Horlogerie

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L'horlogerie regroupe les techniques permettant de fabriquer des horloges ou des montres.

Sommaire

Histoire [modifier]

À la découverte du Temps [modifier]

Horloge ancienne, Allemagne du Sud, vers 1480-1490.

Seuls le mouvement des astres et le cadran solaire étaient utilisés par les Égyptiens, les Chaldéens et les Incas pour se repérer dans le temps. Les premiers moyens servant à mesurer le temps datent d’environ 3 500 ans av. J.-C. Il s’agit des obélisques, qui sont des monuments de formes quadrangulaires. Ils furent d'abord utilisés par les Sumériens, puis par les Égyptiens. Le deuxième moyen date d’environ 1500 av. J.-C. et était utilisé entre autres par les Égyptiens et les Grecs. Il s’agit du gnomon ou du cadran solaire. Ensuite vinrent les horloges à eau, les clepsydres et les chandelles.

Horloges mécaniques [modifier]

Au Xe siècle, l'horloge mécanique est inventée par le pape Gerbert (995). C'est lui en tout cas qui construisit l'horloge de Magdebourg[1],[2],[3].

L'horloge mécanique est également revendiquée par les Chinois, mais on n'en possède pas d'exemple.

Les Chinois inventèrent l'horloge mécanique au VIIIe siècle apr. J.-C. Vers 1090, Su Dong construit une horloge astronomique en métal de 6 mètres de haut capable d'indiquer la position des constellations. Il s'agit d'une horloge mécanique à entrainement hydraulique. Mais sous les Yuan, l'horloge n'est plus entretenue et le secret de sa construction se perd ensuite[4].

Les moines du Moyen Âge ordonnaient leurs journées à l’aide de sabliers ou encore de bougies graduées et, parfois, de cadrans solaires[5]. C’est au XIVe siècle qu’apparaissent les premières horloges dans les villes. Vers 1270, apparaissent les premières horloges mécaniques munies de poids. Est découvert ensuite le sablier, au XIVe siècle[5] et enfin, à la fin du XVe siècle, les horloges sont développées. Mais celles-ci sont encore assez grandes. Au milieu du XVIIe siècle est introduit le pendule, que l’on doit au Hollandais Christian Huygens.

L'horlogerie suisse [modifier]

Jean Calvin, installé à Genève en 1536, interdit aux habitants, au nom de la morale protestante, de porter des bijoux, accessoires de séduction superflus. Les joailliers genevois se reconvertissent dans l'horlogerie et incrustent les montres de pierres précieuses. Ces montres échappent à la notion de bijou de Calvin et dès lors peut se développer l'horlogerie de luxe[6].

L'horlogerie suisse s'est développée dans l'arc jurassien de Genève à Schaffhouse au XVIIe siècle, par l'émigration d' un grand nombre d'artisans huguenots, suite à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Ils y trouvèrent un environnement paisible et une main-d'œuvre possédant les vertus propre à l'horlogerie : minutie, patience, persévérance, « cœur à l'ouvrage », droiture et une religion réformée prépondérante propre à la recherche technique et au commerce.

Des exodes enrichissants [modifier]

Article détaillé : Fabrique genevoise.

Pendant les guerres de religion, Jean Calvin, le réformateur genevois accueillait favorablement les réfugiés huguenots qui augmentaient le nombre de ses partisans[7]. Son interdiction du port d'objets décoratifs poussa les orfèvres vers l’horlogerie [8], établissant l'horlogerie genevoise.

Au XVIIe siècle, suite à la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, une partie des réformés (protestants) choisissent l’Angleterre, et l’autre partie la Suisse. Un grand nombre d'entre eux s’installent à Genève et dans la région montagneuse du Jura. Ce sont pour la plupart des artisans de talent, qui apportent de grandes connaissances propres au développement de l’industrie horlogère suisse, entre autres.

Production artisanale [modifier]

La production de montres se fait chez des horlogers indépendants qui doivent ajuster à la main chaque pièce particulière constitutive du mouvement, généralement produite auprès d'une multitude de tout petits ateliers spécialisés.

Au milieu du XIXe siècle arrive la révolution industrielle.

