Fribourg-en-Brisgau

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Fribourg-en-Brisgau
(de) Freiburg im Breisgau
La ville au pied de la Forêt-Noire.
La ville au pied de la Forêt-Noire.
Blason de Fribourg-en-Brisgau
Héraldique
Drapeau de Fribourg-en-Brisgau
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of Baden-Württemberg.svg Bade-Wurtemberg
District
(Regierungsbezirk)
Fribourg-en-Brisgau
Arrondissement
(Landkreis)
Fribourg-en-Brisgau (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
42
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Dr. Dieter Salomon (Verts)
Partis au pouvoir Verts / CDU
Code postal 79001 - 79140
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
08 3 11 000
Indicatif téléphonique +49-761
Immatriculation FR
Démographie
Population 214 234 hab. (31 décembre 2011)
Densité 1 400 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 44″ N 7° 51′ 08″ E / 47.9955, 7.8522 ()47° 59′ 44″ Nord 7° 51′ 08″ Est / 47.9955, 7.8522 ()  
Altitude 278 m (min. : 196 m) (max. : 1 284 m)
Superficie 15 306 ha = 153,06 km2
Localisation

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Fribourg-en-Brisgau

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Fribourg-en-Brisgau
Liens
Site web www.freiburg.de

Fribourg-en-Brisgau (en allemand : Freiburg im Breisgau ; en dialecte badois : Friburg im Brisgau) est une ville d'Allemagne située dans le land de Bade-Wurtemberg. C'est à la fois une ville arrondissement et le chef-lieu de l'arrondissement de Brisgau-Haute-Forêt-Noire, dont elle ne fait pas partie. Elle est aussi le chef-lieu du district de Fribourg-en-Brisgau et de l'association régionale Südlicher Oberrhein. De 1945 à 1952, elle fut la capitale du land de Bade, qui a alors fusionné avec deux autres länder pour former le Bade-Wurtemberg.

Fribourg est l'une des villes allemandes les plus méridionales. Elle est traversée par le Dreisam et se trouve au pied des montagnes de la Forêt-Noire. Le centre-ville est à une vingtaine de kilomètres du Rhin et de la France, et à environ 70 km de la Suisse. Fribourg compte environ 230 000 habitants, ce qui en fait la quatrième plus grande ville du Bade-Wurtemberg après Stuttgart, Mannheim et Karlsruhe[1]. Son aire urbaine, qui comprend les arrondissements de Brisgau-Haute-Forêt-Noire et d'Emmendingen, regroupe environ 630 000 habitants. Fribourg se trouve enfin dans la région du Rhin supérieur, qui compte six millions d'habitants répartis sur trois pays.

La vieille-ville de Fribourg est célèbre pour sa cathédrale et ses « bächle », des petits caniveaux ouverts qui bordent les trottoirs. Elle accueille plus de trois millions de visiteurs par an. Fribourg est aussi le siège d'une université fondée en 1457. C'est enfin une ville pionnière en matière d'écologie, avec notamment l'éco-quartier Vauban aménagé à partir de 1996.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Fribourg-en-Brisgau se trouve dans le sud-ouest du Bade-Wurtemberg et de l'Allemagne. Son territoire fait 153,06 km² et comprend la ville en elle-même ainsi que plusieurs villages, des terres agricoles et des forêts. Ce territoire est orienté sur un axe est-ouest et fait 20 kilomètres de long pour 18,6 kilomètres de large. Son extrémité occidentale est située à trois kilomètres de la France et son extrémité méridionale est à 42 kilomètres de la Suisse. Le territoire de Fribourg s'étale aussi sur deux espaces géographiques : la fossé rhénan et le versant occidental de la Forêt-Noire. La ville de Fribourg se trouve immédiatement au pied du massif ; elle est située sur le 48e parallèle nord.

Les villes les plus proches sont Colmar, située à 37 kilomètres à l'ouest, Mulhouse, à 46 kilomètres à l'ouest, Bâle, à 51 kilomètres au sud, Strasbourg, à 66 kilomètres au nord, Zurich, à 85 kilomètres au sud, Karlsruhe, à 120 kilomètres au nord, et Stuttgart, à 133 kilomètres au nord-est.

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de Fribourg, avec le fossé rhénan à l'ouest, la Forêt-Noire à l'est, la rivière Dreisam et les voies ferrées.

