Rhin

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Rhin
Le Rhin à Bâle.
Le Rhin à Bâle.
Cours et bassin versant du Rhin(voir aussi la carte détaillée)
Cours et bassin versant du Rhin
(voir aussi la carte détaillée)
Caractéristiques
Longueur 1 233 km [1]
Bassin 185 000 km2 [1]
Bassin collecteur Rhin
Débit moyen 2 300 m3/s (Lobith) [2]
Cours
Source principale Lac de Toma
· Localisation Sud du col de l'Oberalp, Suisse
· Altitude 2 346 m
· Coordonnées 46° 37′ 57″ N 8° 40′ 20″ E / 46.6325, 8.6722 (Source principale - Rhin)  
Source secondaire Rhin postérieur
· Localisation Tujetsch
· Coordonnées 46° 39′ 10″ N 9° 24′ 28″ E / 46.6528, 9.40778 (Source secondaire - Rhin)  
Confluence des sources Tamins
· Altitude 590 m
· Coordonnées 46° 49′ 24″ N 9° 24′ 28″ E / 46.82333, 9.40778 (Source confluence - Rhin)  
Embouchure Mer du Nord
· Localisation Delta de la Meuse et du Rhin
· Altitude 0 m
· Coordonnées 51° 58′ 52″ N 4° 04′ 54″ E / 51.98111, 4.08167 (Embouchure - Rhin)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Aar, Moselle
· Rive droite Main, Neckar
Pays traversés Drapeau de la Suisse Suisse, Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein, Drapeau de l'Autriche Autriche, Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Drapeau de la France France (partie de la frontière avec l´Allemagne), Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Principales villes Bâle, Strasbourg, Mannheim, Mayence, Wiesbaden, Bonn, Cologne, Düsseldorf, Duisbourg, Rotterdam

Le Rhin est un fleuve d'Europe centrale et de l'Ouest, long de 1 233 km. Son bassin versant, 185 000 km2, comprend de grandes parties de la Suisse, de l'Allemagne et des Pays-Bas, mais borde également l'est de la France (l'Alsace et plus de la moitié de la Lorraine), et inclut une partie de la Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg (la Sûre et ses affluents), l'ouest de l'Autriche, l'intégralité du Liechtenstein et même une partie minime de l'Italie. Il s'agit du plus long fleuve se déversant dans la mer du Nord et de l'une des voies navigables les plus fréquentées du monde.

Généralités[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Le Rhin mesure environ 1 233 km[1],[3],[4], 883 km étant accessibles aux navires à grand gabarit. À son embouchure, son débit moyen est d'environ 2 330 m3⋅s-1 ; le maximum mesuré atteint 12 000 m3⋅s-1 (1926), le minimum 600 m3⋅s-1 (1947). Le bassin versant du Rhin recouvre 198 735 km2.

Bassin[modifier | modifier le code]

Carte des principaux bassins européens.

Le bassin du Rhin est limitrophe (à partir de l'ouest et dans le sens des aiguilles d'une montre) des bassins de la Meuse, de l'Ems, de la Weser et de l'Elbe (tous se déversant dans la mer du Nord ou la mer Baltique), du Danube (mer Noire), du et du Rhône (mer Méditerranée). Le Rhin s'écoule dans une direction générale nord-nord-ouest le long de régions naturelles très différentes comme les Alpes, les préalpes suisses, le plateau suisse, le fossé rhénan, la Mittelgebirgsschwelle ou la plaine du Rhin inférieur.

Le fleuve traverse la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les Pays-Bas. Il sert de frontière au Liechtenstein et à la France, il marque également une grande partie de la frontière entre l'Autriche et la Suisse puis entre l'Allemagne et la Suisse. Son bassin s'étend également sur presque tout le Luxembourg et sur de petites parties de la Belgique et de l'Italie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom du fleuve est issu du celtique rēnos « rivière, fleuve », à l'origine «  qui coule, flot »[5]. Le mot celtique est continué par le vieil irlandais rían « océan mer », mais aussi « le Rhin »[6]. Le nom latin du fleuve Rhēnus est une latinisation du mot celtique avec un h intercalaire non étymologique et une désinence -us latine.

