Office de tourisme

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Tourist Information (Allemagne)
Office de tourisme de Kaunas en Lituanie.

[1]L'office de tourisme est un centre d'information dont la mission institutive est « l'accueil, l'information et la promotion du tourisme » sur le territoire concerné à destination du public ou visiteurs, allant des simples habitant locaux, aux excursionnistes et en passant par les touristes. L'objectif de la structure est de faciliter le séjour touristique des visiteurs. Cette structure publique dans la plupart des pays et généralement située dans un ou plusieurs points stratégiques du territoire, notamment où le flux personnes est important: une gare, un port, un aéroport... La France, par le biais du ministre des Travaux publics, Alexandre Millerand est au début du 20e siècle, précurseur en matière d'office de tourisme et crée dès 1920, le premier bureau du tourisme français et international à Londres, ainsi qu’un bureau d’information touristique connu sous le nom de «Maison de la France» (désormais Atout France depuis 2009). Aujourd'hui, la majorité des destinations disposent de ce type de structure qui représente la vitrine de leur territoire, notamment ceux qui ont une vocation très touristique : Paris, Londres, New York, Barcelone pour les villes et la France, l'Espagne, les États-Unis ou encore la Chine pour les pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1910, la France est le premier pays à mettre en place un office national du tourisme et cela, grâce à l’initiative du ministre des Travaux publics, Alexandre Millerand. l'ONT existe de 1910 à 1935 et laisse rapidement la place au commissariat du tourisme faute de moyens financiers suffisants et isolés dans le monde du tourisme. Dans sa thèse B. Larique rappelle les rapports conflictuels que certains syndicats entretenaient avec l'ONT. Le commissariat général du tourisme, qui prend sa suite jusqu'en 1948[2], a été particulièrement actif durant l'exposition internationale de 1937, où le travail de recherche des SI a été très importants. Il s'agissait alors de valoriser la France face à ses voisins belliqueux, à travers la culture et les régions, au sein du village des régions[3].

Dix ans plus tard, le premier bureau du tourisme français voient le jour à Londres en 1920, ainsi qu’un bureau d’information touristique connu sous le nom de « Maison de la France » (désormais Atout France depuis le 22 mai 2009) situé aux Champs-Élysées, à Paris.

En 2009, la majorité des pays disposent d'un office national de tourisme ; on en dénombre plus de 230. Afin de pouvoir renseigner et promouvoir son territoire à l'étranger, l'office national de tourisme dispose de plusieurs bureaux dans le monde. C'est le cas notamment d'Atout France qui en compte 33 à travers l'ensemble des cinq continents, mais aussi par exemple de VisitBritain qui regroupe la promotion de l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande du Nord et du Pays de Galles.

En Amérique[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis chaque État possède son propre office de tourisme.

Pérou[modifier | modifier le code]

Iperú, information et assistance au touriste est un service offert gratuitement par le gouvernement péruvien pour les touristes nationaux et étrangers, lesquels peuvent obtenir des informations sur les destinations, les itinéraires, les centres d'intérêts, etc.. Le bureau national du tourisme au Pérou ou « iperú », est responsable du traitement des réclamations présentées par les touristes nationaux et étrangers à l'encontre des fournisseurs de services touristiques, avec des pouvoirs de médiation et de conciliation (mais pas de sanction) pour les résoudre. Les opérateurs de iperú parlent anglais, et quelques autres langues.

Iperú, information et assistance au touriste est accessible par téléphone et par courriel. Il dispose d'un réseau de 31 bureaux situés dans 13 régions du Pérou: Lima et Callao, Amazonas, Piura, Lambayeque, La Libertad, Ancash, Arequipa, Tacna, Puno, Ayacucho, Cusco, Tumbes and Iquitos[4].

En Europe[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, le tourisme est une compétence régionalisée.

Wallonie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maisons du tourisme en Wallonie.

France[modifier | modifier le code]