Au début de l'Oligocène, soit il y a environ 33 millions d'années, le fossé rhénan a commencé à s'affaisser, formant des failles à ses extrémités. À l'ouest, cette faille correspond aux Vosges, et à l'est, aux montagnes de la Forêt-Noire. À l'époque, le niveau des océans est plus haut qu'aujourd'hui, et la mer s'engouffre dans le fossé, en y déposant des sédiments, qui ont par exemple formé de la marne et du grès. Ensuite, la mer s'est retirée et une activité volcanique au Miocène a formé quelques massifs récents comme le Kaiserstuhl[2].

Fribourg, qui s'étale à la fois sur le fossé rhénan et la Forêt-Noire, est donc située directement sur la faille. Cette situation explique l'important dénivelé qui sépare le centre de Fribourg, qui est situé sur le fossé rhénan, des sommets environnants de la Forêt-Noire. Les principales montagnes entourant Fribourg sont d'altitude moyenne : 470 m sur le Schlossberg en centre-ville, 787 m sur le Roßkopf dans le quartier de Herdern, 1 284 m sur le Schauinsland à 12 km de l’hyper-centre.

Vers l'est, le massif de la Forêt-Noire est troué par la vallée du Dreisam. Cette rivière qui traverse Fribourg d'est en ouest naît à quelques kilomètres à l'est de la ville, par la réunion de deux petits cours d'eau dans le village de Kirchzarten. Elle traverse le centre-ville de Fribourg puis se jette dans l'Elz, un affluent du Rhin. Son cours inférieur est canalisé et elle alimente les « bächle », les petites rigoles artificielles qui parcourent les rues de la vieille-ville.

Climat[modifier | modifier le code]

La place de la cathédrale en hiver.

La ville bénéficie d’un climat semi-continental (été chaud à orages fréquents, hiver relativement froid, fortes amplitudes thermiques suivant les saisons) mais relativement doux et ensoleillé en comparaison de certaines autres régions allemandes (environ +1,5 à +2 degrés de moyenne annuelle par rapport aux régions les plus froides situées à l’Est et au Sud-Est). Ihringen (20 km à l’ouest de Freiburg) est d’ailleurs souvent décrite comme la ville la plus chaude d’Allemagne. Sur une année, la différence de température est surtout sensible l’été, où la région de Fribourg-en-Brisgau est souvent l’une des plus chaudes du pays.

La Forêt-Noire, s’étendant sur 200 km du nord au sud et 65 km d’ouest en est, ainsi que les Vosges, situées à 60 km à l’ouest de la ville, jouent aussi un rôle important dans le climat. Fribourg-en-Brisgau ne bénéficie pas du foehn vosgien protégeant la plaine d’Alsace des précipitations, bien au contraire. La plaine du Rhin offre une zone de pénétration en forme de couloir s’étendant de Belfort jusqu'à Karlsruhe, la ville se trouvant ainsi sur l’itinéraire des orages pendant l’été (la saison la plus pluvieuse et la plus intense du point de vue des précipitations, 170 mm ont par exemple été mesurés au mois de juin 2007.

En outre, paradoxalement, les chaudes journées d’été offrent (conséquence supplémentaire du relief) peu de déplacements d’air et une humidité parfois très tenace et désagréable. C’est pour cela que les Bobbele (surnom des Fribourgeois) désertent le centre-ville les weekends d’été et que l’on peut les retrouver sur les nombreux sentiers de la Forêt-Noire, à l’ombre des forêts d’altitude.

Mois Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Température maximale moyenne (°C) 5,1 6,8 11,3 15,0 19,8 22,7 25,3 25,2 21,0 15,1 9,1 6,3 15,3
Température minimale moyenne (°C) -1 0.5 3,6 5,9 10,3 13,2 15,5 15,4 12 7,9 3,4 1,1 7,4
Précipitations (mm) 53,1 54 58,3 73,7 102,8 109 99,2 84 75,9 75,3 70,8 73,6 929,7
Source: DWD

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Le château de Fribourg sur une gravure du XVIIe siècle.

L'histoire de la ville commence en 1091, lorsque le duc Berthold II de Zähringen délaisse son château de Zähringen, situé dans la Forêt-Noire, et fait construire celui de Fribourg. Celui-ci se trouvait sur la colline du Schloßberg, qui domine le centre-ville. Fribourg est alors située à un emplacement stratégique : elle est sur le carrefour entre les routes reliant la mer Méditerranée à la mer du Nord et le Rhin au Danube. Une ville émerge donc au pied du château, regroupant d'abord les artisans nécessaires à la vie du château, puis des commerçants attirés par la situation privilégiée de l'endroit[3].