Le nom du Rhin est Rhein en allemand (Rhīn en vieux haut allemand), Rijn en néerlandais, Rain en romanche.

Le mot procède de l'indo-européen * H1reiH-. Cet étymon est commun au latin rivus, à l'espagnol rio « rivière », au sanskrit rétah « flot », au vieux slave rĕka « fleuve »[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Rhin prend sa source dans les Alpes suisses du canton des Grisons, au sud du col de l'Oberalp dans la vallée du Rhin antérieur. Le cours officiel du Rhin débute à la source du Rhin antérieur, qui prendra le nom de « Rhin » à partir de son confluent avec le Rhin postérieur.

Il fait ensuite un passage par les deux parties du lac de Constance : d’abord l’Obersee (« lac supérieur »), puis reprend une allure fluviale sur 4 km en prenant le nom le Seerhein (« Rhin du lac »), pour aboutir à l’Untersee (« lac inférieur »).

Puis, il continue par les chutes près de Schaffhouse et conflue avec l'Aar en amont de Bâle. Le Rhin descend alors vers le nord au milieu de la plaine supérieure du Rhin, recevant l'Ill et la Lauter à l'ouest, le Neckar de l'est.

À Mayence, il reçoit le Main et tourne à l'ouest, pour traverser ensuite vers le nord le massif schisteux rhénan, où il grossit de la Lahn de l'est et de la Moselle de l'ouest à Coblence. Dans cette section, la vallée du fleuve se resserre et s'encaisse, c'est ce qu'on appelle la « vallée héroïque », dominée par de nombreux châteaux médiévaux chargés d'histoire et de légendes (notamment celle de la Lorelei).

À Bonn, il entre dans la plaine. Peu après Emmerich, il entre aux Pays-Bas et finalement se jette dans la mer du Nord en mêlant partiellement ses eaux avec celles de la Meuse dans un grand delta.

Son lit traverse ou longe six pays : la Suisse, le Liechtenstein, l'Autriche, l'Allemagne, la France[7] et les Pays-Bas. Il constitue la frontière naturelle entre la Suisse et le Liechtenstein, entre la Suisse et l'Autriche, entre l'Allemagne et la Suisse et, en partie, entre l'Allemagne et la France. Il traverse ce que l'on nomme l'Europe rhénane, région la plus dynamique d'Europe et l'une des plus dynamiques du monde.

Parcours[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Sources du Rhin, Rhin antérieur et Rhin postérieur.
Carte du parcours du Rhin, depuis ses sources jusqu'au lac de Constance.

Le Rhin prend son nom à partir de la confluence du Rhin antérieur et du Rhin postérieur, à Tamins dans le canton des Grisons, dans l'est de la Suisse. En amont de cette confluence, le bassin des deux cours d'eau qui forment le Rhin s'étend sur une vaste zone ramifiée depuis le massif du Saint-Gothard à l'ouest jusqu'au val di Lei en Italie au sud et Davos à l'est. Les cinq plus gros cours d'eau du bassin sont le Rhin antérieur, le Rhin postérieur, l'Albula, la Landwasser et la Julia.

Le Rhin antérieur prend son origine de plusieurs sources dans l'ouest du Surselva et se dirige ensuite vers l'est. L'une de ces sources, située au lac de Toma à 2 345 m d'altitude, est généralement considérée comme la source du Rhin ; le lac s'écoule ensuite dans le Rein da Tuma. Le lac de Toma n'est pas la source la plus lointaine du Rhin, ce point revenant à la source du Rein da Medel. Le Rein da Tuma est également plus court que le Rein da Maighels, le Rein da Curnera et le Dischmabach. Dans son cours inférieur, le Rhin antérieur traverse la gorge de la Ruinaulta.

Le Rhin postérieur est légèrement plus court que le Rhin antérieur. Il prend sa source sur les flancs du Rheinwaldhorn dans le massif de l'Adula, près de la frontière entre les cantons des Grisons et du Tessin, puis se dirige tout d'abord vers l'est avant d'obliquer vers le nord.

