels et 333 résidences secondaires. On trouve une large majorité de logements en immeubles collectifs qui représentent 84,8 % de l'ensemble du parc de logements tandis que la part des logements individuels s'élève à 15,2 % en 1999: cependant, entre 1990 et 1999, le nombre de logements individuels a progressé plus vite (+ 30,7 %) que celui de logements collectifs (+ 13,9 %)[20].
Le parc des résidences principales est globalement vieillissant puisque 24,6 % de celles-ci datent d'avant 1949, 45,3 % ont été achevées entre 1949 et 1974, 17,7 % de 1975 à 1989 et enfin 12,4 % en 1990 ou après[21].
En ce qui concerne les logements sociaux[22], la ville en compte 14 598 sur un total de 55 159 résidences principales, soit une proportion de 26,5 % qui dépasse largement le seuil de 20 % exigé par la loi SRU. La localisation de ces logements sociaux est concentrée au sud-ouest de la commune (Planoise, Rosemont et Grette) avec 45,8 % de l'ensemble et à l'est (Palente, Orchamps, Clairs-Soleils) qui représente 14,2 % du parc communal.
[modifier] Projets d'aménagement
De nombreux projets sont en cours d'élaboration ou de finalisation dans la ville au début du XXIe siècle. Le projet de restructuration de l'îlot Pasteur, dans le quartier de la Boucle, a été adopté en 2004 et devrait être livré en 2009: il s'agit de créer un ensemble immobilier intégrant 17 500 m² environ de surfaces commerciales et 8 400 m² de logements et de réaménager la place Pasteur. Un autre secteur en pleine restructuration et celui concernant les friches du port fluvial et de l'usine Rhodia qui est voué à devenir un "campus culturel": construction de la SMAC (salle de musiques actuelles), de la Cité des Arts et de la Culture (intégrant le nouveau conservatoire et le Fonds Régional d'Art Contemporain).
[modifier] Démographie
La commune de Besançon comptait 116 100 habitants d'après l'estimation de l'INSEE[23] au 1er juillet 2005, ce qui la place au 29e rang national. Le dernier chiffre définitif de la population date de 1999 et faisait état de 117 733 habitants. Un pic démographique a été atteint en 1975 avec 120 315 habitants.
Besançon est la première unité urbaine de la région Franche-Comté avec environ 134 000 habitants répartis sur onze communes, devant celles de Montbéliard, 113 000 habitants, et de Belfort, 82 000 habitants. Son aire urbaine, qui compte quant à elle 222 000 habitants et couvre 234 communes, n'arrive par contre qu'au second rang régional derrière celle de Belfort-Montbéliard qui totalise 285 000 habitants[24].
| 1954 | 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2005 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 73 445 | 95 642 | 113 220 | 120 315 | 113 283 | 113 828 | 117 733 | 116 100 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
[modifier] Histoire
Classée ville d'Art et d'Histoire, la ville de Besançon possède un riche passé historique dont son patrimoine architectural est un témoin fort. Depuis la fondation d'un oppidum gaulois, la cité n'a cessé de se développer et de s'agrandir avant de devenir un centre culturel, militaire et économique de premier ordre. Tantôt germanique tantôt française, la capitale Comtoise a gardé de nombreuses traces des différentes périodes de son histoire de l'Antiquité au XIXe siècle.
[modifier] Devises et héraldique
- Utinam (« Plaise à Dieu ») : devise « officielle » de la ville[25] que l'on retrouve notamment sur la fontaine de la place Jean Cornet, sur les frontons de l'école de Rivotte et du Palais de Justice, sur le monument aux morts.
- Deo et caesari fidelis perpetuo (« Fidélité éternelle à Dieu et César »). Cette devise à été substituée à la précédente en 1815 mais ne fût employée que peu de temps avant que la devise Utinam soit reprise[26].
- Le Blason de la ville est constitué d'un aigle attribué à la ville par l'empereur germanique Charles Quint en 1537 entouré de deux colonnes triomphales évoquant l'antique cité gallo-romaine Vesontio. À l'origine, l'aigle était bicéphale comme celui des Habsbourg.
[modifier] Préhistoire
Aux origines, un site idéal de peuplement
La passage de chasseurs-cueilleurs remontant à 50 000 ans, durant la période du paléolithique moyen, a été attestée.
Les fouilles menées au cours des derniers siècles ont permis de révéler des traces d'occupation du site dès le néolithique le long du Doubs, notamment au pied des collines de la Roche d'Or et de Rosemont[27], ces traces d'habitat étant datées de 4 000 ans avant J.-C. environ.