Office de Tourisme de Brive en France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières structures accueillant les touristes et chargées de l'organisation du tourisme français sont : l'union syndicale de la ville de Pau (1859) devenu syndicat d'initiative en 1903, le comité des promenades de la ville de Gérardmer (Vosges) en juillet 1875 et l'union des intérêts thermaux de Cauterets (1884)[5]. Leur objectif principal était d’augmenter le flux de touristes et d’organiser au mieux leur séjour. Très rapidement, ce sont les Syndicats d'Initiative qui apparaissent à la fin du XIXe siècle, dont Grenoble est le précurseur en mai 1889. Influencé par un voyage en Suisse, Jullien-Fevrier a vanté les mérites des sociétés de développement suisses et la mise en valeur de la montagne voisine. Le groupe de bourgeois réuni autour de Jullien-Fevrier a souhaité suivre ce modèle suisse en proposant la création d'un syndicat d'initiative. Tout comme les comités précurseurs, cités précédemment, les syndicats d'initiative avaient pour mission l'accueil, l'information et le développement du tourisme[6]. Certaines structures ont pu prendre le terme d'office du tourisme mais c'est la loi de 1964 qui crée officiellement les premiers offices du tourisme au sein des stations qui le désirent. La première structure à avoir la véritable dénomination d'office de tourisme fut cependant l'Office de Tourisme de Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère) qui vit le jour en 1905. Sa position au cœur du massif chartroussin, célèbre pour son hospitalité, notamment à travers l'Ordre des moines Chartreux fondé par Saint Bruno, lui a permis de se développer et de prendre une place centrale dans l'information touristique du territoire.

Les offices du tourisme et les syndicats d'initiative sont deux structures totalement différentes même si elles œuvrent en faveur du tourisme. Les offices du tourisme sont des structures mises en place par l'administration, quand les syndicats d'initiative sont des associations privées à but non lucratif. Le syndicat d'initiative collabore étroitement avec la municipalité, dépend parfois trop fortement de ses subventions mais n'y est jamais soumis.

Organisation[modifier | modifier le code]

Office de Tourisme de France (OTF)[modifier | modifier le code]
Les Relais Territoriaux[modifier | modifier le code]

Le Relais Territorial est de manière générale une structure à l'échelle d'un département ou d'une région.

  • Il fédère un réseau d'Offices de Tourisme
  • Il agit principalement dans 4 domaines d'intervention : l'animation, la professionnalisation, la structuration et la représentation.
  • Il peut-être amené à assurer des missions confiées par certaines collectivités

Le rôle et les missions des "relais territoriaux" ont été repensés pour atteindre plusieurs objectifs :

  • Faciliter la mutation des Offices de Tourisme
  • Fournir un cadre stratégique pour les prises de décisions à chaque niveau territorial
  • Mobiliser les Offices de Tourisme autour de Relais Territoriaux efficaces

Les Relais Territoriaux en 2013 en quelques chiffres :

  • 68 Unions ou Fédérations Départementales
  • 21 Fédérations Régionales
    • Alsace : RésOT
    • Aquitaine : La MOPA (Missions des Offices de Tourisme et Pays Touristiques d'Aquitaine)
    • Auvergne : FROTSI Auvergne
    • Bourgogne : FROTSI Bourgogne
    • Bretagne : FROTSI Bretagne
    • Champagne-Ardenne : FROTSI Champagne-Ardenne
    • Centre : FROTSI Centre
    • Corse : FROTSI Corse
    • Île de France : FROTSI Île de France
    • Limousin : FROTSI Limousin
    • Lorraine : FROTSI Lorraine
    • Martinique : FMOSTI (Fédération Martiniquaise des Offices de Tourisme et Syndicats d'Initiative)
    • Midi-Pyrénées : FROTSI Midi-Pyrénées
    • Nord-Pas-de-Calais : FROTSI Nord-Pas-de-Calais
    • Normandie : FROTSI Normandie
    • PACA : FROTSI PACA
    • Pays de la Loire : FROTSI Pays de la Loire
    • Picardie : FROTSI Picardie
    • Poitou-Charente : FROTSI Poitou-Charente
    • Réunion : FROTSI (Fédération Réunionnaise des Offices de Tourisme et Syndicats d'Initiative)
    • Rhône-Alpes : CRAOTSI (Confédération Rhône-Alpes des Offices de Tourisme et Syndicats d'Initiative)
  • 11 CDT / ADT[7]
Office de tourisme et Syndicat d'initiative[modifier | modifier le code]
Logo français.

Le syndicat d’initiative (SI) est créé par la libre association de deux citoyens (minimum) ayant le souhait de développer en commun différentes actions, notamment : l’accueil et l’information des touristes, la promotion touristique d’une collectivité et l’animation touristique. Ces actions sont menées dans le cadre d’une associative du type « loi 1901 », sans délégation de service public au titre de la compétence tourisme.

Ces associations ont pour la plupart été membres de l'union nationale des syndicats d'initiative (créée en 1919)puis de la Fédération Nationale des SI et OT apparue en 1926. Elles peuvent aujourd'hui être adhérentes à la FNOTSI. Le syndicat d’initiative est classé depuis 1963, c'est la réforme André Falque (président de la Fédération régionale des SI de Franche-Comté), souhaitant promouvoir les SI comme « un nouvel art de vivre ». Il y a les SI au rayonnement national, les SI régionaux et les SI locaux. Chaque Si recevait un panonceau correspondant à son statut afin de rendre plus visible la hiérarchie du « tourisme réceptif »[8]. Dans sa réforme, André Falque insiste auprès des SI pour que ceux-ci créent des conventions auprès de leur municipalité afin de leur garantir une subvention régulière et une entente cordiale.