Le Rhin postérieur est rejoint près de Sils im Domleschg par l'Albula. L'Albula est lui-même alimenté par la Julia et la Landwasser. La source de l'Albula se situe à Bergün/Bravuogn, celle de la Julia au-dessus de Bivio au col du Julier et celles de la Landwasser dans la vallée de Davos.

La source du cours d'eau le plus méridional, le Reno di Lei, se situe en Italie au lac de Lei.

Rhin alpin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rhin alpin.
Confluence des Rhin antérieur et postérieur à Bonaduz.

Le Rhin antérieur et le Rhin postérieur confluent à Bonaduz pour former le Rhin alpin (Alpenrhein en allemand). À Coire, celui-ci s'oriente de façon marquée vers le nord. Entre Bonaduz et le lac de Constance, il parcourt 86 km et descend de 599 m d'altitude à 396 m. Il s'écoule à travers la vallée du Rhin, une vallée glacaire alpine. Près de Sargans, la ligne de partage des eaux entre le Rhin et l'Aar n'est située qu'à quelques mètres au-dessus de la cote maximale du Rhin. Le Rhin alpin forme après Sargans la frontière entre le Liechtenstein et la Suisse, puis une partie de la frontière entre l'Autriche et la Suisse.

Le Rhin se jette dans le lac de Constance sous la forme d'un petit delta intérieur, délimité à l'ouest par l'Alter Rhein et à l'est par le Rhein canalisé. Ce delta constitue en plusieurs endroits une réserve naturelle et ornithologique et comprend les localités autrichiennes de Gaißau, Höchst et Fußach.

Lac de Constance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lac de Constance.
Le delta du Rhin à son embouchure dans le lac de Constance.

Le Rhin alpin se déverse dans le lac de Constance. Celui-ci est constitué de deux lacs distincts, l'Obersee (« lac supérieur »), le plus grand des deux, et l'Untersee (« lac inférieur »), reliés par un cours d'eau de 4 km de long, le Seerhein (« Rhin du lac »).

Le Rhin quitte l'Untersee au niveau de Stein am Rhein, une soixantaine de km à l'ouest de son arrivée dans le lac de Constance.

Haut-Rhin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Haut-Rhin (Rhin).
Carte de la région traversée par le Haut-Rhin.

Après Stein am Rhein, à l'extrémité ouest du lac de Constance, débute le Haut-Rhin (Hochrhein en allemand). Il coule vers l'Ouest et passe de 395 m d'altitude à 252 m.

Après Schaffhouse se situent les chutes du Rhin ; avec un débit moyen de 373 m3⋅s-1 (700 m3⋅s-1 en été), il s'agit de la deuxième chute d'eau la plus puissante d'Europe après le Dettifoss en Islande. Le Haut-Rhin est marqué par de nombreux barrages, les parties naturelles comportant plusieurs rapides. À Koblenz, le Rhin est rejoint par l'Aar, qui avec 557 m3⋅s-1 est plus puissant que le premier (439 m3⋅s-1), mais plus court.

Le Haut-Rhin délimite sur la quasi-totalité de son cours la frontière entre l'Allemagne et la Suisse. La Suisse ne s'étend sur la rive nord qu'à Stein am Rhein, Schaffhouse et près de Bâle.

Rhin supérieur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rhin supérieur.
Le Rhin (au premier plan) et le canal latéral au Rhin (derrière) près de Vieux-Brisach.

Dans le centre de Bâle, la première grande ville sur le parcours du fleuve, le Rhin forme un coude et se dirige vers le nord. Le pont qui se situe au centre du coude délimite le Haut-Rhin et le Rhin supérieur. Celui-ci s'écoule sur environ 300 km à travers le fossé rhénan, passant de 252 m d'altitude à 75 m. Il est rejoint par l'Ill près de Strasbourg, par le Neckar à Mannheim et par le Main en face de Mayence.

La moitié sud du Rhin supérieur forme la frontière entre l'Allemagne et la France. La moitié nord sépare la Rhénanie-Palatinat à l'ouest du Bade-Wurtemberg et de la Hesse à l'est.

Rhin (Assmannshausen / Rüdesheim 2008).

Rhin moyen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rhin moyen.