[modifier] Antiquité
L'oppidum gaulois de Vesontio
Au IIe siècle avant notre ère, l'oppidum est la possession des Séquanes, peuple gaulois (voir Celtes) qui contrôle un vaste territoire s'étendant entre le Rhône, la Saône, le Jura et les Vosges[28]. La présence d'aménagements publics à cette époque est attestée par des campagnes de fouilles ; les plus anciens ont été découverts lors des fouilles préventives réalisées sur le site des remparts dérasés en 2001. La ville était ceinturée par un mur de berge (murus gallicus) dont des vestiges ont été mis au jour sur ce même site. À l'extérieur se trouvait un quartier d'artisans.
L'oppidum, du nom de Vesontio (en latin), était alors le centre économique de la Séquanie et c'est à ce titre qu'il est convoité par les Germains puis par les Éduens avant que Jules César n'en fasse la conquête en 58 av. J.-C..
Vesontio, cité gallo-romaine
Jules César, impressionné par ce site stratégique qu'il décrit dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, décide d'en faire la capitale de la tribu gauloise des Séquanes (Civitas Maxima Sequanorum[29]) ainsi qu'une citadelle militaire et un carrefour d'échanges de la Gaule romaine. La ville connaît alors un âge d'or, elle devient l'une des plus grandes villes de la Gaule belgique, puis de la province de Germanie supérieure.
En 68 après J.C, elle est le théâtre de la Bataille de Besançon opposant Lucius Verginius Rufus, fidèle de l'empereur Néron, à Gaius Julius Vindex, un rebelle qui est vaincu et finit par se suicider[30]. Les Romains agrandissent la cité et l'embellissent en y construisant de nombreux édifices de part et d'autre du cardo (actuelle Grande Rue) et même sur la rive droite du Doubs où ils élèvent un amphithéâtre (Arènes de Besançon) pouvant accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. Le sous-sol de la ville regorge de témoins de cette époque[31], on dénombre en effet non moins de 200 points de découverte dans la La Boucle et les quartiers situés aux abords immédiats.
Sous la Tétrarchie, la cité devient la capitale de la « Provincia Maxima Sequanorum ». Parmi les vestiges les plus importants, on peut citer la Porte Noire érigée sous Marc-Aurèle en 175 ap. J.-C. pour célébrer la répression des troubles de 172 à 175 ap. J.-C. les colonnades du Square Castan, les conduites de l'aqueduc romain qui alimentait Vesontio en eau, les restes de l'amphithéâtre et la domus du palais de justice et celle du collège Lumière où a été retrouvée une impressionnante mosaïque dite de la Méduse en très bon état de conservation[32]. En 360, l'empereur Julien, de passage à Vesontio, décrit une « bourgade ramassée sur elle-même », une cité sur le déclin qui n'est guère plus qu'un village.
[modifier] Moyen-Âge
Peu après la chute de Rome, Clovis Ier, roi mérovingiens des Francs, entreprend de réunir les peuples gaulois sous son ordre. Les Séquanes sont ainsi rattachées au royaume en même temps que les Burgondes et les Alamans. L'histoire de Besançon au début du Moyen-Âge est très mal connue, les documents et indices étant largement insuffisants. En 821, on trouve trace d'un premier texte[33] mentionnant la ville sous l'appellation Chrysopolis. De 843 à 869, le diocèse de Besançon est rattaché à la Lotharingie, puis, à la mort de Lothaire II, devient possession de Charles le Chauve en vertu de la signature du Traité de Meerssen (870) et est donc intégré au royaume de France jusqu'en 879[34].
Besançon, métropole ecclésiastique
C'est en 888 que Eudes Ier de France, dans sa féodalisation du royaume, fonde les duchés et comtés de Bourgogne. Ce dernier ayant pour capitale Dole est rattaché au Comté de Varais dans lequel se trouve Besançon. Ce comté aura pour premier comte (dit "comte palatin de Bourgogne") Otte-Guillaume de Bourgogne (982-1026)[35]. Besançon devient également siège épiscopal en tant qu'archevêché indépendant. Le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, n'ayant pas de descendants mâles, lègue ses biens bourguignons à son neveu Henri II du Saint-Empire.
En 1032, comme tout le Comté de Bourgogne, Besançon est donc rattachée au Saint Empire romain germanique. L'Archevêque de Besançon, Hugues de Salins, grâce à l'appui de l'Empereur, devient le seigneur de la ville, qui prospère sous son impulsion. Après la mort de celui-ci en 1066, une lutte pour sa succession plonge Besançon dans une longue période de crise. Aussi, pendant tout le Moyen Âge, Besançon restera une ville directement soumise à l'autorité impériale et indépendante du Comté de Bourgogne, dont Dole est la capitale.
