Germanie

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50° 54′ N 11° 06′ E / 50.9, 11.1 ()

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La Germanie au milieu du Ier siècle av. J.-C.

La Germanie (Germania Magna) est le nom donné, dans l'Antiquité, à la région d'Europe centrale séparée du monde romain par le Rhin et le Danube et s'étendant approximativement, à l'est, jusqu'à la Vistule.

Germanie antique[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Germanie était peuplé par les Celtes et des Ashkénazes avant que divers peuples germaniques ne s'y installent au cours du Ier millénaire av. J.-C.[réf. nécessaire]

Références historiographiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Germanie.

La Germanie de Tacite est un ouvrage majeur de l'historiographie germanique. Ce paradigme s'est imposé jusqu'au pangermanisme deux millénaires plus tard… L'auteur ne s'étant jamais rendu en Germanie, les informations dont il dispose sont au mieux de seconde main. L'historien Ronald Syme a émis l'hypothèse que Tacite aurait copié en grande partie l'ouvrage aujourd'hui disparu Bella Germaniae écrit par Pline l'Ancien. Syme justifie son hypothèse par un passage quelque peu périmé où Tacite présente les tribus du Danube comme des alliés de l'Empire romain alors que leur défection en 89 lors de la guerre contre les Daces avait fortement modifié la politique frontalière de l'Empire. Il existe aussi d'autres sources possibles pour Tacite : Jules César avec ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Strabon, Diodore de Sicile, Poseidonios et Aufidius Bassus.

Les Germanies[modifier | modifier le code]

La Germanie antique ne correspond pas à l’Allemagne actuelle, même si certains territoires importants des unes et des autres peuvent se superposer.

Le nom de Germanie est utilisé par les Romains, avec différents qualificatifs, incluant des territoires qui ne sont pas aujourd’hui allemands d’une part, et des contrées actuellement allemandes sans aucune équivoque possible, qui n’étaient pas d’un point de vue administratif en Germanie romaine, d’autre part. Les anciens, depuis le IIe siècle av. J.-C. jusqu’à l’arrivée massive des peuples slaves au VIe siècle, nommaient Germanie l’espace limité au nord par la mer Baltique et la mer du Nord, au sud par les Beskides occidentales et le nord des Alpes, à l’est par la Vistule et à l’ouest par le Rhin.

L’appellation Germania inferior (Germanie inférieure ou Basse Germanie) englobe la rive gauche allemande du Rhin au nord de Bonn ainsi que les Pays-Bas et la Belgique actuelle à l’est d’une ligne allant de la source de l’Oise à l'estuaire de l'Escaut ou se trouve Anvers.

Article détaillé : Germanie inférieure.

La Germania superior (Germanie supérieure ou Haute Germanie) comprend les bords du Rhin, rive gauche, au sud de Bonn (ancien département de Rhin-et-Moselle), la plaine du Palatinat, l’Alsace, la Franche-Comté ainsi que, approximativement, la moitié occidentale de la Suisse et la moitié orientale de la Bourgogne.

Inversement, le reste de l’actuelle rive gauche allemande du Rhin (avec Trèves) se trouve dans la Belgica (Belgique romaine). Quoi qu’il en soit, Belgica et les deux Germaniae font partie administrativement de la Gaule romaine. Ainsi, la totalité de la rive gauche du Rhin se situe dans la Gaule définie par César, et est sous autorité romaine pendant environ cinq cents ans (de 50 av. J.-C. à 450 ap. J.-C. environ).

La Raetia (Rhétie) englobe le sud de la Bavière à l’ouest de l’Inn et du Bade-Wurtemberg au sud du Danube avec le Tyrol autrichien et l’est de la Suisse. Le Noricum (Norique) correspond au reste de la Bavière située au sud du Danube, et à l’Autriche. Les Agri decumates (Champs Décumates) comprennent la partie entre Rhin et Danube allant grosso modo de Ratisbonne à Bonn en englobant le cours du bas Main; entre le Jura souabe et le Danube ils sont rattachés à la Rhétie ; à l’ouest du Jura souabe ils relèvent de la Germanie supérieure, donc de la Gaule romaine. Ces trois territoires sont sous autorité romaine pendant deux à trois siècles (des années 80 ap. J.-C. à 235 pour les Champs Décumates, et des années 50 ap. J.-C. à 406 pour la Rhétie).