La précision par l'industrialisation [modifier]

Il fallut attendre 1854 et la création à Waltham (États-Unis) de la société qui finalement portera le nom de Waltham Watch Company par un visionnaire, Aaron Lufkin Dennison, pour le développement de machines, systèmes de production, de jauges et de standardisation, dans le but d'acquérir une telle précision finale, que chaque pièce constitutive d'un mouvement devienne interchangeable. Bientôt suivi par Elgin, et d'autres marques américaines. En 1876, lors de l'Exposition universelle de 1876 à Philadelphie, Waltham Watch Company expose une reconstitution d'atelier industriel avec la première machine automatique à fabriquer des vis. La marque Waltham obtient la médaille d'or de la première compétition chronométrique mondiale, avec des montres sélectionnées au hasard, en fin de chaîne d'assemblage!

Rapport David : MM. les Horlogers suisses, réveillez-vous ! [modifier]

Jacques David, de Longines, fit un rapport détaillé de la méthode américaine aux Autorités politiques et horlogères.

« The Philadelphia Universal Exhibition of 1876. Convinced of the merit of mechanical production, David traveled to the Philadelphia Universal Exhibition of 1876 and returned to write a report that triggered a wide-ranging debate within the Swiss watch industry of his day. »

Ce rapport déclencha une vive réaction salutaire auprès de l'industrie horlogère suisse, qui adapta petit à petit ses nouvelles méthodes de production et devança techniquement ses concurrents américains pendant l'entre-deux-guerres.

Montres bracelet [modifier]

C’est en 1904 que Louis Cartier crée pour son ami l'aviateur brésilien Alberto Santos-Dumont une montre spécifiquement conçue pour être portée au poignet : la montre-bracelet était née [réf. nécessaire]. Jusque-là, les montres étaient en général portées au gousset. Environ en même temps, dans les années 1920 sont introduits les oscillateurs et les horloges à quartz. En 1949 et 1967, nouvelles découvertes, les horloges atomiques[9],[10].

Crises horlogères suisses [modifier]

Le XXe siècle, sera pour l’horlogerie suisse principalement, un siècle avec des hauts et des bas. Premièrement il y aura l’apparition de la première montre attestée waterproof/étanche[11] fabriquée et produite par West End Watch Co. en 1886. Cependant, après cette innovation, de nombreux problèmes vont toucher cette industrie.

La grande dépression mondiale initiée en 1929 aux États-Unis eut un effet désastreux pour l'industrie horlogère. Les entreprises, trop petites et dispersées recourent à un « dumping » meurtrier, afin de survivre. La Confédération et les grandes banques suisses doivent intervenir et créent une société holding, l'ASUAG, qui va réunir la majorité des fabricants d'Ébauches et des parties constitutives (spiraux, balanciers, assortiments, pierres d'horlogerie), puis, par la suite, en 1971, une société holding, GWC, pour réunir une partie des marques horlogères du produit terminé.

Or, dans les années 1970, les Japonais suivis de certains Américains, se mettent à la montre électronique, grâce à l’apparition de la montre à quartz (montre contenant une pile), bien plus précise et bien moins chère que les montres mécaniques suisses traditionnelles[12].

Les exportations horlogères (suisses) vont donc chuter progressivement. L'horlogerie suisse paraît alors soudain se retrouver dans « un rôle de figurant en matière d’horlogerie[12] ». Cette chute du marché va créer de nombreux problèmes économiques notamment une baisse d’employés (70 000 en 1960, et environ 30 000-35 000 en 1980)[13] et une baisse du nombre d’industries horlogères présentes sur le territoire suisse, (1 600 en 1970, et plus que 600 actuellement)[8].

  • Quelques dates qui ont marqué cette crise :

Cette crise horlogère fut notamment causée par l'état de non concurrence interne dû au prolongement du statut horloger (instauré en 1931 création de l'ASUAG) jusqu'à fin 1965, qui rendit l'horlogerie suisse par trop complaisante face à la concurrence étrangère potentielle et aux nouveaux produits (montres à quartz). Déjà, avant leur apparition, l'industrie horlogère japonaise avait réussi à conquérir d'importantes part de marché aux dépens des Suisses, grâce à des montres mécaniques à remontage manuel, et par la suite automatique d'une qualité égale, voir supérieure (étanchéité), à des prix hors concurrence.