Besançon, ville libre impériale
Au cours des XIIe et XIIIe siècles, les Bisontins luttent contre l'autorité des archevêques et obtiennent finalement leurs libertés communales en 1290. Tout en restant soumise à l'Empereur, Besançon se gouverne par elle-même, grâce à un conseil de vingt-huit notables élus au suffrage universel masculin à plusieurs degrés et à un conseil de quatorze gouverneurs désignés par les notables. Besançon restera ainsi une « ville libre » pendant près de 400 ans.
Les Ducs de Bourgogne, devenus maîtres de la Franche-Comté, sont les « protecteurs » de la ville libre impériale que reste toujours Besançon. C'est pour la cité une période de prospérité.
[modifier] Époque moderne
A l'époque de la Renaissance, la Franche-Comté appartient de nouveau à l'Empire Germanique suite au décès de Charles le Téméraire. L'empereur Charles Quint fortifie considérablement Besançon qui devient un des boucliers de son Empire. Un Comtois, Nicolas Perrenot de Granvelle, devient Chancelier de l'Empire en 1519 puis Garde des Sceaux en 1532. Toute la région bénéficie des faveurs de Charles Quint et Besançon devient la cinquième ville impériale et s'embellit de monuments, en particulier le Palais Granvelle et l'Hôtel de Ville dont la façade est ornée d'une statue de Charles Quint. La ville compte alors de 8 000 à 9 000 habitants en 1518, population qui serait passée entre 11 000 et 12 000 habitants en 1608[36]. L'économie de la ville est profondément rurale, notamment par la présence des vignerons à Battant qui représentaient la moitié voir les trois quarts de la population et faisaient donc de la viticulture l'activité principale de la ville[37].
Le "siècle souffrant" et la conquête française
Alors que la ville avait vécu une époque de progrès au XVIe siècle, le XVIIe siècle est marqué par les guerres et une grande misère[38].
En 1631, la ville accueille à deux reprises le duc Gaston d'Orléans, frère du roi et ennemi personnel du cardinal de Richelieu[39]. La guerre de Dix Ans (1635-1644), épisode bourguignon de la guerre de Trente Ans, apporte dans la région les fléaux de la peste, de la famine et de la misère. Besançon, qui a échappé plusieurs fois à un siège, souffre néanmoins des mêmes fléaux que son arrière-pays dévasté: la peste fait son apparition en 1636 tandis qu'une période de famine s'étend de 1638 à 1644[40].
Un traité d'échange entre la ville allemande de Frankenthal (appartenant au roi d'Espagne) et Besançon (relevant de l'Empire), suggéré à partir de 1651, est finalement accepté par les Bisontins en 1664[41]. Pendant une courte période (1664-1674), Besançon perd alors son statut de ville libre et devient possession de la couronne d'Espagne. La trêve n'est que de courte durée et le 8 février 1668, l'armée de Condé se voit ouvrir les portes de la ville après que les autorités locales aient capitulé. L'occupation française est plutôt mal vécue et les troupes françaises rebroussent chemin dès le 9 juin[42]. La défense de la cité ayant été mal assurée, on entreprend alors l'amélioration des fortifications: la première pierre de la citadelle est posée au Mont Saint-Étienne le 29 septembre 1668 et à l'autre extrémité, d'importants travaux sont entrepris autour de Charmont (sur les hauteurs de Battant)[43].
Le 26 avril 1674, le duc d'Enghien est de retour et prend position devant la cité à la tête d'une armée composée de 15 000 à 20 000 hommes[44]. Au terme d'un siège de vingt-sept jours auquel assistent Louis XIV, Vauban et Louvois, la citadelle tombe finalement entre les mains des assiégeants le 22 mai[45]. Besançon, après plusieurs tentatives vaines, devient enfin la capitale de la Franche-Comté au détriment de Dole par lettres patentes du 1er octobre 1677: un grand nombre d'administrations, parmi lesquelles le gouvernement militaire, l'intendance, le parlement ou encore l'université, sont progressivement implantées dans la nouvelle capitale[46]. Le Traité de Nimègue, signé le 10 août 1678, rattache définitivement la ville et sa région au royaume de France.