La Germania magna (grande Germanie) des Romains de l’Antiquité, correspond donc approximativement aux deux tiers Nord-Est de l’Allemagne actuelle, grosso modo l’ancienne Allemagne de l’Est, et l’ancienne Allemagne de l'Ouest à l’est du Rhin et au nord du Danube et de la ligne Bonn-Ratisbonne ; s’y ajoutent la République tchèque et l’Ouest de la Pologne. Elle fut zone d’influence et sous surveillance de Rome pendant deux siècles environ (du début de l’ère chrétienne au début du IIIe siècle), et pour la partie à l’ouest de l’Elbe, sous contrôle romain direct pendant environ deux générations (des années vingt avant J.-C aux années trente à cinquante après J.-C.).

Les peuples germaniques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Peuples germaniques et Migrations germaniques.

Les peuples germaniques occupant ces espaces sont d’autant plus difficiles à cerner qu’ils sont en partie nomades, en particulier ceux installés dans la plaine nord européenne, et que les auteurs anciens confondent facilement les noms qui leur sont donnés. Le massif schisteux rhénan, le Harz et les monts du quadrilatère de Bohème sont quasiment vides d’hommes. Le peuple frison, dans les Pays-Bas actuels, a été soumis en 28. Les Francs saliens ou rhénans (on disait naguère ripuaires) ne sont cités qu’à partir du IIIe siècle ; nous en reparlerons. Pour les autres peuples, les historiens s’accordent pour les situer, comme nous allons le voir, au début de notre ère ; cela dit avec toutes les réserves qui s’imposent car il y a bien des incertitudes tenant à leur mobilité.

Certains de ces peuples sont assez bien connus soit du fait de leur nombre, soit pour leur proximité des frontières de l’Empire, soit pour les ravages qu’ils y ont commis au IIIe ou au Ve siècle :

Les autres peuples ou peuplades germaniques ont laissé dans l’histoire une trace moins marquante :

  • Les Marcomans et les Quades sont installés dans l’actuelle Tchéquie ; Marc Aurèle les combattra au cours de deux guerres (167-175 et 178-180) et leur causera, semble-t-il, suffisamment de pertes pour qu’ils ne soient plus un danger.
  • Les Chattes et les Mattiaques qui leur sont peut-être soumis ou alliés, sont très remuants à la limite nord-ouest du limes, ce qui nécessitera l’intervention de Domitien.
  • Les Chérusques sont assez nombreux, dans la plaine du nord, entre la Weser et l’Elbe.
  • Nombreux aussi sont les Hermondures dans la Saxe et le Palatinat bavarois actuels.
  • Il en est de même des Bastarnes, à l’est dans la boucle de la Vistule d’où ils partiront pour longer les Carpates et gagner le Danube.

D’autres peuples encore semblent moins nombreux ou moins remuants : tel est le cas des Bructères le long de la Lippe ; des Chauques de part et d’autre de l’estuaire de la Weser ; des Helvécones, en basse Silésie ; des Lugiens occupant la haute vallée de la Warta ; des Marses entre Ruhr et Lippe ; des Ruges à l’est de la Poméranie orientale ; des Semnons dans l’actuel Brandebourg ; des Turons entre les sources de la Werra et de la Fulda.

Certains groupes sont encore moins nombreux : Les Angrivariens ou Ansibariens entre la basse Weser et l’Ems ; les Chamaves entre l’Ems et la Frise ; les Naristes au nord de Ratisbonne; les Osiens dans les Carpates blanches.

Enfin l’existence ou la localisation de certains est tellement floue que leur présence est controversée : Les Buriens qui seraient près des sources de la Vistule ou de l’Oder ; les Lémoviens en Poméranie orientale ; et les Varnes dans l’actuel Holstein.

Ces peuples tous autant qu’ils sont, et la liste ne se prétend pas exhaustive, vivent de cueillette et de chasse, en entretenant néanmoins des troupeaux avec lesquels ils se déplacent le cas échéant. Leurs parlers sont inconnus, leurs croyances très approximativement supposées proches de celles des Celtes. En réalité les Grecs et les Romains les ignorent et les méprisent même s’ils les craignent. D’ailleurs, ils ne les appellent pas Germains, mais le plus souvent barbares (le mot étant une onomatopée pour signifier les sortes de borborygmes avec lesquels ils s’expriment).