Fribourg-en-Brisgau a été proclamée ville en 1120 par le duc Berthold III et son frère cadet Conrad de Zähringen. Berthold III avait été retenu en prison à Cologne et il avait pu visiter une grande ville riche et moderne, et il s'en est inspiré pour Fribourg, notamment en matière de juridiction et d'administration locale[3]. Ainsi, la charte consacrant la fondation de Fribourg en fait une ville libre, c'est-à-dire qu'elle est juridiquement séparée des autres territoires de la Maison de Zähringen[4]. Fribourg signifie d'ailleurs « ville libre » en allemand (burg, à l'inverse de stadt, désigne plus particulièrement une ville fortifiée). La ville est alors entourée par le comté du Brisgau (bris désignant les bras du Rhin et gau, les pays de l'empire carolingien)[5]. Le nom complet de la ville, Fribourg-en-Brisgau, permet de la différencier d'autres localités homonymes, comme la ville suisse de Fribourg.

Époque des comtes[modifier | modifier le code]

Les tours de la cathédrale en 1926.

En 1200, Fribourg compte déjà environ 6 000 habitants. Elle est alors gouvernée par Bertold V, le dernier duc Zähringen, et entreprend la construction de la cathédrale à l'emplacement de l'église paroissiale primitive[4]. L'édifice, roman à l'origine, n'est achevé qu'en 1513, et son aspect général est gothique. Lorsque Berthold V meurt en 1218, ses possessions vont aux comtes d'Urach qui prennent le titre de comtes de Fribourg[4]. Le conseil municipal de Fribourg ne fait pas confiance aux nouveaux seigneurs et écrit une charte limitant leurs pouvoirs sur la ville. À la fin du XIIIe siècle, la ville compte 9 000 habitants et les mines d'argent situées dans les environs lui permettent un enrichissement conséquent. Les relations entre les Fribourgeois et leurs comtes sont souvent mauvaises, et le règne d'Egon II est particulièrement mouvementé. En 1273, celui-ci s'oppose à Rodolphe de Habsbourg qui vient d'être couronné empereur du Saint-Empire. Il persuade les Fribourgeois à lancer une insurrection contre l'empereur, mais ce dernier envoie son armée à Fribourg. La ville capitule après un siège lourd en conséquences financières. En 1299, Egon II décide d'augmenter les impôts, mais les Fribourgeois attaquent le château avec des catapultes. Le comte fait alors appel à son beau-frère, évêque de Strasbourg, qui envoie son armée à Fribourg et mate la rébellion[3].

En 1327, le comte Konrad II octroie à la ville le droit de battre monnaie. Elle forme alors une union monétaire avec Bâle, Colmar et Brisach. En 1348 et 1349, la ville est touchée par la peste et, comme ailleurs en Europe, les Juifs sont accusés d'être à l'origine de l'épidémie, ce qui entraîne des pogroms. Au même moment, les relations entre la ville et ses comtes se dégradent et les Fribourgeois se plaignent à Strasbourg, Berne et Bâle. En 1366, la tension est telle que le comte Egon III doit envahir la ville pour en reprendre le contrôle. Finalement, elle achète son indépendance en 1368 contre 15 000 marks. Elle ne peut toutefois pas exister sans protection extérieure, et elle se place volontairement sous la suzeraineté de la Maison de Habsbourg, l'une des plus puissantes familles du Saint-Empire[3].

Renaissance et Réforme[modifier | modifier le code]

L'ancien hôtel de ville où la Diète d'Empire s'est réunie en 1498.

Au XVe siècle, la Réforme protestante s'amorce et l'Église est soumise à des troubles intérieurs. Ainsi, en 1409, trois papes se disputent le trône de Saint-Pierre, et la situation n'est éclaircie qu'en 1415, lors du Concile de Constance. L'archiduc autrichien Frédéric IV soutient l'antipape Jean XXIII, déchu lors du concile, et lui permet de se réfugier à Fribourg. L'empereur du Saint-Empire, Sigismond Ier, considère ce soutien comme un acte de trahison et lui confisque ses possessions. Fribourg devient une ville libre d'Empire, dépendant directement de l'empereur. Frédéric IV est finalement rétabli en 1427 et son neveu et successeur Albert VI d'Autriche fonde l'université de Fribourg en 1457. La Diète d'Empire se réunit à Fribourg en 1498, et en 1507, la ville obtient le droit de battre des monnaies d'or[6].