Louis XIV décide de faire de Besançon un des maillons essentiels du système de défense de l'Est de la France et confie à Vauban le soin de réaliser les améliorations nécessaires[47]. La citadelle est ainsi entièrement remaniée entre 1674 et 1688, les autres fortifications sont édifiées de 1689 à 1695 et de nombreuses casernes sortent de terre à partir de 1680. La construction de la citadelle coûta très cher, à tel point que Louis XIV aurait demandé si ses murailles n'étaient pas en or...
Une ère de prospérité
Au XVIIIe siècle, sous l'impulsion d'intendants remarquables, la Franche-Comté connaît une période de prospérité et Besançon double sa population (14 000 à 32 000 habitants), tout en se couvrant de monuments et d'hôtels particuliers.
[modifier] Époque contemporaine
Une ville sur le déclin
Au sortir de la Révolution, Besançon perd son archevêché et son statut de capitale, n'étant plus que le chef-lieu d'un département privé des terres agricoles les plus productives du bas pays[48]. La population, estimée à 32 000 habitants à la veille de la Révolution, décline à 25 328 habitants en 1793 pour ne remonter timidement qu'à 28 463 en 1800[49]. Cependant, c'est également durant cette période que l'industrie horlogère s'installe dans la ville suite à la création en 1793 d'une manufacture d'horlogerie par un groupe de réfugiés helvétiques mené par l'horloger genevois Laurent Mégevand, expulsé de Suisse pour ses activités politiques[50]. L'activité démarre difficilement, notamment du fait de l'hostilité d'une part de la population, mais le nombre d'horlogers est estimé à 1 000 en 1795 et la production de montres progresse tout de même de 14 700 pièces en l'an III (1794-1795) à 21 400 en l'an XI (1802-1803).
D'une guerre à l'autre (1870-1945)
Sous la Troisième République, Besançon connaît une relative stagnation, sa population oscillant autour de 55 000 habitants pendant plusieurs décennies. Indépendamment de la démographie, l'horlogerie continue son ascension, produisant 395 000 montres en 1872 puis 501 602 en 1883. Ainsi, selon la chambre de commerce, Besançon participait en 1880 pour 90% de la production horlogère française et comptait environ 5 000 ouvriers spécialisés dans ce secteur et 10 000 ouvrières y travaillant à temps perdu[51]. Devant faire face à la concurrence suisse, le secteur connaît une crise dans les années suivantes avant de se relever au début du XXe siècle pour produire 635 980 articles en 1900 mais n'employer plus que 3 000 ouvriers et ouvrières en 1910[52]. D'autres industries se développent à cette époque: brasseries (dont la plus renommée est la brasserie Gangloff), papeteries, métallurgie... C'est surtout le textile qui s'impose comme un des secteurs florissant lorsque le comte Hilaire de Chardonnet, inventeur d'un procédé de fabrication de soie artificielle, permet à sa ville d'utiliser industriellement son procédé dans une Soierie ouverte sur le site des Prés-de-Vaux en 1891[53].
C'est également à la fin du XIXe siècle que la ville "s'invente" une vocation thermale en créant en 1890 la Compagnie des Bains salins de la Mouillère. Le tourisme se développe alors autour du produit d'appel de Besançon-les-Bains qui engendre la construction d'un établissement thermal, de l'Hôtel des Bains, d'un casino, de la salle de spectacles du Kursaal et l'ouverture d'un syndicat d'initiative en mai 1896[54].
Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande entre à Besançon le 16 juin 1940 bien que les autorités militaires françaises aient décidé de faire sauter les ponts à l'approche de l'occupant[55]. La ville se retrouve en zone occupée (la ligne de démarcation n'est qu'à environ 30 kilomètres à l'ouest) et même en zone interdite, ce qui implique qu'elle soit annexée au Reich en cas de victoire de l'Allemagne[56]. La ville subit globalement peu de destructions durant la guerre, si ce n'est le bombardement dans la nuit du 15 au 16 juillet 1943 du quartier de la Viotte par l'aviation anglaise dont un bombardier s'écrase sur la gare: le bilan est de 50 morts, 40 blessés graves et une centaine de blessés légers[57]. La Résistance s'organise tardivement, perpétrant ses premiers attentats au printemps 1942[58]: les Allemands ripostent par des arrestations et 16 résistants sont exécutés dans l'enceinte de la Citadelle de Besançon le 26 septembre 1943[59], 83 subiront le même sort par la suite. Le 6e corps de l'armée américaine prend possession de Besançon le 8 septembre 1944 après quatre jours de combats[60] et c'est donc une ville libérée que visite le général de Gaulle le 23 septembre[61].