Revenons sur les Francs que nous avons évoqués plus haut. Ce peuple occupe une place à part, très différente de celle tenue par les autres peuples germaniques. Ils apparaissent tardivement, ce sont même les derniers cités : quelques mots concernent des groupes de quelques centaines de guerriers qui suivent les Alamans après 235 et jusqu’en 257 où ils se font massacrer en Espagne. Ensuite on les retrouve au milieu du IVe siècle, installés parmi d'autres Germains (germani cisrhenanie) par les autorités romaines comme fédérés en Toxandrie (Germanie inférieure), soit entre autres l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais actuels ; cette installation avait pour but de repeupler un territoire vide d’hommes et de protéger la frontière du Rhin. Les Francs saliens s’acquitteront de cette mission de protection de l’Empire avec une fidélité sans faille. L’historien romain de langue grecque Procope, qui écrit dans les années 530-560, les nomme Francs ou Germains ; mais, lorsqu’il parle des autres peuples germaniques (Alamans, Suèves, Vandales, Burgondes, Ostrogoths, Wisigoths) il ne dit jamais les germains, mais les barbares ; pour lui, les Francs ne sont plus barbares, ils sont romanisés ; d’ailleurs, Clovis est consul et Patrice des Romains.

La tentative de conquête par Rome[modifier | modifier le code]

Il ne sera ici question que de la grande Germanie, les autres étant déjà traitées dans les articles sur les provinces romaines.

En faisant la conquête de la Gaule, dans les limites qu’il a lui-même définies, César porte en occident les frontières de l’Empire sur le Rhin. Auguste envisage lui de les reporter sur l’Elbe.

César avait tout à gagner à conquérir la Gaule : région très riche et très fertile ; densément peuplée et déjà bien structurée dans l’assise de ses peuples et avec surtout une trame économique extrêmement bien organisée en Pagus (les actuels départements pour l’essentiel) avec chacun leur capitale : lieu de culte, de commerce, de foire, d’échange, de symbiose druidique et donc de cohésion culturelle, cultuelle et sociale ; le gain économique était évident.

Sur le plan politique la réussite permet à César de renforcer son autorité face à Pompée, et ensuite de s’imposer comme seul maître à Rome. Enfin, du fait même de sa conquête et de ses incursions outre-Rhin et outre-Manche, César acquiert un prestige militaire qui l’auréole de gloire et l’autorise à demander au Sénat le triomphe qu’on ne peut lui refuser.

En revanche, les raisons qui poussent Auguste à vouloir reculer les frontières de l’Empire romain sur l’Elbe sont difficiles à saisir.

Sur le plan politique, cette conquête n’a rien à apporter à Auguste ; après sa victoire navale d’Actium en 31 av. J.-C., qui lui permit d’évacuer les prétentions de Marc Antoine et de Cléopâtre, Octave (le futur Auguste) est le maître incontesté du monde connu des Romains : c'est-à-dire qu’il est le maître du monde ; il n’a pas besoin de s’imposer, d’ajouter un titre de plus ; politiquement parlant il n’a aucun intérêt à conquérir quoi que ce soit, où que ce soit. Inversement, la campagne militaire à mener est difficile ; si la Gaule de la première moitié du Ier siècle av. J.-C. est sillonnée de chemins plus ou moins empierrés ou renforcés de madriers qui relient les chefs lieux de tribus les uns aux autres (ce sera la trame des futures voies romaines) il n’en va pas de même à l’est du Rhin. Les tribus germaniques n’ont pas de centres urbains, et aucun axe organisé ne traverse la grande Germanie. Les opérations militaires doivent se dérouler dans un environnement géographique naturellement hostile. L’embuscade qui permet à Arminius de massacrer les légions de Varus en l’an 9, en est le triste exemple.