Le Rhin moyen est une section entièrement allemande, limitée par Bingen am Rhein en amont et Bonn en aval. Cette portion est notamment célèbre pour ses gorges entre Rüdesheim et Coblence (le Rhin moyen supérieur). Ce territoire est en effet préservé au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Près de Sankt Goarshausen se trouve le rocher de la Lorelei, la créature de légende qui a inspiré des auteurs romantiques allemands, tels que Heinrich Heine. Le Rhin a également alimenté la saga des Niebelungen dont une partie de l'intrigue se situe sur les collines des Siebengebirge à proximité de Königswinter, au sud de Bonn.

Rhin inférieur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rhin inférieur.

En aval de Cologne, le Rhin amorce son dernier tronçon dans la plaine de l'Europe du Nord et forme le Rhin inférieur. Ses eaux s'écoulent lentement au cœur de vastes méandres, recevant successivement sur sa rive droite la Ruhr, l'Emscher, et la Lippe. Peu après Emmerich, le Rhin s'oriente vers l’ouest et entre aux Pays-Bas. Il se divise ensuite en trois bras principaux, l'IJssel vers le nord, le Lek et la Waal vers l'ouest.

Le delta qu’il formait étendait autrefois ses innombrables ramifications auxquelles venaient s'ajouter les bras de la Meuse, multipliant les risques d'inondation. Face à cette menace, les Hollandais ont modifié l'embouchure de la Meuse. Le fleuve est contraint aujourd'hui de se jeter dans l'estuaire du Hollands Diep. La plupart des terres environnantes sont situées au-dessous du niveau de la mer, et constituent un paysage de polder très particulier.

Article détaillé : Delta de la Meuse et du Rhin.

Delta du Rhin[modifier | modifier le code]

Peu après son entrée dans les Pays-Bas, le Rhin forme un grand delta en se divisant d'abord en deux bras, le Nederrijn (« Rhin inférieur ») et la Waal, ce dernier étant l'émissaire principal du fleuve. À Arnhem, le Nederrijn se divise en deux bras, le Nederrijn et l'IJssel, ce dernier bifurquant vers le nord pour se jeter dans l'IJsselmeer.

La Waal continue quant à elle sa course vers l'ouest, et ce sans se diviser ; elle change de nom à plusieurs reprises : Merwede supérieure, Merwede inférieure, Nouvelle Merwede et Nouvelle Meuse, cours d'eau reliés à de nombreux autres, dont le Noord et le Dordtsche Kil. Elle court jusqu'au Biesbosch, marécages boisés où les eaux du Rhin et de la Meuse se mélangent. Une partie de ses eaux est déviée par un canal qui les conduit vers Rotterdam où elles confluent avec le Lek (en fait la suite du Nederrijn) pour former la Nieuwe Maas (« Nouvelle Meuse »), se jetant dans la mer du Nord par l'intermédiaire du Nieuwe Waterweg (« nouvelle voie navigable »), un large canal au milieu du port de Rotterdam. Le cours principal, après le Biesbosch, se réunifie et prend le nom de Hollands Diep, puis de Haringvliet, où il se jette dans la mer. Enfin, la Kromme Rijn (« Rhin courbé »), qui est l'ancien cours principal du fleuve, se détache du Rhin inférieur et continue comme sous les noms de Leidse Rijn (« Rhin de Leyde ») et de Oude Rijn (« Vieux Rhin ») pour se jeter dans la mer du Nord à Katwijk.

Pour protéger les Pays-Bas des invasions marines (tel que l'inondation de 1953), tous les bras de mer du delta, à l'exclusion de l'estuaire de l'Escaut (le Westerschelde) et du Nieuwe Waterweg, ont été fermés par une série de digues ou de barrages. Dans les cas de l'Oosterscheldekering et du Maeslantkering, il s'agit de barrages mobiles ne fermant leur embouchure qu'en cas de forte tempête.

Article détaillé : Plan Delta.

Affluents[modifier | modifier le code]

Régime hydrologique[modifier | modifier le code]

Les berges du Rhin, en dépit d'efforts de renaturation restent très artificialisées, mais la pollution y a fortement diminué.