Le développement des offices du tourisme, à partir de 1964, a causé beaucoup de problèmes pour les SI qui se sont considérés comme remplacés. Les deux structures ont en effet les mêmes attributions et rapidement les SI se sont éteints. Aujourd'hui, ils subsistent principalement dans les espaces ruraux ou isolés.

La création d’un organisme dénommé « office de tourisme » n’est possible qu’à l’initiative du pouvoir public compétent :

  • soit d’une commune, article L133-1 du code du tourisme ;
  • soit d’un groupement de communes (communauté de communes ou d’agglomération ou urbaine), article L134-5 du code du tourisme ;
  • soit d’un groupement de groupements de communes qui peuvent s’associer pour créer un syndicat mixte qui instituera l’office de tourisme, article L134-5 du code du tourisme.

Une convention d'objectifs devra être établie entre l'office de tourisme et la collectivité.

La collectivité doit déterminer par délibération le statut juridique (association loi de 1901, régie, EPIC, SEM, SPL, SA...) et les modalités d’organisation de l’office de tourisme, article L133-2 du code du tourisme.

Classement[modifier | modifier le code]

Le classement d'un office de tourisme n'est pas obligatoire, il s'agit d'une possibilité (art. D133-20 du code du tourisme).

L'office de tourisme est actuellement classé en trois catégories (catégorie I à III) selon les termes prévus par l'arrêté du 12 janvier 1999. Depuis le 24 juin 2011 il peut demander un classement, toujours pour cinq ans, selon les nouveaux critères dans l'une des trois nouvelles catégories (III, II et I) prévues par l’arrêté du 12 novembre 2010. Tous les offices de tourisme disposent (s'ils demandent à la collectivité et que cette dernière souhaitent conserver ou obtenir un classement) jusqu'au 31 décembre 2013 pour obtenir ces « nouveaux » classements (arrêté du 10 juin 2011).

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions d'un office du tourisme sont définies aux termes des articles L133-3 et L133-9 [9] du Code du tourisme

L’office de tourisme se voit confier en gestion directe (organismes de droit public : régie, EPIC) ou en gestion indirecte (organisme de droit privé : association, SEM, etc.) avec mise en œuvre le cas échéant d’une délégation de service public (loi du 29 janvier 1993 dite « Sapin ») les missions :

  • d’accueil et d'information des touristes ;
  • de promotion touristique de la commune ou du groupement de communes, en coordination avec le CDT et le CRT ;
  • de coordination des interventions des divers partenaires du développement touristique local.

Il peut également être chargé de missions complémentaires :

  • élaboration et de la mise en œuvre de la politique locale du tourisme et des programmes locaux de développement touristique, notamment dans les domaines de l'élaboration des services touristiques, de l'exploitation d'installations touristiques et de loisirs ;
  • des études ;
  • de l'animation des loisirs,
  • de l'organisation de fêtes et de manifestations culturelles ;
  • commercialisation des prestations de services touristiques ;
  • être consulté sur des projets d'équipements collectifs touristiques (obligatoire pour les offices de tourisme EPIC).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Offices de Tourisme de France, Rapport d'activité 2013,‎ 2013, 37 p.
  2. B. Larique, Le tourisme en France de 1890 à 1940, thèse de doctorat soutenu à Bordeaux, 2003.
  3. J. Manfredini, « La nation française et sa mise en scène : les terroirs gastronomiques à l’exposition internationale de Paris en 1937 » dans P. Harismendy, Goût de l’authentique et construction émotionnelle des paysages touristiques, Rennes, PUR, 2013.
  4. Site officiel du Pérou
  5. L. Auscher et G. Rozet, Tourisme et urbanisme : la fonction des SI, Paris, ed. Ernest Leroux, 1920, 225 pages
  6. J. Manfredini, « Penser et promouvoir le tourisme à Hyères. Le rôle du Syndicat d’Initiative (fin XIXe-1939) » dans P. Harismendy, J-Y Andrieux, Initiateurs et entrepreneurs culturels du tourisme (1850-1950), Rennes, Coll. Art et sociétés, PUR, 2011, 304p.
  7. Offices de Tourisme de France, Rapport d'activité 2013
  8. Dr. Maulini, Première Encyclique du touristique, 6 octobre 1963, au congrès annuel départemental des SIOT de haute-Saône, à Gray.
  9. Articles L.133-3 du Code du Tourisme

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]