Enfin, d’un point de vue économique la Germanie ne présente absolument aucun intérêt à l’époque ; les tribus y sont inorganisées et improductives ; il n’y a aucun centre structuré d’échange commercial comme il y en avait de nombreux en Gaule ; les zones de plaine au nord (actuels länder de Basse-Saxe au nord de Hanovre, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, moitié nord de Saxe-Anhalt et Brandebourg en Allemagne ; Poméranie orientale en Pologne) sont souvent marécageuses et les terres y sont pauvres ; ce sont des sols siliceux, lessivés par les glaciations, des podzosols qui ne deviendront productifs qu’avec l’utilisation d’engrais chimiques ; ce sont à l’époque des terres couvertes de landes à l’ouest dans la zone d’influence océanique, de bosquets de bouleaux ou de steppe herbacée à l’est dans les zones continentales. Les régions du centre et du sud (actuels länder de Rhénanie-du-Nord-Westphalie à l’est du Rhin, Hesse, Basse-Saxe au sud de Hanovre, Thuringe, moitié sud de Saxe-Anhalt, Saxe, Bade-Wurtemberg et Bavière au nord du Danube ; auxquels il faut ajouter l’actuelle Tchéquie et la Silésie) sont constituées de massifs anciens (l’extrémité nord est du « V » hercynien : massif schisteux rhénan partie est, le Harz, les monts Métallifères et des Sudètes) ; de bassins sédimentaires disloqués (bassin souabe et bassin franconien, bassin de Bohême) ; ou de monts et plateaux préalpins (Jura souabe, plateau bavarois). Toutes ces régions sont difficiles de pénétration du fait du relief, et qui plus est couvertes d’un tissus forestier extrêmement dense, sans aucun chemin pérenne, infestées de bêtes fauves, tout juste bonnes à fournir le cirque en lynx, ours et aurochs. La mise en valeur de cet espace est, pour l’époque, impossible à envisager.

Cependant, malgré toutes les incertitudes dues à la mauvaise connaissance du relief, de la végétation, du climat, de la mouvance des tribus, Auguste voulut conquérir la grande Germanie. Par conséquent des camps fortifiés furent construits, lors de l’organisation de la conquête dans la décennie suivant l’installation au pouvoir d’Auguste, allant de Castra Vetera à Birten (Xanten) sur la rive gauche du Rhin jusqu’au coude de l’Elbe près de l’actuelle Magdebourg. Ce n’était pas de simples fortins, mais des camps romains abritant une légion romaine. Ils ont été en activité de leur création entre 16 et 12 av. J.-C. jusqu’au début des années 20, voire au milieu des années 40 lorsque Claude, revenant de la [Grande] Bretagne (conquise en 43), gagne le Rhin, et avant de donner à Cologne (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) son nouveau nom en 50, interdit aux légions toute action sur la rive droite du Rhin.

Il s’agit, d’ouest en est sur la rive droite (nord) de la Lippe de Holsterhausen, de Haltern, puis sur la rive gauche (sud) de Oberaden (entre Dortmund et Hamm), du camp mythique d'Aliso et enfin de Kneblinghausen (à vingt kilomètres au sud sud-est de Lippstadt) à mi chemin de la Lippe et de la Ruhr.

En 16 av. J.-C., Drusus commence les opérations et atteint l’Elbe en 9 av. J.-C.. Après ces débuts prometteurs, du fait sans doute d’un excès de confiance de Varus, et surtout de la trahison d’Arminius (ou Hermann), ancien officier romain d’origine germanique, trois légions sont massacrées dans la forêt de Teutobourg près de Minden en 9. Germanicus, fils de Drusus, neveu de Tibère et frère de Claude venge Varus à Idistaviso, victoire romaine en 16. Idistaviso est une localité située à la Porta Westfalica, au sud de Minden dans le coude de la Weser. Arminius fuit lâchement trahissant cette fois les siens. Il sera poursuivi jusque dans la haute vallée de l’Elbe où il finira massacré en 20 ou 21 par ses alliés, peut-être les Marcomans, qu’il s’apprêtait de nouveau à renier. Après Idistaviso, Tibère décide d’évacuer la grande Germanie, région forestière ou marécageuse naturellement inhospitalière et sans mise en valeur possible à terme avec les moyens et les besoins du moment.

Après la décision de Tibère de limiter les actions en Germanie, l’interdiction est renouvelée par Claude. Néanmoins, Domitien intervient dans le Taunus au nord de la Hesse actuelle contre les Chattes et les Mattiaques en 83 ; en 89, il prend la décision d’occuper militairement les Champs Décumates qui seront progressivement organisés et renforcés jusqu’au règne de Marc Aurèle. Celui-ci sera le dernier empereur à intervenir en Germanie lors des deux guerres contre les Marcomans.