Les idées de Luther sont connues à Fribourg et de nombreuses figures de l'Église et de l'université y adhèrent. Néanmoins, la ville décide d'appliquer l'Édit de Worms, promulgué par Charles Quint et qui interdit le Luthéranisme. Tous les livres du théologien sont brûlés. Lors de la Guerre des Paysans allemands, qui secoue le Saint-Empire en 1525, les insurgés protestants assiègent Fribourg et bloquent son approvisionnement en eau. Les Fribourgeois capitulent mais lorsque la ville est libérée par les Habsbourg, la répression contre les Protestants est vive. La ville devient dès lors un bastion du Catholicisme[7]. D'ailleurs, les Jésuites prennent la direction de l'université en 1620, afin de contrer l'influence des villes universitaires protestantes voisines, comme Tübingen, Bâle et Heidelberg[8].

Guerres contre la France[modifier | modifier le code]

Fribourg et les fortifications de Vauban construites vers 1680 et détruites en 1745.

Fribourg est durement touchée par les grands conflits qui ponctuent les règnes de Louis XIV et de Louis XV et qui opposent les Habsbourgs à la France. La ville est ainsi prise par les Français à quatre reprises.

Fribourg est d'abord épargnée par la Guerre de Trente Ans commencée en 1618. Mais elle est prise par les Bavarois en juillet 1644. En août, la bataille de Fribourg, qui dure trois jours, oppose les Bavarois commandés par Franz von Mercy à l'armée française commandée par Louis II de Bourbon-Condé et Henri de La Tour d'Auvergne. Ces derniers remportent la bataille. Le conflit est catastrophique pour l'Allemagne entière et la population de Fribourg passe de 14 000 habitants à seulement 2 000. Les traités de Westphalie, signés en 1648, mettent fin au conflit et les Habsbourg, vaincus, perdent leurs territoires alsaciens, qui rejoignent la France. Ils conservent néanmoins le Brisgau et la ville de Fribourg[8].

Lors de la Guerre de Hollande, la France et les Habsbourg sont à nouveau opposés, et ces derniers en profitent pour envoyer des troupes en Alsace, afin de récupérer cette province perdue. Les Français contre-attaquent et traversent le Rhin en novembre 1677. Le général François de Créquy prend Fribourg par surprise et ne rencontre pas une forte résistance autrichienne, puisque les Habsbourg sont déjà menacés par les Turcs qui assiègent Vienne. Lors du traité de Nimègue qui met fin à la guerre, Louis XIV propose un choix à Léopold Ier du Saint-Empire : soit il garde Fribourg, soit Philippsburg, située près de Karlsruhe. L'empereur choisit cette dernière, et Fribourg devient française. Une route extraterritoriale la relie à Brisach, sur le Rhin[9].

L'arc de triomphe élevé pour le passage de Marie-Antoinette en 1770.

Fribourg est un important point stratégique pour la France car elle constitue une avancée sur la rive orientale du Rhin. Louis XIV demande donc à Vauban de la fortifier suivant les techniques modernes. L'architecte fait raser les faubourgs de la ville afin de créer un glacis permettant de dégager le champ de vision des défenseurs. Le roi de France visite la ville en 1681. L'occupation française a des conséquences dramatiques pour la ville, car elle perd ses institutions habsbourgeoises, qui s'exilent à Bâle et Arlesheim, et les professeurs de l'université partent pour Constance. L'armée qui stationne dans la ville consomme de grandes quantités de nourriture et les habitants s'appauvrissent[9].

Les Habsbourgs récupèrent Fribourg à l'issue de la Guerre de Neuf Ans, en 1697, mais Strasbourg et l'Alsace sont définitivement perdues. En septembre 1713, pendant la guerre de Succession d'Espagne, des troupes françaises assiègent à nouveau Fribourg, mais à cause des fortifications de Vauban, l'attaque est difficile et dure trois semaines. La population, exténuée, se rend donc pacifiquement. En 1714, le traité de Rastatt remet Fribourg et les autres possessions françaises de la rive droite du Rhin au Saint-Empire. Les Allemands récupèrent donc Fribourg, mais aussi Kehl et Brisach[9].

Lors de la guerre de Succession d'Autriche, Fribourg est encore une fois attaquée par les Français, en 1744. Louis XV assiste personnellement au bombardement de la ville et fait épargner la cathédrale. L'année suivante, la ville doit être rendue aux Allemands, et les Français détruisent les fortifications de Vauban avant de partir. Une alliance entre les Habsourgs et la France est finalement conclue en 1770, lors du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette. La future reine visite Fribourg avant de traverser le Rhin[9].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Fribourg à l'époque de l'Empire allemand.