Souvent attribuée à l'apparition de la montre à quartz et à l'apparition de la concurrence japonaise, la crise horlogère suisse de 1975 à 1985 est également dues à d'autres facteurs longtemps ignorés :

  • L'abandon des taux de change fixe en 1973, ce qui aboutit à une forte hausse du franc suisse face au dollar américain.
  • Le manque de rationalisation de production dans la branche (notamment dû au statut horloger)

Pour illustrer en chiffre l'impact de cette crise, les parts de marché des montres suisses dans le monde étaient les suivantes[16] :

  • 1970 : 83,1 %
  • 1975 : 58,8 %
  • 1980 : 22,2 %
  • 1983 : 15,3 %

Le renouveau [modifier]

Montre suisse contemporaine Jaeger-Lecoultre.

Les lancements de la Delirium, développée en l'espace de 6 mois, en 1979, et de la montre Swatch, à l'initiative de Ernst Thomke et de son team à ETA SA, le 1er mars 1983 à Zurich[17],[18] constituèrent les fers de lance de la reconquête des marché par une totale transformation de l'industrie horlogère, fondée sur une haute technologie au service d'un marketing de marque sélectif.

Depuis, les marques horlogères traditionnelles suisses ont retrouvé leur position de leader du marché, principalement avec des montres mécaniques traditionnelles dans les grandeurs supérieures, permettant des complications. Les montres à quartz ne sont demandées que dans les versions pour dames, principalement en or et joaillerie, respectivement de manière générale dans les marques de moyen (Tissot) et bas de gamme, ainsi que pour les montres fantaisie de grandes distributions (CK).

L'industrie horlogère suisse n'occupe plus que l'extrême pointe du haut de la pyramide en quantité, proportion qui s'inverse en valeur. Durant les années 2000, le secteur de l'horlogerie mécanique haut de gamme a continuellement connu une forte croissance (entre 12 et 18 % de croissance annuelle pour la période 2004 - 2008), cette expansion étant souvent attribuée à l'apparition d'un nouveau marché dans les pays émergents (Inde, Chine).

Rolex Daytona Chronomètre (ref. 116520).

Le XXIe siècle [modifier]

De façon générale, le secteur de l'horlogerie mécanique haut de gamme connaît dans les années 2000 une croissance importante en Europe et aux États-Unis.

Dans le secteur du design industriel, il est évoqué que l'apparition du téléphone portable, notamment, a rendu la montre désuète en tant que simple objet indiquant l'heure. La montre se serait alors réaffirmée comme bijou, objet de prestige, ce qui aurait participé au grand retour de la montre mécanique.

En France, l'horlogerie fait partie des 162 disciplines du concours de meilleur ouvrier.

Bibliographie [modifier]

  • C-A. Reymondin, G. Monnier, D. Jeanneret, U. Pellarratti , Théorie d’Horlogerie, éd. Fédération des écoles techniques (1998) (ISBN 2-940025-10-X)
  • George Daniels, La Montre - Principes et méthodes de fabrication, éd. Watchprint (réedition 2011), 416 p.
  • Ferdinand Berthoud, Essai sur l’horlogerie ; dans lequel on traite de cet Art relativement à l’usage civil, à l’astronomie et à la Navigation, en établissant des principes confirmés par l’expérience, en 2 volumes, Paris, éd. Merigot 1786 (le plus grand traité d’horlogerie publié jusqu’alors. Les exemplaires complets de toutes leurs planches sont devenus très rares).
  • D. Gibertini, E. Jaquet, La réparation des pendules, éd. Fédération des Ecoles Techniques (réedition 1997), 230 p.
  • Hans Jendritzki, Le réglage d’une montre à balancier spiral, 105 p.
  • Jean-Marc Olivier, Des clous, des horloges et des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie, Paris, CTHS, 2004, 608 p.
  • Constantin Parvulesco, Encyclopédie des montres, ETAI, 2000

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

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