La Germanie et Rome[modifier | modifier le code]

Indépendamment de cette présence romaine épisodique, les grandes voies commerciales mises en place à la fin du Ier siècle av. J.-C. sont restées en activité sans problèmes majeurs au cours des deux premiers siècles après J.-C. Il s’agit bien de voies commerciales et non de voies romaines dallées, drainées, entretenues. Pour l’essentiel, ces voies suivent les axes hydrographiques, soit longeant les fleuves, soit en suivant un tracé sur une ligne de crête évitant les terrains marécageux des rives elles-mêmes. On va ainsi de l’embouchure de l’Ems, de la Weser, de l’Elbe, de l’Oder et de la Vistule, jusqu’au Danube, en contournant le Harz, en traversant le massif de Bohème et les Beskides. Les négociants romains vont y chercher de l’ambre, des fourrures, des plumes et du duvet, des peaux, du cuir, des cheveux de femme pour les perruques des riches romaines à la mode, des chevaux, des esclaves, des oies, des porcs, du poisson séché ou salé, un peu de fer dans les Beskides et du cuivre en Thuringe. Les marchands vendaient, ou plus exactement troquaient ces produits contre du vin, de l’huile, du verre, des céramiques sigillées, des ustensiles en métal, des objets manufacturés.

Le long de ces axes commerciaux, on note un certain nombre de centres romains qui n’ont donc aucune fonction militaire, mais qui jalonnent les grands trajets, mettant en relation l’Empire avec le monde nordique. Ce commerce avec et à travers la grande Germanie restait malgré tout d’importance modeste, et n’atteignit jamais l’intensité du trafic à travers la Gaule, pour se cantonner au seul Occident.

Ces centres remarquables sont :

  • Amisia à l’embouchure de l’Ems, au débouché d’une voie venant de Coblence (Confluentes)
  • Feddersen Wierde, à l’embouchure de la Weser, sur la rive droite face à la mer ; en remontant le fleuve et la Fulda, on gagne la Main et Mayence (Mogontiacum).
  • Laciburgium à l’ouest de bouches de l’Oder permet de rejoindre les Beskides et Vienne (Vindobona) ou Carnuntum un peu plus à l’est ; le long de cet axe se trouve Viritium sur l’Oder près de l’actuelle jonction avec le Mittelandkanal ; et Stragona en Silésie (entre Legnica et Wroclaw).
  • Rugium en Poméranie orientale, actuellement polonaise, sur la mer Baltique, à mi-chemin de l’embouchure de l’Oder et de celle de la Vistule, est en contact commercial maritime soit en contournant le Danemark, soit avec une rupture de charge à Laciburgium.
  • Calisia (actuelle Kalisz) sur la Prosna affluent de la Warta, hors des territoires traditionnellement allemands, mais habités à l’époque de peuples germaniques : les Burgondes. Ce centre se situe au milieu de la voie menant de Carnuntum à l’embouchure de la Vistule.
  • Menosgada près de Lichtenfels à trente kilomètres au nord nord-est de Bamberg, près de la source du Main, est sur la voie allant de Ratisbonne à la Weser en longeant la Werra.

Ainsi, les axes majeurs de l’activité commerciale se sont maintenus correctement du Ier siècle av. J.-C. jusqu’au début du IIIe siècle voire un peu plus.

On peut dire que sans faire partie de l’Empire en termes politique administratif, la grande Germanie faisait partie de l’Empire en termes économique ; elle n’était pas exclue, elle était une sorte de zone d’influence romaine ; l’autorité locale était la seule ayant cours selon son usage comme bon lui semblait, mais à la condition tacite que les marchands et marchandises romains puissent circuler librement ; si des abus se manifestaient, les légions se manifestaient aussi ; c’est le sens des interventions de Domitien et de Marc-Aurèle. Seules les migrations des peuples qui déferleront une première fois sur l’Empire après 235, perturberont durablement ces axes. Les tribus germaniques qui vivaient en grande Germanie aux Ier et IIe siècles de notre ère ont été les premières victimes des grandes invasions.

La Germanie durant l'Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Dès VIe-VIIIe siècle les Francs imposent peu à peu leur domination aux autres peuples germains. Cette période de Germanie franque prendra fin au début du Moyen Âge, lors du démantèlement de l'Empire carolingien. La Francie orientale née de cette scission sera souvent appelée Royaume de Germanie[réf. nécessaire].

Épitaphe de Cheldofrida, retrouvée sur les terres de Germanie

La Germanie durant le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Rois de Germanie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Cet article s'inspire de travaux de

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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