Le régime hydrologique du Rhin est généralement « harmonieux », tous ses affluents ont des apports complémentaires. Jusqu'au lac de Constance, son régime est nival. Le lac de Constance a tendance à diminuer sa vitalité. Après les chutes du Rhin, il reçoit les eaux plus abondantes et marquées par l'empreinte glaciaire. Le Rhin roulant 410 m3⋅s-1 et l'Aar 610 m3⋅s-1, portent le Rhin à Bâle à 1 030 m3⋅s-1 avec un maximum en juin et un minimum en janvier. Le Rhin y roule presque la moitié de son débit pour 20 % de son bassin. À Strasbourg, il reçoit l'Ill, qui lui apporte 60 m3⋅s-1, atténuant peu son régime nival. Il perdra ce régime au fur et à mesure qu'il recevra des affluents au régime pluvial avec hautes eaux d'hiver. Les apports de la Neckar et du Main ont tendance à régulariser son débit. Mais c'est à Coblence que le Rhin perd son régime nival pour un régime pluvio-nival à deux maximums grâce à l'apport de la Moselle (400 m3⋅s-1), à maximum hivernal. À partir de Coblence, son maximum d'hiver dépasse celui d'été, plaçant le minimum en octobre. Son débit moyen atteint 2 000 m3⋅s-1.

Dans le passé, il est pourtant (exceptionnellement) arrivé que le Rhin soit à sec (par exemple à Cologne (en 1134) ou soit source de crues importantes liées à la fonte de neige ou de fortes pluies printanières.
Le Rhin a aussi parfois été entièrement gelé en hiver sur une grande partie de son cours (par exemple en 1150[8] et en 1306[8])

Débits :

  • février : 2 540 m3⋅s-1
  • juin : 2 090 m3⋅s-1
  • octobre : 1 480 m3⋅s-1

Il reçoit peu d'affluents importants après, à part la Lippe et la Ruhr qui portent son débit final à Lobith à 2 300 m3⋅s-1.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Ress
(données calculées sur la période 1930-1997[9])

Histoire[modifier | modifier le code]

Sculpture Vater Rhein und seine Töchter représentant le Père Rhin et ses filles (Düsseldorf)
Le rocher de la Lorelei.

Au début du XIVe siècle eut lieu une période de sécheresse exceptionnelle. En 1303, le Rhin pouvait être traversé à pied sec[10].

Le caractère de frontière internationale du Rhin est relativement récent, à l'exception de la période où l'Empire romain en avait fait son rempart nord contre les barbares, avec une frontière (le limes) ponctuée de forts, tels que Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) ou Argentoratum (Strasbourg). Entre la chute de l'Empire romain et la conquête de l'Alsace par Louis XIV, ce fleuve était une partie intégrante et un des ferments du monde germanique, qui le surnommait Vater Rhein, le « Rhin paternel ».

Les traces de l’histoire sont surtout visibles dans le Mittelrheintal (vallée du Haut-Rhin moyen) entre Bingen et Coblence que l’UNESCO a reconnu patrimoine culturel mondial en 2002. Sur les versants au bord du Rhin trônent les châteaux-forts, au-dessus des vignes escarpées du Rheingau. Les touristes qui veulent faire l’expérience du romantisme sont attirés ici par le mythe de la Lorelei.

Les châteaux[modifier | modifier le code]

La vallée du Rhin offre une importante concentration de châteaux. Demeures seigneuriales, châteaux défensifs, péages, protection des voyageurs, tous avaient leur utilité. Beaucoup perdirent leurs tours crénelées dans les incendies provoqués par l'armée française de Louis XIV puis, au XVIIIe siècle, lors des combats entre les révolutionnaires français et les émigrants nobles réfugiés à Coblence. C'est au XIXe siècle, avec la création de la Confédération germanique en 1815, qu'un grand nombre de châteaux furent reconstruits.