La paix entre le Saint-Empire et la France ne dure que 21 ans. En 1793, les Sans-culottes, qui souhaitent propager la révolution en Europe, s'avancent sur le Rhin. Ils occupent brièvement Fribourg en 1796, puis Fribourg et le Brisgau deviennent français en 1799. Lors de la création de la Confédération du Rhin en 1806, qui entérine la fin du Saint-Empire, Fribourg et le Brisgau sont rattachés au Grand-Duché de Bade. La ville est excentrée par rapport à la capitale grand-ducale, Carlsruhe, et comme le pays possède déjà l'université de Heidelberg, celle de Fribourg est menacée de fermeture. Le Congrès de Vienne entérine le rattachement de Fribourg au grand-duché, et en compensation, les Habsbourg reçoivent des territoires plus proches de Vienne, donc plus faciles à défendre. Les Fribourgeois sont très réticents à intégrer le Bade, notamment parce que c'est un pays majoritairement protestant[10].

En 1827, Fribourg devient le siège d'un archidiocèse et en 1845, la ligne de chemin de fer vers Offenburg est ouverte. La Révolution de Mars, qui éclate en Allemagne en mars 1848, n'épargne pas le Grand-Duché de Bade qui possède pourtant une constitution très progressiste. À Fribourg, des batailles de rue sanglantes ont lieu entre les forces gouvernementales et les insurgés.

Freiburg dans le Grand-duché de Bade vers 1862

Après la fondation de l'Empire allemand en 1871, Fribourg profite de la reprise économique générale en Allemagne. De nouveaux quartiers sont construits dans le style historiciste alors en vogue et un tramway électrique est mis en place en 1901.

Depuis 1914[modifier | modifier le code]

La vieille-ville après les bombardements de 1944.

Fribourg est touchée par des bombardements aériens français pendant la Première Guerre mondiale. Après 1918, le retour de l'Alsace à la France nuit à l'économie locale.

Les Nazis remportent le conseil municipal en 1933 et appliquent rapidement leurs idées. Ainsi, la synagogue est incendiée lors de la Nuit de Cristal, en 1938. En 1940, les Juifs de Fribourg sont déportés au camp de Gurs, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le 10 mai 1940, la Luftwaffe bombarde accidentellement la ville. 57 personnes sont tuées. Les bombardements les plus intenses ont lieu le 27 novembre 1944, pendant l'Opération Tigerfish, conduite par la Royal Air Force. Près de 2 800 personnes meurent dans le bombardement et la ville est gravement endommagée. Dans la vieille-ville, seule la cathédrale est relativement épargnée. En avril 1945, les forces françaises occupent la ville, et en octobre, elle est visitée par Charles de Gaulle.

Au cours des années 1970, Fribourg devient un bastion écologiste en Allemagne. Les grandes manifestations contre la construction d'une centrale nucléaire à Wyhl am Kaiserstuhl permettent l'abandon du projet et la municipalité elle-même développe une politique verte, notamment pour réguler l'extension urbaine.

Économie[modifier | modifier le code]

L'usine de panneaux solaires Solar-Fabrik.

L'économie de Fribourg est dominée par le secteur des services et de la fonction publique. Le plus gros employeur de la ville est l'université, conjointement avec l'hôpital universitaire. Ils sont suivis par les organes administratifs fédéraux et locaux. La présence de l'université encourage l'implantation de petites entreprises spécialisées dans la technologie solaire, les médias, la médecine et la biotechnologie.

La recherche dans le domaine de l'énergie solaire bénéficie du climat ensoleillé de la ville et de l'orientation écologique de la municipalité. La ville de Fribourg s’est d'ailleurs fait une spécialité des problématiques liées au développement durable. C'est une capitale de l'écologie, pionnière en architecture économe en énergie. Elle abrite l’une des principales usines européennes de production de panneaux photovoltaïques et l’une des tours du centre-ville est intégralement recouverte sur une façade par des panneaux photovoltaïques. La ville organise en outre le salon Intersolar. D'autres foires spécialisées ont aussi lieu régulièrement dans la ville.

Le tourisme tient une place non négligeable, puisque Fribourg est une porte d'entrée vers la Forêt-Noire. La ville se trouve aussi sur la Route des vins de Bade et la Route verte, une route touristique qui serpente des deux côtés du Rhin et relie les Vosges à la Forêt-Noire. Fribourg est l'une des destinations touristiques les plus populaires dans le sud-ouest de l'Allemagne. En 2007, le million de nuitées a été atteint pour la première fois[11].

Fribourg est aussi tournée vers la forêt et les vignobles environnants comme le Kaiserstuhl. C'est notamment le siège de l'institut allemand de la viticulture.

En 2006, les recettes fiscales municipales s'élevaient à 224 millions d'euros. Le budget de la ville atteignait 234 millions d'euros en 2007, avec une dette de 140 millions. La ville de Fribourg, avec les arrondissements de Brisgau-Haute-Forêt-Noire et d'Emmendingen, totalise 302 000 travailleurs. La ville regroupe à elle seule environ 201 000 emplois[12].