Une expansion sans précédent (1945-1973)
Au sortir de la guerre, la ville comme tout le pays, fait face à une croissance rapide. L'essor démographique est particulièrement vif, la ville doublant sa population en à peine plus de 20 ans (de 63 508 habitants en 1946 à 113 220 habitants en 1968), et particulièrement entre 1954 et 1962 où sa progression de 38.5% n'est dépassée seulement que par les villes de Grenoble et de Caen[62]. Les voies de communication n'accompagnent que difficilement cette évolution[63], l'électrification de la ligne ferroviaire vers Paris n'intervenant qu'en 1970, la mise à grand gabarit du canal n'étant envisagée qu'à partir de 1975 tandis que l'autoroute ne parvient à Besançon en 1978. Quant à la possibilité de développer un aéroport à La Vèze, l'idée est bien vite enterrée.
L'industrie horlogère reste dominante mais est en recul, passant de 50% des emplois industriels en 1954 à 35% en 1962 et cédant le pas progressivement face à d'autres secteurs en plein essor tels que le textile, le bâtiment ou l'industrie alimentaire[64]. En 1962, trois entreprises dépassent les 1000 employés: les firmes horlogères Lip et Kelton-Timex, et l'usine textile de la Rhodiacéta[65]. Cela n'empêche pas Besançon de confirmer son statut de capitale de l'horlogerie française grâce notamment à ses fonctions administratives (sièges sociaux) et scientifiques (enseignement et recherche)[66]. Le textile et la confection connaissent par ailleurs un dynamisme certain, la Rhodia employant jusqu'à 3 300 employés en 1966 et l'entreprise familiale Weil atteint 1 500 emplois en 1965, devenant ainsi la première entreprise française de confection masculine[67].
Face à cette croissance exponentielle, la municipalité décide de répondre notamment à la crise du logement en débutant en 1952 la construction des cités de Montrapon et de Palente-Orchamps et en 1960 celle des trois immeubles appelés les 408 (en référence au nombre de logements) par les Bisontins qui accueillent une population majoritairement ouvrière[68]. La réalisation de ces équipements est assez anarchique et un plan de modernisation et d'équipement est élaboré entre 1961 et 1963 prévoyant la création de la Z.U.P. de Planoise, des zones industrielles de Palente et de Trépillot, et du campus universitaire de la Bouloie[69]. On prévoit également la réalisation de trois boulevards permettant de fluidifier la circulation.
La ville devient capitale régionale grâce à la création des circonscriptions d'action régionale par un décret du 2 juin 1960.
Crises et reconversions (1973 à nos jours)
La crise pétrolière de 1973 ouvre pour Besançon le début d'une crise économique difficile dévastant son industrie et venant brusquement stopper son essor fulgurant. Cette crise est d'abord symbolisée par la célèbre affaire Lip[70] qui marquera durablement l'histoire de la ville. L'entreprise horlogère est en effet menacée d'un plan de licenciements au printemps 1973 et donne alors naissance à une lutte sociale d'un genre nouveau basée sur l'autogestion et provoquant un élan de solidarité national qui culmine le 29 septembre avec la "marche Lip" qui voit défiler 100 000 personnes dans une ville morte. Après avoir entrevu un semblant de redémarrage de l'activité, le dépôt de bilan est inéluctable et Lip disparaît en 1977. En 1982, c'est un nouveau coup dur pour la ville avec la fermeture de l'usine Rhodia qui laisse sur le carreau près de 2 000 salariés[71], tout comme l'entreprise horlogère Kelton-Timex peu après. Durant les années 90, c'est un autre fleuron de l'industrie bisontine qui s'efface, puisque l'entreprise de confection Weil délocalise et les effectifs passent de plus d'un millier de salariés à une petite centaine. En près de 20 ans, la ville perd donc près de 10 000 emplois industriels et semble pouvoir s'en relever difficilement.
Grâce notamment aux lois de décentralisation de 1982, la ville passe d'une vocation industrielle à un centre tertiaire. Le savoir-faire horloger, vieux de plus de deux siècles, est mis en valeur pour se reconvertir avec succès dans les branches des microtechniques, de la mécanique de précision et des nanotechnologies au niveau européen et dans le domaine spécifique du temps-fréquence à l'échelle mondiale. D'autres atouts comme la qualité de vie et le patrimoine, ou encore la situation sur l'axe Rhin-Rhône, un des axes structurants à l'échelle européenne, permettent à Besançon, au début du XXIe siècle, de prendre un nouveau départ.