En littérature[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac, L'Auberge rouge, 1831 : « Les deux jeunes gens s'étaient donc abandonnés à cette admiration profonde dont sont saisis les hommes instruits à l'aspect des rives du Rhin et des paysages de la Souabe, entre Mayence et Cologne; nature forte, riche, puissamment accidentée, pleine de souvenirs féodaux, verdoyante, mais qui garde en tous lieux les empreintes du fer et du feu (…)[11],[12]. »
  • Victor Hugo, Le Rhin, 1842 : « Il y a toute l'histoire de l'Europe (…) dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l'Allemagne. Le Rhin réunit tout. »
  • Guillaume Apollinaire, Mai : « Le mai le joli mai en barque sur le Rhin.. »
  • Alexandre Braun Quinze jours aux Bords du Rhin Impressions d'un touriste. Liège, Dessain, 1867 In-8, 90 p.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Der Rhein, Deutschlands Strom, aber nicht Deutschlands Grenze. » « Le Rhin, fleuve de l'Allemagne, mais pas la frontière de l'Allemagne » (Ernst Moritz Arndt, qui répond à la doctrine française des frontières naturelles exprimée par la Convention).

Noms de départements français[modifier | modifier le code]

Le Rhin a donné son nom à deux départements français :

Deux anciens départements brièvement créés sous Napoléon Ier lui devaient aussi leur dénomination :

Économie[modifier | modifier le code]

Le Rhin constitue depuis le Moyen Âge une exceptionnelle voie d'échanges commerciaux et une artère vitale de l'Occident. Entre Bâle et son estuaire, le Rhin traverse l'une des zones les plus densément peuplées d'Europe occidentale, historiquement riche en échanges mutuels. Ce secteur est le cœur de la dorsale européenne.
La vallée rhénane fut également le berceau de l'un des principaux sites de la révolution industrielle : la Ruhr, qui bénéficiait d'un important gisement de ressources minières et notamment de charbon, facile d'accès et favorable au développement de l'industrialisation.

En 2003, l’UNESCO a inscrit les 68 km de la vallée du Haut-Rhin moyen dans la liste du patrimoine mondial avec le rocher de la Lorelei près de la ville de Sankt Goar.

Navigation fluviale[modifier | modifier le code]

L’Acte final du Congrès de Vienne consacrait, en 1815, le principe de la liberté de navigation sur les cours d’eau internationaux.
En 1831, avec la première convention rhénane (la Convention de Mayence, Mainzer Akte), les villes ont perdu le droit de pile. Depuis la convention de Mannheim de 1868, le Rhin est classé « eaux internationales » depuis le dernier pont de Bâle jusqu'à la mer du Nord, assurant à la Suisse un accès libre à la mer. Le siège de la Commission centrale pour la navigation du Rhin est à Strasbourg ; fondée en 1815 lors du Congrès de Vienne, il s'agit de la plus ancienne organisation internationale.

Le tirant d'eau (profondeur de mouillage), la largeur et le tirant d'air (sous les ponts) du chenal de navigation se réduisent de l'aval vers l'amont. Le mouillage minimum (à l'étiage) passe de 2,8 mètres de profondeur des Pays-Bas à Krefeld, à 2,5 de Krefeld à Coblence, 1,9 jusqu'à Mayence puis 2,1 jusqu'à Lauterbourg pour finir à 3 mètres jusqu'à Bâle (Grand canal d'Alsace). De même, la largeur du chenal à l'étiage passe de 150 mètres des Pays-Bas jusqu'à Coblence, puis 120 jusqu'à Ludwigshafen, 92 jusqu'à Lauterbourg et enfin 88 mètres jusqu'à Bâle. Enfin le tirant d'air est à 8,6 mètres (à cause du pont Josef-Kardinal-Frings à Düsseldorf) jusqu'à Strasbourg, où le pont de l'Europe limite la navigation vers l'amont à 6,79 mètres[13].

Le transport fluvial sur le Rhin est utilisé pour le vrac solide (charbon, minerai de fer, matériaux de construction, matériaux de récupération et produits agricoles), le vrac liquide (produits pétroliers et chimiques), les conteneurs (biens d'équipement et de consommation) ainsi que les passagers (lors de croisières fluviales touristiques). Bien que la navigation intérieure soit le seul mode de transport terrestre en Europe capable de transporter des conteneurs superposés (impossible sur les routes et voies ferrées européennes) et d'un coût réduit, la concurrence est forte avec les autres modes de transport plus flexibles[14]. 180 millions de tonnes de marchandises ont été transportées sur le Rhin en 2010, y compris environ 1,9 million d'EVP[15].

