Vindex

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Vindex
Usurpateur romain
Règne
début 68 - juin 68 (~6 mois)
/ Gaule
Empereur Néron
Biographie
Nom de naissance Gaius Julius Vindex
Naissance Gaule aquitaine
Décès juin 68 - Gaule lyonnaise
Liste des usurpateurs romains

Gaius Julius Vindex, Gaulois originaire d'une puissante famille d'Aquitaine et sénateur romain, était sans doute légat (gouverneur) de la province de Gaule lyonnaise[1]. En tant que gouverneur, il mena en Gaule une fronde contre l'empereur Néron en 68 ap. J.-C., qui allait être à l'origine de sa chute, puis de la crise politique qui secoua l'Empire en 69, et fut dénommée année des quatre empereurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dion Cassius dit de Gaius Julius Vindex qu'il était Aquitain, issu d'une riche famille royale et que son père avait lui-même été sénateur romain[2]. Ses ancêtres, comme le révèle son nom de Julius, reçurent la citoyenneté romaine de César ou d'Auguste[3].

Dans un contexte d'usure du pouvoir de Néron, due tant à sa manière gouverner l'Empire qu'à ses dépenses et aux hausses des impôts dans les provinces[4], Vindex décide en mars 68 de convoquer les délégués des cités des Trois Gaules au sanctuaire fédéral à Condate, en face de Lyon[5]. Dans un discours conservé par Dion Cassius et prononcé face aux délégués gaulois, Vindex dénonce la politique néronienne et conclut en ces termes :

"Levez-vous donc enfin, secourez-vous vous-mêmes, secourez les Romains et délivrez l'univers entier"[6].

L'appel de Vindex fut suivi diversement parmi les cités gauloises. S'il rallia les Eduens et les Séquanes, les Lingons et les Trévires, plus liés aux armées du Rhin, refusèrent de le suivre[7]. Parmi les colonies, Lyon et Vienne allaient trouver ici un nouveau terrain d'affrontement et raviver de vieux griefs[8].

Il prit rapidement contact avec ses homologues gouverneurs les plus proches de sa province. Tous le dénoncèrent auprès du prince[9], sauf le gouverneur de Tarraconaise et futur empereur Galba[10]. Ce dernier entra, pour la mener, dans la révolte qui se métamorphosait en guerre civile. Le général Lucius Verginius Rufus se dirigeant vers Vesontio (Besançon) pour en faire le siège, Vindex dut s'y rendre afin d'éviter la prise du chef-lieu de la capitale des Séquanes. Ils entrèrent tous deux en contact et selon Jean d'Antioche se mirent d'accord afin de se partager le pouvoir[11]. Vindex devait alors recevoir l'Espagne sans avoir obtenu le consulat, Rufus voyait son gouvernement étendu à l'ensemble des Gaules et Galba était reconnu Princeps à la place de Néron.

Alors que l'armée des révoltés marchait en désordre, les légions de Germanie prirent l'initiative sans avoir reçu l'ordre de leur général de les attaquer. Cet affrontement, qui aujourd'hui encore est entouré d'un halo de mystère, vit périr 20 000 Gaulois (selon Plutarque) ce qui mena Vindex à se suicider. Mais bien qu'elle fût écrasée par Lucius Verginius Rufus (à la fin mai ou au début juin de l'année 68), la rébellion de Vindex marqua le début d'une série de soulèvements contre le princeps, Néron, qui dut s'enfuir et fut remplacé par Marcus Sulpicius Galba. Le règne furtif de ce dernier inaugurait une année de troubles durant laquelle se succédèrent quatre empereurs (Galba, Othon, Vitellius, et Vespasien).

Fait singulier, Vindex signifie en latin Vengeur. Or, le gouverneur de la Gaule lyonnaise s'était rebellé contre le princeps Néron en raison de certains aspects de sa politique, tels que l'assassinat de sa mère, le meurtre de certains membres de la Curie romaine, la construction de la Domus Aurea sur les ruines de la Domus Transitoria et de possessions de sa famille alors que Rome venait de connaître un incendie (64 ap. J.-C.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Cosme, L'année des quatre empereur, Fayard, 2012, p. 13-15.
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 22.[1]
  3. Pierre Cosme, L'année des quatre empereur, Fayard, 2012, p. 14.
  4. Pierre Cosme, L'année des quatre empereur, Fayard, 2012, p. 15-16.
  5. Cette assemblée se tint sans doute entre le 15 et le 18 mars, Néron ne l'apprendrait que quelques jours plus tard, le jour anniversaire de l'assassinat de sa mère Agrippine. Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Néron, 40, 6.[2] ; Pierre Cosme, L'année des quatre empereur, Fayard, 2012, p. 17.
  6. Dion Cassius, Histoire romaine, XLIII, 22.
  7. Pierre Cosme, L'année des quatre empereur, Fayard, 2012, p. 16-17.
  8. Lyon s'apposa en effet à Vindex, au contraire de Vienne. Leur rivalité trouvait son origine dans les circonstances de la fondation de la colonie de Lyon, en 43 av. J.-C.. Les colons romains établis à Lyon avaient en effet été dans un premier temps lotis à Vienne, mais les viennois les avaient expulsé de leurs terres.
  9. Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres, Vie de Galba, 4.[3]
  10. Dion Cassius, Histoire romaine, XLIII, 23
  11. Jean d'Antioche, Fragments, 91.

Liens externes[modifier | modifier le code]