Transports[modifier | modifier le code]

Un tramway de Fribourg.

En comparaison avec d'autres villes de taille similaire, la proportion du transport automobile dans la circulation urbaine totale de Fribourg est faible. En revanche, le vélo est un moyen de transport extrêmement employé. En 1982, les transports en commun ne représentaient que 11 % du trafic total, ce chiffre est passé à 18 % en 1999 et la municipalité estime qu'il atteindra 20 % en 2020. Les déplacements en voiture représentaient 38 % du trafic en 1982, puis 26 % en 1999, et probablement 24 % en 2020. Le vélo est de son côté passé de 15 % à 27 %, et la marche a reculé de 35 % à 23 %[13].

Fribourg est l'une des premières villes à avoir fermé son centre-ville aux voitures, dès les années 1960. Les rues ont été laissées aux piétons et des parkings ont été aménagés autour. Le quartier Vauban a été conçu de telle façon à ce que la voiture ne soit plus nécessaire aux habitants.

Fribourg est située sur les axes Rhin-Saône-Rhône-Méditerranée et Rhin-Gotthard-Italie. La Bundesautobahn 5, qui suit le cours du Rhin, permet de relier la ville à Strasbourg, Karlsruhe, Mannheim et Francfort au nord, et Mulhouse et Bâle au sud. La ville est aussi sur la Bundesstraße 3, parallèle à l'autoroute, sur la Bundesstraße 31, qui va jusqu'à Lindau, en Bavière, et sur la Bundesstraße 294 qui remonte la Forêt-Noire jusqu'aux environs de Karlsruhe. Une route locale permet enfin de franchir le Rhin à Neuf-Brisach, puis de rejoindre Colmar.

La gare centrale de Fribourg propose des liaisons avec la Suisse (Bâle, Zurich, Berne), l'Italie (Milan), vers d'autres villes allemandes, comme Mannheim, Stuttgart et Munich, ainsi qu'avec la France (Strasbourg et Paris). Depuis le 9 décembre 2012, une liaison ferroviaire existe par TER Alsace avec Mulhouse (via ou avec correspondance à Müllheim). Depuis l'été 2013 les TGV venant de Paris y ont un terminus. En plus des trains régionaux de la DB Regio AG, le Breisgau S-Bahn (BOD) relie à Fribourg les villes et villages environnants, par exemple dans le Kaiserstuhl. En dehors de la gare centrale, il y a d'autres arrêts dans des quartiers périphériques.

Fribourg-en-Brisgau est équipée d’un réseau de transport en commun composé d'autobus et de lignes de tramway[14]. Ceux-ci sont gérés par une société anonyme, la Freiburger Verkehrs AG (VAG)[15]. Le tramway de Fribourg-en-Brisgau compte quatre lignes, complétées par 21 lignes de bus. Les quelques soixante rames de tramway en circulation sont surtout des Siemens Combino et des Duewag GT8[16].

Fribourg possède un aérodrome mais c'est l'aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg qui regroupe tout le trafic aérien de la région. Il se trouve entre Mulhouse et Bâle, de l'autre côté du Rhin, et il est accessible grâce à une ligne de bus. Des navettes sont aussi proposées vers d'autres aéroports de la région, comme Zurich, Baden-Baden ou Francfort-sur-le-Main.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Fribourg est traditionnellement un fief catholique et conservateur, mais son paysage politique a grandement changé depuis les années 1960. Tout d'abord, Eugen Keidel, un social-démocrate, a été élu maire en 1962. Rolf Böhme, issu du même parti, lui a succédé en 1982. Enfin, depuis 2002, la ville est un bastion des Verts, avec à sa tête le maire Dieter Salomon. Ce dernier est le premier maire Vert élu dans une grande ville allemande. Lors des élections fédérales de 2002, puis celles de 2005, Fribourg a donné ses meilleurs scores dans toute l'Allemagne au parti Vert : 25 % des voix en 2002, et 22,8 % en 2005. Dans la circonscription, ce taux a atteint 36,8 % pour les élections européennes de 2004[17].

Fribourg est représentée au Bundestag par le social-démocrate Gernot Erler depuis 1998. Au Parlement du Bade-Wurtemberg, Fribourg est représentée par trois députés, deux verts et un social-démocrate.

Maires[modifier | modifier le code]

Dieter Salomon, maire écologiste de Fribourg depuis 2002.
L'hôtel de ville.