Les principaux ports fluviaux sur le Rhin sont de l'aval vers l'amont : Rotterdam, Dordrecht, Moerdijk, Nimègue, Duisbourg (le Duisburg-Ruhrorter Häfen, plus grand port fluvial du monde, fournissant charbon et minerai de fer à toute la Ruhr), Neuss-Düsseldorf (avec 680 000 EVP transbordés en 2010), Cologne (notamment pour les produits pétroliers et chimiques), Ludwigshafen, Mannheim, Spire, Karlsruhe, Strasbourg (notamment pour les produits agricoles et les matériaux de construction), Ottmarsheim (port de Mulhouse) et Bâle[16].

Énergie[modifier | modifier le code]

Hydroélectrique[17],[18][modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des barrages d'Alsace.

Tout au long de son cours, l'énergie hydraulique du Rhin est utilisée pour produire de l'électricité :

  • Centrale hydroélectrique de Reichenau (Drapeau de la Suisse Suisse)
La centrale de Reichenau, située sur la commune de Domat/Ems, été mise en service en 1962. Elle fournit une puissance de 9 MW grâce à 2 turbines Kaplan.
La centrale de Schaffhouse a été mise en service en 1963. Elle fournit une puissance de 29 MW.
La centrale de Rheinau a été mise en service en 1956. Elle fournit une puissance de 18.5 MW grâce à 2 turbines Kaplan.
La centrale de Eglisau a été mise en service en 1919. Elle fournit une puissance de 6.7 MW grâce à 7 turbines Francis.
  • Centrale hydroélectrique de Reckingen (Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
La centrale de Reckingen (administrativement rattachée à Küssaberg) a été mise en service en 1941. Elle fournit une puissance de 19 MW grâce à 2 turbines Kaplan.
La centrale de Albbruck a été mise en service en 1934. Elle fournit une puissance de 108 MW grâce à 3 turbines Kaplan et 1 turbine bulbe.
La centrale de Laufenburg a été mise en service en 1914. Elle fournit une puissance de 106 MW et est placée sur une chute d'une hauteur de 10 m.
La centrale de Säckingen a été mise en service en 1970. Elle fournit une puissance de 74 MW.
  • Centrale hydroélectrique de Ryburg(Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
La centrale de Ryburg (administrativement rattachée à Görwihl) a été mise en service en 1931. Elle fournit une puissance de 120MW.
La centrale de Rheinfelden a été mise en service en 1898. Elle fournit une puissance de 26 MW grâce à 8 turbines Kaplan, 6 turbines Bulbes et 6 turbines Francis installées sur une chute de 5 m.
La centrale de Augst a été mise en service en 1912. Elle fournit une puissance de 34 MW grâce à 2 turbines Francis et 7 turbines Straflo.
La centrale de Birsfelden a été mise en service en 1951. Elle fournit une puissance de 100 MW.

Quelques kilomètres en aval de Bâle, le Rhin se sépare en deux parties. C'est sur le grand canal d'Alsace que sont localisées les quatre premières centrales hydroélectriques françaises du Rhin :

Article détaillé : Grand Canal d'Alsace.

En aval de Vogelgrun, le Rhin et le grand canal d'Alsace se rejoignent et 6 centrales sont présentes.