De 1520 à 1806, Fribourg était gouvernée par le prévôt de la cour des magistrats. Lorsque la ville a intégré le Grand-Duché de Bade, cette situation a été abrogée car elle n'était pas conforme aux lois badoises. Le prévôt a été remplacé par un maire élu au suffrage direct. Le premier maire élu, Johann Josef Adrians, reçoit le titre d'Oberbürgermeister.

Liste des maires de Fribourg depuis 1806:

Nom Parti Début Fin
Johann Josef Adrians 1806 1824
Fidel André 1826 1827
Raimund Bannwarth 1828 1832
Joseph von Rotteck 1833 1839
Friedrich Wagner 1839 1840
Joseph von Rotteck 1848 1849
Johann Baptist Rieder 1850 1852
Friedrich Wagner 1852 1859
Eduard Fauler 1859 1871
Carl Schuster 1871 1888
Otto Winterer 1888 1913
Emil Thoma 1913 1922
Karl Bender Zentrum 1922 1933
Franz Anton Josef Kerber NSDAP 1933 1945
Max Keller 1945 1946
Wolfgang Hoffmann CDU 1946 1956
Josef Brandel CDU 1956 1962
Eugen Keidel SPD 1962 1982
Rolf Böhme SPD 1982 2002
Dieter Salomon Verts 2002 En fonction

Institutions[modifier | modifier le code]

Fribourg possède un conseil municipal constitué de 48 membres. 12 sièges sont tenus par les Verts, 10 par la CDU (droite), 9 par le SPD (gauche) et 8 par le FDP (centre). Depuis 2007, la ville de Fribourg est gérée par quatre départements. Le premier s'occupe de la direction du personnel, des relations juridiques, régionales et publiques et du développement urbain. Il est présidé par le maire. Le deuxième département est consacré à l'environnement et à l'éducation, le troisième est responsable de la culture, de la jeunesse et de la politique sociale, et le quatrième s'occupe des finances, de l'économie locale, du logement, des sports, des médias et des travaux publics.

La ville compte plusieurs institutions fédérales et régionales, comme une commission scolaire, la Direction des forêts, l'Office national de géologie, des mines et des matières premières, l'Académie de police du Bade-Wurtemberg, l'Institut national de la viticulture, l'Office fédéral de radioprotection et les Archives militaires fédérales. La ville est aussi le siège de deux chambre de commerce.

Fribourg dispose d'un amtsgericht (tribunal de première instance) et d'un landgericht (grande instance), tous deux dépendants de l'oberlandesgericht (cour d'appel) de Karlsruhe. Fribourg possède aussi un tribunal de prud'hommes, un tribunal d'affaire sociales et un tribunal administratif.

Division territoriale[modifier | modifier le code]

La division administrative de Fribourg. Les villages sont en vert et les quartiers urbains en bleu.

Fribourg-en-Brisgau est divisée en 42 stadtbezirke qui sont principalement utilisés à des fins statistiques. Huit d'entre-eux ont le statut de village : Ebnet, Hochdorf, Kappel, Lehen, Munzingen, Opfingen, Tiengen et Waltershofen. Ces derniers ont un maire et un conseil local qui doit être consulté chaque fois qu'une décision importante concerne leur territoire. Les décisions finales incombent néanmoins au conseil municipal de Fribourg.

Symboles[modifier | modifier le code]

Le blason de la ville de Fribourg est d'argent à la croix de gueules. Il porte la croix de saint Georges, l'emblème de Georges de Lydda, saint-patron de la ville. La croix figure aussi sur le drapeau, identique à celui de l'Angleterre, qui a le même saint-patron. Le drapeau est en usage depuis environ 1368, lorsque la ville s'est placée sous la protection des Habsbourgs.

La ville possède aussi un sceau, qui représente le château de Fribourg en rouge sur fond blanc. Deux musiciens souflant dans des cornes se trouvent en haut des tours latérales. Le château tel qu'il est représenté sur le sceau a inspiré l'architecture du château d'eau de la ville, construit en 1896.

Les pièces frappées à Fribourg au Moyen Âge portaient sur le côté face un bouclier avec la tête d'un aigle, identifié plus tard comme un corbeau. Cet emblème a été créé en 1327, lorsque la ville a reçu le droit de battre monnaie. Corbeau se disait Rappen en allemand local, et c'est devenu le surnom des pièces. Après l'union monétaire contractée en 1399 avec des villes suisses, les pièces fribourgeoises ont commencé à circuler en Suisse. Les centimes de francs suisses sont encore aujourd'hui appelés Rappen par les Suisses-allemands.

Culture[modifier | modifier le code]

Institutions culturelles[modifier | modifier le code]

La Konzerthaus.

Le Théâtre de Fribourg est consacré au théâtre proprement dit, à la comédie musicale et au ballet. Il possède trois salles. Fribourg a aussi une Konzerthaus, où se produit l'orchestre philharmonique local, et plusieurs autres petits théâtres, dont deux destinés à la jeunesse et un cabaret. La ville compte enfin plusieurs chorales et orchestres, comme l'orchestre symphonique de la SWR et l'Ensemble Recherche.

Au cours de l'année, Fribourg organise de nombreux festivals culturels, comme le festival de photo Mundologia en février, le Festival International de Danse en été, un festival de cinéma ethnographique et le festival de musique techno Sea of Love. Il faut ajouter à ces manifestations les fêtes traditionnelles : le marché de Noël, celui de Pâques et le carnaval.

Le musée archéologique.

Fribourg compte plusieurs musées. Le plus grand est le Augustinermuseum, consacré à l'art et à l'histoire de la région. Il est installé dans l'ancien couvent des Augustins et possède une importante collection d'art médiéval, notamment des statues, des œuvres de Cranach l'Ancien et de Hans Baldung Grien, ainsi qu'un retable de Matthias Grünewald.

Le musée a ouvert une antenne dans la Wentzingerhaus, une maison ancienne située sur la place de la cathédrale, afin d'y présenter l'histoire de la ville et de sa cathédrale. À côté de l'Augustinermuseum, le Musée d'histoire naturelle offre une vue d'ensemble de la géologie et de la minéralogie, ainsi que de la faune et la flore locales. Pendant les semaines qui précèdent Pâques, le musée organise une exposition pour les enfants autour des œufs et des poules.

Fribourg compte aussi un petit musée d'art moderne et contemporain, dont les collections présentent tous les courants depuis l'expressionnisme. Le Musée archéologique est installé dans le manoir Colombi, une construction de style néogothique anglais. Ses collections regroupent des pièces de la Préhistoire, de l'Antiquité et du Moyen Âge.

L'université ainsi que l'Académie de police du Bade-Wurtemberg ont chacune une galerie d'exposition tout comme le Kunstverein Freiburg, fondé en 1827, qui présente des artistes contemporains.

Architecture[modifier | modifier le code]

La cathédrale.

Fribourg compte encore quelques édifices remarquables, malgré les bombardements qui ont dévasté la ville en 1944. Ces derniers avaient réduit en poussière la vieille-ville, à l'exception de la cathédrale, d'un coin de la place avec la Wentzingerhaus, et de deux portes médiévales. Après la guerre, la ville a été en grande partie reconstruite selon son plan historique, en respectant le tracé des rues anciennes. Les « bächle », les petits caniveaux à ciel ouvert qui suivent les trottoirs, ont eux aussi été conservés.

La cathédrale de Fribourg est l'emblème de la ville. Contrairement à la plupart des cathédrales gothiques, elle ne possède qu'un seul clocher, parce que sa construction a été financée par les habitants eux-mêmes, et non par un seigneur. Elle renferme quelques vitraux d'origine, dont certains ont été commandés par les guildes, et des retables de Hans Baldung Grien et Hans Holbein le Jeune. Le clocher fait 116 mètres de haut.

La place de la cathédrale est bordée par quelques maisons typiques, comme la Maison des Marchands, reconnaissable à sa couleur rouge et ses sculptures, qui date en 1532. La Wentzingerhaus, de 1761, est typique du baroque tardif. La maison des gardes, qui servait aux soldats des Habsbourgs, date de 1733.

Dans le voisinage de la cathédrale, le Münsterbauhütte est le dernier bâtiment à pans de bois de la ville. Il date du XIIIe siècle et servait d'atelier pour la construction de la cathédrale. La Maison de la Baleine, construite en 1516, a hébergé Érasme pendant les guerres de religion. Elle a brûlé pendant les bombardements, mais conserve quelques éléments d'origine. La Martinstor et la Schwabentor, les deux portes subsistantes de l'enceinte médiévale, ont été fortement remaniées au début du XXe siècle. L'hôtel de ville a été aménagé en réunissant deux maisons bourgeoises du XVIe siècle.

Le quartier Vauban est le premier écoquartier du monde. Construit en 1996 sur une base militaire française désaffectée, c’est devenu la vitrine mondiale des bonnes pratiques en matière de développement durable urbain[18]. Les enjeux de ce quartier furent de mettre l´accent sur l´écologie et le social.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Mosaïque dans le centre de Fribourg, représentant les armes de Matsuyama, Madison, Ispahan et Lviv.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]