La 5ème centrale rhénane a été mise en service en 1961. Elle fournit une puissance de 156 MW grâce à 4 turbines verticales Kaplan à 4 pales, installées sur une chute de 13,2 m. Elle est la première des centrales du Rhin à être équipée d'un barrage selon un aménagement de type en "feston". Il en est de même des trois installations situées immédiatement en aval : Rhinau, Gerstheim et Strasbourg.
La centrale de Rhinau a été mise en service en 1963. Elle fournit une puissance de 152 MW grâce à 4 turbines Kaplan installées sur une chute de 13,2 m.
La centrale de Gerstheim a été mise en service en 1967. Elle fournit une puissance de 141 MW grâce à 6 groupes type "bulbes" horizontaux installés sur une chute de 10,8 m.
La centrale de Strasbourg a été mise en service en 1970. Elle fournit une puissance de 141 MW grâce à 6 groupes types "bulbes" horizontaux installés sur une chute de 11 m.
La centrale de Gambsheim a été mise en service en 1974. Elle fournit une puissance de 108 MW grâce à 4 groupes types "bulbes" horizontaux installés sur une chute de 10,3 m. Pour la première fois sur le Rhin, l'écluse, la centrale, la digue de fermeture et le barrage sont construits côte à côte dans le lit du fleuve, d'où le nom d'"aménagement en ligne". Cette architecture est également mise en œuvre sur le site d'Iffezheim.

La centrale d'Iffezheim a été mise en service en 1977. Elle fournit une puissance de 148 MW grâce à 5 bulbes installés sur une chute de 11,8 m. La site d'Iffezheim est principalement situé en territoire allemand, contrairement aux autres installations hydroélectriques d'Alsace.

Energie nucléaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs centrales nucléaires ont été construites sur les bords du Rhin, dont elles utilisent l'eau pour leur circuit de refroidissement[19]. :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Diverses données, sur le site internet de la Commission Internationale pour la Protection du Rhin, consultée le 16 novembre 2008.
  2. Le site du ministère néerlandais chargé de la gestion de l'eau, consultée le 16 novembre 2008.
  3. (de) « Ein banaler Zahlendreher », Süddeutsche Zeitung,‎ 27 mars 2010
  4. (de) « Rhein kürzer als gedacht », Kölner Stadt-Anzeiger,‎ 26 janvier 2010
  5. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance (2003), p.256.
  6. a et b Xavier Delamarre, Op. cité.
  7. Sandre, « Fiche cours d'eau (A---0000) » (consulté le 19 juin 2014)
  8. a et b Pierre Alexandre, Le climat au Moyen Âge en Belgique et dans les régions voisines (Rhénanie, Nord de la France). Recherches critiques d'après les sources narratives et essai d'interprétation (Ouvrage dérivé d'un mémoire de licence réalisé à l'Université de Liège, sous la direction du Pr Vercauteren) ; Centre belge d'Histoire rurale, publication n° 50, Liège, Louvain, 1976 ; voir page 71
  9. Le Rhin à Ress
  10. « Prévision-meteo.ch, événements météorologiques de l'an 1300 à l'an 1399 », sur http://www.prevision-meteo.ch/.
  11. Édition dite Furne, 1852, vol. XV, p. 363
  12. L'Auberge rouge, La Comédie humaine, collection Omnibus, 1999, vol IV, p. 690, (ISBN 978-2-258-05117-1)
  13. [PDF] « Gabarit de navigation du Rhin », sur http://www.ccr-zkr.org/.
  14. [PDF] Commission centrale pour la navigation du Rhin, « Bateaux du futur 2002, rapport final à la Commission centrale », sur http://www.ccr-zkr.org/, p. 5 et 6.
  15. [PDF] Commission centrale pour la navigation du Rhin, « La navigation intérieure européenne, observation du marché 2011 », sur http://www.ccr-zkr.org/, p. 76
  16. [PDF] Commission centrale pour la navigation du Rhin, « La navigation intérieure européenne, observation du marché 2011 », sur http://www.ccr-zkr.org/, p. 80-84.
  17. http://www.hydrelect.info/articles.php?lng=fr&pg=126
  18. http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=11&pChapitreId=36176&pSousChapitreId=36177&pArticleLib=L%92%E9nergie+hydro%E9lectrique+%5BLe+Rhin-%3EL%92%E9conomie+du+Rhin%5D
  19. Électricité de Strasbourg, « La production - Le CNPE de Fessenheim » (consulté le 22 avril 2009)
  20. Commission Internationale pour la Protection du Rhin, « Rapport n° 142-f - Pollution thermique des eaux au cours de l’été 2004 - Résumé des rapports nationaux de situation »,‎ 8 et 9 juillet 2004 (consulté le 25 avril 2009), p. 26